Livre Second
15. On commence à Beauvais les exercices des Ordinands ; ils sont établis à Paris ; le Saint les soutient malgré la dépense ; il exhorte les siens à se donner tout entiers à une si bonne œuvre.
Il n’aurait pas été juste que le saint prêtre en fût quitte à si peu de frais, et qu’il ne prît sa part dans l’exécution d’un projet, dont le plan général était de lui : aussi M. de Gesvres le chargea non seulement de mettre par écrit l’ordre, qui se devait garder pendant cette retraite ; mais encore de préparer les matières, dont il jugeait à propos que l’on entretînt ceux qui se présenteraient pour les Ordres. Il le pria aussi de se rendre à Beauvais quinze ou vingt jours avant l’Ordination prochaine, qui était celle du mois de Septembre. Vincent toujours prêt à obéir, exécuta de point en point tout ce qui lui avait été prescrit, étant, disait-il, plus assuré que Dieu demandait ce service de lui, l’ayant appris de la bouche d’un évêque, que s’il lui avait été révélé par un Ange.
Lorqu’il fut arrivé à Beauvais, M. l’évêque, après avoir examiné les Ordinands, fit lui-même l’ouverture des exercices. Les entretiens furent continués jusqu’au jour de l’Ordination par Messieurs Duchesne et Messier, Docteurs de la faculté de Paris. Ils suivirent exactement le projet dressé par le serviteur de Dieu, et on l’a suivi jusqu’à l’établissement des Séminaires. Le saint prêtre fut le plus occupé pendant cette retraite. Il était chargé de l’explication du Décalogue ; il la fit en effet, mais avec tant de netteté, tant de force et d’onction, qu’un grand nombre de ceux qui assistaient à ses conférences, voulurent lui faire leur confession générale. Ce qu’il y eut de particulier, c’est que M. Duchesne qui faisait une partie de ces mêmes entretiens et qui ne manquait pas de se trouver à ceux de Vincent de Paul, fut si touché de l’esprit de Dieu, qui parlait par sa bouche, qu’il crut devoir suivre l’exemple des autres. Il fit au saint une confession de toute sa vie ; et, comme il ne s’en cacha pas, tous ceux de l’Ordination en furent extrêmement édifiés. Ce ne fut pas la seule bénédiction que Dieu donna à ce voyage de Vincent de Paul : car ayant trouvé sur sa route quelques Protestants, qui voulurent entrer en lice avec lui, il leur fit si bien connaître le faible, le ridicule même de leur prétendue Réforme, que trois d’entre eux ouvrirent les yeux à la lumière, et se réunir à l’Eglise.
Environ deux ans après cette première retraite des Ordinands, M. de Beauvais étant venu à Paris, entretint M. Jean-François de Gondi, qui en était premier Archevêque, des grands fruits, que ces exercices commençaient à produire dans son diocèse. Il lui en fit connaître l’importance, ou plutôt la nécessité ; et pour aller au-devant des répliques, il lui rappella qu’il avait en Vincent un homme toujours prêt à faire le bien, et qui d’ailleurs avait des talents extraordinaires pour le genre de bien dont il était question. L’Archevêque touché de voir les jeunes ecclésiastiques de la Capitale manquer d’un secours, qu’on savait bien procurer à ceux des provinces, résolut de commencer à Paris ce que M. de Gesvres avait si heureusement exécuter à Beauvais. Il ordonna donc, par un Mandement du 21 Février de l’année 1631 que ceux qui seraient admis pour recevoir les Ordres dans son diocèse, seraient obligés de faire une retraite de dix jours pour s’y préparer.
Le Collège des Bons-enfants, où notre saint passait le temps qu’il ne donnait pas aux missions, fut choisi pour le lieu de cette retraite ; et on y reçut les Ordinands dès le Carême de la même année. Comme on faisait alors six Ordinations par an, et qu’il était impossible, qu’une poignée de prêtres, qui étaient presque toujours occupés dans les campagnes, portassent seuls, le poids de tant d’exercices, Vincent appellait à son secours caux, qui pleins de l’Esprit de Dieu, étaient plus propres à le communiquer aux autres. Ainsi, M. Hallier, qui fut depuis évêque de Cavaillon, fit les entretiens de la première Ordination ; et il réussit parfaitement, parce que, comme l’a remarqué M. Bourdoise, il ne disait rien qu’il ne pratiquât lui-même.
L’Archevêque de Paris ne fut pas longtemps, sans reconnaître l’utilité de ce nouveau genre d’exercices ; mais il ne fut pas seul à s’en aperçevoir. Des séculiers, des femmes mêmes admirent le changement, qui s’était fait dans les ecclésiastiques de leurs paroisses. On les trouvait plus graves, plus modestes, plus pieux, plus attentifs à bien faire les cérémonies ; et on distinguait les Clercs du diocèse de Paris, qui seuls étaient admis à ces exercices, de ceux des autres diocèses, qui n’avaient pas eu le bonheur d’y participer. C’est ce qui engagea quelques dames, qui avaient de la piété et de la religion, à proposer à Vincent de Paul de prendre indifféremment chez lui tous ceux qui voudraient recevoir l’Ordination, de quelque pays qu’ils pussent être. Une maison naissante n’était pas capable de porter une dépense si considérable ; mais la providence lui en fournit les moyens pour un temps. La présidente de Herse se chargea de tout pour cinq ans, pendant lesquels elle envoya à notre saint mille livres à chaque Ordination. Elle contribua encore dans la suite, avec quelques autres dames de la Charité de Paris, aux frais nécessaires pour procurer aux Ordinands une partie des petits meubles, dont ils ont besoin. La marquise de Maignelai, soeur de M. l’Archevêque, femme d’une haute piété, d’une charité tendre, et qui avait pour Vincent une estime toute particulière, lui fit aussi du bien, et l’aida à soutenir un poids, qui commençait à fatiguer beaucoup sa maison.
On espéra avec le temps quelque chose de plus solide, d’Anne d’Autriche Mère de Louïs XIV. Cette Princesse étant Régente du Royaume vint un jour au Collège des Bons-enfants, dans le temps que les Ordinands y étaient assemblés. Elle assista à un des entretiens, qui fut fait par François de Perrochel, digne élève de notre saint, et qui venait d’être nommé à l’Evêché de Boulogne. Elle en fut touchée, et elle sentit de quelle conséquence il était pour le Clergé, qu’on continuât à fournir aux jeunes ecclésiastiques des moyens si propres à les sanctifier. Comme elle en parlait avec de grands témoignages de satisfaction, quelques-unes des dames, qui l’accompagnaient, prirent la liberté de lui dire, qu’une bonne oeuvre, dont sa Majesté concevait si bien l’importance, méritait bien une Fondation Royale. Cette proposition parut ne pas lui déplaire ; elle fit même espérer, qu’elle y entrerait volontiers : mais comme les Rois ne sont pas eux-mêmes toujours en état de faire le bien qu’ils voudraient faire, ce projet ne s’exécuta pas ; et la Reine se contenta, lorsque le temps, pour lequel la présidente de Herse s’était engagée, fut écoulé, d’envoyer pendant deux ou trois ans quelques aumônes, pour contribuer à la nourriture des Ordinands. Ainsi le poids de cette dépense, qui n’allait à rien moins qu’à fournir chaque année, pendant deux mois, tout ce qui est nécessaire à près de vingt ecclésiastiques, et quelquefois un plus grand nombre, tomba, peu de temps après, sur la seule Congrégation de la Mission.
Le saint conçut bien qu’elle aurait beaucoup de peine à y suffire. Ses amis mêmes crurent quelquefois devoir l’exhorter à cèder à la dureté et au malheur des temps, et à quitter une entreprise, sous laquelle il était difficile qu’il ne succombât à la fin. Mais ce grand coeur, qui préférait absolument l’honneur de Dieu, et le bien de l’Eglise à l’intérêt temporel de sa Compagnie, ne s’écarta jamais de son premier dessein. Il ajouta même de nouvelles charges aux premières ; et lorsqu’en 1646 on arrêta à l’Archevêché, que ceux qui devaient recevoir les Ordres mineurs, feraient la retraite avec ceux, qui se disposaient aux Ordres Sacrés, il les reçut tous avec une affection également tendre et respectueuse. Nous ne pourrions, sans faire tort à la mémoire de ce digne prêtre de Jésus-Christ, supprimer le témoignage, que lui a rendu sur ce sujet un Ecclésiastique, qui avait beaucoup de vertu. Il n’est pas possible, dit-il, d’exprimer le soin qu’apportait M. Vincent, afin que les Ordinands fussent bien servis pendant le temps des exercices. Leur dépense ne lui semblait rien, quoiqu’elle excèdât beaucoup les forces de sa maison, qui ne peut qu’elle ne soit oberrée pour ce sujet. Je me souviens que pendant les troubles de Paris, quelques personnes considérables, qui connaissaient combien il était difficile que M. Vincent pût alors soutenir cette dépense des Ordinands, lui voulurent persuader de n’en point charger sa maison durant un temps si fâcheux ; mais il n’eut aucun égard à leur remontrance, et voulut, nonobstant la disette d’argent et de vivres, où l’on se trouvait réduit, qu’on ne laissât pas de faire toutes les dépenses nécessaires pour les recevoir, et les nourrir en sa maison, pendant les onze jours que duraient les exercices ; ne faisant aucun cas du temporel, lorsqu’il s’agissait du spirituel ; et n’estimant les biens périssables, qu’autant qu’il les jugeait utiles à l’avancement de la gloire de Dieu. Que ne disait-il point à sa Communauté touchant l’excellence du Sacerdoce, toutes les fois que le temps de l’Ordination approchait, pour les exhorter à rendre service aux Ordinands, et à employer toutes les forces de leurs corps et de leur esprit, pour l’avancement de l’état Ecclésiastique dans la vertu! Toutes ses paroles étaient comme autant de traits enflammés, qui pénétraient jusqu’au fond des coeurs. Elles méritaient toutes d’être bien remarquées et retenues, et même d’être mises par écrit ; et si on ne l’a pas fait, on peut dire que c’est une perte incomparable.
Ce qu’appréhendait ce pieux Ecclésiastique, qu’on eût négligé d’écrire ce qu’on avait pu retenir des discours, que S. Vincent avait coutume de faire, lorsque le temps de l’Ordination s’approchait, n’est pas arrivé. Ses enfants avaient de lui une trop juste idée, pour ne pas recueillir avec soin les paroles de vie, qui sortaient de sa bouche : mais quelque exacts qu’ils se soient efforcés d’être, ils n’ont guère pu nous en conserver que la substance ; et ils ont moins pu encore nous la transmettre, avec ce ton plein de feu, de sentiment et d’onction, qui relevait le mérite de tous les discours de ce saint homme.
Il était naturellement pathétique ; mais il semblait se surpasser lui-même, lorsqu’il fallait animer les siens à se consacrer tout entiers au bien des Ordinands. Il leur représentait d’abord, que l’Etat Ecclésiastique étant plus noble et plus relevé, que tout ce qu’on peut imaginer de plus grand sur la terre, il n’était point d’emploi plus glorieux, que celui de former de bons prêtres ; que J.C. lui-même s’y était livré sans mesure ; et qu’il avait passé plusieurs années à élever ses douze Apôtres. Il ajoutait, qu’on était plus obligé que jamais de redoubler ses efforts pour donner de dignes ministres à l’Eglise, parce qu’elle en avait un besoin particulier ; qu’il était bien éloigné de prétendre, que tous les prêtres fussent dans le dérèglement ; qu’il y en avait plusieurs à Paris, qui répondaient à la sainteté de leur vocation ; et que ceux de la conférence des Mardis (conférence dont nous parlerons par la suite) vivaient d’une manière édifiante ; mais qu’il y en avait un nombre beaucoup plus grand, qui déshonoraient leur profession ; qu’il s’était trouvé en une Assemblée d’évêques, qui ne savaient presque quelles mesures ils pourraient prendre, pour faire rentrer dans le devoir les ecclésiastiques de leurs diocèses dont la plus grande partie était livrée à l’intempérance, qu’il y avait de vastes Cantons, où presque tous les prêtres vivaient dans l’oisiveté et tous les désordres que l’oisiveté traîne après soi, qu’ils se contentaient de dire leur Bréviaire, de célébrer la Messe, et cela bien pauvrement ; qu’il était impossible que les peuples vécussent bien, tandis qu’ils avaient des Chefs si indignes de l’être ; et qu’enfin il ne fallait pas douter, que les coups redoublés, qui frappaient la France et les Royaumes voisins, ne fussent des punitions de la corruption du Clergé.
Cette idée de Vincent de Paul n’était pas nouvelle, puisque avant lui les saints Docteurs ont regardé le bouleversement et la désolation des Etats Chrétiens, comme l’effet du dérèglement des prêtres. Mais il avait sur cette matière des renseignements si vifs, qu’il n’est presque pas possible de les exprimer. Sa douleur et ses larmes croissaient, surtout lorsqu’il voyait l’Eglise en danger de faire de nouvelles pertes. C’est alors qu’il demandait, avec un Prophète de l’eau pour sa tête, et pour ses yeux une fontaine de larmes. Ces sentiments si dignes d’un ministre des Autels, éclatèrent non seulement pendant les troubles dont la France fut agitée vers le milieu du siècle passé, mais encore dans le temps de l’invasion de la Pologne par Charles Gustave Roi de Suède. Ce redoutable Conquérant, après s’être rendu maître de la Mazovie, et d’une partie de la Grande-Pologne, avait forcé Cracovie après un mois de siège. Tout pliait sous ses armes, et des succès si rapides semblaient annoncer à Casimir la perte de son Royaume, et à l’Eglise Romaine la séduction d’une partie considérable de son troupeau. Ce fut dans le temps de ce grand et funeste évènement, que le saint prêtre, à qui la profonde humilité fit toujours croire, qu’il contribuait, plus que personne, aux maux que souffrait la religion, redoubla ses efforts pour préparer au seigneur des ministres capables d’apaiser sa colère, et pour porter ceux de la maison à y travailler, autant qu’il leur serait possible.
Dans une conférence, qu’il fit avec eux sur ce sujet, après en avoir fait parler plusieurs, il commença lui-même en ces termes : Soyez béni, Seigneur, des bonnes choses qu’on vient de dire, et que vous avez inspirées à ceux qui ont parlé. Mais, mon Sauveur, tout cela ne servira de rien, si vous n’y mettez la main. Il faut que ce soit votre grâce, qui opère ce que nous venons d’entendre, et qui nous donne cet Esprit, sans lequel nous ne pouvons rien. Que savons-nous faire, nous qui sommes si pauvres et si misérables? Donnez-nous le donc, ô mon Dieu, cet Esprit de votre sacerdoce, que vous avez si pleinement communiqué à vos Apôtres, et aux prêtres qui les ont suivis. Il continua, en représentant à l’Assemblée, que les conjonctures, dans lesquelles on se trouvait, demandaient un redoublement de ferveur, de larmes et de prières ; que l’Eglise était ruinée dans une infinité d’endroits, et qu’elle ne l’était qu’en conséquence des péchés des prêtres : que c’étaient eux qui étaient la cause de cette déplorable diminution qu’elle a soufferte dans l’Asie, dans l’Afrique, dans une partie considérable de l’Europe, et surtout dans la Suède, le Danemark, l’Angleterre, l’Ecosse, l’Irlande, la Hollande, et une grande partie de l’Allemagne ; qu’on savait que la France n’était pas à l’abri de cette contagion ; que la Pologne, déjà beaucoup infectée de l’hérésie, était, par l’invasion du Roi de Suède, en danger d’être tout-à-fait perdue pour la religion ; qu’il était à craindre que Dieu ne transportât son Eglise aux Nations étrangères ; qu’un Prince, qui en moins de rien, en l’espace de quatre mois avait envahi la Pologne presque toute entière, pourrait bien être suscité de Dieu pour punir nos désordres ; qu’un Prophète avait prédit que les plaies du peuple de Dieu viendraient du côté du Nord. Ab Aquilone pandetur malum ; que c’était de là en effet qu’étaient sortis les Goths, les Visigoths et les Vandales, qui avaient porté à nos pères des coups si terribles.
De ces principes le saint homme tirait deux conséquences, qui prouvaient également et son humilité et son zèle. La première, que ceux de la Congrégation, et lui en particulier, plus qu’aucun autre, devaient s’anéantir devant Dieu à la vue de leurs misères et de leurs péchés ; qu’il ne fallait qu’un misérable, tel, disait-il, que je suis, pour attirer par ses abominations ce déluge de maux, qu’on voyait répandus sur la terre ; et qu’il n’y avait pour lui et pour les siens d’autre parti à prendre, que celui d’une rénovation parfaite, et d’un changement absolu. La seconde, que, bien loin de regarder comme une charge, la dépense et les peines nécessaires pour former les Ordinands aux fonctions de leur état, il fallait les regarder comme une grâce signalée. Grâce, disait-il encore, que Dieu nous a faite préférablement à tant d’autres, qui en étaient bien plus dignes ; grâce avec laquelle des hommes comme nous, sans mérite et sans vertu, n’ont ni rapport ni proportion ; grâce que nous devons ménager avec soin, de peur que Dieu ne nous l’enlève pour punir nos infidélités.
Les moyens, dont il voulait qu’on se servît pour faire réussir les retraites des Ordinands, répondaient à sa vertu, et à l’estime qu’il faisait du Sacerdoce. Il voulait d’abord que toute sa maison fût bien convaincue, que le succès de ces sortes d’entreprises est entre les mains de Dieu, et qu’il n’appartient qu’à lui de les faire fructifier. C’est pourquoi il recommandait beaucoup la prière, les Communions ferventes, les mortifications, et tout ce qui pouvait servir à attirer l’influence du Ciel, et sur ceux qui travaillaient, et sur ceux en faveur desquels on travaillait. Il voulait encore, que de quelque côté que pussent se tourner les Ordinands, ils ne trouvassent chez lui, que des exemples capables de les instruire et de les édifier. Ainsi il donnait des ordres si précis pour la beauté et la gravité du chant, l’exactitude aux cérémonies, l’attention à une modestie sévère, et à un silence rigoureux, que dès l’entrée de sa maison on respirait l’Esprit de Dieu. Il voulait aussi qu’on n’ômît rien de tout ce qui pouvait raisonnablement faire plaisir à ces Messieurs. Il aurait souhaité qu’on eût pu deviner leurs désirs et leurs inclinations ; c’eût été le mortifier d’une manière très sensible, que de manquer de respect et de déférence pour quelqu’un d’eux. Il leur rendait, il leur faisait rendre par les siens, toutes sortes de services. On les recevait moins comme des étrangers, que comme les enfants de la maison. Ceux de Vincent de Paul, prêtres et Clercs, les attendaient à la porte, comme les domestiques attendent leurs Maîtres. Ils se chargeaient de leurs paquets, ils les portaient jusqu’à leurs chambres, ils faisaient tous les jours leurs lits, ils leur rendaient les plus bas services. Cette pratique subsiste encore aujourd’hui, et on a lieu d’espérer qu’elle subsistera jusqu’à la fin.






