La vie de Saint Vincent de Paul, instituteur de la Congrégation de la Mission et des Filles de la Charité (018)

Francisco Javier Fernández ChentoVincent de PaulLeave a Comment

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Author: Pierre Collet, cm · Year of first publication: 1748.
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Livre Second

3. Il rentre chez M. de Gondi , et y travaille aux Missions

colletLe saint, qui n’eut plus qu’une inspection générale sur l’éducation de Messieurs de Gondi, eut toute la facilité possible de suivre l’attrait, qu’il avait pour le salut des peuples de la campagne. Son zèle pour la sanctification de cette partie du troupeau de J.C. qui était alors si abandonnée, lui laissa à peine le loisir de se reconnaître. Dès le commencement de l’année suivante, il prit des arrangements pour faire une mission à Villepreux, et dans les lieux circonvoisins. Cette fonction que des ecclésiastiques, qui sont souvent bien minces en tout sens, regardent comme au-dessous d’eux, ne rebuta pas des personnes du premier mérite, et qui occupaient des places distinguées. M. Cocqueret Docteur de la maison de Navarre, Messieurs Berger et Gontière, Conseillers-Clercs au Parlement de Paris, et plusieurs autres vertueux prêtres, se joignirent à Vincent, et entreprirent avec lui cette bonne oeuvre. On ne se borna pas aux secours spirituels, on tâcha de remédier aux nécessités temporelles ; et pour les prévenir, autant qu’il était possible, le saint établit à Villepreux la Confrérie de la Charité, sous l’autorité de M. le Cardinal de Rets évêque de Paris, qui en avait approuvé les Règlements.

La Comtesse de Joigni voyait avec bien de la consolation, la sainte fécondité, qui était comme attachée aux travaux de son directeur ; elle en était autant plus touchée, que les peuples, qui dépendaient d’elle, étaient le premier aliment de son zèle et de sa charité. Mais il faut rendre justice à cette femme, qu’on ne louera jamais assez, et tomber d’accord, qu’elle entrait pour beaucoup dans toutes ces entreprises de piété, et qu’une partie du succès était l’effet, et la récompense de son attention et de sa libéralité. Pendant que le saint prêtre, et ceux qui travaillaient avec lui, annonçaient l’Evangile, et réconciliaient les pécheurs ; la Générale des Galères faisait une espèce de mission à sa manière : sa piété la multipliait, pour ainsi dire, dans ces sortes d’occasions. Quoique souvent infirme, et toujours d’une santé très faible, elle se trouvait partout ; elle visitait les malades, elle consolait les affligés, elle terminait les procès, elle apaisait les dissensions, elle répandait avec une sainte profusion, sur tous ceux qui en avaient besoin, des aumônes et des bienfaits. Ces secours extérieurs attendrissaient les peuples, et rendaient les coeurs plus dociles, et plus propres à recevoir la semence de la parole. Que les ouvriers Evangéliques feraient encore de bien aujourd’hui, si les Grands du siècle s’associaient ainsi à leurs travaux, et pesaient sérieusement devant Dieu, ce qu’ils doivent, et aux Pasteurs, et aux peuples!

Cette première mission fut suivie de plusieurs autres, qui firent cette même année et les suivantes, des biens incroyables dans les diocèses de Beauvais, de Soissons et de Sens. J’en dirai un mot par anticipation, pour ne pas revenir trop souvent à la même matière : mais aussi, pour éviter la répétition, je ne les détaillerai pas scrupuleusement. Il me suffira de remarquer, que Vincent paraissait infatigable. On eût dit qu’il voulait dédommager la maison de Gondi, de la brèche que son absence y avait faite. Ses travaux étaient en quelque sorte une mission continuelle. Dès que la Comtesse de Joigni, qu’il accompagnait ordinairement, était arrivée dans une de ses Terres, l’homme de Dieu recommençait ses exercices de charité. Il faisait des Catéchismes aux pauvres, et aux enfants ; il recevait avec bonté tous ceux qui se présentaient au confessionnal, il visitait exactement les malades, et ceux surtout qui étaient le plus abandonné.

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