Jean-Gabriel Perboyre, Lettre 072. A Jean Castro, C.M., dans le diocèse de Pékin

Francisco Javier Fernández ChentoÉcrits de Jean-Gabriel PerboyreLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean-Gabriel Perboyre .
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Ex Foukiano, die 25 feb. 1836.

Reverende Domine ac charissime Confrater,

Gratia D. N…[note]Castro e Moura (Joâo de França), C.M., évêque, né à S. Cosme de Condomar, district de Porto, Portugal, le 19 mars 1804 ; reçu au séminaire à Lisbonne en octobre 1823 ; arrivé à Macao le 24 octobre 1825 ; ordonné prêtre aux Philippines en 1829 ; en 1831 vicaire général de Nankin, en 1833 vicaire général de Pékin ; administrateur du diocèse de Pékin en 1838 ; quitta le diocèse de Pékin le 15 juin 1847 ; rentra en Portugal en 1853. Elu évêque de Porto le 2 mai 1862, sacré le 6 juillet suivant. Décédé à Porto le 16 octobre 1868.[/note].

Non possum quin utar, ad salutandam Dominationem Tuam, opportunâ occasione Cursoris Ouang, cujus, a Macao ad Foukianum, societate sum gavisus et obsequio recreatus. Attamen ne scribendi praesens occasio videatur minus pertinens ratio, hanc, ut puto acceptiorem noveris, me scilicet apud optimos Patres Sti. Josephi aliquandiu commoratum, ideo tibi quasi duplici confraternitatis ac proinde charitatis vinculo devinciri.

Tam multa de te audivi a D. Borja et D. Matta ut tuarum precum me participem fieri peroptaverim, et nunc ex propo­sito istam communionem expostulare libere audeam. Annue, quaeso, servi tui desideriis et necessitatibus succurre ; ut, etsi horâ fere undecimâ ad Vineam Domini missus sim, in eâ dignè operari atque denarium meum valeam obtinere.

Nostram Houpe missionem peto me Dño Rameaux et D. Baldus socium adjuncturus. Mecum ex Europâ duo venerunt confratres, qui mox Kiangsi et Pekin provincias adibunt. Exspectamus adhuc plures alios ; ita ut, providente Deo, in missionibus nostris Sinensibus annos egestatis secuturi sunt anni ubertatis. Dum enim tantam eheu ! cladem in Lusitania passa est familia Sti. Vincentii[note]La Congrégation des Lazaristes avait été supprimée au Portugal en 1833.[/note], in Galliâ magis ac magis crescit et in Spiritu Domini confortatur. Haud dubie, si ex illâ mortificatione tibi sit luctus et immodicus mœror, ex hâc resurrectione non minus accedet solatium et gaudium.

Cum in seminario Parisiensi fuerim director, facilè perspectos habui bene volentiae nec non et dilectionis sensus quibus Superiores nostri speciatim prosequuntur confratres Lusitanos. De quibus te certiorem faciens, sanè illorum non modo cor manifesto sed et votum impleo.

Epistolae huic finem impono, Dominationi tuae faustissima quaequae deprecando suppliciter illam rogando ut me in Christo habeat humill. atque obsequisiss. servum et confratrem…[note]Le but principal de cette lettre était de resserrer les liens de confraternité entre les Missionnaires Portugais et Français en Chine.[/note].

  1. Dno Castro Sdoti Congnis Mis
[TRADUCTION]

Du Foukien, le 25 févr. 1836.

Révérend Monsieur et très cher Confrère,

La grâce de N.-S…

Je ne voudrais pas laisser cette occasion favorable de vous saluer par le courrier Ouang, lequel m’accompagna de Macao au Fou-kien et me fut fort utile. Cependant, comme cette raison d’écrire pourrait probablement vous toucher peu, je pense qu’il en est une autre qui vous touchera davantage, à savoir que, ayant séjourné quelque temps chez les excellents Pères de S. Joseph, je vous suis donc attaché par un double lien de confraternité et par conséquent de charité.

J’ai appris tant et de si bonnes choses sur votre compte de M. Borja et de M. Matta qu’il m’en est venu le désir d’avoir part à vos prières, et c’est pourquoi j’ose simplement vous demander cette association. Accédez, je vous prie, aux désirs de votre serviteur et venez en aide à ses nécessités, afin que, bien qu’envoyé dans la vigne du Seigneur presque à la onzième heure, je puisse y bien travailler et mériter mon denier.

Je me rends à notre mission du Hou-pé, pour me joindre à M. Rameaux et à M. Baldus. Avec moi sont venus d’Europe deux Confrères : ils partiront bientôt pour le Kiang-si et pour Pékin. Nous en attendons encore plusieurs autres : ainsi donc avec la grâce de Dieu, dans nos missions de Chine aux années de privation succéderaient des années d’abondance. En effet, pendant que la famille de S. Vincent est, hélas ! si durement éprouvée en Portugal, en France elle reprend de plus en plus et se fortifie dans l’esprit du Seigneur. Sans doute, ces ruines vous sont sujet de deuil et d’excessive tristesse, mais cette résurrection ne vous donne pas une moindre consolation et joie.

Ayant été Directeur du séminaire à Paris, j’ai très bien pu connaître les bonnes dispositions et les sentiments d’affection qui animent nos Supérieurs à l’égard des Confrères Portugais. Je vous en donne l’assurance ; ce faisant, non seulement je vous découvre leur cœur, mais encore je remplis leurs intentions.

En terminant cette lettre, je vous adresse, Monsieur, tous mes souhaits de bonheur, et je vous prie instamment de me croire dans le Christ votre très humble et très dévoué serviteur et confrère…

Lettre 72. — Maison-Mère, copie autographe 57.

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