Jean-Gabriel Perboyre, Lettre 043. A son Frère Antoine, au Puech

Francisco Javier Fernández ChentoÉcrits de Jean-Gabriel PerboyreLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean-Gabriel Perboyre · La source : Lettre 33. — Maison-Mère, original 25..
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Mon très cher frère1,

Je viens de recevoir votre lettre du 9 janvier et j’apprends avec une bien vive peine la maladie de notre pauvre père. Je ne suis plus étonné ni fâché que vous ayez pour cette raison différé de mettre notre sœur au couvent. Je ne doute pas que vous ne donniez tous vos soins à ce bon père qui s’est sacrifié pour ses enfants. Il ne faut point épargner les dépenses pour procurer son rétablissement, s’il est dans l’ordre de la Providence, comme je l’espère. Le Bon Dieu ne l’a affligé que pour son bien, il peut en être persuadé. En souffrant, il expie les peines qu’il aurait à endurer en Purgatoire et il mérite une plus grande gloire pour le ciel. Ainsi je le prie de profiter des grâces de la maladie par une sainte résignation et une patience parfaite. Je lui conseille beaucoup de faire pendant sa convalescence une confession générale de toute la vie. Qu’il en parle à son confesseur. A quelque instant que le Père céleste juge à propos de nous appeler à lui, nous devons nous trouver tout prêts. Il serait trop tard d’attendre la vieillesse, une violente maladie ou la mort subite. Toute la vie doit être une préparation continuelle à une sainte mort ; elle ne nous a été accordée que pour obtenir une bienheureuse éternité. Quant à vous, mon cher frère, quoique vous soyez encore jeune, pensez que vous pouvez mourir tous les jours. Vivez comme si chaque jour était le dernier de votre vie. D’ailleurs on ne peut trop tôt et trop soigneusement amasser des trésors pour le Ciel. Au lieu d’imiter ceux qui perdent le temps de la Jeunesse dans de vains plaisirs, appliquez-vous de votre mieux à observer la Loi de Dieu.

Je vous envoie une douzaine de médailles indulgenciées de la Sainte Vierge qui en a elle-même révélé la forme et ordonné l’exécution à une sœur de la Charité, il y a environ trois ans. Déjà elles ont opéré un très grand nombre de guérisons et de conversions. Portez-en une sur vous avec beaucoup de confiance, récitant la prière qui est dessus. Donnez-en une à chaque membre de la famille et à M. le Curé. Puis disposez des autres comme vous voudrez. Jacques, Antoinette et moi, nous nous portons bien. Nous prierons pour Papa, que nous embrassons avec vous et notre chère Mère.

Offrez mes respects ou amitiés comme à l’ordinaire. Ne tardez pas à nous donner des nouvelles.

Votre très affectionné frère,

J.G. Perboyre.

Paris, le 14 janvier 1834.

Bons souhaits pour le jour de saint Antoine où je dirai la messe pour vous.

  1. Lettre 43. — Maison-Mère, original 34.

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