Jean-Gabriel Perboyre, Lettre 010. A M. le Recteur d’Académie à Clermont

Francisco Javier Fernández ChentoÉcrits de Jean-Gabriel PerboyreLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean-Gabriel Perboyre · La source : Lettre 10. — Maison-Mère, photocopie et copie 7 bis. L’original est à la Maison Saint-Joseph, résidence des Lazaristes à Holden-Panningen, Pays-Bas..
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Monsieur le Recteur,

J’ai l’honneur de vous remercier de m’avoir fait connaître ce qui manquait à la lettre que je vous écrivis dans le courant du mois de novembre. Je vais tâcher d’y suppléer et de satisfaire à vos nouvelles demandes.

Le Supérieur général des Lazaristes vient d’appeler à Paris M. Trippier qui est membre de ce corps auquel j’appartiens moi-même. A la sollicitation de Mgr l’évêque de Saint-Flour, le même supérieur général m’a placé à la tête du pensionnat que M. Trippier dirigeait. Je me soumettrai à toutes les formalités d’usage en pareille circonstance ; ayez la bonté de m’indiquer ce que j’ai à faire pour les remplir. En attendant j’ai versé les cinquante francs que vous demandiez à mon prédécesseur dans une de vos lettres du mois dernier et qui, tout naturellement seront mis en ligne de compte dans mes frais personnels. Vous les recevrez de M. le Principal du collège.

Voici divers renseignements que vous exigez. Mon nom, c’est : Perboyre ; mes prénoms sont : Jean Gabriel ; le lieu de ma naissance, c’est : Mongesty, départ. du Lot, et la date de ma naissance est le 6 janvier 1802.

J’ai cinq ans d’exercice dans l’enseignement, ayant professé successivement les classes inférieures, la philosophie, les mathématiques1 et la théologie, au petit, séminaire de Montauban, au collège de Montdidier, au grand séminaire de Saint-Flour.

Il paraîtrait, M. le Recteur, d’après votre lettre du 1er décembre, que vous n’auriez pas eu connaissance de l’étendue du privilège accordé à M. Trippier par son exc. le ministre des affaires ecclésiastiques et de l’instruction publique, qui a exempté de la rétribution universitaire tous les élèves du pensionnat de Saint-Flour, qui se destineraient à l’état ecclésiastique. Que la chose soit cependant ainsi, je le tiens de M. Trippier lui-même, de Monseigneur et de ceux qui ont eu avec eux les relations les plus intimes. Le dernier prospectus du pensionnat, qui depuis le mois de mai 1827, s’est répandu de tous côtés, porte en propres termes que les aspirants à l’état ecclésiastique seront affranchis de la rétribution universitaire. Quant au nombre de 18 auquel fut borné l’année dernière la faveur de l’exemption, il ne fut point déterminé par une décision stable et de perpétuel effet, mais par la circonstance accidentelle et passagère de la présentation de cette année-là, qui n’avait porté qu’à 18 le nombre des aspirants à l’état ecclésiastique. Il n’y a donc pas de loi permanente qui nous oblige à restreindre à 18 le nombre de ceux qui peuvent prétendre à l’exemption que la bienveillante promesse du Ministre a étendue à tous les pensionnaires de cette maison, dont Monseigneur certifierait la vocation à la cléricature.

Indépendamment du fait constaté en lui-même, remarquez, s’il vous plaît, l’absurdité de votre hypothèse. Que cet établissement prenne de la consistance, qu’il prospère de manière à avoir, dans peu de temps, jusqu’à 200 pensionnaires ou au-delà ; quel serait alors le privilège dont son Excellence a voulu le gratifier ? Il serait ridicule, s’il n’était pas plus que nul ; puisque, tandis que l’exemption serait affectée au dixième des simples externes qui suivent les cours du collège, le pensionnat ecclésiastique ne jouirait pas même de cet avantage.

J’espère, Monsieur, qu’après ces petites observations vous n’aurez plus de peine à prendre en considération la demande que j’ai l’honneur de vous faire en exemption du droit universitaire, pour tous ceux de nos pensionnaires qui aspirent à l’état ecclésiastique et dont je vais vous transmettre la liste légalisée par Monseigneur.

Daignez me compter, Monsieur le Recteur, parmi vos serviteurs les plus dévoués et les plus respectueux.

Perboyre ptre d. l. m.

Saint-Flour le 5 décembre 1827.

  1. Les archives du Pé-t’ang conservent un livre de mathématiques ayant appartenu à saint J.G. Perboyre : Éléments // de // Géométrie, // avec des notes ; // Par A. M. Legendre, // Membre de l’Institut et de la Légion d’Honneur, // de la Société Royale de Londres, etc. // Huitième édition. // A Paris, // Chez Firmin Didot, Imprimeur, // Libraire pour les Mathématiques, la Marine, // l’Architecture, les éditions stéréotypes, etc. // Rue de Thionville, n°10. // 1809. // Un vol. de 195 x 130 m/m, de VI-421+3 pp. et de 14 planches. La page du faux-titre porte la signature : Perboyre p. d. l. m.

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