Saint Vincent De Paul, Maître d’Oraison. Chapitre VIII

Francisco Javier Fernández ChentoVincent de PaulLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Abbé Arnaud d’Agnel · Année de la première publication : 1929.
Estimated Reading Time:

Chapitre VIII

Préparations prochaines et préliminaires immédiats

Recueillement. – Choix de l’heure et du lieu.
Sommeil et Réveil. – Mise en la présence de Dieu.

Comme on l’a vu dans un autre chapitre, la préparation lointaine à l’oraison est une sainte vie. Le seul fait d’une existence profondément chrétienne prouve l’influence continue de cet exercice sur la conduite. Toutefois si surnaturel soit l’air que respirent les âmes de bonne volonté, il leur est salutaire d’accomplir certains actes et de s’établir dans certaines dispositions d’esprit à l’approche de l’oraison. Quand sonne l’heure du coucher, il faut lire attentivement le sujet de la méditation du lendemain, puis se mettre au lit et s’endormir en y pensant. Le saint, devançant une théorie des psychothérapeutes modernes, attribue une vertu spéciale aux états mentaux qui précèdent immédiatement le sommeil, « Lorsqu’ on s’ endort avec une bonne pensée, – écrit-il1 – cette bonne pensée garde le cœur des mauvaises. » A nous d’en faire l’expérience, si nous ne l’avons déjà faite. Combien est psychologiquement vraie cette expression garder le cœur qui attribue à l’Inconscient ce rôle actif que revendique pour lui en ces termes le professeur Dwelshauvers2 : « Le monde infini des rêves et des songeries nous permet de deviner quelle activité inconsciente et singulièrement mouvante s’agite en nous. Et cela suffit à nous faire entendre que l’inconscient ne se ramène pas au subconscient pathologique ni à l’automatisme d’habitude. Il est en nous un inconscient latent et actif, toujours prêt à éclater au dehors, et réprimé par les nécessités pratiques et l’application de l’ attention. »

Dans la plupart des cas, les distractions, qui gênent et diminuent notre intimité matinale avec Dieu, se rattachent directement ou indirectement aux préoccupations d’ ordre profane avec lesquelles nous nous sommes endormis. Ces idées et ces sentiment se sont déposés dans les obscures profondeurs de l’âme et s’y sont développés librement, puisque le contrôle du conscient n’ était plus là pour entraver leur évolution. Tâchons donc de créer une mentalité en harmonie avec l’oraison du lendemain. Les personnes d’imagination ardente ou passionnées des choses de l’ esprit ne se contenteront pas de lire le sujet de l’oraison, elles en ferons l’ objet de leurs réflexions pendant quelques minutes. Le mieux serait de faire une lecture en rapport avec cet objet de manière à se prémunir le plus possible contre l’intrusion d’idées étrangères. Le saint raconte à ce propos qu’un gentilhomme, M. Chaudebonne ayant pris l’habitude, par dévotion, de s’endormir toujours les mains jointes, Dieu l’en récompensé par la grâce de mourir en priant3.

Une mesure complémentaire des précédentes est le silence ou recueillement extérieur. Ne parlez pas sans nécessité, – nous conseille M. Vincent4de peur d’interrompre le pourparler de votre âme avec Dieu. Notre-Seigneur l’a dit par son prophète5 : « Je mènerai mon épouse au silence, et là je lui parlerai au cœur. »

Le mutisme volontaire attire abondances de grâces et de bénédictions, d’autant que l’observer n’est autre chose qu’écouter Dieu, lui parler et lui donner audience, se séquestrant de l’ embarras et et de la conversation des hommes pour mieux l’ entendre. C’est donc la fin du silence de se taire pour laisser parler le Seigneur6. Les bavards puiseront la force de réfréner leur langue dans l’intention d’honorer ainsi la vie silencieuse et cachée de Jésus7. Si le recueillement doit être le point d’appui et le réservoir de la vie extérieure, à fortiori doit-il être le fondement de l’oraison et sa préparation prochaine.

S’il est important de s’endormir en pensant au bon Dieu, il l’est tout autant d’avoir, dès son réveil, une mentalité semblable. Tirons profit des conseils suivants qu’adresse M. Vincent aux Filles de la Charité8 : « Votre première pensée doit être à Dieu ; rendez-lui grâce de vous avoir préservées la nuit, regardez successivement si vous ne l’avez point offensé, remerciez le ou demandez-lui pardon, offrez-lui toutes vos pensées, les mouvements de votre cœur, vos paroles et œuvres ; proposez-vous de ne rien faire qui lui déplaise. Et tout ce que vous ferez, le jour, tirera sa force de cette première offrande faite à Dieu ; car, voyez-vous, mes Filles, faute de lui offrir tout, vous perdrez la récompense de vos actions, Saint Paul dit combien vous perdez quand votre esprit, en sa première pensée, se remplit d’autre chose que de Dieu. »

D’après le saint9, le bon et le mauvais ange veillent toute la nuit : le bon ange, pour mettre une bonne pensée en l’esprit de la personne dès son réveil ; et le mauvais ange, afin de lui en présenter une mauvaise. Le danger d’avoir au cœur une forte passion, est qu’elle ne se saisisse de vous, alors que vous n’êtes encore qu’imparfaitement réveillé. Si l’on a quelque motif de craindre qu’il en soit ainsi, il faut désavouer par avance cette première impression pour diminuer sa force.

Une manière souverainement efficace d’attirer les bénédictions divines sur le début de sa journée, c’est de prendre courageusement l’habitude de se lever tôt et toujours à la même heure, sauf les cas de nécessité. Si nous y tenons la main, tous nos actes, principalement l’oraison mentale, en ressentiront les excellents effets10.

A peine réveillé, il importe de sortir sans hésitation de son lit. C’est une façon de se mortifier très agréable à Dieu. Disputer avec son chevet, suivant le mot du saint11, se tourner à droite, puis à gauche pour voir si l’on se doit lever, serait une lâcheté. Souvenons-nous d’avoir toujours quelque bon mot pour dire à Notre-Seigneur dès notre réveil, comme celui-ci : « Mon Dieu, vous êtes mon Dieu, je vous donne mon cœur », ou quelqu’autre équivalent.

M. Vincent attache une importance capitale à l’offrande ou l’oblation de soi-même qui doit s’étendre à tout ce que nous sommes et à tout ce qui nous concerne d’une manière ou d’une autre. Il demande qu’elle soit faite très filialement avec autant de générosité dans le fond que de simplicité dans la forme12. Ce n’est pas le moment d’abandonner en parole ni de polir ses phrases. Imitons l’enfant dont une caresse en dit plus long qu’un discours.

L’offrande soi est importante à un double titre : d’une part, c’est l’expression la plus parfaite de nos sentiments et devoirs envers Dieu ; de l’autre, la modalité, selon laquelle cet acte est fait, influe grandement sur celles de l’oraison. Si je m’offre simplement sans arrière-pensée ni recherche d’aucune sorte, quand arrivera le moment de la méditation, je parlerai à Dieu et je l’écouterai avec autant de franchise que de simplicité. Par contre ai-je apporté quelque réticence et quelque amour-propre dans l’oblation de moi-même, il est probable, pour ne pas dire certain, que j’en aurai davantage pendant mon oraison. Comme tantôt, je chercherai, sans y réussir complètement, à m’illusionner par de belles pensées et de grandes protestations d’amour, sur mes propres sentiments, sur mon moi réel, objectif.

L’offrande de soi est généralement conforme moralement au lever qui la précède, aussi terminerons-nous par un texte relatif à ce dernier. C’est un des plus pratiques qu’ait écrit le saint : « On ne contracte l’habitude quand on s’accoutume à l’heure. Elle fait que part après on est prompte au réveil, elle sert même d’horloge aux lieux où il n’y en a point, et on a pas de peine à sauter du lit. Au contraire la nature se prévaut des avantages qu’on lui donne : reposant un jour, elle demande, le lendemain, la même satisfaction et la demandera tandis qu’on ne lui en ôtera pas tout à fait l’espérance.

Rien d’humainement plus sage et de mieux fondé au point de vue psychologique que ces lignes ; en voici d’autres, écrites de la même main, et belles du sentiment surnaturel qui les anime13 : « Si Notre-Seigneur a quitté le paradis pour nous et s’est réduit en cette vie à une telle pauvreté qu’il n’avait pas où reposer sa tête, combien davantage devons-nous quitter un lit pour aller à lui ! …

« Si la vie de l’homme est trop courte pour servir Dieu dignement et pour réparer les mauvais usages qu’il a fait de la nuit, c’est chose déplorable de vouloir encore retrancher du peu de temps que nous avons pour cela. »

Le saint compare notre paresse dans le service de Dieu au zèle que déploient tant d’hommes d’affaires et de gens du monde en vue de biens d’ordre purement matériel : « Un marchand se lève de bon matin pour devenir riche ; tous les instants lui sont chers ; les voleurs en font bien autant et passent les nuits pour surprendre le passant. Faut-il que nous ayons moins de diligence pour le bien qu’ils en ont pour le mal ? Les mondains font leurs visites dès le matin et se trouvent au lever d’un grand avec grand soin. Mon Dieu ! quelle honte si la paresse nous fait perdre l’heure assignée pour converser avec le Seigneur des seigneurs, notre appuis et notre tout ! »

Homme d’expérience et de jugement s’il en fut, M. Vincent insiste auprès des siens sur la corrélation entre la manière de se lever et la pratique de l’oraison14.

Comment se livrer volontiers à cet exercice matinal, si l’on ne se lève qu’à regret ? Comment méditer fructueusement, quand on n’est à l’église qu’à demi et seulement par bienséance ? Les faits le prouvent : seuls persévèrent dans l’oraison quotidienne et y progressent ceux qui sautent résolument de leur lit à la même heure, chaque jour.

Les moyens, préconisés par le saint pour se rendre fidèle à cette dernière pratique, sont de se bien convaincre que l’exactitude en ceci est d’une telle importance que tous les actes de la journée en dépendent, de solliciter, chaque soir, de Dieu la force de se vaincre le matin et d’obéir sans retard à sa voix, enfin de s’infliger soi-même quelque pénitence en cas d’infidélité. Malgré tout, Le mieux est de ne jamais démordre de cette exactitude ; car plus on diffère, plus on se rend inhabile15. Gravons dans notre mémoire cette formule rigoureusement vraie :

« L’oraison tire sa valeur du lever, et les autres actions ne valent que ce que l’oraison les fait valoir. »

Qu’on ne tienne pas ces conseils comme bons pour les seuls hommes ou femmes vivant en communauté, alors qu’ils s’appuie sur des arguments valables pour tout chrétien décidé à gravir le sentier de la perfection. Si les Religieux et les Religieuses se sanctifient si peu malgré l’austérité de leur vie et le nombre des exercices de piété auxquels ils se livrent, la cause en presque toujours l’insuffisance de leur préparation à l’oraison du matin16.

Nous voici parvenus à la mise de l’âme en la présence de Dieu, acte si grand qu’il constitue à lui seul, pour les mystiques, le principal de l’oraison, puisque la contemplation s’y ramène. Elle en est, il est vrai, la forme la plus haute. Saint Ignace de Loyola, préoccupé de faire parcourir à son disciple tout un cycle de méditations coordonnées ensemble, n’indique qu’un mode de se mettre en la présence de Dieu, et il choisit intentionnellement le plus simple, le plus populaire, celui de considérer comment Notre-Seigneur nous regarde et nous parle17. M. Vincent , lui, en signale quatre principaux qu’il emprunte à saint François de Sales, mais en les expliquant avec tant d’originalité qu’ils deviennent siens18.

La première manière est de se représenter Jésus substantiellement présent en la sainte Eucharistie. Il est bon de se transporter par l’imagination en une église qui nous est familière et de fixer le regard de l’âme sur l’autel et le tabernacle. Si des souvenirs personnels ou des traditions de famille se rattachent au sanctuaire choisi, l’impression n’en sera que plus vive, à condition toutefois de ne pas s’ appesantir sur ce qui n’ est qu’ accessoire.

La deuxième manière est de voir en esprit Notre-Seigneur au Ciel, « concevant de la joie de ce qu’il y est adoré et de ce qu’il nous est permis de l’y regarder, avec toutes sortes de plaisir. » Le saint juge excellent ce procédé.

Le troisième mode est de considérer le Créateur présent dans l’ ensemble et dans toutes les parties de l’Univers. Une présence qui nous intéresse et nous touche particulièrement est celle du Tout-Puissant en notre corps et en notre âme. « Quel bonheur pour les hommes et principalement pour les chrétiens de trouver Dieu partout où ils peuvent aller ! Si je vais au Ciel, dit David, il y est ; si je descends aux enfers, il y est. De sorte que, comme un oiseau, quoiqu’il tourne et vire, trouve l’air partout, ainsi, où que nous allions, nous trouvons Dieu, car il est non seulement dans les choses qui sont réellement, mais encore dans les imaginaires. »

Ces lignes sont animées de la joie de saint Paul se réjouissant de ce qu’il ne peut être séparé de son Dieu par rien ni personne, et de la douce poésie de ce chantre de l’ air et des oiseaux qu’était François d’Assise.

La quatrième manière de se mettre en la présence divine se rattache à la précédente, comme une partie à son tout. Elle consiste à voir Dieu surnaturellement présent dans les saintes âmes par la grâce sanctifiante et les dons du Saint-Esprit.

Le mérite de M. Vincent est d’expliquer ce dernier mode en termes si touchants qu’il faudrait un cœur de pierre pour n’en être pas ému. Ces explications données aux Filles de la Charité sont vraies pour nous tous19 : « Dieu est dans les bonnes âmes, et ne trouve rien de plus agréable. Voyez-vous, mes chères sœurs, il n’y a rien pour quoi Notre Seigneur ait plus d’amour qu’il en a pour les bonnes âmes. Il ne trouve rien de plus beau, ni au Ciel, ni en la Terre, que cela. Il se plaît là-dedans, il y fait sa demeure. C’est lui qui nous fait mouvoir, qui nous fait entendre et qui concourt avec nous en toutes les actions naturelles et surnaturelles que nous faisons. C’est lui qui nous a donné sa loi, et qui nous donne le désir de la garder.

« Voyez quel bonheur d’avoir Dieu présent en cette sorte : quand une personne le sert par voie d’ amour, tout ce qu’ elle fait, ce qu’ elle pense et ce qu’ elle dit donne un plaisir si grand à Dieu qu’il n’est point de père qui prenne plus de plaisir à voir ce que fait son fils, que Dieu en prend à voir une Fille de la Charité qui lui offre tout ce qu’ elle fait dès le matin. »

Vincent résume son enseignement sur cet exercice dans une répétition d’ oraison datée du 10 août 1657. On retrouvera ici comme précédemment l’esprit de foi du saint et sa tendresse de cœur qui font sur nous une si profonde impression20 : « Voici maintenant ce qu’il faut faire : d’abord se mettre en la présence de Dieu, en le considérant soit comme il est dans les cieux, assis sur le trône de sa Majesté, d’où il a les yeux sur nous et contemple toutes choses ; soit dans son immensité, présent partout, ici et ailleurs, au plus haut des cieux et dans le plus bas des abîmes, voyant nos cœurs et pénétrant jusqu’aux plus secrets replis de notre conscience ; soit dans sa présence au Saint-Sacrement de l’autel : O Sauveur, me voici chétif et misérable pécheur, me voici au pied des autels où vous reposez : ô Sauveur, que je ne fasse rien d’indigne de cette sainte présence ; soit enfin en nous-mêmes, nous pénétrant tout entiers et logeant au fond de nos cœurs. Et n’allons pas nous demander s’il y est. Qui en doute ? Les païens eux-mêmes ont dit :

Est Deus in nobis, sunt et commercia coeli.

In nos ; de coelo spiritus ille venit.

On ne questionne pas sur cette vérité. Tu autem in nobis es, Domine. Rien de plus certain. »

A lire ce dernier texte et les précédents, deux faits ressortent. Le premier est qu’il convient de donner un caractère affectif à l’exercice de la présence de Dieu, quelle que soit la forme adoptée. L’acte de foi doit se fondre en un acte d’amour, et plus cette fusion sera parfaite, meilleur sera ce préliminaire immédiat de l’oraison.

Le second fait en connexion avec le premier, c’est l’utilité pour son propre bien de s’ appliquer à soi-même les considérations auxquelles on se livre en leur imprimant un cachet personnel. D’ où la préférence du saint pour la dernière façon de se mettre en présence de Dieu. Par la force des choses, rien ne me porte à respecter le Seigneur et à l’aimer comme la conviction qu’il est au dedans de moi, et dans mon âme et dans mon corps.

D’après le saint, la pratique en question est extrêmement nécessaire21. Elle doit être soigneusement faite par ce que de là dépend l’ensemble de l’oraison ; cela fait, le reste va de soi-même22.

La pénétration psychologique de M. Vincent l’avertit d’un danger, auquel ses filles et fils d’adoption sont exposés, celui de vouloir imaginer vivement Notre-Seigneur afin de sentir davantage le bienfait de sa présence. C’est là un péril parce que,
le jour où ce désir ne se réalise plus, l’âme est aux prises avec la tristesse et le découragement.

Le problème posé ici est résolu par le Fondateur des Filles de la Charité dans une conférence donnée à ces dernières. La lecture de ses conseils ne peut qu’être utile aux personnes portées vers la dévotion sensible23 : « Voilà donc comment vous pouvez vous mettre en la présence de Dieu en l’une des quatre manières : au Saint-Sacrement , au Ciel, partout et dans le cœur. Quand vous êtes là, il faut l’ adorer. Après cet acte d’ adoration : je crois que mon Dieu est ici, il n’est pas nécessaire de se le représenter par certaines images ; il suffit que vous le croyiez, puisque la foi vous l’enseigne. Celles qui se façonnent des imaginations pour se représenter Dieu, si elles ont facilité à cela, peuvent le faire avec utilité ; mais celles qui n’ ont point cette grâce ne doivent pas s’ en mettre en peine.

« Vous pouvez vous mettre en la présence de Dieu par un simple acte de foi, sans vous forcer pour avoir des représentations, ni dire : « Je veux voir Dieu ou Notre-Seigneur en cette sorte. » Non, mes Sœurs, ne désirez point cela. Quand Dieu voudra se façonner à notre esprit, à la bonne heure ; mais, hors de là, contentez-vous de dire : « Je crois que mon Dieu est partout. »

« Non seulement il faut commencer par là l’oraison, mais il est nécessaire de commencer toutes vos prières par la présence de Dieu, afin qu’elles lui soient agréables. Et quand nous avons à faire quelque chose, comme servir les malades, il faut toujours commencer par l’acte de foi en la présence de Dieu. O mes Sœurs, que cela est beau, facile ! Qui vous l’apprend ? C’est David qui disait : « Je vois toujours Dieu devant mes yeux. » Et quand les patriarches voulaient assurer quelque chose, ils disaient : « Je vous dis cela en la présence de Dieu. » Il faut donc commencer par là. Mais, comme je vous l’ai dit, il ne faut pas se mettre en peine d’avoir cette vue imaginative, ni y être longtemps. »

A la fin de ce chapitre, prenons la résolution de nous lever régulièrement à la même heure et de faire oraison tout aussitôt. Le matin est le temps le plus propre à cet exercice puisqu’il est le plus tranquille de la journée. Les saints l’ont toujours utilisé dans ce but. « L’Israélite se devait lever matin pour cueillir la manne ; – écrit Vincent24 – et nous qui sommes sans grâce et sans vertu, pourquoi ne ferons-nous pas de même pour en avoir ? Dieu ne départ pas en tout temps également ses faveurs. »

  1. IX, 219, n° 21. Suite et fin de la Conférence du 22 janvier1645 sur la pratique du règlement.
  2. G. Dewelshauvers. L’inconscient, Paris, Paris, 1919, page 114.
  3. IX, 219.
  4. Ib.
  5. Osée,II, 14.
  6. XI, 93, 94, n° 76. Résumé d’une conférence sur le silence.
  7. IX, 326, n° 30. Conférence du 30 mai 1647 sur le règlement.
  8. IX, 2,3, n° 1. Conférence du 31 juillet 1634 sur l’explication du règlement.
  9. X, 597, 598. Conférence du 17 novembre 1658 sur le lever, l’oraison, examens et autres exercices
  10. IX, 28, n°4. Conférence du 2 août 1640 sur la fidélité au lever et à l’oraison.
  11. X, 566, n° 102. Conférence du 6 octobre 1658 sur le lever et l’oraison.
  12. X, 598-601, n° 105.
  13. III, 537, n° 1176. Lettre aux Supérieurs des maisons de la Compagnie (15 janvier 1650).
  14. III, 539.
  15. III, 542.
  16. IX, 311, n° 20. Conférence du 30 mai 1647 sur le règlement des Filles de la Charité
  17. Alexandre Brou, Saint Ignace, maître d’oraison, Paris 1925, page 103.
  18. X, 587-589, n° 105. Conférence du 17 novembre 1658 sur le lever, l’oraison, etc.
  19. X, 588.
  20. XI, 404-405, n° 168.
  21. IX, 33, n°4. Conférence du 2 août 1640 sur la fidélité au lever et à l’oraison.
  22. XI, 405, n° 168. Répétition d’oraison du 10 août 1657 sue l’oraison.
  23. X, 589, n° 105. Conférence du 17 novembre 1658 sur le lever, l’oraison, etc.
  24. III, 538, n° 1176. Lettre aux Supérieurs des maisons de la Compagnie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.