Présentation du Seigneur (A) [José Antonio Pagola]

Francisco Javier Fernández ChentoHomélies et réflexions, Année ALeave a Comment

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Author: José Antonio Pagola · Translator: Carlos Orduna, csv. · Year of first publication: 2014 · Source: Reseau d’evangelisation Bonnes Nouvelles.
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Une foi simple

jose_antonio_pagolaLe récit de la naissance de Jésus est déconcertant. D’après Luc, Jésus naît dans un village où il n’y a pas d’endroit pour l’accueillir. Les bergers ont été obligés de le chercher dans tout Bethléem jusqu’à ce qu’ils le trouvent dans un lieu écarté, couché dans une mangeoire, sans autres témoins que ses parents.

Vraisemblablement, Luc sent le besoin de construire un deuxième récit dans lequel l’enfant sera tiré de l’anonymat pour être présenté publiquement. Quel lieu plus approprié que le Temple de Jérusalem pour l’accueil solennel de Jésus en tant que Messie envoyé par Dieu à son peuple ?

Mais le récit de Luc sera à nouveau déconcertant. Lorsque les parents s’approchent du Temple avec l’enfant, ce ne sont ni les grands prêtres ni les autres dirigeants religieux qui sortent à leur rencontre. Ceux-là même qui, dans quelques années, le livreront pour être crucifié. Jésus ne trouve pas d’accueil dans cette religion sûre d’elle-même et qui oublie la souffrance des pauvres.

Les maîtres de la Loi qui prêchaient leurs « traditions humaines » dans les parvis de ce Temple-là, ne sortent pas non plus à leur rencontre. Ceux-là même qui, quelques années plus tard rejetteront Jésus pour avoir guéri des malades en bravant la loi du sabbat. Jésus ne trouve pas d’accueil dans des doctrines et dans des traditions religieuses qui n’aident pas à mener une vie plus digne et plus saine.

Ceux qui accueillent Jésus et le reconnaissent comme l’Envoyé de Dieu, ce sont deux vieillards d’une foi simple et d’un cœur ouvert, qui ont passé leur longue vie à attendre le salut de Dieu. Leurs noms semblent suggérer que ce sont des personnages symboliques. Le vieil homme s’appelle Siméon (« Le Seigneur a écouté ») et la vieille femme s’appelle Anne (« Cadeau »). Ils représentent toutes les personnes, de tous les temps et de tous les peuples, vivant leur confiance en Dieu avec une foi simple.

Tous les deux appartiennent aux couches les plus saines d’Israël. Ils sont connus sous le nom de « Groupe des pauvres de Yahvé ». Des gens qui n’ont rien, à part leur foi en Dieu. Des gens qui ne pensent ni à leur fortune ni à leur bien-être. Ils n’attendent de Dieu que la « consolation » dont leur peuple a besoin, la « libération » qu’ils recherchent de génération en génération, la « lumière » qui éclaire les ténèbres où sont plongés les peuples de la terre. Ils sentent maintenant que leurs espoirs sont en train de s’accomplir en Jésus.

Cette foi simple qui attend de Dieu le salut définitif c’est la foi de la majorité. Une foi peu cultivée, qui se manifeste très souvent dans des prières médiocres et distraites, formulée dans des expressions peu orthodoxes, qui se réveille surtout à des moments de difficulté et d’angoisse. Une foi dont l’accueil et la compréhension ne posent à Dieu aucun problème.

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