Ce 13 janvier 1628.
Monsieur,
Il y a environ trois semaines qu’étant chez Mademoiselle du Fay1 je trouvai une occasion par laquelle je vous écrivis, mais je crains que mes lettres aient été perdues, le principal sujet était un avis que je vous demandais pour mon fils. Mais maintenant, Monsieur, je ne suis plus aux mêmes termes, car soit que Dieu ne le veuille pas tout présentement en la résolution de se faire ecclésiastique, ou que le monde s’y soit opposé, ses ferveurs sont de beaucoup diminuées, et lui trouvant un si grand changement en l’esprit, j’en ai parlé librement à la Mère Supérieure’ qui m’a conseillé de le mettre simplement pensionnaire avec ces bons ecclésiastiques2, pour les raisons que je vous dirai, si Dieu me fait la grâce de voir votre retour dont j’ai un grand besoin. Certainement votre absence ne me fut jamais plus sensible, pour les besoins que j’ai eus depuis, en quoi il faut que j’avoue ma faiblesse vous assurant, mon Père, que si Dieu me fait la grâce me souvenir du passé, je n’aurai pas sujet de me glorifier. Je demande force de l’aide de vos prières, pour l’amour de Dieu, et vous remercie très humblement de la peine que vous avez prise de m’écrire et des témoignages de l’honneur de votre souvenir, je ne le mérite pas et Dieu est bien bon de me souffrir. Oh ! mon très cher Père, offrez ma volonté à la miséricorde divine, car je veux, moyennant sa sainte grâce, me convertir et me dire véritablement, Monsieur, Votre très humble servante et indigne fille en notre Seigneur.
P.S. — Mademoiselle du Fay est toujours dans ses infirmités corporelles et a presque toujours été au lit depuis quinze jours, sans fièvre néanmoins; elle désire bien votre retour.







