Les Missions Scolaires dans les établissements vincentiens de France

Francisco Javier Fernández ChentoMinistère de la JeunesseLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Vincent Goguey, Eric Ravoux, C.M. · Année de la première publication : 2011.
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Préambule :

« Vous devez faire entendre que le pauvre peuple se damne, faute de savoir les choses nécessaires à Salut et faute de se confesser » (SV I, 115).

Un jour, Vincent de Paul ouvrit les yeux sur l’état dépravé de l’Eglise de France et l’abandon du peuple des campagnes, constituant la majorité de la population de l’époque. Un peuple errant au milieu des calamités, sans espoir, sans espérance, et délaissé par le clergé. Il initia alors les missions, appelées aujourd’hui mission populaire, pour venir en aide spirituellement et corporellement aux hommes et aux femmes de son temps.

La situation de la France a bien changé en 4 siècles. L’Eglise n’est plus tant dépravée qu’au XVIIe siècle, malgré l’écho des médias autour d’affaires douloureuses mais non moins fort minoritaires. Nous pouvons voir là le travail accomplit suite à l’élan donné par l’Ecole Française (St Vincent de Paul, St Jean Eude, Pierre de Bérulle, Jean-Jacques Olier, É). Et malgré les jérémiades jansénisantes de quelques nostalgiques du XIXe siècle, début XXe, où des curés étaient présents dans chaque village, l’Eglise est bien présente sur le terrain, par le peuple chrétien qui la constitue, mettant surtout en avant son option préférentielle pour les pauvres. Aujourd’hui, le « peuple des campagnes » ne représente plus que 14% de la population et la situation économique du pays a considérablement évolué. Mais le peuple n’en continue pas moins à se damner, faute de savoir les choses nécessaires à Salut ! Qu’est­ce que cela veut dire pour nous aujourd’hui ? Sous l’opulence apparente des biens de consommation se cache un réel désespoir. Quelques constats souvent rappelés : la France est le premier pays consommateur d’antidépresseurs, nous sommes champion en taux de suicides et, avec l’Afghanistan, nous battons le record de la population la plus pessimiste ! Alors que nous avons tout, que nous vivons dans un pays que tout le monde nous envie, que nous sommes les rois du bien-vivre, nous déprimons ! Pourquoi ? Il n’y a pas une réponse qui expliquerait tout, et nous ne sommes pas des experts.

Les jeunes, constat :

Parmi les différentes catégories de la population française, il en est une que notre équipe (Vincent Goguey et Éric Ravoux) tente d’approcher plus particulièrement : les jeunes collégiens et lycéens (11-20 ans). Plutôt que d’attendre sur le perron de nos églises ou dans des locaux d’aumônerie que ceux-ci viennent à nous, nous avons entrepris depuis l’année dernière à la demande des Filles de la Charité, d’aller vers eux, d’aller à leur rencontre sur leur terrain, en parcourant les établissements scolaires du réseau vincentien. Il faut bien commencer quelque part.

Petit historique : En octobre 2009, dans le cadre du 350e anniversaire de la mort de St Vincent et de Ste Louise, l’équipe du Service des Vocations des Provinces CM/FdlC francophones organisa un week-end rencontre qui rassembla près de 130 consœurs et confrères. Un constat apparu : St Vincent et Ste Louise ne sont pas connus de nos contemporains. Il nous fut alors demandé d’intervenir dans quelques établissements scolaires pour organiser des temps forts autour de nos fondateurs, histoire de les faire connaître un peu plus.

Lycée St Vincent de Paul de Bordeaux

Lycée St Vincent de Paul de Bordeaux

Très vite, à la demande des établissements et appuyés par la Tutelle des établissements (la Compagnie des Filles de la Charité, Provinces France Nord et Sud), d’autres thèmes vinrent se greffer à nos interventions pour se rapprocher un peu plus des réalités quotidiennes des jeunes : La violence ; La liberté ; L’accueil des différences ; Des modèles pour se construire ; Qui nous fera voir le bonheur É Dès le départ, nous avons demandé à rencontrer tous les élèves, toutes les classes, de manière obligatoire, pendant une ou deux heures, ce qui est un luxe aujourd’hui, même dans des établissements catholiques. Demeurant en moyenne une semaine dans chaque établissement, cela oblige les responsables de la Vie Scolaire et le corps enseignant à un véritable casse-tête, devant chambouler entièrement l’emploi du temps des classes.

Lycée St Vincent de Paul de Versailles

Lycée St Vincent de Paul de Versailles

Au-delà des thèmes proposés, le but de nos interventions n’est pas tant de fournir un enseignement mais de les faire réfléchir, réagir, sur le sens de la vie, en leur laissant la parole, parole libre, pour qu’ils puissent se dire. Et ce que nous entendons, par leurs mots ou leurs silences, est des plus alarmants. Devant les questions fondamentales que tout être humain se pose (ou doit se poser), telles que : Qu’est-ce que l’homme ? Quel est le sens et le but de la vie ? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le péché ? Quels sont l’origine et le but de la souffrance ? Quelle est la voie pour parvenir au vrai bonheur ? Qu’est-ce que la mort, le jugement et la rétribution après la mort ? Qu’est-ce enfin que le mystère dernier et ineffable qui entoure notre existence, d’où nous tirons notre origine et vers lequel nous tendons ? (Déclaration Nostra Aetate, 1, Concile Vatican II), les réponses, les réactions, sont rares ! Non pas que ces questions soient absentes de leur esprit, mais pour beaucoup, ils n’ont pas les mots ou aucunes notions pouvant les aider à formuler ne serait-ce qu’un ambrions de réponse. Beaucoup se réfugient alors derrière des Bof, des Je Sais Pas, ou des silences vides de tout. Nous découvrons une incapacité à se projeter dans l’avenir, une absence de rêves (autre que l’imaginaire), une mésestime de soi, voire un rejet du corps. Et quand nous leur demandons ce qu’est le bonheur pour eux, la plus part l’identifie à l’argent, au matériel. Un rappel : le suicide demeure en France l’une des premières causes de mortalité chez les jeunes de 15-25 ans.

Éric au Lycée de Châlons

Éric au Lycée de Châlons

D’un autre côté, l’image qu’ils véhiculent de l’Eglise et de ses pasteurs est également des plus négatives : Vieux, hors du temps, coupés des réalités, absents, enfermés, toujours en noir, et É pédophiles !

Un Peuple qui se damne ! :

Nous ne pouvons alors que reprendre l’exclamation de St Vincent : Çle pauvre peuple se damne, faute de savoir les choses nécessaires à Salut et faute de se confesser » !

  • Le pauvre peuple se damne ! Certes, il ne s’agit pas pour la plus part de ces jeunes de pauvreté matérielle, bien que celle-ci existe chez certains, mais bien plus de pauvreté de sens, d’Espérance. La vie ne sert à rien, on nait, on vit, on meurt et on se fait bouffer par les vers !! Absence d’Espérance.
  • Faute de savoir les choses nécessaires à Salut ! La dimension spirituelle, nécessaire au bon développement de l’être humain, est complètement absente de leurs préoccupations, et même de leur environnement. L’Eglise ne leur parle pas, non pas qu’elle ne le fasse pas (leur parler), mais son message leur est le plus souvent incompréhensible. Il semble loin le temps où St Vincent demandait aux confrères de prêcher dans la simplicité, avec un discours familier, de sorte que chacun puisse entendre et en faire son profit (SV XI, 258). Certains jeunes n’en cherchent pas moins des réponses, mais ce n’est pas vers l’Eglise qu’ils se tournent. Beaucoup vont faire leur marché personnel dans les innombrables rayons religiosité d’internet, prenant ce qui les intéressent sans aucun discernement, ce qui conduit parfois à des catastrophes.
    Dans leur incapacité à se projeter dans l’avenir, en plus de la dimension spirituelle, apparaît un grand manque de mémoire, de fondations culturelles, traditionnelles. Nourris d’instantané médiatique, leur culture générale est proche de zéro. Le problème ne vient pas tant de l’école que de leur environnement familiale où il semble ne plus rien se transmettre. Nous observons là une différence entre les jeunes d’origine musulmane, ceux élevés dans un environnement chrétien, et les autres représentants une grande majorité. Les jeunes musulmans sont beaucoup plus à l’aise, ouverts, participatifs et confiants. Les jeunes chrétiens, rares, bien que beaucoup plus sur la réserve, affichent également une plus grande assise. Mais pour les autres, la grande majorité, c’est le vide, un vide culturel, un vide traditionnel. Et il apparaît de plus en plus évident que sans mémoire, sans fondation, on ne peut bâtir un avenir. Ils bâtissent sur du sable et à la première épreuve, ils s’effondrent.
  • Faute de se confesser ! « C’est la première fois qu’il m’était donné de parler sérieusement à un adulte et d’être écouté ! ». Manque d’écoute, manque de lieux de parole. Beaucoup de jeunes aujourd’hui ne peuvent et ne savent se dire, manque de mots, manque d’écoute. Ne pouvant se dire, ils ne se sentent pas exister. Pour beaucoup, ils ne retiennent d’eux que le négatif qu’on leur assène trop souvent. Mésestime, dévalorisation, le regard qu’ils posent sur eux-mêmes est dévastateur. Grande est alors la tentation d’aller trouver un réconfort ailleurs, fuir dans l’alcool, la drogue, les jeux vidéos, le sexe, É Ils ont le sentiment de ne pas être pris au sérieux, de ne pas être écouté.

Les jeunes, un espoir :

Mais le tableau est loin d’être si sombre ! Passé les constats et les premières impressions, c’est toute une richesse que nous découvrons. Le caractère obligatoire de nos interventions plonge souvent les élèves dans un repli plein de méfiance. « Ils vont nous faire prier ; ils vont nous baratiner avec le Bon Dieu ; ils veulent nous récupérer, nous convertir… ». Autant dire qu’ils entrent souvent dans la salle de classe avec des semelles de plomb ! Mais heureusement la glace se brise vite alors qu’ils découvrent leurs interlocuteurs. Et passé la surprise, le dialogue peut s’installer. Après une courte présentation de St Vincent de Paul, de notre Congrégation et de notre mission au sein des établissements scolaires, nous « attaquons » en leur posant quelques questions chocs : « Qu’est-ce qui te rend heureux ? Quel est ton bonheur à toi ? », suivies de « est-ce que tu t’es déjà demandé ce que tu faisais sur cette terre ?! ». Questions déconcertantes, qui les obligent à passer du « on » au « je ». A ces questions, hormis la réponse fric, ils se retrouvent très souvent autour des valeurs de la fraternité, de l’amitié et de la famille, cette dernière demeurant pour eux la valeur sûre, malgré les échecs dont ils sont souvent les témoins. L’un des thèmes utilisé étant Des Modèles Pour Te Construire, imagé par une vidéo que nous leur diffusons, nous sommes toujours surpris de les entendre répondre à la question « quel est ton modèle ?» : « ma mère ! » à 95%. Suivent les pères, les frères et les sœurs, les grands-parents. La famille est toujours pour eux le lieu de construction et aussi une réalité dans laquelle ils se projettent.

Vincent au Lycée de Châlons

Vincent au Lycée de Châlons

Plus difficile est de trouver une réponse, ou un semblant de réponse à la raison de notre présence sur terre, au sens de la vie. Dans une société atteinte de jeunisme, où tout est vendu afin de rester éternellement jeune, où les seules personnes âgées montrées en exemple sont les retraités actifs, en bonne santé et à fort pouvoir d’achat, la réalité même de la mort, de notre mort, est gommée. La vie ne se résume plus alors qu’à un temps de consommation, d’acquisition sans borne, d’immédiateté aveugle. En leur remettant devant les yeux cette réalité qui nous touche tous, la mort, nous les invitons à se poser, ou à se reposer, les vraies questions : Pourquoi ? et, qu’est-ce qu’il y a après ? Questions fondamentales sur lesquelles repose la dimension spirituelle de l’être humain, et auxquelles les religions tentent de répondre. Nous ne leur imposons pas de réponses, nous ne pouvons que témoigner de notre foi, de notre Espérance. Souvent, autour de ce sujet, de grands débats se vivent dans les classes, débats auxquels nous laissons libre court. Cela nous montre que l’intérêt est bien présent, que le questionnement est bien présent et qu’il peut se construire. Tout est loin d’être perdu. Nous leur permettons de prendre conscience de ces questions, nous leur procurons quelques clefs afin qu’ils travaillent, tout au long de leur vie, à y répondre sérieusement.

Une des clefs que nous leur proposons est de grandir en intériorité, notamment en leur faisant faire l’expérience du silence. Après leur avoir projeté un montage vidéo, nous les invitons à rester un temps en silence. Deux minutes, ce n’est rien pour qui a l’habitude de l’oraison, mais c’est souvent une torture pour les jeunes. « Je me suis ennuyé ; c’est long, ça m’a semblé une éternité ; ça sert à rien ; on perd du temps ; c’est angoissant … ». Quelques uns heureusement apprécient ce moment, « c’est apaisant ; on est avec soi-même ; ça fait du bien ; on peut penser … », mais ce n’est pas la majorité. Force est de constater, bien que cela varie selon l’âge et les lieux, que la plupart ne connait pas le silence, le redoute même, préférant se noyer dans un fond sonore permanent. Nous essayons alors de leur faire prendre conscience de l’importance de ce temps. Temps avec soi-même, temps de recul, de discernement, temps de prière. Temps pour se poser les vraies questions de manière apaisée, loin des bruits et des fracas d’un monde qui nous empêche de penser, qui ne veut pas que nous pensions.

Parallèlement à cela, nous abordons avec eux la dimension du service, du don de soi, seul lieu de réalisation de la personne humaine. On grandit le jour où on apprend à donner de sa personne. Et cela, ils l’entendent !

Il arrive aussi que, dès le début de nos interventions, se soient les jeunes eux-mêmes qui nous inondent de questions. « C’est vrai que les prêtres n’ont pas le droit de se marier ? Vous ne pouvez pas avoir d’enfants ? Comment vivez-vous ? Comment devient-on prêtre ? Qu’est-ce qui vous est arrivé pour que vous décidiez de devenir prêtre ? Quelles sont les études pour devenir prêtre ? Que pensez-vous des autres religions ? Ça sert à quoi un prêtre ? Vous êtes payés ? Vous ne pouvez pas avoir de rapports sexuels ? Y a-t-il beaucoup de pédophiles chez les prêtres ? Ils devraient se marier ! Le Pape ? Adam et Eve, vous y croyez ? Et le Big Bang ?É ». La liste peut être très longue ! C’est souvent là que nous voyons les clichés qui se véhiculent. Pourtant, à la différence de leurs ainés, rare est le mépris derrière ces questions, au contraire, nous y percevons toujours un véritable intérêt, une véritable curiosité, une saine curiosité. A nous de répondre à toutes ces questions avec le plus d’honnêteté, de vérité et de simplicité possible, car ils sentent tout de suite quand on les mène en bateau. Nous découvrons alors des jeunes très sensibles au témoignage de vie que nous pouvons leur offrir, sensibles à la cohérence du choix de vie qui est le nôtre. Nous découvrons des jeunes ouverts, curieux, respectueux, même quand ils ne comprennent pas ce choix. Même chose pour le discours de l’Eglise qu’ils réduisent souvent à des clichés véhiculés par la plupart des médias. Nous prenons alors le temps d’expliquer, de traduire et de montrer la beauté et la grandeur d’un message qui ne souhaite que le bien de toute l’humanité. Ils veulent comprendre et la plupart d’entre eux écoute. Ils ont soif et faim !! C’est pour nous ainsi une manière toute simple de semer pour d’éventuelles vocations religieuses ou sacerdotales.

Les animateurs pastoraux, le corps enseignant, les parents :

Partis dans l’optique d’aller exclusivement à la rencontre des jeunes, d’autres demandent vinrent très vite de la part des animateurs pastoraux et du corps enseignant. Force est de constater que pour eux aussi, les lieux d’écoute et de parole sont rares, et ils en ressentent fortement le besoin.

Dans la mesure du possible et pour assurer un suivi, nous tâchons de faire un lien durant nos interventions avec le thème d’année de l’établissement, quand il y en a un. Il arrive parfois que les professeurs eux-mêmes rebondissent avec leurs élèves sur les thèmes abordés pour savoir ce qu’ils en ont retenu et voir avec eux ce qu’ils souhaiteraient approfondir. Toujours est-il que la question du suivi reste à travailler, à renforcer, avec les animateurs pastoraux. Quels outils, quelles clefs leur laisser pour qu’ils puissent prendre la suite de ce que nous avons initié ? L’idée que l’on essaie de mettre en place avec le VAREF (Vincentiens Aujourd’hui, Réseau Enseignement France) est de proposer une formation aux animateurs pastoraux en lien avec nos interventions. Proposer quelque chose sur place, et non pas seulement sur Paris, qui puissent à la fois permettre aux animateurs de continuer sur la lancée de nos interventions et en même temps leur procurer un enseignement sur St Vincent, Ste Louise et leur spiritualité, en lien avec les réalités d’aujourd’hui. C’est à l’étude.

Afin de construire ce suivi, plusieurs établissements ont choisi de faire appel à nos services de manière régulière, nous faisant revenir d’une année sur l’autre. Le travail en amont se voit ainsi facilité. Les élèves nous connaissant rentrent beaucoup plus facilement dans la démarche et le partage. Et d’une année sur l’autre, une plus grande cohérence se construit entre la pastorale locale et nos interventions.

Le corps enseignant n’est pas des plus évidents à rejoindre et le contact diffère énormément d’un établissement à un autre, contact dépendant en grande partie des relations entre la direction, la pastorale et les enseignants. Tantôt nous baignons dès notre arrivée dans une totale indifférence de leur part et cela demeure tout au long de la semaine, tantôt nous sentons dès notre arrivée un accueil et une intégration immédiate avec ce désir de travailler ensemble pour le bien des élèves. Il nous fut même donné dans un établissement (Marseille St Louis pour ne pas le nommer) d’animer une demi-journée pédagogique avec l’ensemble du corps enseignant et administratif, autour de la vie de St Vincent, de nos missions, journée conclue par la bénédiction de la nouvelle salle d’aumônerie. De manière générale, nous essayons toujours de prendre un temps avec les enseignants, temps gratuit pour ceux qui le veulent. Souvent, ces temps se transforment en lieu de parole, de « déballage », parole que nous essayons de reprendre, d’analyser avec eux. Ils se sentent souvent très démunis face aux jeunes qu’ils sont chargés d’aider à grandir. Mais les moyens nous manquent et ils expriment le besoin de pouvoir parler et d’être écouté plus souvent. Il en est de même avec les surveillants d’internat, au Berceau par exemple.

Enfin les parents. C’est à l’initiative du directeur du lycée St Vincent de Paul de Versailles, Mr. Rémy Cagnolo, qu’une première rencontre fut organisée avec les parents d’élèves, quelques semaines après notre passage dans l’établissement. Certes, ils ne furent pas nombreux à se déplacer. Mais là encore l’échange fut des plus intéressants et riches. Les parents aussi ont besoin d’être écoutés et rassurés. Ils ont besoins d’entendre enfin de belles choses sur leurs enfants, sans tomber dans l’angélisme. Le métier de parents aujourd’hui est loin d’être évident !

Conclusion :

Cette année il nous a été donné d’intervenir dans 13 établissements, sur 50 collèges-lycées vincentiens en France, mais ce n’est pas le nombre qui compte. De missions en missions, nos interventions ont beaucoup évolué. Si au départ il nous était difficile d’aborder les questions de spiritualité, de foi, en lien avec les thèmes que nous abordions, cela est devenu petit à petit plus évident, un schéma d’approche plus clair s’est dessiné, grâce notamment à ce que les jeunes nous apprirent d’eux-mêmes. Conscients d’approcher les adultes de demain, nous réalisons chaque jour un peu plus l’étendu du chantier. La France, au travers de ses jeunes, n’est pas à ré-évangéliser mais à évangéliser ! Nous n’avons pas la prétention de leur apporter des solutions toutes faites aux grandes questions du sens de la vie, du bonheur, nous comptons seulement sur le témoignage de notre foi pour les inviter à se poser ces questions, tout en leur laissant quelques clefs.

A l’école de St Vincent, nous apprenons sans cesse à nous laisser évangéliser par ces jeunes. Sans cesse, ils nous renvoient à notre propre foi, à notre Espérance, nous forçant chaque jour à revoir notre formulation, notre entendement, notre écoute de la Parole et sa transmission.

Ces interventions sont également pour nous l’occasion de renforcer nos liens avec les autres membres de la Famille Vincentienne, et notamment les Filles de la Charité. Il est important pour nous de sentir de manière affective et effective, que nous ne sommes pas seuls à porter cette mission. Elle n’est pas nôtre, celle-ci se vit en famille, avec d’autres. Et c’est avec d’autres justement que nous souhaiterions l’étendre. Les Provinces de France ne manquent pas de jeunes confrères et consœurs à-même de consacrer un peu de temps à cela, ce n’est qu’une question de volonté.

Dernière petite chose : Quelle joie d’être missionnaire !………………………………. !!!!!!!!!!


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