La Vie de Mademoiselle Le Gras. Livre Premier, Chapitre 1

Francisco Javier Fernández ChentoLouise de MarillacLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Monsieur Gobillon, Prêtre, Docteur de la Maison et Société de Sorbonne, Curé de Saint Laurent · Année de la première publication : 1676.
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Louise de Marillac naquit à Paris, de Louise de Marillac, sieur de Ferrières, et de Marguerite le Camus, le douzième jour du mois d’août de l’année mil cinq cent quatre-vingt-onze. Elle perdit sa mère dans son bas âge : et son père s’en voyant chargé lui seul, prit un soin particulier de son éducation. Il la mit en pension dans le Monastère des Religieuses de Poissy, où il avait quelques parentes, pour lui donner dans cette maison les principes de la piété chrétienne. D’où l’ayant retirée quelque temps après, il la mit à Paris, entre les mains d’une Maîtresse habile et vertueuse, pour lui apprendre à faire des ouvrages convenables à sa condition. Il n’oublia rien de tout ce qui la pouvait perfectionner dans les exercices du corps et de l’esprit. Il la fit instruire dans la peinture : et elle eut tant d’inclination pour ce bel art, qu’elle s’y est toujours appliquée dans les états différents de sa vie, autant que les infirmités et les occupations le lui ont pu permettre; et l’on conserve encore dans sa famille quelques portraits de piété de sa main.Son père découvrant dans son esprit un fonds capable de toutes formes d’instructions, le cultiva avec tous les soins imaginables. Il lui fit apprendre la philosophie pour lui former le raisonnement, et pour lui donner entrée dans les sciences les plus élevées. Ce qui lui donna tant d’affection pour la lecture qu’elle en faisait la plus ordinaire de ses occupations, et ce père n’avait point de plus grand plaisir que ce s’en entretenir avec elle, et de voir les réflexions et les remarques qu’elle en faisait par écrit. Il eut tant de satisfaction de l’obéissance avec laquelle elle secondait ses desseins, qu’il déclara par son testament : Qu’elle avait fait sa plus grande consolation dans le monde, et qu’il croyait qu’elle lui avait été donnée de Dieu pour son repos d’esprit dans les afflictions de la vie.

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