La spiritualité vincentienne : la rencontre du Christ dans les pauvres

Francisco Javier Fernández ChentoFormation VincentienneLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Luigi Mezzadri, C.M. · Traducteur : Centre de Traduction. Maison Mère Filles de la Charité.. · Année de la première publication : 2010.
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chaineLa  spiritualité  vincentienne  n’est  pas  une  doctrine  mais  une  rencontre.  Nous développerons ce thème en trois parties : connaître, contempler, servir.

Connaître

Au XVIIème siècle, la spiritualité était à la mode. Dans les salons, on parlait de Dieu. Bremond avait parlé d’une « invasion mystique ». Madame Acarie entrait en extase chaque fois qu’elle entendait parler de Dieu. On pensait que la sainteté relevait du mystique : on est saint quand on a des visons ou que l’on fait des miracles. C’est pourquoi l’on cherchait dans la vie des saints des faits extraordinaires. De sorte que l’on excluait les chrétiens ordinaires qui voyaient la sainteté comme quelque chose hors de leur portée.

Parmi les Pères de l’Eglise, saint Grégoire de Naziance a développé une théorie selon laquelle il y aurait trois sortes de vie spirituelle : la vie contemplative (propre aux moines et aux moniales, qui est la plus élevée), la vie active ( propre à celui qui vit dans le monde et qui est la moins parfaite) et la vie mystique ( qui est celle de l’action pastorale unissant action et contemplation). Par conséquent, on pensait que la contemplation menait plus facilement à la sainteté grâce à la voie mystique, alors que pour ceux qui sont immergés dans le monde, la sainteté n’était possible que par la voie ascétique. Il est vrai que saint François de Sales avait décrit l’exemple de deux sœurs, une moniale qui vivait comme quelqu’un du monde, et l’autre, mariée, qui vivait comme une moniale. Pour lui, la sainteté était pour tous. Mais cette idée n’avait pas été accueillie de manière unanime. Les religieux défendaient farouchement l’idée qu’eux seuls étaient « en état de perfection ». Le fossé entre vie active et vie contemplative, entre Marthe et Marie, s’est élargi.

Expériences convergentes

L’expérience spirituelle même de saint Vincent et de sainte Louise était très différente. Les chemins parcourus ont néanmoins convergé.

Celui de saint Vincent a été un parcours de « spiritualisation ». Dans une première phase de sa vie, il s’est cherché lui-même (jusqu’en 1608-1610). Puis il a vécu une grave « crise » qui lui a fait découvrir que l’homme a besoin de Dieu.

Celui de sainte Louise a été un parcours d’ « humanisation » : elle a d’abord cherché à s’évader dans un monastère, puis à s’évader de ses responsabilités familiales pour découvrir ensuite, en rencontrant saint Vincent, que Dieu a besoin de l’homme.

Lors des deux rencontres à Folleville et à Châtillon en 1617 et lors de l’expérience de la Pentecôte de 1623, saint Vincent et sainte Louise ont découvert leur vocation commune, celle d’être :

  • donnés à Dieu
  • pour « servir le prochain », en rassasiant ceux qui ont faim de la Parole et de Pain.

Contempler

La spiritualité de l’amour

Saint Vincent a beaucoup utilisé l’image du cœur. Dieu est le Dieu du cœur (Coste, XI, 156), « l’Amant de son cœur » (Coste, XI, 102 ; 145-147) : « Or sus, demandons à Dieu qu’il donne à la Compagnie cet esprit, ce cœur, ce cœur qui nous fasse aller partout, ce cœur du Fils de Dieu, cœur de Notre-Seigneur, cœur de Notre-Seigneur, cœur de Notre-Seigneur, qui nous dispose à aller comme il irait et comme il serait allé, si sa sagesse éternelle eût jugé à propos de travailler pour la conversion des nations pauvres ». (Coste, XI, 291).

Sa spiritualité fut celle du mystère d’Amour du Fils de Dieu qui s’est fait homme et est présent en chacun. Il fut – comme l’a écrit Giuseppe Toscani – un mystique qui n’a pas été «fasciné par une image fantastique du Christ » mais qui voyait le Christ dans les pauvres. La spiritualité du Moyen Age tendait, comme chez Platon, à s’évader du corps pour s’élever vers les hauteurs. La prière était pensée comme une « élévation de l’esprit vers Dieu ». La spiritualité de saint Vincent a plutôt suivi l’élan de l’Incarnation qui consiste à  « se  faire  proche  du  dernier  des  hommes,  comme  Dieu  en  Christ ». A travers  la « kénose » de l’humilité, saint Vincent a trouvé le Christ dans les pauvres. Pendant ce temps, dans la tradition mystique, on parle de « nuit des sens » et de « nuit de l’esprit ». C’est par le dépouillement pour parvenir à voir le Visage du Christ que saint Vincent s’est laissé crucifier sur la Croix des pauvres, « son poids et sa douleur ». C’est pourquoi les pauvres deviendront, comme le Christ, ses « Seigneurs et [ses] Maîtres ».

Sainte Louise, à son tour, parle d’ « amour pur », c’est-à-dire d’un amour purifié de tout reste d’amour humain : « Plus un lieu est difficile à servir, tant pour la nécessité que pour les autres difficultés, plus doit-on attendre de secours du Ciel quand on veut travailler pour le pur amour, comme je veux croire que c’est votre intention ». (Ecrits, L. 592, page 607)

Au cœur de la Trinité

Saint Vincent a placé tout cela au cœur de la Trinité. Il exprime cette idée par le verbe « Honorer », expression qui implique la participation, la reconnaissance filiale, l’imitation du Christ dans son regard sur la Trinité. Saint Vincent se sentait aimé par le Père comme un Fils, il se sentait invité à la table de la Trinité. Comme les grands mystiques, il a perçu le courant d’amour de la Trinité : le Père qui fait le premier pas de l’amour, le Fils qui l’accueille et l’Esprit qui réalise la communion et l’union.

Sainte Louise à son tour se sent remplie de l’Esprit, comme si l’Esprit Saint s’était répandu en elle : « Ôtez mon aveuglement, lumière éternelle ; simplifiez mon esprit, unité parfaite ; humiliez mon cœur pour fondement à vos grâces, et que la puissance d’aimer que vous avez mise en mon âme, ne s’arrête plus au dérèglement de ma propre suffisance qui n’est, en effet, qu’une impuissance et empêchement au pur amour que je dois avoir par l’infusion du Saint Esprit ». (Ecrits, A 26, page 807-808)

De la Trinité est née la mission. La mission ne vient pas d’une initiative personnelle, mais de la Trinité. Elle habite la Trinité, elle en naît. Et c’est de la Trinité que vient un style de mission : « Établissons-nous en cet esprit, si nous voulons avoir en nous l’image de l’adorable Trinité, si nous voulons avoir un saint rapport au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Qu’est-ce qui fait l’unité et le comité en Dieu, si ce n’est l’égalité et la distinction des trois personnes ? Et qu’est-ce qui fait leur amour, si ce n’est leur ressemblance ? Et si l’amour n’était entre eux, qu’y aurait-il d’aimable ? dit le bienheureux évêque de Genève. L’uniformité est donc en la Sainte Trinité : ce que le Père veut, le Fils le veut ; ce que le Saint-Esprit fait, le Père et le Fils le font ; ils agissent de même ; ils n’ont qu’une même puissance et une même opération. Voilà l’origine de la perfection et notre modèle ». (Coste, XII, 256-257).

L’incarnation

La spiritualité vincentienne est indubitablement christocentrique. Saint Vincent, de fait, ne se propose pas à lui-même ni aux autres des dévotions (celle de saints, de lieux, d’idées), mais il va tout droit au centre de tout, au Christ (Tu solus Dominus). « Si épris de l’amour des créatures » (Coste, XII, 265), le Christ a abandonné le Trône du Père pour manifester la tendresse de Dieu : « C’est cette tendresse qui l’a fait venir du ciel ; il voyait les hommes privés de sa gloire ; il fut touché de leur malheur. Nous devons de même nous attendrir sur notre prochain affligé et prendre part à sa peine ». (Coste, XII, 271).

Quoi qu’il en soit, Vincent nous prouve qu’il a véritablement rencontré le Christ. Vincent n’a perçu la voix du Christ que lorsqu’il s’est trouvé en face de l’humanité souffrante des pauvres, celle des affamés, avide de pain et de parole. C’est en voyant les pauvres qu’il a trouvé le Christ. Il a vu le Christ dans son « contraire ». Pour le Saint de la Charité, l’Incarnation est à l’origine d’une nouvelle relation au Christ et à l’homme, d’une sorte d’élan vital. « Regardons le Fils de Dieu ; oh ! quel cœur de charité ! quelle flamme d’amour ! Mon Jésus, dites-nous, vous, un peu, s’il vous plaît, qui vous a tiré du ciel pour venir souffrir la malédiction de la terre, tant de persécutions et de tourments que vous y avez reçus. O Sauveur ! ô source de l’amour humilié jusqu’à nous et jusqu’à un supplice infâme, qui en cela a plus aimé le prochain que vous-même ? Vous êtes venu vous exposer à toutes nos misères, prendre la forme de pécheur, mener une vie souffrante et souffrir une mort honteuse pour nous ; y a-t-il un amour pareil ? Mais qui pourrait aimer d’une manière tant suréminente ? Il n’y a que Notre-Seigneur qui soit si épris de l’amour des créatures que de quitter le trône de son Père pour venir prendre un corps sujet aux infirmités. Et pourquoi ? Pour établir entre nous par son exemple et sa parole la charité du prochain. C’est cet amour qui l’a crucifié et qui a fait cette production admirable de notre rédemption. O messieurs, si nous avions un peu de cet amour, demeurerions-nous les bras croisés ? Ceux que nous pourrions assister, les laisserions-nous périr ? Oh ! non, la charité ne peut demeurer oisive ; elle nous applique au salut et à la consolation des autres ». (Conférences SI/4, 555 ; Coste, XII, 264s).

On comprend comment le saint n’a pas perdu de temps à la recherche de médiations. Il avait trouvé le Christ, il avait vu les pauvres, il voulait « bâtir le Royaume de Dieu ». La phrase « Le peuple meurt de faim et se perd » n’était pas un argument pour obtenir des faveurs du Saint Siège, mais une urgence, un cri de douleur, une blessure à l’âme. L’Incarnation était pour lui non pas un mystère à contempler, mais l’origine de son action. Par conséquent, selon Bremond « ce n’est pas l’amour des hommes qui l’a conduit à la sainteté, mais c’est plutôt la sainteté qui l’a rendu vraiment et efficacement charitable ; ce ne sont pas les pauvres qui lui ont donné Dieu mais au contraire, c’est Dieu – c’est-à- dire le Verbe Incarné – qui l’a donné aux pauvres. » C’est pourquoi on ne peut pas considérer Vincent uniquement comme un homme d’action, un distributeur d’aumônes, mais un homme de prière qui trouve le monde dans la sphère de Dieu, lui pour qui la prière est une prière faite charité.

Sainte Louise à son tour invite les Sœurs à avoir un « amour fort », de sorte qu’on les pense possédées par lui et par le service des pauvres, comme si ces deux amours n’étaient qu’un : « Soyez donc bien courageuse dans la défiance que vous devez avoir de vous-même. Je dis le semblable à toutes nos chères Sœurs ; je souhaite qu’elles soient toutes remplies d’un amour fort, qui les occupe en Dieu si suavement, et au service des pauvres si charitablement, que leur cœur ne puisse plus admettre tant de pensées dangereuses à leur persévérance. Courage donc, mes chères Sœurs, ne songeons qu’à plaire à Dieu en la pratique exacte de ses saints commandements et conseils évangéliques, puisque la bonté de Dieu a daigné nous y appeler, à quoi nous doit servir l’exacte observance de nos règles, mais cela gaiement et diligemment. Servez vos maîtres avec grande douceur ». (Ecrits, L. 441, page76)

Laisser Dieu pour Dieu

La force de ces principes n’a posé aucune difficulté pour inviter les missionnaires et les sœurs à « laisser Dieu pour Dieu ». Parce que les pauvres sont les pauvres de Jésus- Christ, ils sont Jésus-Christ, et ainsi en quittant Jésus-Christ, ils le trouveront dans ses membres. L’homme, par conséquent, est le visage de Dieu et Dieu est le visage de l’homme. L’Incarnation était donc à l’origine de son anthropologie. Comme l’écrit Calvet, Vincent « est parmi les hommes, celui qui a le plus aimé les hommes. Il avait pleinement réalisé dans son cœur le sentiment de la fraternité, c’est-à-dire qu’il croyait non en parole, par métaphore ou par réflexion philosophique, mais de manière substantielle, de tout son être, que le gueux, le pauvre diable de la rue, était son frère. Ce sentiment, élevé à ce degré, est très rare. Tous les jours, il faisait asseoir à sa table deux mendiants et lui-même les servait avec le plus grand respect. Tous les saints ont servi les pauvres pour imiter l’esprit de l’Evangile ; mais lui, en plus de cela, il les servait de tout son cœur. Quand il s’est installé au prieuré de Saint-Lazare, il y a trouvé quelques fous abandonnés de tous, exclus de l’humanité. Il s’était pris de tendresse pour eux et se les était attachés avec douceur tant et si bien que lorsqu’il devait quitter le prieuré, il se demandait ce qui lui coûtait le plus en partant et arrivait à la conclusion que ce qui coûtait le plus à son cœur, c’était de quitter ces pauvres fous auxquels personne ne s’intéressait. S’il s’est choisi comme devise « evangelizare pauperibus », c’est parce qu’il était convaincu de poursuivre la mission de l’Homme-Dieu venu dans le monde en renonçant à ses privilèges et embrassant la pauvreté pour le salut des hommes. C’est de là que vient le caractère évangélique de sa spiritualité à laquelle il ne désire aucun « ajout » d’aucune sorte, mais qu’elle soit centrée sur la Trinité et l’Incarnation.

C’est ce qu’avait très bien compris Frédéric Ozanam, qui est peut-être l’interprète le plus fidèle de saint Vincent quand il écrit : « Nous devrions nous prosterner à leurs pieds et leur dire avec l’Apôtre : ‘Tu es mon Maître’. Vous êtes nos maîtres et nous serons vos serviteurs ; vous serez pour nous les images sacrées de Dieu que nous ne voyons pas et, ne sachant pas l’aimer d’une autre manière, nous l’aimerons à travers vous ». (A Louis Janmot).

Servir

Devant de pareilles vérités, nous ne pouvons nous contenter de penser de manière purement rationnelle. Le mystère n’est pas quelque chose à connaître, nous ne le comprendrons jamais, mais c’est un but qui nous dépasse.

En cette année du centenaire, nous devons nous aussi « entrer » dans l’amour du Christ. En aimant le Christ, nous serons modelés par Lui, nous adhérerons à Lui et par conséquent, nous serons en mesure d’aimer comme Lui, l’évangélisateur des Pauvres (Lc 4, 18-19) : « Dieu aime les pauvres, et par conséquent il aime ceux qui aiment les pauvres ; car, lorsqu’on aime bien quelqu’un, on a de l’affection pour ses amis et pour ses serviteurs. Or, la petite Compagnie de la Mission tâche de s’appliquer avec affection à servir les pauvres, qui sont les bien-aimés de Dieu ; et ainsi nous avons sujet d’espérer que, pour l’amour d’eux, Dieu nous aimera. Allons donc, mes frères, et nous employons avec un nouvel amour à servir les pauvres, et même cherchons les plus pauvres et les plus abandonnés, reconnaissons devant Dieu que ce sont nos seigneurs et nos maîtres, et que nous sommes indignes de leur rendre nos petits services ». (Coste, XI, 392ss). Cet amour comprend deux mouvements : un mouvement vers le haut, c’est le saisissement, c’est l’adoration, c’est la recherche de la félicité ; un mouvement vers le bas, c’est la promotion du pauvre, c’est l’amour gratuit. Comme le regard du Christ sur la Croix, un regard qui sollicite l’amour, celui d’un Dieu qui sent le besoin d’être aimé.

Sainte Louise disait que, « libres de tout », nous devons suivre Jésus-Christ ». (Ecrits, A1, page 687). De là découle une prière « libre », « christocentrique », qui va directement au Christ, riche de l’Evangile, sans concession pour d’excessives dévotions ; une prière « blessée » dans le sens où lorsque nous prions, nous ne pouvons ignorer les angoisses et les douleurs de l’humanité ; une prière « évangélique », riche d’expressions de foi tirées de l’Evangile : « Seigneur, fais que je voie, Seigneur, fais que je marche, Seigneur, dis seulement une parole et ton fils me guérira, Seigneur, fils de David, aie pitié de moi… ».

Donner des conférences

Une de nos plus belles traditions, c’est celle de la conférence. Le mot veut dire « porter ensemble » (conferre), c’est-à-dire partager nos pensées, nos émotions, nos idées. Parler ensemble de Dieu.

Essayons de lire quelques passages de conférence :

  1. « Plaise à la bonté de Dieu nous donner cet esprit qui les anime, un cœur grand, vaste, ample ! Magnificat anima mea Dominum ; il faut que notre âme magnifie, amplifie Dieu, et pour cela que Dieu amplifie notre âme, qu’il nous donne amplitude d’entendement pour connaître bien la grandeur, l’étendue de la bonté et de la puissance de Dieu ; pour connaître jusqu’où s’étend l’obligation que nous avons de le servir, de le glorifier en toutes les manières possibles ; amplitude dans la volonté pour embrasser toutes les occasions de procurer la gloire de Dieu. Si nous ne pouvons rien de nous-mêmes, nous pouvons tout avec Dieu. Oui, la Mission peut tout, parce que nous avons en nous le germe de la toute- puissance de Jésus-Christ ; c’est pourquoi nul n’est excusable sur l’impuissance ; nous aurons toujours plus de force qu’il n’en faudra, principalement dans l’occasion ; car, quand on est dans l’occasion, l’homme se sent un homme tout nouveau ». (Coste, XI, 203).
    Notre vocation est-elle de rencontrer le Christ ancré dans la prière intérieure ou est- ce simplement l’adhésion à un groupe de personnes ? … Sommes-nous convaincus que notre Famille Vincentienne peut tout parce que nous avons en nous de pouvoir toute chose en Jésus-Christ ? Avons-nous déjà fait l’expérience du partage ?
  2. « Je ne dois pas considérer un pauvre paysan ou une pauvre femme selon leur extérieur, ni selon ce qui parait de la portée de leur esprit ; d’autant que bien souvent ils n’ont pas presque la figure, ni l’esprit de personnes raisonnables, tant ils sont grossiers et terrestres. Mais tournez la médaille, et vous verrez par les lumières de la foi que le Fils de Dieu, qui a voulu être pauvre, nous est représenté par ces pauvres ; qu’il n’avait presque pas la figure d’un homme en sa passion, et qu’il passait pour fou dans l’esprit des Gentils, et pour pierre de scandale dans celui des Juifs ; et avec tout cela, il se qualifie l’évangéliste des pauvres : Evangelizare pauperibus misit me. O Dieu ! Qu’il fait beau voir les pauvres, si nous les considérons en Dieu et dans l’estime que Jésus-Christ en a faite ! Mais, si nous les regardons selon les sentiments de la chair et de l’esprit mondain, ils paraîtront méprisables ». (Coste, XI, 32).
    Les pauvres sont-ils présents dans notre prière ? Evoquons-nous des visages, des situations, des besoins ?
  3. « Oui, Messieurs, il faut que nous soyons tout à Dieu et au service du public ; il faut nous donner à Dieu pour cela, nous consumer pour cela, donner nos vies pour cela, nous dépouiller, par manière de dire, pour le revêtir ; du moins désirer d’être dans cette disposition, si nous n’y sommes déjà ; être prêts et disposés à aller et venir où il plaira à Dieu, soit aux Indes ou ailleurs, enfin nous exposer volontiers pour le service du prochain, pour amplifier l’empire de Jésus-Christ dans les âmes. Et moi-même, quoique vieux et âgé comme je suis, je ne dois pas laisser d’avoir cette  disposition en moi, voire même de passer aux Indes, afin d’y gagner des âmes à Dieu, encore bien que je dusse mourir par le chemin ou dans le vaisseau ». (Coste, XI, 402s).

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