La Congrégation de la Mission en Portugal (III-B)

Francisco Javier Fernández ChentoHistoire de la Congrégation de la MissionLeave a Comment

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aaa6. Mort du roi Jean V de Portugal.

L’année 1750 fut marquée par la mort de l’insigne et incomparable bienfaiteur des fils de saint Vincent de Paul en Portugal, le roi Jean V. Le 1er janvier 1751,M. de Bras, supérieur général, dans sa lettre circulaire à toute la Con­grégation, écrivait : « Je vous prie, Messieurs et nos très chers frères, de vous souvenir dans vos saints sacrifices et prières, de Sa Majesté le fidélissime don Jean de Bra­gance V, roi de Portugal, notre insigne bienfaiteur et pro­tecteur, mort dans le courant de l’année dernière, et qui, nous ayant royalement fondé à Lisbonne pour quarante sujets, nous a fait faire à ses dépens une maison propre à l’exercice de, toutes nos fonctions. » (Circ., t. I, p. 556.) Nous avons donné ci-dessus, page 39, le portrait du roi Jean V.

De solennelles cérémonies funèbres eurent lieu à l’occa­sion de cette mort à la maison des prêtres de la Mission de Lisbonne. Des inscriptions rappelant la munificence du roi et sa piété pouvaient se lire dans leur chapelle de Rilha­folles. Voici la première et la dernière de ces inscriptions (Arch. ms., Paris : Portugal, 332):

ACCURRITE CIVES

JOANNI V

PATRIAE PATRI PARENTATE ;

USTITLE SUMMAE CULTORI

JUSTA EXSOLVITE.

LACRYMARUM TRIBUTUM

MORTUO RENDITE

QUI VIVUS VOS GAUDIIS

ABUNDE REPLEVIT.

JOANNI V

LUSITANORUM REGI

HUIUS RELIGIOSIE DOMUS

FUNDATORI MAGNIFICO

PRESBYTERI CONGREGATIONIS MISSIONIS

N GRATAM TANTI BENEFICII RECORDATIONEM

FERALE HOC MONUMENTUM

MCERENTES P[OSUERE]

7. Progrès des oeuvres.

Les événements intérieurs de cette année 175o et des années suivantes se résument dans l’envoi à Paris de jeunes étudiants de la maison de Lisbonne et dans l’acceptation des établissements de Guimaraens et de Miranda. Le Supé­rieur général écrivait, le 1ERjanvier 1751, de Paris : Nous comptons présentement aux études, tant aux Invalides qu’ici à Saint-Lazare, cinquante-six sujets, en y compre­nant trois étudiants de la maison de Lisbonne, pour se for­mer aux usages de la congrégation dans la maison même où notre saint instituteur les a établis. Parmi ces étudiants, il y en a beaucoup dont la piété solide, la constante appli­cation à l’étude et la pénétration, jointes à la régularité de leur conduite, vous préparent et à nous la consolation que nous avons droit d’en attendre.

Notre maison de Lisbonne est toujours dans le même état de prospérité. Les lettres que nous en recevons nous parlent de quelques nouvelles fondations que la Providence nous y prépare ; et il y a lieu d’espérer qu’à mesure qu’on remarquera dans ce royaume l’utilité de nos fonctions, et que l’esprit de notre état s’y perfectionnera, la nation por­tugaise, qui est pieuse et généreuse envers Dieu, nous fon­dera dans divers endroits pour les exercer. » (Cire., t. I, p. 552, 555.)

Il ajoutait en 1752 : « Nos missionnaires de Catalogne et de Portugal s’appliquent avec zèle et avec fruit dans les saintes fonctions de notre Institut, et il parait qu’ils gagnent l’estime publique par leur vie régulière et édifiante.

«Le séminaire externe, établi dans notre maison de Lis­bonne, se forme insensiblement, et il y a lieu d’en espérer des fruits solides pour le clergé. Nos missions, que la piété même de la nation portugaise rend plus éclatantes et plus fructueuses, sont si recherchées, qu’il a fallu envoyer une bande de missionnaires à Miranda, sur les instances réité­rées de Mgr l’évêque, qui désire depuis longtemps de nous voir établis dans son diocèse.

«La Providence nous dispose prochainement à Guima­raens, au diocèse de Brague, un établissement magnifique. Mgr l’archevêque, oncle du roi de Portugal, qui honore notre congrégation d’une estime spéciale, veut que cette fondation devienne aussi considérable que celle de Lis­bonne, et les choses sont si avancées que nous avons déjà envoyé notre procuration pour l’accepter». (Cire., t. I, p. 56 t, 562.)

Et comme conséquence de ces laits, le Supérieur général écrivait le janvier 175:; : « Le crédit qu’acquièrent pareil­lement nos fonctions dans le royaume de Portugal, donne aussi lieu à de nouveaux établissements. Ceux qui étaient projetés à Miranda et à Guimaraens étant à terme, l’on y a envoyé des sujets pendant le cours de l’année dernière. Le départ de MM. Didier et Fissour, choisis pour Miranda, ayant laissé dans la maison de Lisbonne des places de ré­gence à remplir, ç’a été une nécessité d’y renvoyer plus promptement MM. Coelho et Trajano, étudiants portugais, venus ici pour se former aux usages de la Congrégation, -en achevant leurs études. » (Cire., t. I, p. 569.)

Nous avons raconté ci-dessus ce qui concerne la fondation des établissements mentionnés ici et de ceux qui devaient s’ouvrir les années suivantes.

En 1754, étaient annoncés, en effet, de nouveaux ouvriers et de nouveaux établissements : « Nos confrères de Cata­logne et de Portugal continuent d’exercer nos saintes fonc­tions avec honneur et avec bénédiction. De nouveaux éta­blissements, qui se préparaient dans le dernier de ces royaumes, nous ont fait envoyer, l’année dernière, à Lis­bonne deux de MM. nos prêtres : MM. Griffon et Alasia; ils ont fait heureusement le voyage, et ils se préparent pré­sentement, par l’étude de la langue, à partager le travail des fonctions, dans le pays où la piété de la nation le fait -soutenir avec consolation. » (Cire., t. I, p. 577.)

8. Le tremblement de terre de Lisbonne.

En 1755 un désastre, dont l’horreur est demeurée légen­daire, vint fondre sur Lisbonne, l’horrible tremblement de terre du 1er novembre : il secoua toute la ville au mo­ment où la foule était réunie dans les églises, pour l’office religieux du jour de la Toussaint, renversa presque tous les édifices et fit d’innombrables victimes.

Nous ne pouvons rien citer de plus authentique pour en -rendre compte que ce qui fut écrit, le 1er janvier suivant, par M. le Supérieur général à toute la congrégation. Il -disait :

Vous attendez particulièrement de moi, mes très chers frères, que je vous parle de l’état actuel de nos confrères de Lisbonne. Le terrible tremblement de terre que les nouvelles publiques ont annoncé, et qui, le 1er novembre, a renversé, dans moins d’un quart d’heure, la moitié de la ville, les Plus belles églises et le palais du roi, écrasant un nombre infini d’habitants, nous a tenus dans de vives  inquiétudes sur le sort de nos chers confrères, d’autant plus que ce tremblement prodigieux a fait d’affreux dégâts dans toutes les autres villes du royaume de Portugal, dans la plupart de celles. d’Espagne, et s’est fait sentir jusqu’à Bor­deaux. Mais heureusement nous avons reçu, le 9 de décem­bre, des lettres de nos chers confrères, qui nous apprennent que Dieu les a tous conservés. Ils écrivaient, dix jours après cette horrible catastrophe, et ils n’étaient pas encore bien revenus des vives alarmes qu’elle leur avait, causées. La triste peinture faite par Jérémie de la destruction de Jéru­salem est à la lettre la peinture effroyable du renversement de Lisbonne. Cette ville, une des plus belles, des plus. magnifiques et des plus riches de l’Europe, où toutes les églises brillaient par l’or et l’argent, et par les ornements les plus précieux, fut, le Ier novembre, entre neuf et dix heures du matin, presque entièrement renversée par un tremblement de terre, qui ne dura que dix ou douze mi­nutes, mais dont les secousses furent si . violentes, que tout ce qui résista au premier tremblement, se trouvant ébranlé, s’écroula à un second, qui suivit de près, et qui, quoique moins fort et moins furieux, acheva de ruiner .la ville, renversant les édifices les plus superbes et les mieux bâtis, les églises, les couvents d’hommes, les monastères de religieuses, avec tant de fracas, que l’on croyait voir arriver la fin du monde.

« Nos confrères n’entrent pas dans un détail plus circon­stancié du malheur publie que l’univers entier n’ignorera point : voici ce qui les regarde en particulier. Ils étaient, dans ce moment terrible, assemblés au choeur pour chanter la grand’messe ; mais ce mouvement subit jeta tout le monde dans la consternation. Toute leur maison fut violemment agitée, et, quoiqu’elle soit restée sur pied, elle est inhabi­table : fendue de toute part, elle menace ruine, et l’on croit qu’elle ne pourra jamais être habitée, si elle n’est rebâtie. Dans cette extrémité, nos confrères demeurent sous des tentes, dans leur jardin, comme le font le reste des habi­tants épars dans les campagnes voisines : riches, pauvres, nobles, roturiers, religieux, religieuses; heureux encore qui peut avoir quelque petite cabane, pour y être à l’abri de la pluie et des vents. Le roi lui-même, avec toute la famille royale, saisi de frayeur, a été contraint de se sauver dans les montagnes, où il habite sous des tentes. Nos confrères, conduits par leur zèle, ont été, les premiers jours, dans les rues de la ville pour enterrer les morts et confesser les moribonds, s’exposant eux-mêmes au danger de la vie, car, toutes maisons délabrées et ébranlées menaçant ruine, le moindre accident les aurait ensevelis sous les ruines, comme tant de milliers d’autres. Outre les prières journa­lières ordonnées par S. Ém. Mgr le cardinal, patriarche, nos confrères, pour apaiser la colère de Dieu, ont fait, les premiers, une procession, les pieds nus, chacun un crucifix à la main, chantant le Miserere et autres psaumes d’un ton lugubre, ce qui a vivement touché tout le monde. Ils sont encore actuellement très occupés à confesser soir et matin le peuple, qui vient en foule faire des confessions générales, car cet accident les a plus touchés, que ne l’auraient fait dix années de missions par les plus fervents apôtres. Plaise à Dieu qu’il en résulte des fruits solides de conversion et de fidélité à son service!

«Mais voilà nos confrères entièrement ruinés. Leur maison est inhabitable, et leurs revenus, la plus grande partie sur l’État, se trouvent anéantis, ou du moins sus­pendus pour longtemps, parce que l’État se trouve ruiné lui-même et ne pourra de longtemps se relever. Il sera donc nécessaire que les missionnaires, n’ayant pas de quoi subsister, se dispersent, et aillent gagner leur vie ailleurs en travaillant. Le projet est d’envoyer ainsi MM. les prêtres faire des missions dans d’autres diocèses où ils sont requis ; nous offrons de prendre ici tous les étudiants, dans la dis­position, après que nous aurons achevé de les instruire et de les former, de les rendre, à mesure que le Portugal sera -en état de les nourrir et de les employer. Reste à disposer des séminaristes. Les renvoyer tout à fait, faute de pouvoir les loger et les nourrir, ce serait détruire l’espérance même de notre propagation dans ce royaume. L’on pense plus sage­ment. L’on gardera ceux qui sont en état de payer pension, et l’on permettra aux autres, qui montreront un attachement décidé pour leur état, de se retirer, avec l’habit de mission- maire, dans leurs familles, jusqu’à ce que l’on voie quelles, seront les ressources de la Providence pour faire mieux.

« Je suis persuadé, Messieurs et mes très chers frères, qu’il n’y a point de missionnaire qui ne s’attendrisse et ne soit touché de compassion sur le triste état de nos chers confrères. Mais les sentiments qui doivent le plus occuper nos coeurs, ce sont ceux d’une vive reconnaissance envers Dieu, de ce qu’il les a spécialement conservés, sans per­mettre qu’il soit arrivé le moindre mal à leurs personnes, tandis qu’une infinité d’autres communautés se trouvent ensevelies sous les ruines de leurs églises et de leurs mai­sons. Rendons donc au Seigneur les plus sincères actions de grâces de cette protection si spéciale, mais tâchons de mériter, par un renouvellement de fidélité et de ferveur à son service, qu’il continue de nous protéger dans sa misé­ricorde. La piété doit suggérer à chacun de nous, sur cet événement, bien des réflexions qui doivent nous être salu­taires. Je me borne à solliciter votre charité spécialement pour nos confrères de Portugal et pour tous ceux qui ont eu part à la même affliction. » (Circ., t. I, p. 589.)

Et les années suivantes, le Supérieur général pouvait ajouter : « Notre maison de Lisbonne se remet peu à peu grâce au Seigneur. Par le moyen de quelques réparations, les architectes l’ont jugée habitable, et nos chers confrères y ont repris toutes leurs fonctions. Les nouvelles secousses de terre dont les écrits publics font mention, ne leur ont causé aucun dommage ; cependant elles les tiennent tou­jours en alarme, par la crainte de quelque tremblement’ plus violent. Leurs missions dans le pays ont été des plus- ferventes, et à la maison on a continué de servir le public ; ce que nous avons cru devoir permettre, dans ce temps de calamité. » (Circ. 1757 ; t. I, p. 596.)

Et un an après (1758) « La maison de Lisbonne jouit présentement de la tranquillité, comme avant le tremble­ment de terre. Notre église étant une de celles qui étaient restées sur pied, il avait été nécessaire de céder au besoin public, de la tenir ouverte, d’y faire le service et d’y admi­nistrer les sacrements. Mais nos confrères sont revenus à nos usages, dès qu’ils ont vu que le public pouvait être: servi dans les autres églises. » (Circ., t. I, p. 602.)

Les oeuvres avaient repris et M. de Bras avait la conso­lation d’ajouter :

« Nous avons cru devoir, cette année, consoler nos con­frères de Catalogne et de Portugal, en leur accordant la, visite qu’ils avaient désirée et demandée. M. Testori, qui, n’est de retour que depuis huit jours, partit, après Pâques,. pour, ces royaumes. Le voyage est long, et il n’a pas été sans danger, mais il a plu au Seigneur de conserver celui qui s’était exposé à tant de fatigues pour sa gloire. Il a en la consolation (et c’en est une bien grande pour nous) de trouver partout l’amour de la règle et du devoir, chacun, vivant en paix et occupé du désir de se rendre utile à la sanctification du prochain».

9. Travaux évangéliques en divers lieux du Portugal.

Les missionnaires de Lisbonne, après cette cruelle épreuve, reprirent leurs travaux. En voici quelques comptes rendus :

«Il y a deux ans que Mgr l’évêque de Coïmbre demanda à nos confrères de Lisbonne une bande de missionnaires, pour parcourir son diocèse. Cette bande, qui n’est revenue à la maison qu’en octobre dernier, a travaillé dans ce dio­cèse, pendant près de deux ans, avec un succès merveilleux; Mgr l’évêque, pleinement satisfait, n’a vu partir qu’avec un extrême regret les missionnaires, qu’il aurait voulu retenir toujours. Voici les principaux traits de misé­ricorde que le Seigneur a fait éclater sur ces peuples par le ministère de nos confrères.

« La jeunesse était entièrement négligée, et vivait sans éducation, sans instruction ; les missionnaires ont établi en divers endroits des maîtres et des maîtresses d’école, et ils ont si bien réussi à en persuader la nécessité, que la charité a trouvé des ressources pour rendre ces établisse­ments solides. C’est ce qui fut fait spécialement dans un lieu très peuplé, et où l’on avait grand besoin d’instruction. L’on y a établi dix-huit écoles, et, pour rendre l’oeuvre perpétuelle, les paroissiens ont passé un acte public en présence de Mgr l’évêque et des magistrats, s’obligeant de payer aux maîtres et maîtresses une pension convenable, jusqu’à ce qu’il y ait été pourvu d’ailleurs. L’on a aussi choisi un préfet de ces écoles, à qui, pour le bon ordre et la bonne conduite, l’on a donné des instructions et des règles qui sont insérées dans l’acte même de fondation.

« Il y avait, dans une ville, des inimitiés très anciennes et invétérées entre le tribunal de la justice et celui de la mi­séricorde. Ni le seigneur évêque, ni aucune autre personne qui avaient entrepris de terminer les disputes, n’avaient pu y réussir. C’était une opinion commune que l’affaire était invincible, à moins d’un décret du roi qui réglât les pré­tentions réciproques. Les missionnaires ont eu la consola­tion de conduire tout à la tranquillité et à la paix, si bien que ces tribunaux, qui attiraient à leur faction tous ceux qu’ils pouvaient, sont présentement d’une union édifiante et d’un accord parfait.

Dans une autre petite ville ancienne et très noble, la dépravation des moeurs était très grande. Pour y remédier, et pour retirer du crime plusieurs jeunes personnes qui s’y plongeaient sans remords, les missionnaires, avec l’approbation de l’Ordinaire, et au grand contentement des gens de bien, ont trouvé le moyen d’établir un conservatoire, ou asile où, sous la conduite de dames vertueuses, les jeu­nes filles légères peuvent, et gémir sur leur dissipation, et apprendre à vivre d’une manière sérieuse et chrétienne. En attendant qu’on, puisse avoir de quoi bâtir une maison con­venable, on a loité des maisons, et déjà treize dames ver­tueuses s’étaient consacrées à ce genre d’apostolat, pour, en vivant ensemble et sous la clôture, travailler au salut des personnes de leur sexe qui s’oublient, en les admettant et les gardant dans leur séminaire. Les dames, pour être re­çues, payeront une dot raisonnable. Leur nombre est fixe, mais celui des converties se réglera sur les revenus. On a fait des règlements, et laissé des instructions pour les offices et pour tout ce qui est nécessaire à la vie commune et religieuse.

«Mgr l’évêque de Coïmbre, touché de tant et de si grands biens qui se sont faits dans son diocèse, a voulu qu’on honorât, d’une manière particulière, h; saint instituteur d’une Compagnie qui lui a paru si utile. On a fait connai­tre saint Vincent de Paul, on a publié ses louanges et ses oeuvres, et les peuples ont conçu une dévotion si vive, et tant de confiance en son crédit auprès de Dieu, que son nom a été invoqué dans les besoins publics et particuliers, et l’on compte plusieurs grâces miraculeuses obtenues par sa puissante intercession. Les peuples, pénétrés de recon­naissance, se sont à l’envi répandus en actions de grâces, et ont signalé leur piété, non seulement par des jeûnes, des sacrifices, des neuvaines, des pèlerinages, des dons et des oblations sans nombre, mais plus particulièrement encore par des fêtes solennelles célébrées en son honneur, avec exposition du très saint Sacrement, par beaucoup de magnificence à orner les églises, par de beaux panégyri­ques, par des processions et des neuvaines solennelles, par une statue du saint élégamment travaillée, par des abrégés de sa Vie distribués dans le public pour exciter à sa dévo­tion et pour l’augmenter, et par des feux d’artifice pour rendre ses fêtes plus solennelles. Ce qu’il y a eu de plus, précieux aux yeux de la foi, c’est la réforme des moeurs et le renouvellement de la piété, qui ont paru, et dont les fruits sont si consolants et si solides. » (Circ., t. I, p. 602 Ier janvier 1758.)

Des récits analogues et des témoignages de la dévotion, populaire envers saint Vincent de Paul se trouvent dans la lettre de M. de Bras du i »’ janvier 1759 (t. I, p. 610).

Une Assemblée générale de la Congrégation eut lieu à Paris en 1759. On trouve dans les réponses aux diverses provinces, qui suivirent l’Assemblée quelques intéressants. détails concernant le Portugal (Circ., t. I, p. 626), no­tamment ceci : Les maisons de Lisbonne et de Guimaraens, par la volonté du roi de Portugal étaient demeurées sous la dépendance immédiate du Supérieur général. A elles deux, elles ne pouvaient guère former une province et elles demandèrent .s’il n’y aurait pas lieu.de les unir à la province espagnole de Barcelone. On sait les susceptibilités, précédentes du pouvoir civil: comment le roi de Portugal aurait-il vu ces maisons dépendre du Visiteur d’Espagne? c’est un problème, et il fut répondu que la mesure pro­posée ne paraissait pas opportune.

Anales de la Congrégation de la Mission (1906)

 

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