Histoire générale de la Congrégation de la Mission (50)

Francisco Javier Fernández ChentoHistoire de la Congrégation de la MissionLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Claude-Joseph Lacour cm · Année de la première publication : 1897.
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L. Décrets de l’assemblée de 1697

logocmL’élection étant faite, on se contenta d’ajouter peu de décrets aux précédents, qui regardaient presque tous des choses à régler pour le bon ordre des assemblées et le vœu de pauvreté, toujours sujet à être enfreint dans la Compagnie. On dit que si quelqu’un en donnant son suffrage pour choisir un député à l’assemblée provinciale, ou générale, mit dans la boîte un billet blanc, cela était arrivé dans une province pour faire tomber le choix sur une personne qu’on avait en vue, il fallait blâmer cette conduite en présence de toute l’assemblée, et recommencer un second scrutin, et de même un 3e, en cas de besoin. Et si ce billet blanc revient toujours, il faudra tenir pour député celui qui aura le plus de voix, priver de voix active, et passive, et imposer selon la faute une pénitence au jugement du visiteur dans l’assemblée ou après, à l’auteur de ce billet blanc, en cas qu’on vienne à le connaître par son propre aveu, ou par d’autres. Et on a ajoute que si on savait certainement, que quelqu’un se fut donné sa propre voix, il doit être pour toujours privé de voix active et passive dans toutes sortes d’assemblées, à moins que le supérieur général ne juge qu’il ne faille faire autrement dans une assemblée ou sans une assemblée selon la pénitence que ce particulier aura fait, et la vie exemplaire qu’il aura mené. L’assemblée ayant appris que quelqu’un de la compagnie, parlait trop librement des vœux, surtout de celui de pauvreté, et faisaient bien des choses qui ressentent la propriété, elle en témoignera sa peine, et ajoutant le devoir de l’obéissance à celui de la pauvreté, elle ordonne à tous et un chacun de ne recevoir, donner, prêter, et emprunter de quelle manière que ce soit, de l’argent, ou autres biens mobiliers, sans la permission du supérieur, ne rien garder chez autrui, ni porter par soi pour s’en servir à sa fantaisie, ne rien prendre de la maison à l’insu et sans le consentement du supérieur, condamnant toutes ces choses, comme tout à fait contraires à la pauvreté, dont on fait profession, et enjoignant aux supérieurs, et autres officiers des maisons de les empêcher le mieux qu’ils pourront, et de donner là-dessus bon exemple aux autres.

Quant aux biens immeubles qui viennent, ou du patrimoine, ou d’ailleurs, on renvoie aux règles du visiteur approuvées après un diligent et sérieux examen par l’assemblée de 1668, où il est porté que pour obvier à divers inconvénients, le visiteur doit rarement permettre aux sujets de la Compagnie de disposer hors d’un testament, du fonds de leurs biens, du moins pour une portion notable, s’il n’y a de nécessaire ou des causes importantes, confirmant au reste le contenu de la lettre de feu M. Jolly écrite en 1692, après l’assemblée, pour ce qui regarde la pauvreté.

Il est ensuite fait mention de la proposition qui fut faite à l’assemblée au nom des provinces d’Italie, et de Pologne, d’avoir la bonté, en égard aux grandes dépenses que font les visiteurs et députés venant à l’assemblée générale, par un chemin si long et plein de dangers, de leur fournir les moyens de soutenir une si grande dépense, crainte d’être obligés par la pauvreté de ne pas se trouver aux assemblées. Celles-ci les écouta favorablement, et pria le supérieur général d’ordonner à chaque maison de contribuer tous les ans de deux ou trois écus selon leur faculté qui seront gardés en dépôt par le procureur de la Congrégation jusqu’à ce que la source qui en proviendra soit distribuée à sa volonté, et suivant l’équité. M. Pierron écrivit ensuite sur cela une lettre aux maisons, datée du 7 janvier 1701, où il détermina cette contribution pour chacun, et il y fait mention de la délibération que les missionnaires étrangers avaient prise dans leur assemblée provinciale, s’ils enverraient ou non à la générale, bien qu’elle fut spécialement convoquée pour l’élection d’un général. Et moins encore si elle l’était seulement pour traiter d’affaire. Il est important, ajoute-t-il, de maintenir ce qui est prescrit là-dessus par les constitutions, cela étant un des meilleurs moyens de conserver l’union et la bonne intelligence entre ces provinces étrangères, et celles de France. Toutefois elles ont fait encore des difficultés d’envoyer dans la suite aux assemblées générales. Je n’ai point appris, dit encore M. Pierron, que personne se soit plaint de ce décret, et peut-être que plusieurs s’attendent de fournir ce secours dés la première année qu’il a été notifié. Cependant nous avons trouvé bon de ne commencer à voir prier de le donner que de l’année dernière 1700, et continuer dans la suite. Et il faudra faire transcrire cette lettre dans le livre accoutumé, afin que vos successeurs soient informés de cette disposition.

L’assemblée de 1697 consentit de plus à ce que le supérieur général transférât à Dijon, quand il le jugerait à propos, le séminaire interne érigé à Toul, en Lorraine, où on trouvait peu de sujets quand il le jugerait à propos. C’est là tout ce que contiennent les décrets latins de cette assemblée.

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