Histoire générale de la Congrégation de la Mission (18)

Francisco Javier Fernández ChentoHistoire de la Congrégation de la MissionLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Claude-Joseph Lacour cm · Année de la première publication : 1897.
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XVIII. Nouveaux soins de M. [A]lméras pour [les] cérémonies [d]e l’Église

logocmLe supérieur général avait un tel zèle pour maintenir dans la Compagnie la régularité et l’exactitude dans toutes les cérémonies de l’Église, que non content d’avoir fait imprimer un manuel il envoya encore ci-devant une lettre circulaire pour en recommander l’observation. Il en écrivit une autre daté du 27 mars 1670 où il dit : le manuel des cérémonies romaines ayant été entièrement débité en peu d’années, l’imprimeur nous a depuis fort souvent sollicité de le réimprimer, suivant le désir de plusieurs ecclésiastiques, ce que nous avons fait faire avec beaucoup de soin, quoique diverses occupations nous aient obligés d’interrompre souvent ce travail et après plusieurs conférences sur ce sujet, où on a mûrement pesé tous les avis reçus des maisons de la Congrégation, d’autres personnes intelligents, et surtout les principaux cérémoniaires de Rome et de Paris, on a enfin résolu de l’imprimer pour en faire une seconde édition, de laquelle je vous envoie un exemplaire, on y trouve peu de changement de ce qui est dans le premier pour ce qui est de la substance des choses, et seulement en quelques endroits, où il a fallu le faire, tant pour se conformer aux règles du missel et du cérémonial des évêques et à la pratique générale des principales églises de Rome, que pour ne pas s’opposer sans raison aux sentiments des bons auteurs, outre une plus grande exactitude qu’on a apportée en différents points. Dans cette seconde édition, on a encore perfectionné ce manuel en plusieurs autres façons, 1° on y a mis un ordre plus clair et plus net aux matières qu’on a traitées, 2° on a donné une explication plus exacte des moindres actions, et de plus petites cérémonies, ainsi qu’on peut aisément remarquer, 3° on y ajoute plusieurs difficultés avec leur résolution et1 quelque fonction considérable omise ou passée légèrement dans la première édition à cause de la brièveté qu’on s’y était proposé, on espérait, poursuit M. Alméras, de donner en même temps un second tome, où les cérémonies des ministres de l’autel et du chœur fussent séparément expliquées, avec celles des solennités particulières qui arrivent dans le cours de l’année, pour avoir ainsi en deux petits volumes, un corps accompli des cérémonies qu’on exerce dans l’Église, mais diverses occupations ayant retardé ce travail, nous avons cru devoir donner le premier tome, qui comprend tous les offices ordinaires, dont la connaissance est d’autant plus nécessaire que l’usage en est plus fréquent. Je prie un chacun de lire attentivement ce manuel et de l’observer et garder ainsi comme membres du même corps, une entière uniformité dans cet exercice important de la vertu de religion, et donner en cela, suivant le devoir de notre état, à tous les autres prêtres, l’exemple du zèle de l’honneur de Dieu qu’il attend de nous.

Celui qui a donné au public l’état de la ville de Paris et des fonctions auxquelles s’appliquent les diverses communautés établies dans cette grande ville a cru peut-être de dire quelque chose de méprisant sur le compte de St.-Lazare, en marquant qu’on y apprend aux jeunes clercs à faire les cérémonies de l’Église, il aurait pu alléguer d’autres fonctions aussi importantes ; mais on a toujours mis celle-là au nombre des plus considérables et on ne néglige rien dans cette nombreuse communauté pour régler les choses les plus légères sur cette matière, les autres maisons de la Compagnie s’y adressent pour être éclaircies de leurs doutes. On a établi pour principe qu’il fallait garder en chaque maison de la Compagnie, quoique fondées en divers diocèses, les cérémonies romaines quant à la substance et aux principales manières de les pratiquer, exceptée seulement celles qui sont si universellement reçues par la coutume des lieux, ou si absolument ordonnées par les prélats, qu’il y aurait quelque sorte de scandale ou murmures de ne pas s’y conformer, ce qui doit être décidé par la prudence de ceux qui sont sur les lieux, après avoir pris conseil des personnes intelligentes et proposé la difficulté aux visiteurs. Maxime qu’on remarque est selon l’intention de N[otre] S[aint] P[ère] le Pape, qui s’expliquant sur son désir de faire recevoir son cérémonial partout, toutefois ne désapprouve pas les cérémonies reçues, comme on voit par ces termes : Pro more locorum secundum laudabilem consuetudinem, &c. Si les Missionnaires n’en agissaient pas ainsi, ils paraîtraient singuliers ou pour le moins peu utiles au clergé en fait de cérémonies.

On fit une liste des endroits du cérémonial des évêques qu’on avait résolu de ne pas suivre dans la Congrégation et qui ne cadraient pas effectivement avec des usages reçus par toute la France ; on y désigne d’abord trois ou quatre sortes de cérémonies, les unes toutes propres aux évêques ou autres prélats qualifiés ; d’autres encore propres, mais non pas si certainement annexées aux offices pontificaux, comme d’être à genoux quand l’évêque bénit le diacre pour aller chanter l’évangile, de recevoir la paix en parlant des ministres sacrés après avoir communié, après quoi le diacre dit le confiteor pour ceux qui doivent communier, et tienne durant la communion le St. Ciboire, autres encore propres aux chanoines comme s’incliner seulement à l’évêque, et à la croix de l’autel avant les offices, de ne pas baiser la main de l’officiant, de porter le siège de l’officiant tantôt d’un côté du chœur, tantôt de l’autre, en fin d’autres communes à tous ceux qui font les offices selon le Romain, et de celles-ci on en laisse quelques-unes parce que l’usage y est contraire en France, ou dans les diocèses où l’on se trouve.

Telles sont ce que marque le cérémonial des évêques que les plus dignes entrent les premiers au chœur quand l’office n’est pas solennel, qu’un prêtre entrant quand l’office commence tous exceptés le célébrant, le supérieur, et les chapiers2 se lèvent pour le saluer, ils se découvrent seulement en France excepté que ce ne fut un cardinal, ou un prélat, de faire le signe de la croix sur soi quand on entonne le magnificat, de s’inviter3 par une inclination avant que de recevoir l’encensement. Cela l’observe seulement par le célébrant qui office devant un évêque, car les chapiers et autres sont encensés en particulier. Et pour le reste on encense le chœur indistinctement de l’encensoir pris des mains du thuriféraire par le cérémoniaire à la droite du diacre pour encenser le livre pour les messes pontificales. Cela se fait de même dans les autres messes solennelles. Des simples acolytes donnent à l’évêque à laver les mains aux messes de mort, comme aux autres messes, et non pas les ministres, ils se font en France n’étant pas occupés pour lors, qu’il n’y a que les dignités d’une cathédrale qui portent des chapes aux grandes messes, et qu’on ne sonne pas les cloches pour l’office des morts, et des fériés ; le contraire est en usage en France, les prélats pourraient peut-être s’en formaliser, quoique les tapis que l’on pose devant eux soient de différente couleur ; de donner la purification aux communiants, on ne le fait pas à St.-Lazare.

On fait pareillement entonner le premier verset de chaque psaume tout entier aux deux chantres contre la disposition de même cérémonial, et même l’usage assez commun de France, attendu qu’autrement il serait aisé de brouiller la finale de la psalmodie, quant au chant on se règle par toutes les maisons pour l’épître, évangile, vêpres, oraisons, et leçons, selon l’usage des diocèses, mais pour les préfaces, antiennes, et le reste selon les livres romains ; toutefois dans les cures on peut prendre tout le chant du diocèse si l’évêque le souhaite, le cérémonial des évêques marque le chant du confiteor avant la communion, en France on ne le chante pas, les règles ainsi dressées par les soins de M. Alméras pour l’uniformité des cérémonies entre les missionnaires furent envoyées à toutes les maisons.

  1. Un second “ leurs ” semble raté.
  2. Ce que s’habillent en chapes liturgiques.
  3. Conjecture.

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