1620. Michel de Marillac écrit à sa nièce Louise de Marillac encore engagée dans les liens du mariage : « Il est bon de faire expérience que Dieu n’est pas attaché à nos desseins et propositions et que ceux-là le trouvent partout qui le cherchent en la manière qu’il se veut communiquer… L’âme pauvre qui se connaît se contente de se soumettre à Dieu et non pas de prescrire la façon dont il la conduira. Elle reçoit ce qui vient, use de tout avec humilité, reconnaissance et profit, et demeure toujours pauvre en soi-même, se contentant de faire le mieux qu’elle peut sans recevoir aucune peine de ce qui lui manque, ce qui n’est pas en sa puissance ».
1624. À Paris , saint Vincent, par l’intermédiaire de M. Portail, prend possession du Collège des Bons-Enfants. En ce domaine de 1.600 mètres carrés dont il ne reste plus rien aujourd’hui et qui était situé à l’extrémité de l’actuelle rue Saint-Victor, non loin de l’église Saint-Nicolas du Chardonnet, Monsieur Vincent ne s’installera qu’après la mort de Madame de Gondi, et en compagnie d’Antoine Portail1.
1657. Il y a quatre ans que Monsieur Vincent a reçu donation de l’enclos de la Salpêtrière et y a fait édifier de vastes constructions pour recevoir les mendiants malades très nombreux à cette époque. Mais les procédés policiers pour y enfermer de force les vagabonds n’étaient pas dans sa ligne d’action. Pour ne pas nuire à cet « Hôpital Général », s’il refusa les Prêtres de la Mission désirés par le Roi et le Parlement, il fit désigner comme recteur Messire Louis Abelly, prêtre de la Conférence des Mardis. Sainte Louise députa pour commencer l’oeuvre Jeanne Lepintre et Madeleine Ménage, « leur recommandant de bien traiter les Pauvres ».
1747. À Saint-Lazare-lez-Paris , clôture de la 11e Assemblée générale. Ses trente-six membres, après avoir élu M. de Bras comme huitième Supérieur général, ont, au cours de leurs vingt-deux sessions, d’abord fait acte de soumission, au nom de la Compagnie, à la Bulle « Unigenitus », puis déterminé avec précision l’étendue du Voeu de pauvreté et donné réponse à cinquante et une questions sur des sujets variés2.
1769. À Lyon , François-Régis Clet entre au séminaire interne. Il a vingt et un ans. La maison qui le reçoit est celle qui, sur le coteau de Fourvière, porte encore, malgré son changement de destination, le nom de «Maison des Lazaristes»3.
1899. À Oran, mort de M. Callixte Irlandès. Il fut de l’équipe qui, en 1869, ouvrit le grand séminaire du diocèse d’Oran nouvellement érigé. Il a connu l’âge héroïque où il fallut commencer la formation des clercs dans les anciens bâtiments d’une manufacture de tabac, sise faubourg Gambetta. Mais M. Irlandès avait été admirablement acclimaté à cette vie et à ces fonctions par M. Dazincourt et le Père Girard, l’inoubliable «Père Eternel». Ces confrères éminents avaient accueilli M. Irlandès quand il arriva, en 1860, à Kouba en pleine construction. A partir de 1872 et jusqu’à sa mort, M. Irlandès fut supérieur d’Oran : ses qualités humaines, sa profonde vie intérieure qu’il chercha toujours à communiquer à ses séminaristes, la confiance des premiers évêques d’Oran ont fait de lui, vraiment, comme on l’a appelé, le «Kébir», c’est-à-dire l’Ancien, le chef, le grand homme4.
1926. À Amiens , mort de M. Georges Devisse. Un fait montre en quelle estime on tenait ce confrère. Quand le cardinal Amette, alors vicaire général d’Evreux, fut promu à l’évêché de Bayeux, c’est à M. Devisse qu’il légua ses nombreux pénitents et pénitentes qui formaient un beau parterre d’âmes qu’en ville on surnommait les «amettistes». Au lendemain de la guerre 1914-1918, M. Devisse eut l’honneur de reprendre la paroisse Sainte-Anne d’Amiens d’où les lois laïques avaient chassé nos confrères. C’est à lui qu’un jour des bienfaitrices firent cadeau du château de Beaucamps et de ses dépendances qui allaient devenir pour les clercs de la Mission un chantier bourdonnant, en même temps que le paradis de leurs vacances.







