Ephémérides: 3 mars

Francisco Javier Fernández ChentoÉphémérides vincentiensLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean Gothier, C.M. · La source : Encyclopédie Vincentiennne.
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1644. Sainte Louise écrit à Jeanne Dalmagne à Nanteuil, très malade : « J’adore de tout mon coeur L’ordre de la divine Providence sur la disposition qu’il semble qu’elle veuille faire de votre vie ; si c’est la très sainte volonté de Dieu de retirer votre âme, son saint nom en soit béni ; il sait le regret que j’ai de ne pouvoir vous assister en ce dernier acte d’amour que je crois que vous ferez de donner votre âme très volontiers au Père Eternel, avec désir qu’elle honore l’instant de la mort de son Fils. Notre bonne Soeur Elisabeth va vous assurer de l’affection de toutes nos Soeurs et du désir que vous vous souveniez d’elles dans le Ciel quand Dieu vous aura fait miséricorde… Souvenez-vous… des besoins de la pauvre Compagnie en laquelle Dieu vous a appelée ; servez-lui d’avocate auprès de sa bonté à ce qu’il lui plaise accomplir ses desseins sur elle…»

1796. À Vannes , après avoir passé ses dernières heures de prison à écrire à sa mère et à ses confrères, puis à encourager ses compagnons de détention et particulièrement un prêtre, Alain Robin, qui doit mourir avec lui, Pierre-René Rogue est tiré de sa prison, à 3 heures de l’après-midi et conduit sur l’actuelle place de l’Hôtel-de-Ville. Une grande foule émue et priante est là. Le visage radieux, le martyr gravit les marches de l’échafaud, murmure : «Seigneur, je remets mon âme entre vos mains», et, comme le bourreau qui le connaît bien, hésite, le Pierre-René lui dit : «Mon ami, faites votre devoir.» Et le couperet trancha la tête du prêtre breton fidèle à sa foi1.

1926. À Paris, mort de M. Alfred Milon, ancien secrétaire général de la Congrégation. La vocation de fils de saint Vincent lui vint par la grâce de Dieu, certes, mais aussi par la lecture des Annales, qui se faisait alors au grand séminaire de La Rochelle, diocèse où M. Milon vit le jour, le 9 mai 1844. Après divers postes dans les séminaires, notre confrère trouva, en 1892, sa vraie voie : il fut désigné pour remplacer comme secrétaire général, M. Terrasson atteint de cécité. Et jusqu’en 1914, c’est-à-dire pendant vingt-deux ans, M. Milon allait remplir magistralement cet office. Des comptes rendus qu’il devait rédiger au sortir du Grand Conseil, il sut atténuer la sécheresse en laquelle ses prédécesseurs semblaient se complaire ; et, — chose appréciable à une époque qui n’était pas encore celle du triomphe de la machine à écrire — l’écriture de M. Milon était lisible. A titre de secrétaire général, il mit de l’ordre dans les Archives, et surtout il transforma les Annales, dont son office lui valait la rédaction. Il leur a donné cette allure, non plus seulement édifiante, mais historique, qui en fait une mine précieuse pour l’étude du passé de la Compagnie. Il leur a même donné une allure sociale, par l’intérêt qu’il portait aux oeuvres, et spécialement aux Syndicats de l’Abbaye, dont il fut le parfait «conseiller moral». M. Milon a de plus, laissé de nombreux ouvrages dont l’ensemble constitue une belle documentation historique vincentienne et qui disent son amour de sa famille religieuse. M. Milon fut aussi bibliothécaire : « Je suis, écrivait-il, de la catégorie des heureux bibliothécaires qui ont fini leur catalogue. » Et, de fait, il a recensé les vingt-sept mille volumes que comptait alors la bibliothèque de la Maison-Mère. Les livres et les documents ne l’ont jamais retenu prisonnier : prédicateur très goûté, M. Milon donnait chaque année des retraites aux Soeurs, aux ordinands et aux prêtres. A la courtoisie de ce fils de saint Vincent, de nombreuses âmes doivent beaucoup. A ce secrétaire général laborieux, la Congrégation doit une reconnaissance durable2.

  1. L. Misermond, «Le Bienheureux Pierre-René Rogue» pp. 202 sq.
  2. Annales , t. 91, pp. 359-382.

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