1694. Mère Mathurine Guérin et les Sœurs officières régularisent la situation des quatre Sœurs envoyées le 26 mai à l’hôpital de Saint-Pons-de-Thomières à 50 kilomètres au nord de Béziers. Le contrat est signé ce jour avec le procureur des Administrateurs de l’hôpital. (C)
1755. À Paris, sur les cinq heures trois quarts de l’après midi, à la Maison-Mère des Filles de la Charité, sise alors sur la paroisse Saint-Laurent, la Communauté, cierges en mains, accueille, entre deux lignes de lumière, les précieux restes de Louise de Marillac. Ils viennent d’être exhumés du caveau qu’ils occupaient depuis le 17 mars 1660 dans l’église Saint-Laurent. Pour que les Sœurs connaissent la joie de posséder le corps de leur Mère, il a fallu que la reine, sollicitée par la duchesse de Villars, intervienne auprès du curé de Saint-Laurent, l’abbé Cotteret, qui aurait voulu que le corps de la fondatrice ne quittât jamais son église. La duchesse de Villars, M. de Bras, supérieur général, M. Jacquier, alors directeur des Sœurs, la Très Honorée Mère Bonnejoie ont assisté à l’exhumation et sont présents à l’inhumation du corps de Mlle Legras dans ce caveau qu’il occupera jusqu’à la Révolution (1).
1756. Dans la déclaration des revenus pour l’Assemblée générale du Clergé, il est signalé que la Maison-Mère des Filles de la Charité regroupe 60 Sœurs du Séminaire, 82 sœurs infirmes ou caduques, 10 sœurs passantes et 52 Sœurs au travail, ce qui fait un total de 200 Sœurs. (C)
1842. Un premier groupe de douze Sœurs débarque à Alger pour prendre en charge l’Hôpital civil. Elles auront par la suite celui de Marengo et de Constantine, puis les quatre hôpitaux militaires d’Alger, Constantine, Bône et Biskra. Mais ceux-ci furent laïcisés en 1904 et les Sœurs expulsées de celui de Marengo en 1879. Durant le choléra de 1849, les Sœurs partirent par groupe de deux ou trois soigner les malades à Médéah Marengo, El Affroun Orléansville, Ténès, etc… Durant la guerre de 1914-1918, elles ouvrirent trois ambulances, l’une à la crèche de Tunis, l’autre à Bône, la troisième à Constantine où elles soignèrent les blessés et malades évacués de Salonique et de Serbie. Après la guerre de 1870, un grand nombre de réfugiés alsaciens-lorrains vint en Algérie : beaucoup mouraient de faim et de misère. Pour les enfants, on ouvrit l’orphelinat d’Alsace-Lorraine à Constantine. (R)
1952. À Dax… Après avoir murmuré à quelques étudiants de Notre-Dame du Pouy un paternel “Bonsoir, mes chers enfants”, M. Darricau pénètre dans sa chambre. Demain matin, on l’y retrouvera, étendu dans son lit, les yeux clos, les traits calmes, endormi dans la paix du Seigneur… Avec ce prêtre, cueilli par la mort en sa soixante-deuxième année, c’est comme un fragment de l’âme de Notre-Dame du Pouy qui disparaît. A part les neuf années qu’il passa, de 1926 à 1935, sur la terre d’Afrique, comme supérieur à Alger et à Constantine, et ses trois ans de gouvernement au séminaire de Périgueux, — toutes années de supériorité qu’il accepta comme un martyre — M. Albert Darricau a totalement appartenu à la maison de Dax, et il lui a donné les richesses de son âme sacerdotale… Tout en souriant de son ton solennel et doctoral, les étudiants qui l’ont eu pour professeur, ont pu mesurer la conscience avec laquelle il donnait ses cours, et deviner le soin qu’il mettait à leur préparation. Ceux qui lui ont confié la direction de leur vie, ont pu apprécier sa finesse psychologique qui, dans son hérédité landaise, – il avait vu le jour à Linxe – trouvait un bon terrain d’éclosion et M. Darricau savait suivre un plan de direction à longue échéance et adapté aux besoins de chacun. Tous, enfin, peuvent témoigner de sa bonté qui était le rayonnement de son âme sans replis… Son âme ! Lorsque, en ses répétitions d’oraison ou en ses conférences, il laissait échapper ce cri : “O mon âme !… ” sa saveur d’archaïsme pouvait faire sourire, mais elle n’empêchait pas de sentir que M. Darricau vivait plongé dans le surnaturel… Le dernier soir de sa vie, il a laissé sur son bureau les sermons qu’il retouchait pour un prochain triduum à des religieuses : il brodait sur ce thème, inspiré de l’épître aux Galates : “Pour moi, je ne suis pas du monde, je suis du ciel.” Sans l’avoir cherché, il a, par ces mots, exprimé sa belle âme (2).
- 1) Annales, t. 99, pp. 472-475.
- 2) Annales, t. 117, pp. 367-377.
- En note manuscrite : 1870 : arrivée des premiers Lazaristes en Colombie (voir 2 février).







