1828. À Paris, mort de M. Pierre-Joseph de Wailly, onzième supérieur général. C’est un bref de Léon XII qui, le 16 janvier 1827, a fait de lui le successeur de saint Vincent. Sa réputation est alors bien assise dans l’esprit des survivants de la Révolution. Comme jeune prêtre, M. de Wailly a travaillé à la paroisse Saint-Louis de Versailles, il a prêché des missions dans le diocèse d’Amiens, et il a enseigné la philosophie à Chartres et la théologie à Saint-Brieuc. C’est dans cet évêché de Bretagne que la Révolution l’atteint. Il quitte la France, en 1792, après avoir reçu un coup de sabre dont la marque lui restera comme un souvenir de ces jours troublés. Il séjourne en Allemagne. Puis, invité par Mgr Asseline, évêque d’Arras — son diocèse d’origine — M. de Wailly parcourt les campagnes abandonnées pour y porter le courage chrétien. Pour un peu il y eût laissé la vie : un jour, en effet, arrêté par les révolutionnaires à Saint-Georges, près Hesdin, il est, à coups de crosse de fusil, précipité dans une cave, et il y reste jusqu’au moment où le dévouement des habitants peut l’en sortir. Au moment du Concordat, l’évêque d’Arras donne à M. de Wailly la cure de Saint-Leu. Mais le curé n’a qu’un désir : reprendre la vie de communauté. Il vient à Amiens en 1806 et, cinq ans après, il en est le supérieur. Il réussit à réintégrer la Compagnie dans les locaux bâtis entre 1736 et 1752, au faubourg de Noyon (1) et qui valaient à Amiens la réputation d’avoir le plus beau séminaire de France. Sa fortune considérable permet à M. de Wailly de fonder les collèges de Montdidier et de Roye, et en même temps il groupe autour de lui une équipe de missionnaires qui peut reprendre l’évangélisation des campagnes.
Le généralat de M. de Wailly n’a duré que quinze mois, mais il est rempli d’utiles décisions. Usant des prérogatives que lui confère le bref de son élection, le nouveau supérieur général reconstitue l’administration centrale en choisissant comme assistants MM. Dominique Salhorgne, Joseph Boulangier et Pierre Le Go, et en nommant M. Jean-Baptiste Étienne, procureur et secrétaire de la Congrégation. M. de Wailly s’occupe aussi de l’aménagement de la nouvelle Maison-Mère, et il a la joie de voir Mgr de Quélen procéder à la bénédiction solennelle de la chapelle et y célébrer la première messe.
Enfin, M. de Wailly s’est beaucoup soucié des missions à l’étranger : tandis que le blocus d’Alger obligeait nos confrères à quitter l’Afrique du Nord et que la Chine souffrait de la pénurie d’ouvriers évangéliques, l’Amérique faisait naître de flatteuses espérances. Malgré sa courte administration, M. de Wailly, selon les mots de l’Ami de la Religion, annonçant sa mort, «marque d’une manière honorable parmi les plus sages disciples et les plus dignes successeurs de. saint Vincent de Paul» (2).
1847. Premier départ de douze Filles de la Charité pour la Chine. Embarquement à Marseille. Arrivée à Macao en 1848, puis à Ning Po en 1854. Un siècle plus tard, en 1954, restent seules en Chine plus de deux cents Sœurs chinoises, car toutes les étrangères au pays ont été expulsées et la Communauté dissoute. (R)
1937. Mort de M. Manzella appelé le “saint de la Sardaigne”. Il fonda les Sœurs de Gethsémani pour les catéchismes paroissiaux.(R)
- 1) Peltier : Séminaires et formation du Clergé au diocèse d’Amiens, p. 156.
- 2) Circulaires, II pp. 410-411 ; Annales, t. 50, pp. 348-349 : t. 75, pp. 492-499 ; t. 77, pp. 567-583 t. 90, pp. 83-91.







