1656. Lettre de sainte Louise à Françoise Ménage : « Promettez-moi de ne plus rien désirer que de plaire à Dieu ». (R)
1660. Sainte Louise écrit à saint Vincent pour dire « la nécessité qu’il y a que les Règles obligent toujours à une vie pauvre, humble et simple ». (R)
1861, en Italie, les Filles de la Charité sont aux ambulances. L’une d’elles écrit : « L’escadrille française se retire et dans quelques jours on mettra le blocus par mer… Nous sommes quatre Sœurs pour 870 malades mais pourvu que te bon Dieu soit glorifié, c’est tout ce qu’il nous faut ». Seize Soeurs meurent du typhus dans les diverses ambulances de campagne. (R)
1950. À Dax , sur les cinq heures du matin, s’éteint, à l’âge de quatre-vingt-huit, ans, le dernier survivant des cinq séminaristes qui, selon le mot du Père Fiat, furent les premières pierres vivantes du séminaire interne qui s’inaugurait à Notre-Dame du Pouy, le 27 septembre 1881. M. Bernard Marlats, à la différence de ses compagnons d’admission dans la Compagnie, est, non seulement mort aux lieux où il entama sa vie religieuse ; mais il y a consacré la plus grande part de sa vie sacerdotale. Sans doute, Albi le garda quatorze ans, jusqu’aux expulsions de 1903, et il y montra ses riches capacités d’économe ; sans doute encore, Bordeaux — au grand ébahissement de M. Marlats lui même, — le salua comme supérieur pendant dix ans, et si l’ancienne maison de louage du Bouscat, aujourd’hui propriété de la petite Compagnie, se présente en agréable résidence de missionnaires, c’est à M. Marlats qu’on le doit. Mais sur soixante et une années de sacerdoce, il en a vécu quarante à Notre-Dame du Pouy. Comme économe, de 1903 à 1914, dans le rayonnement et l’amicale confiance de M. Delanghe, M. Marlats lui voua son savoir-faire qui réalisa, dans les bâtiments et sur la colline du Pouy, d’appréciables améliorations pratiques, tandis que son bon sens naturel et surnaturel fut source d’apaisement pour plus d’un étudiant troublé par la crise moderniste. Pendant la première guerre mondiale, M. Marlats fut l’aumônier bienfaisant et presque légendaire des onze formations sanitaires que comptait la ville de Dax. La paix revenue, il se voit confier la direction des Soeurs du Sud-Ouest et, pour les filles de Monsieur Vincent, il est le « bon Père Marlats ». La bonté, c’est bien le trait le plus évident de l’âme de M. Marlats : elle brillait d’un doux éclat sur toute sa figure ronde et colorée, et plus particulièrement dans ses yeux que d’épais sourcils ombrageaient. Mais dans ce regard semblait toujours trembloter une petite lueur de crainte qui disait l’immense timidité de cet homme si vigoureusement bâti, et laissait deviner l’autre caractéristique de M. Marlats : l’horreur du tapage, de la publicité, cette discrétion si profonde chez lui que des observateurs superficiels auraient pu penser que M. Marlats était un bon prêtre qui ne faisait rien. Il a oeuvré, grandement oeuvré, mais sans vanterie ni fracas ; et, par delà la tombe, il semble, par toute sa vie d’activité silencieuse, dire, avec son bon sourire humide où brille toute la spirituelle finesse des vallées béarnaises qui le virent naître : « le bien ne fait pas de bruit et le bruit ne fait pas de bien »1.







