Ephémérides: 10 mai

Francisco Javier Fernández ChentoÉphémérides vincentiensLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean Gothier, C.M. · La source : Encyclopédie Vincentiennne.
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En 1711, à Paris, élection de M. Jean Bonnet, 6e Supérieur Général. Né à Fontainebleau le 29 mars 1664, il reçut la tonsure des mains de Bossuet. Entré au Séminaire interne des Lazaristes en 1681, il est placé au Grand Séminaire d’Auxerre, puis devient Supérieur à celui de Chartres. Assistant du Supérieur Général en 1703, il sera Supérieur Général durant vingt-quatre ans. Il meurt le 3 septembre 1735. Il travaillera de concert avec Sœur Chauveau, Sœur Mazurier, Sœur Jouvin et Sœur Carlier, et sera un des législateurs de la Compagnie. Le 11 mars 1718, il donne à la Compagnie des Statuts qui sont un règlement interne s’ajoutant aux Règles codifiées par M. Alméras, et envoyées aux Maisons par M. Jolly. Ce fut M. Bonnet qui érigea les premières Provinces : 14 d’abord puis 19 ensuite. Il recommande aux Missionnaires de faire soigneusement les Visites canoniques ; rédige des règlements pour les charges de la Maison-Mère (Supérieure et Officières, Directrice du Séminaire), donne l’ordre du jour des retraites annuelles et mensuelles. Les vocations affluent et il est question d’établir en France, quatre Séminaires (1724). Il veut qu’on gère rigoureusement le temporel, parce que c’est le “bien des Pauvres”, et s’élève contre la contrebande, même dans une bonne intention. Enfin sa dernière circulaire est pour exhorter les Sœurs à se dévouer sans peur au service des pestiférés.  (R + 1)

En 1917, sur le front de Macédoine, Victor Dagouassat, atteint d’un éclat d’obus en pleine poitrine, meurt en première ligne, le jour même de ses trente et un ans. C’est au village de saint Vincent, et dans une humble ferme, à Pouy, qu’il naquit, le 10 mai 1886. Comme saint Vincent, il commence par garder les troupeaux, et de temps en temps il va prier à Buglose. Mais déjà il perçoit l’appel de son illustre compatriote. Il inaugure donc ses études à l’École apostolique du Berceau pour laquelle il gardera un vif attachement. Cependant, dès son année de seconde, il est aux prises avec un combat intérieur, l’un des plus rudes qu’aura à soutenir ce futur officier : craignant de faire trop de peine à son entourage familial s’il suit la vocation missionnaire, il achève ses études au petit séminaire et entre au grand séminaire d’Aire où certains directeurs jugent qu’il n’est pas fait pour le sacerdoce. Pendant son service militaire au 24e régiment d’artillerie, à Tarbes, le problème de sa vocation le torture, mais il finit par acquérir la certitude que saint Vincent le réclame, et il entre au séminaire le 26 novembre 1909. Il apparaît tout de suite ce qu’il est : pieux, consciencieux, dévoué, expansif. Il est ordonné prêtre le 12 juillet 1914 et, comme il le désirait, il est destiné à Madagascar. Mais la guerre éclate. Et le champ d’action de ce jeune prêtre qui promettait tant, ce sera uniquement le champ de bataille. Maréchal des logis, il prend part à l’offensive de Lorraine et participe à la défense de Nancy, avec ce canon de 75 qu’il commande et pour lequel il éprouve une affectueuse admiration. Vrai soldat, il est surtout prêtre et son ascendant moral sur les hommes est profond. Ses chefs l’ont remarqué. On l’envoie faire un stage d’officier d’artillerie à Fontainebleau. Il en sort sous-lieutenant et s’inscrit, comme volontaire pour le front d’Orient. Il a choisi comme arme les canons de 58 millimètres, si fameux sous leur nom de «crapouillots». Deux citations, la croix de guerre avec palme soulignent sa vaillance, en attendant que sur son uniforme sanglant son commandant épingle la Légion d’honneur. Grâce aux lettres nombreuses qu’il écrivit, on peut pénétrer dans cette âme : on y découvre l’emprise totale du sacerdoce, l’ardeur missionnaire de ce prêtre-officier qui fait, — c’est son cri de guerre — « joyeusement » son devoir. Et, en fin de compte, l’âme du sous-lieutenant Dagouassat, avec son amour dévorant pour le Christ et pour la «douce France» ressemble étonnamment à celle des paladins du Moyen Age, âme pieuse et sensible, âme intrépide et joyeuse, chevaleresque jusqu’au suprême sacrifice (2).

En 1934, à Rome, en la fête de l’Ascension, Pierre-René Rogue est proclamé Bienheureux (3).

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(1) Circulaires t. I, p. 249.
(2) Annales, t. 82, pp. 999-1041 ; t. 83, pp. 58-122, 451-543.
(3) Annales, t. 99, pp. 655-656.

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