Allocution au Synode des Évêques pour la Nouvelle Évangélisation, G. Gregory Gay, Supérieur général, Congrégation de la Mission

Francisco Javier Fernández ChentoSupérieur GénéralLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: G. Gregory Gay, C.M. · Année de la première publication : 2012 · La source : Congrégation de la Mission, Curia Generalizia.
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Moments de Présence, d’Écoute, de Service, et d’Action :
clés de la Nouvelle Évangélisation

Allocution au Synode des Évêques pour la Nouvelle Évangélisation

G. Gregory Gay, C.M.
Supérieur général, Congrégation de la Mission

Le document Instrumentum Laboris pour la nouvelle évangélisation propose une vérité centrale : « Une telle tâche d’annonce et de proclamation n’est pas réservée seulement à quelques-uns, à un petit nombre d’élus. C’est un don fait à tout homme qui répond à l’appel de la foi. » (IL, No 92)

Cette vérité est devenue vivante pour moi il y a une trentaine d’années, lorsque j’ai été appelé à notre mission vincentienne de la République de Panama. Là, j’ai expérimenté une Église vivante, une Église faisant des efforts sincères pour adapter les enseignements de Vatican II à la réalité de la vie latino-américaine. Les congrégations religieuses, le clergé diocésain et les évêques s’employaient à former les laïcs. C’était une expérience où la Parole de Dieu devenait vivante dans les communautés chrétiennes de base, et j’ai souvent été témoin de gens qui exprimaient leur foi avec simplicité et enthousiasme.

Je me disais alors : « C’est cela l’Église dont je veux faire partie. C’est cela l’Église envisagée par Vatican II ». Je me sens privilégié d’avoir travaillé dans cette partie du monde pendant plus de deux décennies. Pour moi, travailler collégialement pour le bien commun avec les évêques, le clergé diocésain, les religieux, religieuses et les laïcs, au service de l’Église et du monde, était à la fois la promesse et le don de Vatican II. L’Église latino-américaine continue à inculturer l’Évangile, comme en font foi les documents de Medellin jusqu’à Aparecida, document le plus récent et le plus cité à ce Synode. Ces moments furent énergisants et vivifiants pour moi comme missionnaire d’une congrégation religieuse et maintenant comme son Supérieur général.

Afin de proclamer le don de la foi et renforcer le renouveau de l’Église, voici trois moments de rencontre et deux pistes qui me paraissent essentiels pour la nouvelle évangélisation.

  • Un moment de présence – La présence comporte deux dimensions : la première est la Présence que nous appelons Dieu, et l’autre la présence que nous trouvons dans notre ouverture aux autres. Ceux que Dieu met sur notre chemin révèlent la personne de Jésus  Christ, en particulier les personnes pauvres, marginalisées et abandonnées. Dans la Présence de Dieu, nous puisons la force d’être présent à tous les membres du Corps du Christ d’une manière courageuse et prophétique.
  • Un moment d’écoute – L’écoute comprend également deux moments contemplatifs : l’un intérieur et l’autre extérieur. Le moment intérieur consiste en la Parole de Dieu, l’Eucharistie, la prière de l’Église, et l’expérience des pauvres. Dans ce « lieu intérieur » de notre âme, nous permettons à la personne de Jésus d’entrer discrètement dans nos cœurs afin qu’il nous accompagne dans notre cheminement quotidien. Ceci nous amène aux lieux extérieurs d’une relation plus profonde avec le monde et les uns avec les autres. Avant d’enseigner et de prêcher, nous devons d’abord écouter.
  • Un moment de service – Dans la présence et l’écoute, nous permettons à la grâce de Dieu de nous conduire au service. La nouvelle évangélisation nous appelle et nous unit par un élément durable de notre foi : l’amour de Dieu et le service du prochain. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». (Jn 13, 34)  Le service au nom de Jésus c’est l’action et le plaidoyer, non seulement au nom des pauvres, mais avec les pauvres. Dans le creuset du service, l’Église trouve sa vraie identité et sa rédemption.
  • Une piste de service par la vertu – Nous évangélisons en entrant dans le monde des pauvres et en grandissant dans les vertus d’humilité, simplicité, charité et justice. C’est le cœur de notre héritage vincentien. L’option préférentielle pour les pauvres est fondamentale à la nouvelle évangélisation. Dans l’expérience communautaire, nous rendons visible et crédible la personne de Jésus, en faisant la promotion d’une civilisation de l’amour. En vivant ces vertus, nous devenons plus proches de Dieu, des uns et des autres, et des pauvres, nos seigneurs et nos maîtres.
  • Une piste d’action – Dans l’amour de Dieu et des pauvres qui sont l’image de son Fils Jésus, nous concrétisons la nouvelle évangélisation en revitalisant nos missions populaires. La collaboration entre les communautés religieuses, le clergé et les laïcs, nous amène à évangéliser par notre présence, notre écoute et notre service à la manière de Jésus   Christ, le premier évangélisateur. En suivant les chemins de la vertu, de l’action et du plaidoyer, non seulement nous prêchons et enseignons la Bonne Nouvelle, mais nous devenons Bonne Nouvelle pour le monde. Les paroles de Jésus au jeune homme guéri devient vérité pour nous : « Va dans ta maison auprès des tiens et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde ». (Mc 5, 19)

Je confie humblement à Jésus Christ, l’Évangélisateur des pauvres, et à Marie, sa Mère, Notre Dame de la Médaille miraculeuse, ces pensées et nos efforts dans ce Synode.

G. Gregory Gay, C.M.
Rome, octobre 2012

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