{"id":106946,"date":"2014-12-10T13:49:53","date_gmt":"2014-12-10T12:49:53","guid":{"rendered":"http:\/\/vincentiens.org\/?p=106946"},"modified":"2014-12-10T13:49:53","modified_gmt":"2014-12-10T12:49:53","slug":"frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/","title":{"rendered":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 2)"},"content":{"rendered":"<h2>Chapitre II: La vocation<\/h2>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/vincentiens.org\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Ozanam01.jpg\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-132766\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/vincentiens.org\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Ozanam01-254x300.jpg?resize=254%2C300\" alt=\"Ozanam01\" width=\"254\" height=\"300\" \/><\/a>\u00ab Le moment de se choisir une destin\u00e9e est un moment solennel, et tout ce qui est solennel est triste. \u00bb Ce terme auquel il pensait avec terreur depuis longtemps, \u00e9tait arriv\u00e9 pour Ozanam, avec l\u2019ann\u00e9e 1837. Allait-il suivrela carri\u00e8re que luiavait toujours indiqu\u00e9e le d\u00e9sir de ses parents, et entrer au barreau ; ou bien, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s qu\u2019il rencontrait, allait-il continuer des \u00e9tudes de let\u00adtres vers lesquelles il se sentait invinciblement attir\u00e9 ? \u00ab Toutes ces r\u00e9flexions m\u2019agitent et me tourmentent, \u00e9crit il \u00f9 un ami, et la prochaine n\u00e9cessit\u00e9 o\u00f9 je vais me trouver de m\u2019arr\u00eater \u00e0 un parti d\u00e9finitif, m\u2019accable&#8230; Je retournerai bient\u00f4t \u00e0 Lyon ; mais qu\u2019y ferai-je? On voudra me faire beaucoup plaider ; et pourtant il me para\u00eet qu&rsquo;il me serait bien dur d\u2019\u00eatre confin\u00e9 dans l\u2019\u00e9troite sph\u00e8re du forum. \u00bb<\/p>\n<p>La perspective d\u2019\u00eatre avocat lui souriait de moins en moins. Toutefois, re\u00e7u docteur, il partit pour Lyon et s\u2019y fit inscrire au barreau. Ses d\u00e9buts n\u2019y furent pas brillants et nous avons dans ses lettres le r\u00e9cit souvent ironique des premi\u00e8res affaires qu\u2019il plaida. Ces nouvelles fonctions froissaient sa d\u00e9licatesse et ses sentiments ; il n\u2019\u00e9tait pas dans sa voie ; tout le rebutait, et c\u2019est une v\u00e9ritable antipathie qu\u2019il professait pour ces \u00ab gens d\u2019affaires \u00bb au milieu desquels il \u00e9tait oblig\u00e9 de vivre.<\/p>\n<p>\u00ab Les rapports avec les gens d\u2019affaires sont si p\u00e9nibles, si humiliants, que je ne saurais m\u2019y plier. La justice est le dernier asile moral, le der\u00adnier sanctuaire de la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente : la voir entour\u00e9e d\u2019immondices, c&rsquo;est pour moi un motif d\u2019indignation, \u00e0 chaque instant renouvel\u00e9. Ce genre de vie m\u2019irrite trop ; je reviens presque toujours du palais profond\u00e9ment ulc\u00e9r\u00e9; je ne puis pas plus m\u2019habituer \u00e0 voir le mal qu\u2019\u00e0 le souffrir&#8230; Je ne m\u2019acclimate point dans l\u2019atmos\u00adph\u00e8re de la chicane&#8230; Il existe des habitudes d\u2019hyperbole et de r\u00e9ticence dont les plus respec\u00adtables membres du barreau donnent l\u2019exemple et auxquelles il faut s\u2019assujettir ; toutes les figures de rh\u00e9torique sont r\u00e9duites en action devant les tribunaux qui n\u2019entendent plus que ce langage.<\/p>\n<p>Il est convenu qu\u2019on doit demander deux cents francs de dommages-int\u00e9r\u00eats quand on en veut cinquante ; que le client ne saurait avoir tort, quelles que soient ses all\u00e9gations, et que l\u2019adver\u00adsaire est un dr\u00f4le. Exprimez-vous d\u2019une fa\u00e7on plus raisonnable : vous passez pour avoir fait des concessions, vous vous \u00eates avou\u00e9 vaincu ; les confr\u00e8res vous en font des reproches ; le client se pr\u00e9tend trahi, et, si vous rencontrez dans le monde un des juges qui ont si\u00e9g\u00e9 dans le proc\u00e8s, il vous aborde en vous disant : &lt;( Mon cher, vous \u00eates trop timide. \u00bb<\/p>\n<p>Le jugement est s\u00e9v\u00e8re et trop g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 : Ozanam faisait fausse route.<\/p>\n<p>Un triste \u00e9v\u00e9nement allait bient\u00f4t assombrir encore son avenir. Au mois d\u2019avril 1837, Oza\u00adnam \u00e9tait all\u00e9 passer quelques semaines \u00e0 Paris afin d\u2019y pr\u00e9parer sa th\u00e8se de doctorat.<\/p>\n<p>Il en fut rappel\u00e9 subitement par la mort de son p\u00e8re, survenue en quelques heures \u00e0 la suite d\u2019une chute grave. Il en fut profond\u00e9ment affect\u00e9 et troubl\u00e9 : il portait la plus tendre affection \u00e0 ce p\u00e8re, rest\u00e9 toujours pour lui un conseil et un guide \u00e9cout\u00e9. La nouvelle responsabilit\u00e9 qui lui incombait l&rsquo;\u00e9pouvantait : le docteur Ozanam n\u2019avait pas laiss\u00e9 \u00e0 ses enfants un bien riche h\u00e9ritage, et la g\u00eane qui r\u00e9gnait au foj\u0153r domesti\u00adque vint encore ajouter aux soucis de Fr\u00e9d\u00e9ric. Il n\u2019\u00e9tait plus question pour lui de quitter le barreau ; il ne pouvait plus abandonner une pro\u00adfession que les circonstances rendaient une n\u00e9\u00adcessit\u00e9. Il surmontait maintenant toutes les r\u00e9pugnances du d\u00e9but que lui faisaient oublier sa tendre affection filiale et l\u2019obligation d\u2019aider mat\u00e9riellement sa m\u00e8re. \u00ab Heureux l\u2019homme \u00e0 qui Dieu donne une sainte m\u00e8re, \u00e9crivait-il vers cette \u00e9poque ; mais pourquoi faut-il qu\u2019\u00e0 mesure que l\u2019aur\u00e9ole de saintet\u00e9 entoure plus brillante cette t\u00eate ch\u00e9rie, l\u2019ombre de la mort semble s&rsquo;en appro\u00adcher <sup>0<\/sup> Pourquoi, dans les langues des hommes, la perfection est-elle synonyme de la fin ?&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>Il semble qu\u2019\u00e0 ce moment le c\u0153ur d\u2019Ozanam ait pench\u00e9 vers la vie religieuse. Rien d\u2019\u00e9tonnant qu&rsquo;\u00e0 la suite des luttes qu\u2019il eut \u00e0 soutenir contre lui-m\u00eame, des incertitudes dans lesquelles il se trouva, il ne pensa trouver le repos et la paix dans le cloitre. Il enviait alors le sort de ceux que leur vocation appelait au service de Dieu ; et ses amis intimes s&rsquo;attendaient \u00e0 voir son sort se fixer de ce c\u00f4t\u00e9. Il s\u2019exaltait \u00e0 la pens\u00e9e du monas\u00adt\u00e8re. Un de ses amis ayant quitt\u00e9 le monde, Oza\u00adnam, comme pour se fortifier contre l\u2019exemple qu\u2019il venait d\u2019avoir sous les yeux, partit avec son fr\u00e8re pour la Grande-Chartreuse. Il s\u2019attendait \u00e0 une impression p\u00e9nible, faite de nature ef\u00adfrayante et de terrible aust\u00e9rit\u00e9. Il ne vit qu\u2019une solitude d\u00e9licieuse et des hommes au visage se\u00adrein et apais\u00e9. La Chartreuse lui apparut comme un doux nid solitaire,o\u00f9 des \u00e2mes saintes.rassem\u00adbl\u00e9es et couv\u00e9es sous les ailes maternelles de la religion, grandissaient paisiblement pour s\u2019en\u00a0\u00bbo- ler un jour au ciel.<\/p>\n<p>Ce \u00ab nid solitaire \u00bb n\u2019\u00e9tait pas fait pour lui ; il se trouvait, dans son id\u00e9al, tr\u00e8s loin de la r\u00e9alit\u00e9 du clo\u00eetre. Les circonstances et l\u2019inqui\u00e9\u00adtude qui devaient le poursuivre jusqu\u2019\u00e0 la fin avaient pu lui faire penser \u00e0 la vie religieuse : rien dans son caract\u00e8re et dans ses go\u00fbts ne pou\u00advait y correspondre. Et vers le m\u00f4me temps, malgr\u00e9 le m\u00e9pris qu\u2019il semblait professer pour la femme, une corde de tendresse humaine com\u00admence \u00e0 vibrer en lui. A un ami qui lui faisait part de son prochain mariage, il r\u00e9pond : \u00ab Je sens en moi se faire un grand vide, que ne remplissent ni l\u2019amiti\u00e9, ni l\u2019\u00e9tude. \u00bb<\/p>\n<p>Chez Ozanam l\u2019imagination s\u2019\u00e9tait d\u00e9velopp\u00e9e de bonne heure ; la sensibilit\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 plus tar\u00addive, et \u00e0 cette \u00e9poque, \u00e2g\u00e9 de vingt-quatre ans, il n\u2019avait pas encore souffert de l\u2019envahissement des passions. Son c\u0153ur n&rsquo;avait enc\u00f4r\u00e8 connu d\u2019autres affections que celles du sang et de l\u2019a\u00admiti\u00e9 : aussi s\u2019effrayait-il d\u2019autant plus de ce vide du c\u0153ur qu\u2019il sentait en lui. La vocation reli\u00adgieuse, \u00e0 laquelle il avait song\u00e9, sans s\u2019y arr\u00eater toutefois, n\u2019avait pas correspondu \u00e0 ses pens\u00e9es. Et pour la premi\u00e8re fois l\u2019image de la femme s\u2019emparait de son esprit. \u00ab Je prie qu\u2019elle ne se pr\u00e9sente que tard , quand je m\u2019en serai rendu digne ; je prie qu\u2019elle apporte avec elle ce qu\u2019il faudra de charmes ext\u00e9rieurs pour ne laisser place \u00e0 aucun regret ; mais je prie surtout qu\u2019elle vienne avec une \u00e2me excellente, qu\u2019elle apporte une grande vertu, qu\u2019elle vaille beaucoup mieux que moi, qu\u2019elle m\u2019attire en haut, qu\u2019elle ne me fasse pas descendre ; qu\u2019elle soit g\u00e9n\u00e9reuse, parce que je suis pusillanime ; qu\u2019elle soit fer\u00advente, parce que je suis ti\u00e8de dans les choses de Dieu ; qu\u2019elle soit compatissante enfin, pour que je n\u2019aie pas \u00e0 rougir devant elle de mon inf\u00e9rio\u00adrit\u00e9. Voil\u00e0 mes v\u0153ux ; voil\u00e0 mes r\u00eaves&#8230; \u00bb<\/p>\n<p>Mais \u00e0 ce tableau venait encore s\u2019ajouter la note du doute et de l\u2019inqui\u00e9tude : \u00ab Mais, comme je vous fait dit, rien n\u2019est plus imp\u00e9n\u00e9\u00adtrable que mon propre avenir. \u00bb<\/p>\n<p>A Lyon comme \u00e0 Paris, Ozanam continuait ses \u00e9tudes de lettres en vue de sa pr\u00e9paration au doc\u00adtorat. De eette \u00e9poque datent deux \u00e9tudes, l\u2019une sur les Biens de l\u2019Eglise ; l\u2019autre intitul\u00e9e : <em>Origi\u00adnes du droit fran\u00e7ais cherch\u00e9es dans les symboles et les formules du droit universel<\/em>. Dans cette seconde \u00e9tude, qui est, en somme, une r\u00e9futation de cer\u00adtaines th\u00e9ories de Michelet, Ozanam appr\u00e9cie avec grande indulgence l\u2019imagination d\u00e9bordante de l\u2019historien. Tout en ne partageant pas les m\u00eames mani\u00e8res de voir, il \u00e9tait rest\u00e9 sous le charme p\u00e9n\u00e9trant de la parole du ma\u00eetre. Sans avoir la pr\u00e9tention de faire le moindre parall\u00e8le, on peut constater que chez Michelet comme chez Ozanam la facult\u00e9 ma\u00eetresse est l\u2019imagination : il ne faut pas chercher d\u2019autres raisons de l\u2019admiration qu\u2019inspira le grand historien au jeune \u00e9tudiant. Celui-ci sut, dans l\u2019\u00e9tude dont nous venons de parler, d\u00e9gager admirablement la silhouette du ma\u00eetre : \u00ab M. Michelet est n\u00e9 po\u00e8te, dans le sens primitif et le plus \u00e9tendu de ce mot, c\u2019est-\u00e0-dire capable de s\u2019\u00e9lever \u00e0 des conceptions id\u00e9ales, de sentir vivement les impressions de la nature, de reproduire les premi\u00e8res en choisis\u00adsant, rapprochant, combinant les secondes. Avec ces \u00e9minentes facult\u00e9s nous avons redout\u00e9 de le voir descendre au rang d\u2019historien. \u00bb Il comprit d\u2019avance les exc\u00e8s auxquels Michelet allait abou\u00adtir. L\u2019histoire est bien la m\u00e9moire des peuples, mais la m\u00e9moire impassible et impartiale que l\u2019imagination peut accompagner, mais ne jamais dominer.<\/p>\n<p>Vers la fin de l\u2019ann\u00e9e 1838, ses th\u00e8ses de docto\u00adrat \u00e8s lettres \u00e9tant pr\u00eates, il partit pour Paris. La soutenance eut lieu devant un public nombreux, au premier rang duquel on remarquait Cousin et Villemain. Le succ\u00e8s d\u00e9passa les esp\u00e9rances d\u2019Ozanam, et Cousin, enthousiasm\u00e9, complimenta le jeune homme de la mani\u00e8re la plus \u00e9logieuse : \u00ab Monsieur Ozanam, il est impossible d\u2019\u00eatre plus \u00e9loquent que vous. \u00bb<\/p>\n<p>Il avait choisi pour th\u00e8se latine : <em>la descente des h\u00e9ros dans les enfers, d&rsquo;apr\u00e8s les po\u00e8tes de l&rsquo;anti\u00adquit\u00e9, et pour th\u00e8se fran\u00e7aise : Dante et la philo\u00adsophie catholique au XIIIe si\u00e8cle<\/em>.<\/p>\n<p>Cette derni\u00e8re fut le noyau de l\u2019\u00e9tude publi\u00e9e plus tard sous le m\u00eame titre. Nous avons dit plus haut combien la figure de Dante avait frapp\u00e9 Ozanam lorsque, dans son premier voyage d\u2019Italie, visitant le Vatican, il s \u00e9tait enthousiasm\u00e9 devant la <em>Dispute du Saint-Sacrement<\/em>. C\u2019est de cette visite que date la premi\u00e8re id\u00e9e de cette \u00e9tude. Ozanam avait vou\u00e9 \u00e0 Dante une sorte de culte, et c\u2019est avec amour qu\u2019il r\u00e9habilita en quelque sorte dans l\u2019esprit de ses contempo\u00adrains ce grand g\u00e9nie, alors m\u00e9connu.<\/p>\n<p>De retour \u00e0 Lyon, Ozanam continuait par cor\u00adrespondance des d\u00e9marches relatives \u00e0 une chaire de droit commercial qu\u2019on voulait fonder dans cette ville, et pour laquelle plusieurs personnes influentes avaient d\u00e9j\u00e0 pens\u00e9 \u00e0 lui. Le Conseil municipal, qui l\u2019avait propos\u00e9, vit son choix approuv\u00e9 par le minist\u00e8re. M. Cousin \u00e9crivit lui-m\u00eame \u00e0 Ozanam la nouvelle de sa nomina\u00adtion. \u00ab Je viens vous annoncer que, dans le con\u00adseil d\u2019hier, il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 que vous seriez nomm\u00e9 \u00e0 la chaire de droit commercial de Lyon. J\u2019aurais bien pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 vous voir dans mon r\u00e9giment ; mais je n&rsquo;en d\u00e9sesp\u00e8re pas, et, en tous cas, je suis cer\u00adtain qu\u2019avec moi ou sans moi, vous aimerez et servirez toujours la vraie philosophie. \u00bb<\/p>\n<p>La nouvelle de sa nomination dut combler de joie le c\u0153ur d\u2019Ozanam. L\u2019enseignement du droit lui convenait beaucoup mieux que le barreau, et ainsi beaucoup de temps allait lui rester pour continuer ses \u00e9tudes historiques et litt\u00e9raires. De plus, fix\u00e9 pr\u00e8s de sa m\u00e8re, il lui apportait de cette mani\u00e8re soutien moral autant qu\u2019aide mat\u00e9rielle. Il avait auparavant refus\u00e9 une chaire de philosophie \u00e0 Orl\u00e9ans. Vivement bl\u00e2m\u00e9 par ses amis, il avait d\u00fb encore se faire \u00e0 lui-m\u00eame iolence ; cette chaire lui plaisait ; mais il fallait s\u2019\u00e9loigner de Lyon, et les circonstances le lui interdisaient.<\/p>\n<p>Son discours d\u2019ouverture inaugura brillamment un cours qu\u2019il sut rendre attachant malgr\u00e9 l\u2019aus\u00adt\u00e9rit\u00e9 du sujet. Il ne se borna pas \u00e0 une s\u00e8che no\u00admenclature des articles du Code, et le lettre qu&rsquo;il \u00e9tait ne perdit jamais ses droits. Le succ\u00e8s d\u00e9\u00adpassa les esp\u00e9rances d\u2019Ozanam qui, l\u2019annon\u00e7ant \u00e0 un ami, \u00e9crivait : a Je me suis permis toutes les digressions philosophiques et historiques que les mati\u00e8res comportaient. Je n\u2019ai m\u00eame pas recul\u00e9 devant des v\u00e9rit\u00e9s s\u00e9v\u00e8res ; mais je ne refuse pas non plus l\u2019occasion d\u2019appeler un sourire sur les l\u00e8vres de mes auditeurs. \u00bb Les notes qui furent r\u00e9dig\u00e9es pour la pr\u00e9paration de ce cours figu\u00adrent, avec raison, dans les \u0152uvres compl\u00e8tes. Elles sont int\u00e9ressantes et montrent le travail qu\u2019Ozanam s\u2019imposait pour la pr\u00e9paration de ses cours. Une perp\u00e9tuelle \u00e9l\u00e9vation de pens\u00e9es y \u00e9claire la mati\u00e8re, souvent abstraite ; plusieurs des notes devaient prendre place dans le plan qu\u2019il s\u2019\u00e9tait trac\u00e9 et que la mort inopportune devait l\u2019emp\u00eacher de remplir. Le succ\u00e8s ne fit que grandir jusqu\u2019\u00e0 la fin du cours, qu\u2019il termina devant un public de plus en plus nombreux. \u00ab Les lois, dit-il en terminant, sont l\u2019\u00e2me de la patrie ; c\u2019est la patrie morale, bien plus digne encore de nos affections que la terre m\u00eame o\u00f9 nous naissons pour mourir. Ces lois peuvent \u00eatre d\u00e9fectueuses, parce qu\u2019elles sont perfectibles ; mais elles n\u2019en sont pas moins l\u2019expression de quatorze si\u00e8cles d\u2019un glorieux pass\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Install\u00e9 ainsi d\u00e9finitivement \u00e0 Lyon, il devint bient\u00f4t l\u2019\u00e2me de la Soci\u00e9t\u00e9 de Saint-Vincent-de- Paul \u00e9tablie dans cette ville. Cette soci\u00e9t\u00e9 avait eu \u00e0 ses d\u00e9buts \u00e0 surmonter des obstacles inat\u00adtendus et \u00e0 vaincre bien des mauvaises volont\u00e9s. Ozanam s\u2019en plaignait am\u00e8rement. Dans plusieurs centres, l\u2019autorit\u00e9 eccl\u00e9siastique elle-m\u00eame avait vu parfois d\u2019un mauvais \u0153il le succ\u00e8s rapide des conf\u00e9rences ; il n\u2019en avait pas \u00e9t\u00e9 ainsi \u00e0 Lyon ; mais un parti la\u00efque s\u2019\u00e9tait form\u00e9 contre elles, et avait pr\u00e9tendu les faire dispara\u00eetre. Ecrivant \u00e0 son ami Lallier, Ozanam se plaignait des vexa\u00adtions de toutes sortes dont les membres de la nouvelle soci\u00e9t\u00e9 avaient eu \u00e0 souffrir. \u00ab Notre soci\u00e9t\u00e9 n\u2019a pas cess\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u2019objet des vexations de beaucoup de la\u00efques : gros bonnets de l\u2019or\u00adthodoxie ; P\u00e8res de concile en frac et en pantalons \u00e0 sous-pieds&#8230;, qui font de leur opinionpolitique un treizi\u00e8me article du Symbole, qui s&rsquo;appro\u00adprient les \u0153uvres de charit\u00e9 comme leur chose, et disent, en se mettant modestement \u00e0 la place de Xotre-Seigneur : \u00ab Quiconque n\u2019est pas avec nous est contre nous. \u00bb<\/p>\n<p>Il se tenait au courant de tout ce qui pouvait int\u00e9resser les conf\u00e9rences de Paris et de province, et voulait qu\u2019une correspondance p\u00e9riodique les t\u00eent en \u00e9troite communion d\u2019id\u00e9es. Ilgourmandait son ami Lallier, alors \u00e0 Paris, d\u2019\u00eatre rest\u00e9 quel\u00adque temps sans donner des nouvelles. \u00ab Vous ne sauriez croire quelle magie il y a dans les paroles venues de loin et dans le suffrage d\u2019un si grand nombre d\u2019amis. \u00bb C\u2019est dans l\u2019union la plus \u00e9troite qu&rsquo;Ozanam voulait que les Soci\u00e9t\u00e9s de Saint-Vineent-de-Paul s\u2019entretinssent. Dans l\u2019association pour le bien il pr\u00e9tendait trouver le rem\u00e8de \u00e0 la question sociale, qui alors entrait dans une p\u00e9riode active et aigu\u00eb : \u00ab Nous voyons chaque jour la scission commenc\u00e9e dans la soci\u00e9t\u00e9 se faire plus profonde; ce ne sont pas les opinions politiques qui divisent les hommes ; c\u2019est moins que les opinions ; ce sont les int\u00e9r\u00eats ; ici le camp des riches, l\u00e0 le camp des pauvres. Dans l&rsquo;un, l\u2019\u00e9go\u00efsme qui veut tout retenir; dans l\u2019autre l\u2019\u00e9go\u00efsme qui voudrait s\u2019emparer de tout; entre les deux une haine irr\u00e9conciliable, les menaces d\u2019une guerre prochaine qui sera une guerre d\u2019extermination. Un seul moyen de salut reste : c\u2019est que, au nom de la charit\u00e9, les chr\u00e9\u00adtiens s\u2019interposent entre les deux camps, qu\u2019ils aillent, transfuges bienfaisants, de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre ; qu\u2019ils obtiennent des riches beaucoup d\u2019aum\u00f4nes, des pauvres beaucoup de r\u00e9signation ; qu\u2019ils por\u00adtent aux pauvres des pr\u00e9sents, aux riches des paroles de reconnaissance; qu\u2019ils les accoutument \u00e0 se regarder de nouveau comme fr\u00e8res. Qu\u2019ils leur communiquent un peu de mutuelle charit\u00e9; et cette charit\u00e9, paralysant, \u00e9touffant l\u2019\u00e9go\u00efsme des deux partis, diminuant chaque jour les antipa\u00adthies, les deux camps se l\u00e8veront ; ils d\u00e9truiront leurs barri\u00e8res de pr\u00e9jug\u00e9s; ils jetteront leurs armes de col\u00e8re, et ils marcheront \u00e0 la rencontre l\u2019un de l&rsquo;autre, non pour se combattre, mais pour se confondre, s\u2019embrasser et ne plus faire qu\u2019une seule bergerie sous un seul pasteur : \u00ab <em>Unum ovile, unus pastor<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e 1839 devait apporter \u00e0 Ozanam une cruelle \u00e9preuve.<\/p>\n<p>La sant\u00e9 de sa m\u00e8re, depuis longtemps chan\u00adcelante, lui donnait les plus grandes inqui\u00e9tudes \u2022 or, au moment o\u00f9 un mieux sensible ramenait quelque espoir, elle fut enlev\u00e9e \u00e0 l\u2019ainour de son fils. Il faut se reporter \u00e0 sa correspondance pour comprendre le vide immense que lui fit la dispa\u00adrition de sa m\u00e8re, mais aussi, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la d\u00e9sola\u00adtion, la b\u00e9atitude c\u00e9leste et l\u2019esp\u00e9rance qui rem\u00adplirent alors son coeur.<\/p>\n<p>\u00ab Comment vous dire, \u00e9crit-il \u00e0 son ami Lallicr, la d\u00e9solation et les larmes qui \u00e9clat\u00e8rent au dehors, et cependant l\u2019inexprimable , l\u2019inex\u00adplicable paix int\u00e9rieure dont nous jouissions ; comment le sentiment d\u2019une b\u00e9atitude nou\u00advelle s&#8217;empara malgr\u00e9 nous, non seulement de notre c\u0153ur, mais aussi des personnes les plus ch\u00e8res de la famille ?\u00bb Et il termine cette lettre par ce cri d\u2019esp\u00e9rance : \u00ab Heureux l\u2019homme \u00e0 qui Dieu donne une sainte m\u00e8re ! Cette ch\u00e8re m\u00e9\u00admoire ne nous abandonnera point. Jusque dans ma solitude actuelle, au milieu du marasme qui souvent ravage mon \u00e2me, la pens\u00e9e de cette auguste sc\u00e8ne me revient pour me soutenir, pour me relever ; consid\u00e9rant combien courte est la vie, combien peu \u00e9loign\u00e9e sera la r\u00e9union de ceux que s\u00e9pare la mort, je sens s\u2019\u00e9vanouir les tentations de l\u2019amour-propre, les mauvais in\u00adstincts de la chair : tous mes d\u00e9sirs se confondent en un seul : mourir comme ma m\u00e8re. \u00bb La m\u00e9\u00admoire de cette m\u00e8re \u00e0 qui il devait ce c\u0153ur si aimant, cette conscience si droite ne l\u2019abandonna jamais. Toute sa vie il l\u2019invoqua dans ses moments d\u2019angoisse et d&rsquo;inqui\u00e9tude, persuad\u00e9 que Dieu permettait entre eux une union d\u2019\u00e2mes, un lien mystique et permanent. Deux ans plus tard, il \u00e9crivait \u00e0 son ami : \u00ab Quelque chose d\u2019une dou\u00adceur infinie s\u2019est pass\u00e9 au fond de moi : c\u2019\u00e9tait comme une assurance que ma m\u00e8re ne m\u2019avait point quitt\u00e9 ; c\u2019\u00e9tait comme un voisinage bienfai\u00adsant quoique invisible ; c\u2019\u00e9tait comme si une \u00e2me ch\u00e9rie m\u2019e\u00fbt, en passant, caress\u00e9 de ses ailes. Et de m\u00eame qu&rsquo;autrefois je reconnaissais les pas, la voix, le souffle d\u00e9nia m\u00e8re ; aussi quand une id\u00e9e vertueuse se faisait entendre \u00e0 mon esprit, qu\u2019une salutaire impulsion \u00e9branlait ma volont\u00e9, je ne pouvais m\u2019emp\u00eacher de croire que c\u2019est toujours elle&#8230; Il y a des instants de tressaillement subit, comme si elle \u00e9tait l\u00e0, \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s ; il y a surtout, lorsque j\u2019en ai le plus besoin, des heures de maternel et filial entretien. \u00bb Et plus loin : \u00ab J\u2019ai une ferme croyance de la pr\u00e9sence r\u00e9elle de ma m\u00e8re aupr\u00e8s de moi. \u00bb<\/p>\n<p>Et quelques ann\u00e9es apr\u00e8s, nous retrouvons sous sa plume les m\u00eames impressions, la m\u00eame foi en la pr\u00e9sence de sa m\u00e8re. \u00ab Ce n\u2019est pas seu\u00adlement un souvenir qui me reste&#8230; C\u2019est la certi\u00adtude d\u2019\u00eatre encore en communication \u00e9troite avec elle&#8230; Je ne puis traiter ceci d\u2019illusion: c\u2019est une sensation trop vive et trop p\u00e9n\u00e9trante, qui m&rsquo;atteste que ma m\u00e8re vit toujours avec moi, quoique d\u2019une meilleure vie. \u00bb<\/p>\n<p>Il faut lire toutes ces lettres o\u00f9 Ozanam a r\u00e9\u00adpandu les tr\u00e9sors d\u2019un c\u0153ur trop aimant et d\u2019une sensibilit\u00e9 intense et inqui\u00e8te. Aucun commen\u00adtaire ne peut redire les accents \u00e9mus dont elles sont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9es.<\/p>\n<p>De cette lettre dont nous avons fait d\u00e9j\u00e0 de si nombreux extraits et o\u00f9 Ozanam parle d une mani\u00e8re si touchante du lien mystique qui nous unit aux morts, nous ne r\u00e9sistons pas \u00e0 citer en\u00adcore ces touchantes pens\u00e9es : \u00ab Il me semble que je vois se reformer dans un monde meilleur cette soci\u00e9t\u00e9 de personnes respectables et ch\u00e8res qui m\u2019entour\u00e8rent \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la vie et m\u2019attendent \u00e0 la fin. Je m\u2019habitue \u00e0 m\u2019entretenir avec elles: par elles, mes pens\u00e9es s\u2019\u00e9l\u00e8vent plus facilement vers ces r\u00e9gions invisibles o\u00f9 Dieu r\u00e9side. Si Dieu y r\u00e9sidait seul, nous pourrions trop l\u2019ou\u00adblier; mais en rappelant ainsi l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre ceux que nous aimons, il nous force bien de pren\u00addre avec eux le chemin du ciel. Quand, tout petits, nos m\u00e8res nous apprenaient \u00e0 croire, \u00e0 esp\u00e9rer, \u00e0 aimer, elles posaient, sans y penser, les degr\u00e9s par o\u00f9 nous remontons jusqu\u2019\u00e0 elles maintenant que nous les avons perdues. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est dans cette douloureuse circonstance del\u00e0 mort de sa m\u00e8re qu\u2019Ozanam se r\u00e9v\u00e8le peut-\u00eatre le plus compl\u00e8tement. Le penseur, le lettr\u00e9, le phi\u00adlosophe, l\u2019\u00e9rudit eurent chez lui des d\u00e9faillances, tomb\u00e8rent m\u00eame dans l\u2019erreur ; son c\u0153ur ne le trompa jamais. Dans sa famille, au milieu de ses \u00e9l\u00e8ves, dans ses projets et ses actions, au milieu de ses inqui\u00e9tudes m\u00eame, c&rsquo;est toujours l\u2019amour qui le fait penser et agir, amour du bien, amour de ses semblables. C\u2019est l\u2019homme de c\u0153ur qui chez Ozanam sera digne \u00e9ternellement du souvenir et de la v\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>La mort de sa m\u00e8re, en plus du choc douloureux qu\u2019elle lui causa, le rejeta dans de nouvelles incer\u00adtitudes. La chaire de droit qu\u2019il avait accept\u00e9e avec tant de joie lui avait permis de vivre aupr\u00e8s d\u2019elle et de l\u2019entourer de tous les secours mat\u00e9riels et moraux dont elle pouvait avoir besoin. Mainte\u00adnant cette carri\u00e8re qu\u2019il aait suivie lui paraissait sans raison. N\u2019\u00e9tait-elle pas une barri\u00e8re \u00e9lev\u00e9e entre lui et sa vraie vocation, la vie religieuse ? Personne n\u2019avait plus besoin de lui ; sa seule am\u00adbition \u00e9tait de servir la cause de la v\u00e9rit\u00e9 : ne le ferait-ilpasmieuxsousl\u2019habiteccl\u00e9siastique?Pour lia seconde fois cette question se posait imp\u00e9rieu\u00adsement \u00e0 son esprit. De plus, lesr\u00e9pugnancesqu\u2019il .avait souvent exprim\u00e9es pour le mariage lui paraissaient de nouveau insurmontables : \u00ab Vous me parlez des douceurs de la vie domestique, \u00e9crit-il \u00e0 un ami ; mais ce bien-\u00eatre mat\u00e9riel ou sentimental, cet \u00e9go\u00efsme \u00e0 deux, est-il bien de saison ? \u00bb Les offres qu\u2019il recevait alors de tous c\u00f4t\u00e9s lui apparaissaient comme des tentations de vanit\u00e9 et d\u2019amour-propre. Et cette incertitude dans laquelle il se trouvait replong\u00e9 lui sem\u00adblait, dans sa solitude, une \u00e9preuve doublement douloureuse.<\/p>\n<p>Ce fut vers cette m\u00eame \u00e9poque o\u00f9 Ozanam \u00e9tait si inquiet \u00e0 son propre sujet, que l\u2019abb\u00e9 Lacor- daire pr\u00e9parait, au milieu des difficult\u00e9s sans nombre que son projet avait soulev\u00e9es, le r\u00e9tablis\u00adsement en France de l\u2019ordre des Fr\u00e8res Pr\u00eacheurs. Il avait abandonn\u00e9 la chaire de Notre-Dame pour se livrer tout entier \u00e0 la grande \u0153uvre qu\u2019il projetait. Ozanam, qui aimait et admirait Lacor- daire, avait suivi avec int\u00e9r\u00eat les r\u00e9sultats d\u00e9j\u00e0 obtenus et se sentait profond\u00e9ment attir\u00e9 par l&rsquo;ordre de Saint-Dominique. En le f\u00e9licitant de ses efforts, il lui \u00e9crivait : \u00ab Si Dieu vou\u00adlait bien m\u2019appeler \u00e0 lui, je ne vois pas de milice o\u00f9 il me f\u00fbt plus doux de le servir que celle o\u00f9 vous \u00eates engag\u00e9. J\u2019ai le d\u00e9sir d&rsquo;en conna\u00eetre d\u2019avance les conditions pour m\u2019aider \u00e0 prendre un parti. \u00bb<\/p>\n<p>Lacordaire devait constater avec joie de pa\u00adreilles dispositions chez un homme qu\u2019il aimait et dont il avait su deviner la valeur. Il lui r\u00e9pondit : \u00ab Je me r\u00e9jouis des instincts pers\u00e9v\u00e9rants qui vous poussent \u00e0 servir Dieu. L\u2019esp\u00e9rance de vous voir un jour des n\u00f4tres me serait bien ch\u00e8re. \u00bb En m\u00eame temps, r\u00e9pondant au d\u00e9sir qu\u2019Ozanam avait \u2022exprim\u00e9 de conna\u00eetre les r\u00e8gles de l\u2019ordre, il l\u2019engageait \u00e0 passer quelques jours dans un des noviciats.<\/p>\n<p>Lacordaire devait d\u00e9sirer ardemment conqu\u00e9\u00adrir une telle \u00e2me.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, il l\u2019engageait \u00e0 continuer \u00e0 tenirlaplume commeill\u2019avait d\u00e9j\u00e0 faitavectant de succ\u00e8s, sans perdre la place acquise dans la presse \u2022d\u00e9j\u00e0 si puissante : \u00ab Si j\u2019\u00e9tais le directeur de votre conscience, lui \u00e9crivait-il, je vous en imposerais l\u2019obligation. \u00bb<\/p>\n<p>Ozanam continua \u00e0 \u00e9crire, mais n\u2019entra pas dans l\u2019ordre de Saint-Dominique. Lacordaire ne s\u2019en consola pas et se plaignit plus d\u2019une fois de cet \u00e9chec.<\/p>\n<p>Plus tard, quand il fut appel\u00e9 \u00e0 faire le pan\u00e9\u00adgyrique de celui qu&rsquo;il avait esp\u00e9r\u00e9 voir prendre rang parmi les siens, il \u00e9crira, non sans quelque d\u00e9pit : \u00ab Il y eut un pi\u00e8ge qu\u2019Ozanam n\u2019\u00e9vita point. \u00bb<\/p>\n<p>Ce pi\u00e8ge, Ozanam devait sans retard y tomber.<\/p>\n<p>Bient\u00f4t il allait jouir de ce repos d\u2019esprit si longtemps d\u00e9sir\u00e9 et voir dispara\u00eetre les inqui\u00e9tudes et les incertitudes o\u00f9 l\u2019avait plong\u00e9 si longtemps le doute sur sa vocation. Il en avait beaucoup souffert, et c\u2019est le coeur dilat\u00e9 qu\u2019il dut voir clair sur la voie \u00e0 suivre- Jusque-l\u00e0 ses plus beaux r\u00eaves avaient \u00e9t\u00e9 troubl\u00e9s ; les dons nombreux qu\u2019il avait re\u00e7us de Dieu, en lui ouvrant des per\u00adspectives plus nombreuses, avaient encore aviv\u00e9 les tourments de l\u2019avenir : aussi, pour employer la pens\u00e9e du P\u00e8re Lacordaire, c\u2019est le front serein et le c\u0153ur \u00e0 l\u2019aise qu&rsquo;il assit sa tente l\u00e0 ou il devait achever de vivre.<\/p>\n<p>Son c\u0153ur \u00e9tait encore libre de tout d\u00e9sir ; mais d\u00e9j\u00e0 des accents de tendresse humaine s\u2019en \u00e9chappent, sympt\u00f4mes pr\u00e9curseurs du grand amour qu\u2019il vouera bient\u00f4t \u00e0 celle qu\u2019il va choisir.<\/p>\n<p>Dans une lettre \u00e0 son ami Lallier, dont toute id\u00e9e asc\u00e9tique est absente, il le f\u00e9licite joj&rsquo;euse- ment de son premier-n\u00e9 : \u00ab Et d\u2019abord ne doit-on pas vous saluer s\u00e9rieusement de ce titre de p\u00e8re, qui vous fut jadis d\u00e9volu comme un joyeux sur\u00adnom ? Dieu vous a-t-il accord\u00e9 l\u2019ineffable conso\u00adlation de voir votre jeunesse rena\u00eetre sous les traits del\u2019enfance, en la personne d\u2019un fils ? Heu\u00adreux le premier-n\u00e9 d\u2019un mariage pr\u00e9coce 1 \u00bb<\/p>\n<p>Et plus loin, dans la m\u00eame lettre, il aborde, \u00e0 propos de deux de ses amis, cette question du mariage avec moins de r\u00e9pugnance qu\u2019autrefois. Au milieu de ses tristesses, il avait assist\u00e9 \u00e0 celui de M. Chaurand, et fortement impressionn\u00e9, il nota dans une pi\u00e8ce de vers : Les deux anges gar\u00addiens, le r\u00f4le de la femme au foyer chr\u00e9tien Je ne dirai rien de la forme de cette pi\u00e8ce ; retenons- en seulement la pens\u00e9e. Ozanam est m\u00fbr pour le mariage ; la sensibilit\u00e9 d\u00e9bordante de sa nature a trouv\u00e9 sa voie v\u00e9ritable. L\u2019id\u00e9e possible du clo\u00eetre dispara\u00eet peu \u00e0 peu etla solitude commence \u00e0 lui peser; il constate enfin, par l\u2019exemple de ses amis nouvellement mari\u00e9s, que la vie de famille ne les absorbe pas au point de les obliger \u00e0 d\u00e9\u00adlaisser la lutte pour le bien. Les objections dispa\u00adraissaient l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre.<\/p>\n<p>Les vacances de P\u00e2ques, en interrompant son cours, lui permirent un court s\u00e9jour \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Il n\u2019en dissimula pas sa joie La raison d\u00e9ter\u00adminante de cette absence \u00e9tait de r\u00e9gler les der\u00adniers d\u00e9tails de la vente de son livre sur Dante, et peut-\u00eatre aussi de se retrouver quelques jours au milieu de ses anciens amis.<\/p>\n<p>Il y constata la vigueur croissante du parti ca\u00adtholique : la chaire sacr\u00e9e \u00e9tait alors brillamment occup\u00e9e par le Pcre de Ravignan, M. Bautain, M. C\u0153ur, l\u2019abb\u00e9 Marcellin ; la presse catholique luttait avec vigueur et succ\u00e8s avec MM. Cazal\u00e8s, Bailly, Saint-Ch\u00e9ron et l&rsquo;Univers, Bonnetty et l&rsquo;Universit\u00e9 catholique, Montalcmbert enfin. Un mouvement qui avait d\u00e9j\u00e0 fait \u00e9clore le Correspon\u00addant. la Revue Europ\u00e9enne, Y Avenir, Y Universit\u00e9 catholique, les Annales de philosophie chr\u00e9tienne, l&rsquo;Univers, les conf\u00e9rences de NotrerDame, les B\u00e9\u00adn\u00e9dictins de Solesmes, les Dominicains de Lacor\u00addaire, de nombreuses Conf\u00e9rences de Saint-Vin- cent-de-Paul, entra\u00eenait \u00e0 sa suite bien des ti\u00e8des, constituait un parti convaincu et fort. Le clerg\u00e9 s\u2019y ralliait en masse, et la double nomination \u00e0 l\u2019\u00e9piscopat des abb\u00e9s Affre et de Bonald lui don\u00adnait pour ainsi dire une reconnaissance officielle.<\/p>\n<p>Tout cela n\u2019\u00e9tait-il pas un peu le r\u00e9sultat des efforts d\u2019Ozanam ? Il pouvait sans orgueil s\u2019en attribuer quelques m\u00e9rites. Mais ce qui lui fut surtout un grand sujet de joie fut de voir par lui-m\u00eame l\u2019accroissement de la Soci\u00e9t\u00e9 de Saint- Vincent-de-Paul. Il assista, le deuxi\u00e8me dimanche de P\u00e2ques, \u00e0 une r\u00e9union g\u00e9n\u00e9rale qui comptait plus de six cents membres, \u00abJ\u2019y ai coudoy\u00e9, \u00e9crit- il \u00e0 M. Velay, \u00e0 son retour \u00e0 Lyon, un pair de France, un d\u00e9put\u00e9, un conseiller d\u2019Etat, plusieurs g\u00e9n\u00e9raux, des \u00e9crivains distingu\u00e9s. J y ai compt\u00e9 vingt-cinq \u00e9l\u00e8ves de l\u2019Ecole normale, sur soixante- quinze qu\u2019elle contient, dix de l\u2019\u00c9cole polytech\u00adnique, un ou deux de l\u2019\u00c9cole d\u2019\u00e9tat-major. \u00bb Dans plus de quinze villes de France des Conf\u00e9\u00adrences \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 florissantes et la m\u00eame ann\u00e9e ce nombre devait plus que doubler.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats \u00e9taient son \u0153uvre personnelle et c\u2019est en sa qualit\u00e9 de fondateur incontest\u00e9 qu\u2019il pouvait \u00e9crire : \u00ab Nous voici pr\u00e8s de deux mille jeunes gens engag\u00e9s dans cette paisible croisade de la charit\u00e9 catholique. \u00bb<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9tranger, Ozanam trouvait d\u2019autres raisons fie confiance : c\u2019\u00e9tait la r\u00e9sistance catholique en Irlande, en Espagne et en Allemagne ; la presse avec le Cattolico de Madrid, la Revue de Dublin, le Journal des sciences religieuses de Rome, le Catholic Miscellang de Charleston, le Courrier de Franconie. Les actes r\u00e9cents du Saint-Si\u00e8ge, les allocutions contre la Prusse et la Russie, les bulles pour la suppression de la Traite, les en\u00adcouragements donn\u00e9s \u00e0 toutes les nouvelles fondations de l\u2019\u00c9glise \u00e9taient pour lui les indices certains d\u2019une transition bienfaisante \u00ab L\u2019\u00e9poque qui finit, \u00e9crivait-il, c\u2019est celle de la Renaissance, celle du protestantisme pour le dogme, de l\u2019ab\u00adsolutisme pour la politique, du paganisme pour les lettres et les sciences. Chez nous, c\u2019est l\u2019\u00e9cole de Louis XIV, celle du xvm<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, celle de la Gironde, celle de l\u2019Empire et de la Restauration, qui, assur\u00e9ment diverses et incompatibles dans leurs intentions et leurs moyens, eurent cepen\u00addant ce vice originel commun, de pr\u00e9tendre remonter brusquement \u00e0 l\u2019antiquit\u00e9 et de renier le moyen \u00e2ge. Nous entrons dans une p\u00e9riode dont nul ne peut pr\u00e9voir les vicissitudes, mais dont il est impossible de m\u00e9conna\u00eetre l\u2019av\u00e8ne\u00adment. \u00bb<\/p>\n<p>A c\u00f4t\u00e9 de toutes les satisfactions morales que son voyage \u00e0 Paris procura \u00e0 Ozanam, une sur\u00adprise plus personnelle l\u2019attendait.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait all\u00e9 voir M. Cousin, qui dans toutes circonstances lui avait montr\u00e9 la plus grande bienveillance. Il en re\u00e7ut l\u2019accueille plus cordial; et, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre inform\u00e9 de ses projets, le ministre lui proposa la suppl\u00e9ance du cours de M. Quinet. II mettait toutefois \u00e0 cette faveur une condition formelle. Cousin venait de cr\u00e9er un nouveau con\u00adcours, l\u2019agr\u00e9gation, auquel tous les candidats aux professorats dans l\u2019Universit\u00e9 devaient se sou\u00admettre. Il y tenait \u00ab avec une affection d\u2019auteur\u00bb, et demanda \u00e0 Ozanam de concourir au mois de septembre suivant. Celui-ci n\u2019h\u00e9sita pas un in\u00adstant \u00e0 accepter cette condition, qui lui paraissait bien un peu dure, mais qui lui permettait d\u2019acqu\u00e9\u00adrir une chaire que tous ses go\u00fbts lui faisaient d\u00e9sirer.<\/p>\n<p>Mais h\u00e9las ! il fallait sacrifier des projets de vacances amoureusement combin\u00e9s : la Suisse, Fribourg, Berne, Einsiedeln, le Tyrol, le nord de l\u2019Italie, Venise, Padoue, V\u00e9rone, Milan. Au lieu de voyager il devait, sans perdre de temps, se consacrera la pr\u00e9paration ardue d\u2019un concours. S\u2019il se plaint, ce n\u2019est point de l\u2019abondance des programmes, mais du peu de temps qu\u2019il a devant lui.<\/p>\n<p>\u00ab Il faut passer en courant par toutes ces ad\u00admirables choses ; il faut cueillir d\u2019une main h\u00e2tive, au risque de les fl\u00e9trir et de les d\u00e9shonorer, tant de beaut\u00e9s po\u00e9tiques ; il faut en faire, au lieu d\u2019une couronne, un lourd paquet. \u00bb<\/p>\n<p>Ozanam passa ces mois d\u2019\u00e9t\u00e9 dans une retraite absolue, travaillant avec acharnement et r\u00e9su\u00admant ainsi une partie de ses \u00e9tudes ant\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Il voyait dans ces nouveaux projets, dans ces nouvelles circonstances, l\u2019indication de sa desti\u00adn\u00e9e. Le succ\u00e8s, s\u2019il devait arriver, allait lui indi\u00adquer le chemin \u00e0 suivre. Du reste, par un premier essai il avait pu se rendre compte que l\u2019enseigne\u00adment \u00e9tait son fait et qu\u2019il devait y r\u00e9ussir.<\/p>\n<p>Et, de plus, Paris l\u2019attirait : il sentait que l\u00e0 surtout il pourrait d\u00e9fendre avec succ\u00e8s la grande cause \u00e0 laquelle il avait vou\u00e9 sa vie enti\u00e8re. M. Amp\u00e8re, conseiller toujours \u00e9cout\u00e9, le poussait vivement dans cette voie.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 ce moment il recevait une lettre du P\u00e8re Lacordaire, qui le replongeait dans ses h\u00e9sitations. De Rome,&rsquo; il \u00e9crivait \u00e0 Ozanam une description enthousiaste de la vie au no\u00adviciat; il comptait sur lui pour venir grossir la phalange des jeunes gens qu\u2019il enr\u00f4lait. N\u2019\u00e9tait- ce pas le doigt de Dieu qui, une fois de plus, marquait le chemin ? Ces nouvelles h\u00e9sitations ne furent heureusement pas de longue dur\u00e9e. L\u2019abb\u00e9 Noirot, en cette circonstance, avait \u00e9t\u00e9 encore son confident et son conseiller. Avec ce jugement droit et sain qui le caract\u00e9risait, il avait bien vite vu clair dans le c\u0153ur d\u2019Ozanam ; bien souvent d\u00e9j\u00e0, il lui avait conseill\u00e9 le mariage, comprenant qu&rsquo;\u00e0 ses besoins d\u2019encouragement et de tendresse la vie religieuse nepous&rsquo;ait r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>Dans son esprit il avait m\u00eame d\u00e9j\u00e0 pens\u00e9 \u00e0 la fille du recteur de l\u2019Acad\u00e9mie de Lyon, M. Sou- lacroix, et il avait su habilement m\u00e9nager certaine entrevue.<\/p>\n<p>Au mois de septembre, Ozanam partit pour Paris afin d\u2019affronter le concours de l&rsquo;agr\u00e9gation. Le r\u00e9sultat fut d\u00e9pass\u00e9 qu\u2019avaient pr\u00e9vu ses meilleurs amis : sur les sept candidats qui se pr\u00e9sent\u00e8rent, il fut re\u00e7u le premier. Comme il r\u00e9crivait quelque temps apr\u00e8s \u00e0 un des siens, cet examen l\u2019avait profond\u00e9ment effray\u00e9 : il \u00e9tait convaincu que sa candidature \u00e0 la suppl\u00e9ance de la chaire de Quinet devait dans l\u2019esprit de ses examinateurs lui enlever toute indulgence.<\/p>\n<p>La dissertation latine porta sur les causes qui arr\u00eat\u00e8rent le d\u00e9veloppement de la trag\u00e9die chez les Romains. Il savait la question ; mais, nullement habitu\u00e9 \u00e0 composer rapidement, les huit heures donn\u00e9es aux candidats ne lui suffirent pas. Il dut laisser une partie de son travail sans r\u00e9dac\u00adtion d\u00e9finitive. Toute sa vie il devait garder cette lenteur et cette difficult\u00e9 dans la composition. Sa science \u00e9tait s\u00fbre, son imagination vive, et n\u00e9an\u00admoins le manque de confiance absolu en lui, je ne sais quelle incertitude lui rendait la mise en \u0153uvre longue et p\u00e9nible. Le lendemain, la dis\u00adsertation portait sur la valeur historique des Orai\u00adsons fun\u00e8bres de Bossuet : m\u00eame difficult\u00e9 et m\u00eame retard. Il songeait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 se retirer du concours quand d\u2019encourageantes indiscr\u00e9tions lui rendi\u00adrent quelque espoir. Venaient ensuite trois argu\u00admentations sur des textes grecs, latins et fran\u00e7ais, donn\u00e9s vingt-quatre heures d\u2019avance. Il s\u2019en tira brillamment, et se f\u00e9licita lui &#8211; m\u00eame de n\u2019avoir pas d\u00e9plu au jury par certaines \u00ab saillies de catholicisme \u00bb ; un parall\u00e8le de Montesquieu publiciste et de saint Thomas d\u2019Aquin, une apo\u00adlogie enthousiaste de saint Fran\u00e7ois de Sales ; une digression int\u00e9ressante sur l&rsquo;influence de l\u2019esprit jans\u00e9niste sur la po\u00e9sie au temps de Louis XIV, anim\u00e8rent le d\u00e9bat. Un sujet de litt\u00e9\u00adrature ancienne, les scoliastes grecs et latins, donn\u00e9 pour sa derni\u00e8re le\u00e7on, le jeta dans un profond d\u00e9couragement. \u00ab Je me croyais perdu, \u00e9crivit- il plus tard&#8230; J\u2019arrivai, plus mort que vif, au moment de prendre la parole. Le d\u00e9sespoir de moi-m\u00eame me fit faire un acte d\u2019esp\u00e9rance en Dieu, tel que jamais je n\u2019en formai de plus vif, et jamais non plus je ne m\u2019en trouvai mieux. \u00bb&gt; Bref, il parla sur les scoliastes pendant sept quarts d\u2019heure avec une assurance qui l\u2019\u00e9tonna lui-m\u00eame. Son nom sortit le premier au scrutin final, et il y pouvait \u00e0 peine croire. Se rendant compte de sa difficult\u00e9 pour la composition et l\u2019improvi\u00adsation, il qualifiait le verdict de ses examinateurs de \u00abmensonge bizarre\u00bb.<\/p>\n<p>Il ne songea pas un moment \u00e0 s\u2019enorgueillir d&rsquo;un semblable succ\u00e8s ; mais plus ce succ\u00e8s lui parut \u00e9tonnant, plus il voulut y voir le doigt de Dieu et l\u2019indication d\u00e9finitive de sa vocation. Le grand tourment de sa jeunesse, l\u2019incertitude allait dispara\u00eetre de son c\u0153ur ; il voyait clair devant lui : \u00ab Je vais marcher d\u2019un pas encore bien trem\u00adblant, mais pourtant plus calme, dans la carri\u00e8re nouvelle ouverte devant moi par ce singulier \u00e9v\u00e9nement. \u00bb<\/p>\n<p>Le rapport que le doyen de la Facult\u00e9 des lettres adressa au ministre sur le concours d\u2019agr\u00e9\u00adgation fait preuve de l\u2019impression qu\u2019avaient pro\u00adduite les compositions d\u2019Ozanam. Il y est fait une mention sp\u00e9ciale de ses connaissances des litt\u00e9ratures \u00e9trang\u00e8res. M. Cousin dut \u00eatre satis\u00adfait des r\u00e9sultats de ce premier concours.<\/p>\n<p>A dater de ce jour, l\u2019avenir d\u2019Ozanam \u00e9tait fix\u00e9. Il fut aussit\u00f4t choisi pour suppl\u00e9er \u00e0 la Sorbonne M. Fauriel dans la chaire de litt\u00e9rature \u00e9trang\u00e8re. La position \u00e9tait financi\u00e8rement assez pr\u00e9caire ; mais il n\u2019h\u00e9sita pas \u00e0 l\u2019accepter.<\/p>\n<p>A la rentr\u00e9e des Facult\u00e9s, Ozanam fut charg\u00e9 de faire un cours sur la litt\u00e9rature allemande au moyen \u00e2ge, en commen\u00e7ant par les Nicbelungen et le Livre des h\u00e9ros. Ses scrupules de professeur novice le pouss\u00e8rent \u00e0 entreprendre un rapide voyage sur les bords du Rhin&rsquo;et \u00e0 visiter le th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 s\u2019\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9e toute cette po\u00e9sie barbare et germanique dont il devait entretenir son audi\u00adtoire. Ce voyage, loin d\u2019\u00eatre un repos, fut consi\u00add\u00e9r\u00e9 par lui comme un cas de &lt;( conscience litt\u00e9\u00adraire \u00bb. Il partit plein de tristesse de ne pas retourner directement \u00e0 Lyon, et dans un de ces moments o\u00f9, d\u2019apr\u00e8s lui-m\u00eame, le \u00abbesoin d\u2019\u00e9pan- chement \u00bb d\u00e9bordait de son coeur.<\/p>\n<p>Ce fut une excursion rapide o\u00f9, \u00ab si l\u2019on voit de moins pr\u00e8s, on voit de plus haut \u00bb, o\u00f9 \u00ab si l\u2019instruction est moins r\u00e9elle, l\u2019impression est plus forte \u00bb. En quatre jours il visita la Belgique, Bruxelles, Anvers, Ostende, Gand, Li\u00e8ge, \u00ab on se croirait transport\u00e9 dans l\u2019empire de Lilliput&#8230; Contrefa\u00e7on partout, dans les m\u0153urs, dans le costume, dans 1 architecture, jusque, dans la lan\u00adgue&#8230; Les productions litt\u00e9raires du cru se dis\u00adtinguent par un go\u00fbt de terroir : en toutes choses r\u00e8gne une certaine gaucherie qui accompagne toujours l\u2019imitation quand elle n\u2019est pas s\u00fbre d&rsquo;elle-m\u00eame. \u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cette boutade, il reconna\u00eet bien vite ce qu\u2019il y a d&rsquo;excellent dans les institutions et le caract\u00e8re belges. La Belgique n\u2019\u00e9tait-elle pas alors un mod\u00e8le \u00e0 suivre ? Le mouvement \u00e9piscopal avait secou\u00e9 l\u2019indiff\u00e9rence et form\u00e9 un parti catholique, compact et d\u00e9cid\u00e9. \u00ab Nulle part, \u00e9crit Ozanam en parlant de l\u2019Universit\u00e9 de Lou- vain, je n\u2019ai vu aimer si franchement ces trois choses : l\u2019orthodoxie, la libert\u00e9 et les lumi\u00e8res. \u00bb Apr\u00e8s quelques heures pass\u00e9es \u00e0 Aix-la-Chapelle, Ozanam s\u2019arr\u00eata plus longtemps \u00e0 Cologne, \u00ab cette Rome du Rhin \u00bb, qui lui laissa une grande impression. Il en visita longuement les monu\u00adments et les \u00e9glises, constatant une fois de plus le besoin d\u2019une restauration de l\u2019art chr\u00e9tien. Il d\u00e9plore dans ses lettres les inintelligentes r\u00e9para\u00adtions, les embellissements injurieux, alors tr\u00e8s en honneur, montrant en cela un sens profond\u00e9\u00adment artiste, bien rare \u00e0 son \u00e9poque.<\/p>\n<p>C\u2019est avec joie qu\u2019il rappelle qu\u2019une partie de ces merveilles sont dues \u00e0 des Germains du hui\u00adti\u00e8me au onzi\u00e8me si\u00e8cle, que deux cent cinquante ans de christianisme avaient initi\u00e9s aux plus d\u00e9li\u00adcats comme aux plus sublimes myst\u00e8res del\u00e0 v\u00e9ri\u00adtable beaut\u00e9. Dans tout ce qu\u2019il \u00e9crit alors sur le g\u00e9nie allemand et sur l\u2019Allemagne des premiers si\u00e8cles et du moyen \u00e2ge, on devine d\u00e9j\u00e0 le futur auteur des Etudes germaniques.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019il entreprenait seul un voyage \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>N\u2019\u00e9tait-il pas ainsi dans les circonstances les plus favorables pour recueillir, dans le peu de temps qu\u2019il avait devant lui, le plus de sensations possible?Il s\u2019en f\u00e9licite; mais \u00e0 d\u2019autres moments son excursion lui semble une folie, \u00ab une t\u00e9m\u00e9\u00adrit\u00e9 de feuilletoniste \u00bb, ou encore \u00ab une satisfac\u00adtion mesquine donn\u00e9e \u00e0 ses scrupules : n\u2019est-ce pas uniquement pour pouvoir dire \u00e0 ses audi\u00adteurs : Messieurs, j&rsquo;ai vu ? Absolument comme, quand j\u2019\u00e9tais petit, je trempais le bout des doigts dans l\u2019eau afin de pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 maman sans mentir : Je me suis lav\u00e9. \u00bb Dans les plus petits d\u00e9tails nous retrouvons toujours ce fond de nature, ce manque de confiance qui ne devait jamais le quitter, et qui, malgr\u00e9 la paix de son \u00e0me, le calme de sa conscience, en devait faire un inquiet. C\u2019est ce m\u00e9lange constant de paix et d\u2019inqui\u00e9tude qui donne \u00e0 son caract\u00e8re sa plus grande originalit\u00e9.<\/p>\n<p>Au retour de ce voyage si court, eut lieu pour Ozanam la cons\u00e9cration d\u00e9finitive de la vie qui s\u2019ouvrait devant lui. Il demanda la main de M<sup>,le<\/sup> Soulacroix, la fille du doyen de la Facult\u00e9 de Lyon, et fut tout de suite agr\u00e9\u00e9 par les parents.<\/p>\n<p>M. Soulacroix avait depuis longtemps suivi avec int\u00e9r\u00eat les succ\u00e8s croissants du jeune homme ; il l\u2019admirait et l\u2019estimait, et ce fut avec joie qu\u2019il re\u00e7ut la demande d\u2019Ozanam.<\/p>\n<p>Pour ces quelques mois les lettres nous man\u00adquent ; l\u2019\u00e9diteur n\u2019a pas jug\u00e9 \u00e0 propos de soule\u00adver le voile de cette p\u00e9riode intime de sa corres\u00adpondance ; il crut avec justesse qu\u2019il fallait r\u00e9ser\u00adver toute la part des sentiments que la publicit\u00e9 pourrait profaner. Mais on peut supposer l\u2019i\u00advresse qui dut s\u2019emparer de ce jeune homme tout c\u0153ur et tout amour, et que les passions n\u2019avaient pas encore effleur\u00e9.<\/p>\n<p>Une grave question allait compliquer et assom\u00adbrir un instant l\u2019horizon \u00e9clairci d\u2019Ozanam. Villemain avait succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Cousin au minist\u00e8re de l\u2019Instruction publique. Il venait d\u2019apprendre la nouvelle des fian\u00e7ailles du jeune homme avec la fille de son ami M. Soulacroix, et, croyant rem\u00adplir les v\u0153ux de tous, il lui offrit la chaire de lit\u00adt\u00e9rature \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la Facult\u00e9 de Lyon, devenue vacante par la nomination de M. Quinet au Col- l\u00e8aede France. L\u2019offre \u00e9tait tentante. Cette chaire r\u00e9unie \u00e0 celle du droit assurait \u00e0 son possesseur un traitement de plus de quinze mille francs. Allait-il renoncer \u00e0 ce qu\u2019il croyait \u00eatre sa vraie vocation, \u00e0 servir \u00e0 Paris m\u00eame la cause de la philosophie chr\u00e9tienne pour rester au milieu des siens, ou demander \u00e0 celle qui devait \u00eatre bient\u00f4t sa femme de quitter Lyon, ses parents, pour me\u00adner une vie bien plus modeste que celle qu\u2019elle trouvait pour ainsi dire toute pr\u00e9par\u00e9e pr\u00e8s des siens ? M. Soulacroix fut naturellement favorable \u00e0 la nouvelle combinaison ; mais Ozanam mit tout son c\u0153ur \u00e0 plaider sa cause ; il se sentait attir\u00e9 vers cette chaire de la Sorbonne, qui lui \u00e9tait promise, vers la vie de Paris qui lui offrait un th\u00e9\u00e2tre plus vaste pour accomplir ses plus beaux r\u00eaves. Il d\u00e9cida d\u2019en r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 sa fianc\u00e9e elle &#8211; m\u00eame, qui avec courage et r\u00e9signation n\u2019h\u00e9sita pas un moment \u00e0 faire le sacrifice de ses pr\u00e9f\u00e9rences pour aider son futur \u00e9poux dans ce qu\u2019il croyait \u00eatre sa mission ici-bas.<\/p>\n<p>Le mariage ne devait se faire qu\u2019au mois de juin suivant, car l\u2019ouverture des cours rappelait imm\u00e9diatement Ozanam \u00e0 Paris.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre II: La vocation \u00ab Le moment de se choisir une destin\u00e9e est un moment solennel, et tout ce qui est solennel est triste. \u00bb Ce terme auquel il pensait avec terreur depuis longtemps, \u00e9tait &#8230; <a href=\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/\" class=\"more-link\">Read More<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":132766,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-106946","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-frederic-ozanam"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.3 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 2) - Nous Sommes Vincentiens<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 2) - Nous Sommes Vincentiens\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Chapitre II: La vocation \u00ab Le moment de se choisir une destin\u00e9e est un moment solennel, et tout ce qui est solennel est triste. \u00bb Ce terme auquel il pensait avec terreur depuis longtemps, \u00e9tait ... Read More\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Nous Sommes Vincentiens\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/WeAreVincentians\/\" \/>\n<meta property=\"article:author\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/JavierChento\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2014-12-10T12:49:53+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@https:\/\/twitter.com\/javierchento\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@WeVincentians\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"39 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/\",\"url\":\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/\",\"name\":\"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 2) - Nous Sommes Vincentiens\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"\",\"datePublished\":\"2014-12-10T12:49:53+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/9623ef4d9aa3b2dfb8c061f1499288f2\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/#primaryimage\",\"url\":\"\",\"contentUrl\":\"\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Portada\",\"item\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 2)\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/\",\"name\":\"Nous Sommes Vincentiens\",\"description\":\"Know more to serve more\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/9623ef4d9aa3b2dfb8c061f1499288f2\",\"name\":\"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/497d5cde87b4c3d097d0315953521681ba2cd523ee66e5077c3711f7021e65de?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/497d5cde87b4c3d097d0315953521681ba2cd523ee66e5077c3711f7021e65de?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento\"},\"description\":\"Director General y cofundador de La Red de Formaci\u00f3n Vicenciana. Javier es laico vicenciano, afiliado a la Congregaci\u00f3n de la Misi\u00f3n y miembro del Equipo de Misiones Populares de la provincia can\u00f3nica de Zaragoza (Espa\u00f1a) de la Congregaci\u00f3n de la Misi\u00f3n. Graduado en la Universidad Oberta de Catalunya con cuatro grados (Asistente de direcci\u00f3n, Gesti\u00f3n Administrativa, Recursos Humanos y Contabilidad Avanzada). Bil\u00edng\u00fce Espa\u00f1ol\/Ingl\u00e9s. gestiona y mantiene varias p\u00e1ginas web cristianas y vicencianas, incluida including La Red de Formaci\u00f3n Vicenciana, de la que es cofundador. Actualmente es responsable del \u00e1rea de Espa\u00f1ol de .famvin, la Red de Noticias de la Familia Vicenciana. Tambi\u00e9n es m\u00fasico cat\u00f3lico y ha editado varios discos. Es Director General y cofundador de Trovador, una reconocida compa\u00f1\u00eda discogr\u00e1fica critiana de Espa\u00f1a. Trabaja en las Tecnolog\u00edas de la Informaci\u00f3n, ofreciendo servicios de alojamiento, dise\u00f1o y mantenimiento Web, as\u00ed como asesoramiento, formaci\u00f3n y soluciones inform\u00e1ticas, gesti\u00f3n documental y digitalizaci\u00f3n de textos, edici\u00f3n y maquetaci\u00f3n de libros, revistas, flyers, etc.\",\"sameAs\":[\"http:\/\/chento.org\",\"https:\/\/www.facebook.com\/JavierChento\",\"https:\/\/x.com\/https:\/\/twitter.com\/javierchento\"],\"url\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/author\/chento\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 2) - Nous Sommes Vincentiens","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 2) - Nous Sommes Vincentiens","og_description":"Chapitre II: La vocation \u00ab Le moment de se choisir une destin\u00e9e est un moment solennel, et tout ce qui est solennel est triste. \u00bb Ce terme auquel il pensait avec terreur depuis longtemps, \u00e9tait ... Read More","og_url":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/","og_site_name":"Nous Sommes Vincentiens","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/WeAreVincentians\/","article_author":"https:\/\/www.facebook.com\/JavierChento","article_published_time":"2014-12-10T12:49:53+00:00","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","twitter_card":"summary_large_image","twitter_creator":"@https:\/\/twitter.com\/javierchento","twitter_site":"@WeVincentians","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"39 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/","url":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/","name":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 2) - Nous Sommes Vincentiens","isPartOf":{"@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/#primaryimage"},"image":{"@id":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"","datePublished":"2014-12-10T12:49:53+00:00","author":{"@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/9623ef4d9aa3b2dfb8c061f1499288f2"},"breadcrumb":{"@id":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/#primaryimage","url":"","contentUrl":""},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-2\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Portada","item":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 2)"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/","name":"Nous Sommes Vincentiens","description":"Know more to serve more","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/9623ef4d9aa3b2dfb8c061f1499288f2","name":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/497d5cde87b4c3d097d0315953521681ba2cd523ee66e5077c3711f7021e65de?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/497d5cde87b4c3d097d0315953521681ba2cd523ee66e5077c3711f7021e65de?s=96&d=mm&r=g","caption":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento"},"description":"Director General y cofundador de La Red de Formaci\u00f3n Vicenciana. Javier es laico vicenciano, afiliado a la Congregaci\u00f3n de la Misi\u00f3n y miembro del Equipo de Misiones Populares de la provincia can\u00f3nica de Zaragoza (Espa\u00f1a) de la Congregaci\u00f3n de la Misi\u00f3n. Graduado en la Universidad Oberta de Catalunya con cuatro grados (Asistente de direcci\u00f3n, Gesti\u00f3n Administrativa, Recursos Humanos y Contabilidad Avanzada). Bil\u00edng\u00fce Espa\u00f1ol\/Ingl\u00e9s. gestiona y mantiene varias p\u00e1ginas web cristianas y vicencianas, incluida including La Red de Formaci\u00f3n Vicenciana, de la que es cofundador. Actualmente es responsable del \u00e1rea de Espa\u00f1ol de .famvin, la Red de Noticias de la Familia Vicenciana. Tambi\u00e9n es m\u00fasico cat\u00f3lico y ha editado varios discos. Es Director General y cofundador de Trovador, una reconocida compa\u00f1\u00eda discogr\u00e1fica critiana de Espa\u00f1a. Trabaja en las Tecnolog\u00edas de la Informaci\u00f3n, ofreciendo servicios de alojamiento, dise\u00f1o y mantenimiento Web, as\u00ed como asesoramiento, formaci\u00f3n y soluciones inform\u00e1ticas, gesti\u00f3n documental y digitalizaci\u00f3n de textos, edici\u00f3n y maquetaci\u00f3n de libros, revistas, flyers, etc.","sameAs":["http:\/\/chento.org","https:\/\/www.facebook.com\/JavierChento","https:\/\/x.com\/https:\/\/twitter.com\/javierchento"],"url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/author\/chento\/"}]}},"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p7ETMP-rOW","jetpack-related-posts":[{"id":98069,"url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/ozanam-et-assise-genese-dun-regard-romantique-sur-le-moyen-age\/","url_meta":{"origin":106946,"position":0},"title":"Ozanam et Assise. Gen\u00e8se d\u2019un regard romantique sur le Moyen Age","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"08\/10\/2013","format":false,"excerpt":"\u00a0\u00ab ITALIE. Doit se voir imm\u00e9diatement apr\u00e8s le mariage. \u2013 Donne bien des d\u00e9ceptions, n\u2019est pas si belle qu\u2019on dit . \u00bb Bien des bourgeois du XIXe si\u00e8cle fran\u00e7ais n\u2019ont pas fait mentir Flaubert o\u00f9 l\u2019on aura reconnu un des lieux communs qu\u2019il se pla\u00eet \u00e0 r\u00e9unir dans son Dictionnaire\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam&quot;","block_context":{"text":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam","link":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/frederic-ozanam\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentiens.org\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/ozanam-240x300.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":106943,"url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-1\/","url_meta":{"origin":106946,"position":1},"title":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 1)","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"09\/12\/2014","format":false,"excerpt":"Chapitre I: La jeunesse C\u2019est \u00e0 Milan, dans la petite rue San Pielro a l'Orto, que Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam naquit le 13 avril 1813. Son p\u00e8re, Antoine, enr\u00f4l\u00e9 en 1793 dans les arm\u00e9es r\u00e9volutionnaires, avait pris une part bril\u00adlante aux combats des arm\u00e9es d\u2019Italie. Les guer\u00adres de la R\u00e9publique termin\u00e9es, il\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam&quot;","block_context":{"text":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam","link":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/frederic-ozanam\/"},"img":{"alt_text":"Ozanam01","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentiens.org\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Ozanam01-254x300.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":104277,"url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lettre-0005-a-sa-mere\/","url_meta":{"origin":106946,"position":2},"title":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, Lettre 0005. A sa M\u00e8re","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"19\/08\/2016","format":false,"excerpt":"1827. Ch\u00e8re maman, C'est encore cet \u00e9colier \u00e9tourdi, qui vient vous rompre la t\u00eate avec son latin. Prenez-vous-en \u00e0 votre indulgence; vous l'avez accoutum\u00e9 \u00e0 croire que tout ce qu'il fait pour vous peut vous \u00eatre agr\u00e9able. D'ailleurs, il vous paye de sa monnaie. C'est le seul pr\u00e9sent que sa\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Lettres de Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam&quot;","block_context":{"text":"Lettres de Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam","link":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/lettres-de-frederic-ozanam\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/cartas-federico-ozanam.jpg?fit=1200%2C630&ssl=1&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/cartas-federico-ozanam.jpg?fit=1200%2C630&ssl=1&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/cartas-federico-ozanam.jpg?fit=1200%2C630&ssl=1&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/cartas-federico-ozanam.jpg?fit=1200%2C630&ssl=1&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/cartas-federico-ozanam.jpg?fit=1200%2C630&ssl=1&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":104895,"url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-et-la-civilisation-de-lamour-i\/","url_meta":{"origin":106946,"position":3},"title":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam et la civilisation de l\u2019amour (I)","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"06\/12\/2012","format":false,"excerpt":"Pr\u00e9face Ne sommes-nous pas, comme des chr\u00e9tiens des pre\u00admiers temps, jet\u00e9s au milieu d'une civilisation corrompue et d'une soci\u00e9t\u00e9 croulante ?... faibles samaritains, profanes et gens de peu de foi que nous sommes, osons cependant aborder ce grand malade (lettre \u00e0 Curnier, 1835). Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam (1813-1853) est n\u00e9 dans une\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam&quot;","block_context":{"text":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam","link":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/frederic-ozanam\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentiens.org\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/Federico-Ozanam-5-205x300.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":107038,"url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/frederic-ozanam-lhomme-et-loeuvre-chapitre-3\/","url_meta":{"origin":106946,"position":4},"title":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (Chapitre 3)","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"11\/12\/2014","format":false,"excerpt":"Chapitre III: La Sorbonne Ozanam dut bient\u00f4t partir pour d\u00e9buter dans 'sa chaire de laSorbonne ; mais combien ce d\u00e9part \u00e9tait diff\u00e9rent des pr\u00e9c\u00e9dents ! \u00ab Que de choses \u00e0 vous dire ! \u00e9crit-il \u00e0 son ami Lallier ; et comme cette cruelle question de vocation, si longtemps incertaine, s\u2019est\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam&quot;","block_context":{"text":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam","link":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/frederic-ozanam\/"},"img":{"alt_text":"Ozanam01","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentiens.org\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/Ozanam01-254x300.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":105777,"url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-pensee-sociale-de-frederic-ozanam-ii\/","url_meta":{"origin":106946,"position":5},"title":"La Pens\u00e9e sociale de Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam (II)","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"17\/02\/2013","format":false,"excerpt":"Le comte Albert de Mun, dans le beau livre o\u00f9 il raconte sa propre vocation sociale, fait remarquer qu'Ozanam fut plus qu'un devancier : \u00abIl donna le signal de l'action populaire chr\u00e9tienne. \u00bb C'est l'honneur d'Ozanam d\u2019avoir bien vu quelle importance primordiale avait prise la ques\u00adtion du travail, \u00e0 un\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam&quot;","block_context":{"text":"Fr\u00e9d\u00e9ric Ozanam","link":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/frederic-ozanam\/"},"img":{"alt_text":"ozanam","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentiens.org\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/ozanam-240x300.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106946","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=106946"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106946\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=106946"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=106946"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=106946"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}