{"id":106813,"date":"2014-01-07T06:04:47","date_gmt":"2014-01-07T05:04:47","guid":{"rendered":"http:\/\/vincentiens.org\/?p=106813"},"modified":"2014-01-07T06:04:47","modified_gmt":"2014-01-07T05:04:47","slug":"saint-vincent-de-paul-ou-le-realisme-de-la-charite-3-de-la-cure-de-clichy-au-palais-des-gondi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/saint-vincent-de-paul-ou-le-realisme-de-la-charite-3-de-la-cure-de-clichy-au-palais-des-gondi\/","title":{"rendered":"Saint Vincent de Paul ou le realisme de la charit\u00e9. 3. De la cure de Clichy au palais des Gondi"},"content":{"rendered":"<h2>De la cure de Clichy au palais des Gondi<\/h2>\n<p>Philippe-Emmanuel de Gondi, comte de Joigny, marquis des Iles d&rsquo;Or, Baron de Montmirail, g\u00e9n\u00e9ral des gal\u00e8res et lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du roi \u00e8s mers du Levant, \u00e9tait fils du mar\u00e9chal Albert de Gondi et neveu du Cardinal Pierre de Gondi, \u00e9v\u00eaque de Paris de 1568 \u00e0 1616 ; fr\u00e8re d&rsquo;Henri et de Jean-Fran\u00e7ois de Gondi qui, l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre, succ\u00e8deront \u00e0 leur oncle Pierre sur le si\u00e8ge \u00e9piscopal de Paris qui devient, en 1626, archev\u00each\u00e9. Originaire de Florence, comme celle de Catherine et Marie de M\u00e9dicis, reines de France, la famille de Gondi tenait dans le royaume une des premi\u00e8res places. Son cr\u00e9dit survivra \u00e0 celui des Concini qu&rsquo;il avait, d&rsquo;ailleurs, devanc\u00e9.<\/p>\n<p>Ayant \u00e9pous\u00e9 la noble et vertueuse Fran\u00e7oise Mar\u00adguerite de Silly, Philippe-Emmanuel de Gondi en eut trois fils. Pierre (1602-1676), duc de Retz, Henri qui, destin\u00e9 \u00e0 relayer ses oncles \u00e0 l&rsquo;archev\u00each\u00e9 de Paris, meurt d&rsquo;un coup de pied de cheval, en 1622, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de dix ans et Jean-Fran\u00e7ois-Paul, n\u00e9 en 1613, qui deviendra le trop fameux Cardinal de Retz. C&rsquo;est pour diriger l&rsquo;\u00e9ducation de ces enfants, surtout de l&rsquo;a\u00een\u00e9 qui allait sur ses douze ans, que B\u00e9rulle deman\u00addait \u00e0 M. Vincent d&rsquo;entrer dans la maison de Gondi, rue Neuve-des-Petits-Champs. sur la paroisse Saint-Eustache. Cela ne devait pas, d&rsquo;ailleurs, l&#8217;emp\u00eacher de garder, par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;un vicaire, sa cure de Clichy. Pendant environ quatre ans, de 1613 \u00e0 1617, M. Vincent partage son temps entre la famille de Gondi o\u00f9, d\u00e8s 1614, Mme de Gondi l&rsquo;adopte pour confesseur et conseiller, et sa paroisse de Clichy dont il reb\u00e2tit l&rsquo;\u00e9glise et renouvelle le mobilier. Mais les Gondi ne vivent pas qu&rsquo;\u00e0 Paris. Ils emm\u00e8nent leur aum\u00f4nier-pr\u00e9cepteur dans leurs domaines de Ville-preux, de Joigny, de Folleville. Et c&rsquo;est l\u00e0 que M. Vincent d\u00e9couvre la mis\u00e8re, morale autant que mat\u00e9rielle, des paysans de France. \u00ab Le pauvre peuple des campagnes meurt de faim et se damne. \u00bb<\/p>\n<p>M. Bourdoise qu&rsquo;il rencontre \u00e0 l&rsquo;Oratoire lui a dit la grande piti\u00e9 des \u00e9glises rurales au lendemain des guerres de religion. Celles qui n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9trui\u00adtes,\u00ab n&rsquo;\u00e9taient plus couvertes que de chaume, ruin\u00e9es pour la plupart, sans livres, sans ornements et plu\u00adsieurs sans tabernacles. Le Fils de Dieu y \u00e9tait log\u00e9 en des ciboires de cuivre tout verdis et \u00e0 demi-pour\u00adris, les hosties quelquefois pleines de vers ou mang\u00e9es de souris \u00bb. Mais l&rsquo;\u00e9tat moral du clerg\u00e9 n&rsquo;est pas meil\u00adleur. Un chanoine lui \u00e9crira : \u00ab Dans notre dioc\u00e8se, le clerg\u00e9 est sans discipline ; le peuple sans crainte, et les pr\u00eatres sans d\u00e9votion et sans charit\u00e9 ; les chaires sans pr\u00e9dicateur, la science sans honneur, le vice sans ch\u00e2timent ; la vertu est pers\u00e9cut\u00e9e et l&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;Eglise ha\u00efe, m\u00e9pris\u00e9e, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat particulier est le bois ordinaire du sanctuaire. \u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 travers ses voyages en compagnie de Mme de Gondi qu&rsquo;il va prendre conscience de l&rsquo;\u00e9tendue de l&rsquo;ignorance et de l&rsquo;abandon dont souffre le peuple des campagnes. Le 20 juin 1616, il \u00e9crit au Vicaire g\u00e9n\u00e9\u00adral de Sens, Edme Maujean, pour lui demander pouvoir d&rsquo;absoudre les cas r\u00e9serv\u00e9s, car, dit-il \u00ab il se trouve quelquefois quelques bonnes personnes qui d\u00e9sirent faire confession g\u00e9n\u00e9rale et il s&rsquo;y rencontre bien souvent des cas r\u00e9serv\u00e9s \u00bb. (I, 20)<\/p>\n<p>Un jour de janvier 1617, accompagnant Mme de Gondi en son domaine de Folleville en Picardie, il r\u00e9alisa soudain sa vocation de missionnaire des cam\u00adpagnes. Un vieillard se mourait. \u00ab Il \u00e9tait en r\u00e9pu\u00adtation d&rsquo;\u00eatre le plus homme de bien, ou du moins un des plus hommes de bien du village. Il se trouva, n\u00e9anmoins, qu&rsquo;il \u00e9tait charg\u00e9 de p\u00e9ch\u00e9s qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais os\u00e9 d\u00e9clarer en confession, ainsi qu&rsquo;il le d\u00e9clara lui-m\u00eame tout haut peu apr\u00e8s en pr\u00e9sence de Mme de Gondi, lui disant : \u00ab Madame, j&rsquo;\u00e9tais damn\u00e9, si je n&rsquo;eusse fait une confession g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 raison des p\u00e9ch\u00e9s que je n&rsquo;avais os\u00e9 confesser \u00bb. (XII, 7.8)<\/p>\n<p>Tr\u00e8s impressionn\u00e9e, Mme de Gondi pria M. Vin\u00adcent de \u00ab faire une pr\u00e9dication en l&rsquo;Eglise de Folle-ville pour exhorter les habitants \u00e0 la confession g\u00e9n\u00e9\u00adrale \u00bb. C&rsquo;\u00e9tait le 25 janvier 1617, le sermon remua si bien la population que toutes ces bonnes gens vou\u00adlurent faire une confession g\u00e9n\u00e9rale. M. Vincent ne pouvant y suffire, Mme de Gondi envoya prier les j\u00e9suites d&rsquo;Amiens de venir \u00e0 son aide. Le Recteur vint lui-m\u00eame et envoya le R.P. Fourch\u00e9 qui aida \u00ab \u00e0 confesser, pr\u00eacher et cat\u00e9chiser \u00bb. Ensuite on passa<\/p>\n<p>aux autres villages qui appartenaient \u00e0 Madame en ces quartiers l\u00e0 \u00bb, on y pr\u00eacha, confessa, cat\u00e9chisa de m\u00eame. \u00ab Il y eu grand concours et Dieu donna partout la b\u00e9n\u00e9diction \u00bb. (XI, 4 et XII, 8)<\/p>\n<p>Tel fut le point de d\u00e9part de la Compagnie des pr\u00eatres de la Mission. M. Vincent n&rsquo;y avait encore jamais song\u00e9. Une fois con\u00e7ue la m\u00e9thode, restait \u00e0 la mettre en oeuvre dans la r\u00e9alit\u00e9 de chaque jour. C&rsquo;est \u00e0 quoi il s&#8217;emploie, soutenu par les encourage\u00adments et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de Mme de Gondi.<\/p>\n<p>Cependant, M. de B\u00e9rulle qui lui avait fait quitter au bout d&rsquo;un an, sa cure de Clichy pour le service des Gondi, lui propose, durant le car\u00eame de cette m\u00eame ann\u00e9e 1617, de prendre en charge la paroisse de Ch\u00e2tillon-les-Dombes, au pays de Bresse. L&rsquo;\u00e9tat de cette paroisse importante laissait beaucoup \u00e0 d\u00e9sirer Depuis quarante ans la cure \u00e9tait poss\u00e9d\u00e9e par des b\u00e9n\u00e9ficiers qui ne venaient \u00e0 Ch\u00e2tillon que pour en tirer le revenu. Les notables de la ville, MM. Beynier, Garron, Quichenon, Alix et autres \u00e9taient huguenots. Il y avait l\u00e0 six vieux pr\u00eatres soci\u00e9taires, qui \u00ab vivaient dans un grand libertinage, gardant chez eux des filles et des femmes au grand scandale de tout le monde \u00bb. Sur quoi on avait pri\u00e9 le P\u00e8re Bence, sup\u00e9\u00adrieur de l&rsquo;Oratoire r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Lyon, de trou\u00adver pour cette cure \u00ab quelque homme de bien, qui, ne recherchant ses int\u00e9r\u00eats propres, recherch\u00e2t pure\u00adment ceux de J\u00e9sus-Christ \u00bb. A son tour, M. Bence s&rsquo;adressait \u00e0 M. de B\u00e9rulle qui proposa tout cela \u00e0 M. Vincent et, finalement, \u00ab lui fit accepter cet em\u00adploi \u00bb.<\/p>\n<p>Sans diff\u00e9rer, Vincent de Paul se met en route pour Lyon o\u00f9 le P. M\u00e9tezeau lui donne une lettre de recommandation pour M. Beynier qui, tout hugue\u00adnot qu&rsquo;il f\u00fbt, \u00ab accueille et retient chez lui \u00e0 loger le nouveau cur\u00e9. \u00bb Devant l&rsquo;ampleur du travail, il s&rsquo;adjoint sans tarder un vicaire, Messire Louis Girard, pr\u00eatre particuli\u00e8rement estim\u00e9 \u00ab tant pour sa vertu que pour son savoir. \u00bb<\/p>\n<p>Install\u00e9s tous deux chez M. Beynier, au second \u00e9tage, chacun en sa chambre, ils y m\u00e8nent une vie de religieux. \u00ab On se levait \u00e0 cinq heures ; on y faisait demi-heure d&rsquo;oraison ; apr\u00e8s ils faisaient chacun leur chambre ; puis ils allaient \u00e0 l&rsquo;office, dire la Sainte Messe et, ensuite, continuaient la visite de la paroisse (&#8230;) t\u00e2chant de gagner un chacun ou par une cordialit\u00e9 extraordinaire, ou par l&rsquo;aum\u00f4ne. \u00bb (XIII, 49)<\/p>\n<p>Sans tapage, par le rayonnement d&rsquo;un exemple constant, \u00ab il pratiquait bien lui-m\u00eame ce qu&rsquo;il ensei\u00adgnait aux autres \u00bb, M. Vincent transforme peu \u00e0 peu sa paroisse. \u00ab Les dimanches et f\u00eates, il faisait avec M. Girard, vicaire, le pr\u00f4ne ou pr\u00e9dication le matin, et le cat\u00e9chisme l&rsquo;apr\u00e8s d\u00eener. Les principales f\u00eates, il faisait venir les j\u00e9suites pour pr\u00eacher et confesser. En administrant les sacrements il faisait souvent des ins\u00adtructions sur les c\u00e9r\u00e9monies. Il \u00e9tait fort assidu aux confessions, auxquelles il venait grand nombre des lieux circonvoisins, pour avoir demeur\u00e9 longues ann\u00e9es sans entendre sermons, cat\u00e9chismes et ne s&rsquo;\u00eatre appro\u00adch\u00e9s des sacrements \u00bb. D\u00e9tail suggestif , \u00ab il apprit \u00e0 parler bressan pour sa facilit\u00e9 en tous ses exercices \u00bb. (XIII, 50-51)<\/p>\n<p>A trois lieues de la future paroisse d&rsquo;Ars et deux si\u00e8cles \u00e0 l&rsquo;avance, M. Vincent accomplit par les m\u00eames moyens, le m\u00eame travail de conversion auquel Jean-Baptiste Vianney emploiera toute sa vie. A Ch\u00e2tillon il suffit de quelques mois pour que tout rentre dans l&rsquo;ordre. D&rsquo;abord, les eccl\u00e9siastiques, car, dira un jour M. Vincent. \u00ab l&rsquo;Eglise n&rsquo;a de pires ennemis que les pr\u00eatres. C&rsquo;est d&rsquo;eux que les h\u00e9r\u00e9sies sont venues, que le vice a r\u00e9gn\u00e9 et que l&rsquo;ignorance a \u00e9tabli son tr\u00f4ne parmi le pauvre peuple ; et cela par leur propre d\u00e9r\u00e8glement et faute de s&rsquo;opposer de toutes leurs for\u00adces, selon leurs obligations, \u00e0 ces trois torrents qui ont inond\u00e9 la terre. \u00bb (XII, 86)<\/p>\n<p>Ceux de Ch\u00e2tillon, qui \u00ab tenaient des filles sus\u00adpectes. fr\u00e9quentaient les cabarets et les jeux \u00bb, chas\u00ads\u00e8rent les filles, se rang\u00e8rent et se mirent \u00e0 vivre en commun de mani\u00e8re plus \u00e9difiante que devant. Les deux \u00e9glises fort mal entretenues furent r\u00e9par\u00e9es, les c\u00e9r\u00e9monies d\u00e9cemment accomplies. Mais, surtout, on vit se convertir, les uns apr\u00e8s les autres, les notables de la ville \u00e0 commencer par les huguenots, Jacques et Philibert Garron puis Ren\u00e9 et Jean qui tous d\u00e9pen\u00ads\u00e8rent leurs biens en oeuvres pies. Jacques se fit capucin et sa fille Ursuline. Son beau-frire M. Beynier, le premier h\u00f4te de Vincent \u00e0 Ch\u00e2tillon, se convertit, lui aussi, totalement. De sa fortune consid\u00e9rable il fit d&rsquo;abord, comme Zach\u00e9e, des restitutions, puis finan\u00e7a les r\u00e9parations aux \u00e9glises, s&rsquo;apauvrit par ses aum\u00f4nes, vivant dans le c\u00e9libat et s&rsquo;adonnant aux oeuvres de charit\u00e9.<\/p>\n<p>Le Seigneur du lieu, le comte de Rougemont, \u00ab grand homme, bien fait \u00bb, avait \u00e9t\u00e9 \u00ab un franc \u00e9claicilleur \u00bb. L\u00e0-dessus, M. Vincent se montre cat\u00e9go\u00adrique \u00ab Il me l&rsquo;a dit et il n&rsquo;est pas croyable combien il a battu, bless\u00e9 et tu\u00e9 de monde. Enfin, Dieu le toucha si efficacement qu&rsquo;il entra en lui-m\u00eame ; et connaissant l&rsquo;\u00e9tat malheureux o\u00f9 il \u00e9tait, il r\u00e9solut de changer de vie, comme il fit. \u00bb (XII, 231-233). Pour cela il s&rsquo;applique \u00e0 se d\u00e9tacher de tout ce qui pourrait faire, en lui, obstacle \u00e0 Dieu. \u00ab Quand je m&rsquo;aper\u00e7ois que quelque chose me d\u00e9tourne de mon souverain bien, je prie, je coupe, je tranche, je me fais quitte de ce lien, ce sont l\u00e0 mes exercices \u00bb. Restait son \u00e9p\u00e9e qui l&rsquo;avait si bien servi en tant d&rsquo;occasions. Il sent qu&rsquo;il y tient encore. Alors apercevant une grosse pierre, il descend de cheval, prend l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, la bat sur la pierre jusqu&rsquo;\u00e0 tant qu&rsquo;elle se rompe en pi\u00e8ces. D\u00e8s lors il ne tiendra plus qu&rsquo;\u00e0 Dieu seul.<\/p>\n<p>Il fallait assurer la pers\u00e9v\u00e9rence de tous ces con\u00advertis. Il fallait aussi organiser ces bonnes volont\u00e9s et leur fixer des buts pratiques. Un beau dimanche d&rsquo;ao\u00fbt, M. Vincent allait c\u00e9l\u00e9brer la messe parois\u00adsiale quand on vient lui dire l&rsquo;extr\u00eame d\u00e9tresse d&rsquo;une famille situ\u00e9e dans un \u00e9cart, \u00e0 un quart de lieue. Tous \u00e9taient malades, sans personne qui puisse assister les autres. Fort \u00e9mu le cur\u00e9 monte en chaire et commu\u00adnique sa compassion \u00e0 toute l&rsquo;assistance.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s V\u00eapres, tandis que M. Vincent escort\u00e9 d&rsquo;un bourgeois de la ville, s&rsquo;en va voir les malheureux, ils rencontrent toute une procession de bonnes person\u00adnes, les unes allant, les autres revenant, ou se repos sant, car il faisait grande chaleur, sur le bord du chemin. Alors il se dit : \u00ab Ne pourrait-on pas r\u00e9unir ces bonnes dames et les exhorter \u00e0 se donner \u00e0 Dieu pour servir les pauvres malades \u00bb (IX, 208.209 et 243-244)\u2022<\/p>\n<p>Ensuite de quoi, le 23 ao\u00fbt 1617, fut cr\u00e9\u00e9e la Cha\u00adrit\u00e9 de Ch\u00e2tillon-les-Dombes. Les autres, des milliers d&rsquo;autres suivront. Mais c&rsquo;est ici le d\u00e9part. (XIV, 125, n. 1).<\/p>\n<p>Toutes les fois que, dans ses entretiens soit avec les pr\u00eatres de la Mission, soit avec les filles de la Charit\u00e9, il \u00e9voque ces d\u00e9buts, M. Vincent leur r\u00e9p\u00e8te avec une curieuse insistance : \u00ab Je n&rsquo;y avais jamais pens\u00e9 \u00bb (IX, 208). C&rsquo;est qu&rsquo;il veut les convaincre que Dieu seul a tout fait, tout inspir\u00e9, tout men\u00e9. Il est vrai, \u00e9galement, qu&rsquo;au d\u00e9part, Vincent de Paul n&rsquo;a jamais envisag\u00e9 de rien fonder. D&rsquo;abord il ne r\u00eavait que de se faire une situation honorable et rentable. Depuis que son aventure en Barbarie, son s\u00e9jour \u00e0 Rome, ses premi\u00e8res rencontres \u00e0 Paris, chez la Reine Margot, puis chez M. de B\u00e9rulle, l&rsquo;ont orient\u00e9 vers une vie plus authentiquement chr\u00e9tienne il se montre pr\u00eatre r\u00e9gulier et z\u00e9l\u00e9 tant comme cur\u00e9 de Clichy que dans la maison des Gondi. Mais il n&rsquo;a jamais fait le projet d&rsquo;\u00eatre fondateur de quoi que ce soit. Il observe, il \u00e9tudie, il s&rsquo;adapte, il s&rsquo;efforce de trouver une solution aux probl\u00e8mes tels qu&rsquo;ils se posent, au jour le jour, \u00e0 son \u00e2me de plus en plus anxieuse de rem\u00e9dier \u00e0 tous les d\u00e9cor\u2022 dres qu&rsquo;il d\u00e9couvre dans le clerg\u00e9 comme dans le peuple des campagnes.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas, comme B\u00e9rulle, un contemplatif ni un sp\u00e9culatif. Avec toute sa bonne volont\u00e9 il s&rsquo;offre \u00e0 Dieu et s&rsquo;applique \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 ses appels au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;il les per\u00e7oit. Tel est le r\u00e9alisme de M. Vincent. Il se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 plein dans la cr\u00e9ation de cette premi\u00e8re Charit\u00e9 de Ch\u00e2tillon-les-Dombes.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord, comme \u00e0 Folleville, il n&rsquo;a song\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 faire revivre les \u00e2mes mortes par une pastorale vivante, la pr\u00e9dication, le cat\u00e9chisme, les sacrements non seu\u00adlement administr\u00e9s mais expliqu\u00e9s, c&rsquo;est-\u00e0-dire rendus sensibles et fructueux. Ici, comme l\u00e0 et \u00e0 Clichy, il travaille en \u00e9quipe soit avec un vicaire, soit avec des j\u00e9suites du voisinage. Ainsi s&rsquo;amorce la Congr\u00e9gation des pr\u00eatres de la Mission.<\/p>\n<p>Mais la fr\u00e9quentation de l&rsquo;\u00e9glise et des sacrements ne suffit pas \u00e0 la vie chr\u00e9tienne. La foi qui sauve c&rsquo;est celle qui agit et s&rsquo;\u00e9panouit en charit\u00e9, en amour effec\u00adtif des hommes et de Dieu. Par l\u00e0, il en vient \u00e0 <i>la Charit\u00e9.<\/i><\/p>\n<p>Si les r\u00e9alisations de M. Vincent ne r\u00e9sultent pas de projets ni de th\u00e9ories b\u00e2tis \u00e0 l&rsquo;avance, on retrouve en elles la trace \u00e9vidente de toutes les exp\u00e9riences, de toutes les observations, de toutes les r\u00e9flexions qui, de loin, les ont insensiblement pr\u00e9par\u00e9es. La pre\u00admi\u00e8re et la plus \u00e9clatante d\u00e9monstration de ce fait nous est fournie par les statuts de la <i>Confr\u00e9rie de la Charit\u00e9 <\/i>instaur\u00e9e \u00e0 Ch\u00e2tillon-les-Dombes. C&rsquo;est, d&rsquo;ail\u00adleurs, en date du 24 novembre 1617, le plus ancien document de cette importance que nous ayons de lui. Il s&rsquo;y r\u00e9v\u00e8le d\u00e9j\u00e0 tout entier.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord le prologue. Il nous semble une r\u00e9ponse aux angoisses qui, les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, l&rsquo;avaient, dit-on, douloureusement \u00e9prouv\u00e9 comme elles avaient, en sa jeunesse, tourment\u00e9 Fran\u00e7ois de Sales. Les con\u00adtroverses entre catholiques et protestants comme entre j\u00e9suites et dominicains sur le probl\u00e8me de la pr\u00e9\u00addestination, de la prescience de Dieu et de la libert\u00e9 de l&rsquo;homme cr\u00e9aient \u00e0 leur esprit d&rsquo;obs\u00e9dantes et insolubles difficult\u00e9s. On en trouve une trace \u00e9mou\u00advante et certaine dans la lettre m\u00eame o\u00f9 le jeune abb\u00e9 Depaul raconte \u00e0 M. de Comet ses aventures en Barbarie. Faisant allusion \u00e0 la recette pour gu\u00e9rir la gravelle qu&rsquo;il tenait du ma\u00eetre dont il \u00e9tait alors esclave, il regrette de n&rsquo;avoir pas pu l&rsquo;utiliser pour emp\u00eacher de mourir le fr\u00e8re du dit M. de Comet. L\u00e0-dessus, il greffe des r\u00e9flexions bien inattendues sur la prescience divine.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Ma croyance est ferme que, si j&rsquo;eusse su ce que je vous envoie, la mort n&rsquo;en aurait pas triomph\u00e9 (au moins par ce moyen), bien que l&rsquo;on dise que les jours de l&rsquo;homme sont compt\u00e9s devant Dieu. Il est vrai, mais ce n&rsquo;est point parce que Dieu avait compt\u00e9 ces jours \u00eatre en tel nombre, mais le nombre a \u00e9t\u00e9 compt\u00e9 devant Dieu, parce qu&rsquo;il est advenu ainsi ; ou, pour plus clairement dire, il n&rsquo;est point mort lorsqu&rsquo;il est mort pour ce que Dieu l&rsquo;avait ainsi pr\u00e9vu, mais il l&rsquo;avait pr\u00e9vu ainsi et le nombre de ses jours a \u00e9t\u00e9 connu \u00eatre tel qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 parce qu&rsquo;il est mort lorsqu&rsquo;il est mort. (I, 8).<\/p>\n<p>Si mal \u00ab empatouill\u00e9 \u00bb que soit ce morceau, il r\u00e9v\u00e8le une obs\u00e9dante pr\u00e9occupation de sauvegarder la libert\u00e9 de l&rsquo;homme nonobstant que Dieu aie tout pr\u00e9vu d&rsquo;avance.<\/p>\n<p>Or, on voit repara\u00eetre le m\u00eame souci dans ce pro. logue de la Charit\u00e9 de Ch\u00e2tillon. Il ne l&rsquo;avait pas quitt\u00e9. Mais il entrevoit la solution. Il y a un signe cer\u00adtain de pr\u00e9destination offert \u00e0 tous, c&rsquo;est celui que J\u00e9sus lui-m\u00eame indique dans son fameux tableau du Jugement dernier : \u00ab Venez les b\u00e9nis de mon P\u00e8re, j&rsquo;avais faim et vous m&rsquo;avez donn\u00e9 \u00e0 manger, etc&#8230; \u00bb c&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e que d\u00e9veloppent les premi\u00e8res phrases des statuts :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Comme ainsi soit que la charit\u00e9. envers le prochain soit la marque infaillible des vrais enfants de Dieu, et qu&rsquo;un des principaux actes d&rsquo;icelle soit de visiter et nourrir les pauvres malades, cela fait que quelques pieuses demoiselles et quelques vertueuses bourgeoises de la ville de Ch\u00e2tillon-les-Dombes, dioc\u00e8se de Lyon, d\u00e9sireuses d&rsquo;obtenir cette mis\u00e9ricorde de Dieu d&rsquo;\u00eatre de ses vraies filles, ont convenu par ensemble d&rsquo;assister spirituellement et corporellement ceux de la ville, les\u00adquels ont parfois beaucoup souffert, plut\u00f4t par faute d&rsquo;ordre \u00e0 les soulager que de personnes charitables.<\/p>\n<p>Pour que la charit\u00e9 soit vraie elle doit agir et agir efficacement. C&rsquo;est pourquoi il faut l&rsquo;organiser et assu\u00adrer sa pers\u00e9v\u00e9rance. L&rsquo;individualisme n&rsquo;y saurait r\u00e9us\u00adsir. Il faut donc une charit\u00e9 communautaire et orga\u00adnis\u00e9e. C&rsquo;est ce que rappelle le paragraphe suivant :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Mais, parce qu&rsquo;il est \u00e0 craindre qu&rsquo;ayant commenc\u00e9 ce bon oeuvre, il ne d\u00e9p\u00e9risse dans peu de temps, si, pour le maintenir, elles n&rsquo;ont quelque union et liaison spirituelle ensemble, elles se sont dispos\u00e9es \u00e0 se joindre en un corps qui puisse \u00eatre \u00e9rig\u00e9 en une confr\u00e9rie, avec les r\u00e8glements suivants, le tout n\u00e9anmoins sous le bon plaisir de Monseigneur l&rsquo;Archev\u00eaque, leur tr\u00e8s honor\u00e9 pr\u00e9lat auquel cet oeuvre est enti\u00e8rement soumis.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Ladite confr\u00e9rie s&rsquo;appellera la confr\u00e9rie de la Charit\u00e9&rsquo; \u00e0 l&rsquo;imitation de l&rsquo;h\u00f4pital de la<sup>&#8211;<\/sup> Charit\u00e9 de Rome ; et les personnes dont elle sera principalement compos\u00e9es, servantes des pauvres ou de la Charit\u00e9.<\/p>\n<p>Quant aux prescriptions qui suivent, leurs savou\u00adreuses pr\u00e9cisions d\u00e9montrent bien que M. Vincent n&rsquo;a, finalement, rien improvis\u00e9. Il y a depuis long\u00adtemps r\u00e9fl\u00e9chi. Jusque dans les moindres d\u00e9tails on retrouve les observations qu&rsquo;il a faites \u00e0 Rome en visitant les h\u00f4pitaux et en y voyant proc\u00e9der les disci\u00adples de saint Camille de Lellis dont il s&rsquo;est visible\u00adment inspir\u00e9. Il n&rsquo;a pas oubli\u00e9 non plus tout ce que lui ont appris ses fr\u00e9quentes visites dans le nouvel et splendide H\u00f4pital de la Charit\u00e9 de Paris. Tout cela lui sugg\u00e8re des recommandations concr\u00e8tes et savou\u00adreuses. D&rsquo;abord, il faut une hi\u00e9rachie. On \u00e9lit une prieure, puis une sous-prieure, une tr\u00e9sori\u00e8re et des assistantes.<\/p>\n<p>\u00ab La prieure recevra aux soins de la confr\u00e9rie les malades vraiment pauvres. \u00bb Vincent Depaul est trop gascon, je dirai trop clairvoyant et trop fin pour \u00eatre dupe des faux pauvres, des parasites de la charit\u00e9. Mais il y a des vraies pauvres. Pour ceux-l\u00e0, on n&rsquo;\u00e9par\u00adgnera rien.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Quand elle en aura re\u00e7u quelqu&rsquo;un, elle en avertira celle qui sera de jour de service, laquelle l&rsquo;ira voir incontinent ; et la premi\u00e8re chose qu&rsquo;elle fera sera de voir s&rsquo;il a besoin d&rsquo;une chemise blanche, afin que si ainsi est, elle lui en porte une de ladite.<\/p>\n<p>On n&rsquo;omettra pas de veiller \u00e0 leur \u00e2me. On les pr\u00e9pa\u00adrera \u00e0 bien se confesser, \u00e0 bien recevoir les sacrements, car l&rsquo;homme est corps et \u00e2me, et Vincent Depaul veut qu&rsquo;on s&rsquo;occupe de l&rsquo;un avec l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Mais voici pour le corps :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Chacune desdites servantes des pauvres appr\u00eatera leur manger et les servira un jour entier. La prieure commencera, la tr\u00e9sori\u00e8re la suivra, et puis l&rsquo;assistante, et ainsi l&rsquo;une apr\u00e8s l&rsquo;autre, selon l&rsquo;ordre de leur r\u00e9ception.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;oublie pas non plus les emp\u00eachements pos\u00adsibles :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Si quelqu&rsquo;une est emp\u00each\u00e9e pour quelque autre cause, elle fera en sorte qu&rsquo;une autre servira pour elle, en s&rsquo;en revanchant en pareil cas.<\/p>\n<p>Il faut \u00e9viter toute discussion, toute fantaisie. On s&rsquo;en tiendra donc \u00e0 l&rsquo;ordre de r\u00e9ception :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Celle qui sera de jour, ayant pris ce qu&rsquo;il faudra de la tr\u00e9sori\u00e8re pour la nourriture des pauvres en son jour, appr\u00eatera le d\u00eener, le portera aux malades, en les abordant les saluera vaiement et charitablement, accommodera la tablette sur le lit, mettra une serviette dessus, une gondole et une cuill\u00e8re et du pain, fera laver les mains aux malades et dira le <i>Benedicite, <\/i>trempera le potage dans une \u00e9cuelle et mettra la viande dans un plat ; accommodant le tout sur ladite tablette puis conviera le malade charitablement \u00e0 manger, pour l&rsquo;amour de J\u00e9sus et de sa sainte M\u00e8re, le tout avec amour, comme si elle avait affaire \u00e0 son fils ou plut\u00f4t \u00e0 Dieu, qui impute fait \u00e0 lui-m\u00eame le bien qu&rsquo;elle fait aux pauvres. Elle lui dira quelque petit mot de Notre Seigneur, en ce sentiment t\u00e2chera de le r\u00e9jouir s&rsquo;il est fort d\u00e9sol\u00e9, lui coupera parfois sa viande, lui versera \u00e0 boire, et l&rsquo;ayant ainsi mis en train de manger, s&rsquo;il a quelqu&rsquo;un aupr\u00e8s de lui, le laissera et en ira trouver un autre pour le traiter en la m\u00eame sorte, se ressouvenant de commencer toujours par celui qui a quelqu&rsquo;un avec lui et de finir par ceux qui sont seuls, afin de pouvoir \u00eatre aupr\u00e8s d&rsquo;eux plus longtemps ; puis reviendra le soir leur porter \u00e0 souper avec m\u00eame appareil et ordre que dessus. Cha\u00adque malade aura autant de pain qu&rsquo;il lui en faudra avec un quarteron de mouton ou de veau bouilli pour le diner et autant de r\u00f4ti pour le souper, except\u00e9 les dimanches et f\u00eates, qu&rsquo;on leur pourra donner quelque poule \u00e0 bouillir pour leur diner et leur mettre leur viande en hachis au souper deux ou trois fois la semaine. Ceux qui seront sans fi\u00e8vre auront une chopine de vin par jour, moiti\u00e9 au matin et moiti\u00e9 au soir&#8230; (XIII, 423-437).<\/p>\n<p>Rien ne sera laiss\u00e9 \u00e0 la fantaisie. Le bien des mala\u00addes exige r\u00e9gularit\u00e9, constance, r\u00e9gime \u00e9quilibr\u00e9.<\/p>\n<p>Mais s&rsquo;il convient de bien soigner et, comme dit la premi\u00e8re \u00e9bauche de r\u00e8glement du 23 ao\u00fbt 1617, (I aider le corps en le nourrissant et en le faisant m\u00e9diciner \u00bb, il n&rsquo;est pas moins essentiel \u00e0 la confr\u00e9\u00adrie \u00ab de disposer \u00e0 mieux vivre ceux qui gu\u00e9riront et \u00e0 bien mourir ceux qui tendront \u00e0 la mort \u00bb. (XIV, 125-n. I et XIII. 429)<\/p>\n<p>Pour cela, il indique aux \u00ab servantes des pauvres \u00bb le moyen \u00ab de coop\u00e9rer au salut des \u00e2mes et de les mener comme par la main \u00e0 Dieu \u00bb.<\/p>\n<p>Ayant r\u00e9gl\u00e9 la mani\u00e8re d&rsquo;assister les pauvres mala\u00addes il organise la vie communautaire des \u00ab servantes des pauvres \u00bb. Elles se r\u00e9uniront tous les troisi\u00e8mes dimanches du mois. Le matin elles assisteront ensem\u00adble \u00e0 la messe. L&rsquo;apr\u00e8s-d\u00eener elles s&rsquo;assembleront pour r\u00e9citer quelques pri\u00e8res puis entendre une exhorta\u00adtion \u00ab tendant \u00e0 l&rsquo;avancement spirituel de toute la compagnie \u00bb, apr\u00e8s quoi le cur\u00e9 ou son vicaire \u00ab pro\u00adposera <i>ce <\/i>qui sera \u00e0 faire pour le bien des pauvres malades \u00bb. Les d\u00e9cisions seront prises \u00ab \u00e0 la pluralit\u00e9 des voix \u00bb, celle du cur\u00e9 ayant \u00ab force d\u00e9lib\u00e9ratrice, comme l&rsquo;une de celles desdites servantes des pauvres \u00bb, ni plus, ni moins. Pour conclure, \u00ab elles s&rsquo;admoneste\u00adront charitablement des fautes survenues au service des pauvres \u00bb. Voil\u00e0, d\u00e9j\u00e0, ce que nous appelons au\u00adjourd&rsquo;hui \u00ab r\u00e9vision de vie \u00bb.<\/p>\n<p>La gestion financi\u00e8re et mat\u00e9rielle n&rsquo;est pas oubli\u00e9e et fait l&rsquo;objet de r\u00e8gles toujours avis\u00e9es. Mais il y a plus. A ces servantes des pauvres qui se recrutent parmi les femmes \u00ab tant veuves et mari\u00e9es que filles \u00bb, M. Vincent propose un mode de vie qui, sans les dis\u00adtraire de leurs devoirs d&rsquo;\u00e9pouses, de m\u00e8res, de ma\u00eetresses de maison, les oriente vers la perfection chr\u00e9tienne. Outre la pri\u00e8re du matin, la messe quotidienne, il leur recommande de lire \u00ab chaque jour pos\u00e9ment et attenti\u00advement un chapitre du livre de Mgr l&rsquo;Ev\u00eaque de Gen\u00e8ve intitul\u00e9 <i>L&rsquo;Introduction \u00e0 <\/i>la vie <i>d\u00e9vote <\/i>et feront quelque \u00e9l\u00e9vation d&rsquo;esprit \u00e0 Dieu \u00bb. Le soir, elles feront l&rsquo;examen de conscience.<\/p>\n<p>Ainsi, d\u00e8s 1617, M. Vincent se met r\u00e9solument dans la ligne de saint Fran\u00e7ois de Sales et, par le moyen des Confr\u00e9ries de Charit\u00e9, s&#8217;emploie \u00e0 initier les la\u00efques \u00e0 une vie spirituelle qui semblait, \u00e0 certains, le mono\u00adpole des religieux de profession. <i>L&rsquo;Introduction \u00e0 la vie d\u00e9vote, <\/i>parue en 16o8, devient, d\u00e8s 1617, le livre de chevet des Dames de Charit\u00e9 qui \u00e0 partir de Ch\u00e2tillon\u00adles-Dombes vont se multiplier dans la France enti\u00e8re et bien au del\u00e0.<\/p>\n<p>Approuv\u00e9e par l&rsquo;Archev\u00eaque de Lyon, le 24 novem\u00adbre 1617, la Charit\u00e9 de Ch\u00e2tillon fut solennellement \u00e9rig\u00e9e, le 8 d\u00e9cembre, \u00ab jour de l&rsquo;Immacul\u00e9e Concep\u00adtion de la Vierge M\u00e8re de Dieu \u00bb. Ce fut, probable\u00adment, le dernier acte officiel de M. Vincent, cur\u00e9 de Ch\u00e2tillon. Avant d&rsquo;aller \u00e0 Lyon, le 24 novembre 1617, pour y faire approuver les statuts de la <i>Confr\u00e9rie de <\/i><i>Charit\u00e9. <\/i>il avait re\u00e7u la visite quelque peu myst\u00e9\u00adrieuse d&rsquo;un gentilhomme qui lui remit plusieurs lettres. L&rsquo;une du G\u00e9n\u00e9ral des gal\u00e8res M. de Gondi, l&rsquo;autre de M. de B\u00e9rulle. Celle-ci \u00ab causa divers mouvements en son \u00e2me \u00bb. (XIII, 52)<\/p>\n<p>A son retour de Lyon, o\u00f9, sans doute, il discuta de son avenir avec le sup\u00e9rieur de l&rsquo;Oratoire, M. Vincent, apr\u00e8s la f\u00eate du 8 d\u00e9cembre, fit ses adieux \u00e0 Ch\u00e2tillon\u00adles-Dombes. Il rejoignait, \u00e0 Paris, la famille de Gondi. Il n&rsquo;y avait pas un an qu&rsquo;il l&rsquo;avait quitt\u00e9e.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas sans regrets, ni m\u00eame sans lutte int\u00e9\u00adrieure, que M. Vincent abandonna cette paroisse qui, en quelques mois, s&rsquo;\u00e9tait si singuli\u00e8rement transfor\u00adm\u00e9e. Il y eut des larmes y compris les siennes. Quelles raisons M. de B\u00e9rulle avait-il fait valoir ? Nous l&rsquo;igno\u00adrons. Mais nous connaissons celles que Mme Gondi lui \u00e9crivait en septembre de cette m\u00eame ann\u00e9e. Celles-ci, peut-\u00eatre, rejoignaient celles-l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">J&rsquo;invoque Dieu et la Sainte Vierge, lui \u00e9crivait-elle, de vous redonner \u00e0 notre maison, pour le salut de toute notre famille et de beaucoup d&rsquo;autres vers qui vous pourrez exercer votre charit\u00e9. Je vous sup\u00adplie encore une fois. Si apr\u00e8s cela vous me refuser, je vous chargerai devant Dieu de tout ce qui m&rsquo;arri\u00advera et de tout le bien que je manquerai \u00e0 faire. faute d&rsquo;\u00eatre aid\u00e9e. (I, 22).<\/p>\n<p>M. de Gondi, le 15 octobre, joignait ses instances \u00e0 celles de sa femme : \u00ab Je vous prie seulement de consid\u00e9rer qu&rsquo;il semble que Dieu veut que, par votre moyen, le p\u00e8re et les enfants soient gens de bien. \u00bb<\/p>\n<p>Charles du Fresne, sieur de Villeneuve, s&rsquo;en m\u00eala aussi et le myst\u00e9rieux gentilhomme dont on a parl\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait autre que lui. Secr\u00e9taire de la reine Margue\u00adrite, dans le m\u00eame temps que M. Vincent en \u00e9tait l&rsquo;aum\u00f4nier, M. du Fresne s&rsquo;\u00e9tait li\u00e9 avec lui d&rsquo;une profonde amiti\u00e9. Apr\u00e8s la mort de la malheureuse reine, survenue le 27 mars 1615, il devint secr\u00e9taire de Philippe-Emmanuel de Gondi chez qui il retrouva M. Vincent. On ne manqua pas de le lui envoyer.<\/p>\n<p>Si Vincent de Paul c\u00e9da \u00e0 tant d&rsquo;instances ce <i>ne <\/i>fut certes pas par attrait pour le grand monde. Mais tout en travaillant au salut de ces grands il pouvait envisager d&rsquo;\u00e9tendre, par eux, bien au del\u00e0 des limites d&rsquo;une paroisse, l&rsquo;action missionnaire qu&rsquo;il avait entre\u00adprise. Les immenses domaines des Gondi, peupl\u00e9s de 8.000 \u00e2mes, lui offraient un champ d&rsquo;apostolat beau\u00adcoup plus vaste. M. de B\u00e9rulle ne manqua sans doute pas de le lui souligner.<\/p>\n<p>Ayant laiss\u00e9 la paroisse de Ch\u00e2tillon aux bons soins de son vicaire, Louis Girard, M. Vincent reprit \u00e0 Paris, d\u00e8s le 23 d\u00e9cembre 1617, sa place dans la mai\u00adson du G\u00e9n\u00e9ral des Gal\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">* * *<\/p>\n<p>Comme pr\u00e9vu, le premier soin de M. Vincent, apr\u00e8s son retour \u00e0 Paris, fut d&rsquo;organiser la mission dans les bourgs et villes o\u00f9 la famille de Gondi exer\u00e7ait quelque pouvoir. Et, la mission termin\u00e9e, pour en maintenir et d\u00e9velopper le bienfait, il organisait une <i>Confr\u00e9rie de Charit\u00e9 <\/i>sur le mod\u00e8le de Ch\u00e2tillon-les\u00adDombes. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;ann\u00e9e 1618 vit se cr\u00e9er, en conclusion d&rsquo;une mission, le 23 f\u00e9vrier, la Charit\u00e9 de Villepreux, le 9 septembre celle de Montmirail, le novembre celle de Joigny.<\/p>\n<p>Cependant, il \u00e9tait l&rsquo;aum\u00f4nier du G\u00e9n\u00e9ral des Gal\u00e8res. Comment se serait-il d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 du sort des gal\u00e9riens ? A Paris o\u00f9 les condamn\u00e9s aux gal\u00e8res atten\u00addaient le d\u00e9part de la Cha\u00eene vers Marseille, on les entreposait dans des cachots infects, sans air, sans lumi\u00e8re, parmi l&rsquo;humidit\u00e9 et la vermine. Sur l&rsquo;initia\u00adtive de M. Vincent on les transf\u00e9ra dans une maison plus saine, au Faubourg Saint-Honor\u00e9, pr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9glise Saint-Roch. Le Cardinal. par mandement du I\u00ab juin 1618, fit appel \u00e0 la charit\u00e9 du peuple de Paris en leur faveur. M. Vincent sugg\u00e9ra aussi au G\u00e9n\u00e9ral des Gal\u00e8res d&rsquo;entreprendre, cette m\u00eame ann\u00e9e, la cons\u00adtruction \u00e0 Marseille d&rsquo;un h\u00f4pital pour les gal\u00e9riens.<\/p>\n<p>Il fit si bien, durant toute cette ann\u00e9e, pour am\u00e9\u00adliorer la condition des gal\u00e9riens que, le 8 f\u00e9vrier 1619, le Roi Louis XIII, \u00e0 la requ\u00eate de Philippe-Emmanuel de Gondi, g\u00e9n\u00e9ral des gal\u00e8res de France, \u00ab ayant compassion des for\u00e7ats et d\u00e9sirant qu&rsquo;ils profitent spi\u00adrituellement de leurs peines corporelles, a accord\u00e9 et fait don de la charge d&rsquo;aum\u00f4nier r\u00e9al \u00e0 M. Vincent de Paul, pr\u00eatre, bachelier en th\u00e9ologie (&#8230;), aux gages de six cents livres par an et aux m\u00eames honneurs et droits dont jouissent les autres officiers de la marine du Levant. Voulant Sa dite Majest\u00e9 que le dit de Paul, en la qualit\u00e9 d&rsquo;aum\u00f4nier r\u00e9al, ait dor\u00e9navant \u00e9gard et sup\u00e9riorit\u00e9 sur tous les autres aum\u00f4niers des dites gal\u00e8res \u00bb. (XIII, 55)<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e 1618 d\u00e9j\u00e0 bien remplie par les missions et fondations de charit\u00e9s s&rsquo;acheva pour M. Vincent par une rencontre qui devait marquer toute sa vie, celle de saint Fran\u00e7ois de Sales. En novembre 1618, Mgr de Gen\u00e8ve accompagnait \u00e0 Paris le Cardinal de Savoie venu n\u00e9gocier \u00e0 Paris le mariage du Prince de Pi\u00e9mont avec Christine de France, soeur de Louis XIII. Il allait s\u00e9journer dans la capitale jusqu&rsquo;en septembre 1619. Il y serait rejoint par sainte Chantal. C&rsquo;est ainsi que M. Vincent devint l&rsquo;ami de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre. Dans <i>ses Entretiens <\/i>comme dans ses lettres on trouve maintes traces de ses rencontres amicales avec Fran\u00ad\u00e7ois de Sales et Jeanne de Chantal. \u00ab Avant la fonda\u00adtion de la Compagnie (des pr\u00eatres de.la Mission), Mgr de Gen\u00e8ve que nous avions l&rsquo;honneur de conna\u00eetre et de fr\u00e9quenter, nous obligea \u00e0 avoir soin des reli\u00adgieuses de la Visitation ; nous y voil\u00e0 engag\u00e9 ; c&rsquo;est une parole donn\u00e9e \u00bb. (XII, 422)<\/p>\n<p>A partir de cette rencontre de 1618, saint Fran\u00e7ois de Sales devient pour M. Vincent le mod\u00e8le qu&rsquo;il s&rsquo;applique \u00e0 reproduire. l&rsquo;autorit\u00e9 \u00e0 laquelle il se r\u00e9f\u00e8re. Lui recommande-t-on pour sa sant\u00e9 d&rsquo;aller faire une cure \u00e0 Forges-les-Eaux, il \u00e9crit \u00e0 Louise de Maril\u00adlac : \u00ab Enfin, je me suis laiss\u00e9 faire \u00e0 la mani\u00e8re qu&rsquo;il me semble que notre bienheureux P\u00e8re le ferait \u00bb. (I, 63). Et, pour ce qui la concerne, il lui propose \u00e9ga\u00adlement de se conformer \u00e0 ses exemples : \u00ab Au nom de Dieu, faites doucement en la mani\u00e8re que vous pouvez vous imaginer que faisait notre bienheureux P\u00e8re, Monseigneur de Gen\u00e8ve \u00bb. (I, 289 ; Rapp. I, 384, 398)<\/p>\n<p>C&rsquo;est lui, toujours, dont il invoque l&rsquo;exemple pour inculquer aux filles de la Charit\u00e9 la d\u00e9votion au cha\u00adpelet : \u00ab Notre bienheureux P\u00e8re disait que, s&rsquo;il n&rsquo;avait eu obligation \u00e0 son Office, il n&rsquo;aurait dit d&rsquo;autre pri\u00e8re que ce chapelet. \u00bb (IX, 220)<\/p>\n<p>Quelque estime qu&rsquo;il ait pour son premier directeur, Pierre de B\u00e9rulle, M. Vincent n&rsquo;a jamais fait de lui une norme vivante de vie chr\u00e9tienne, alors que tous les faits et gestes de saint Fran\u00e7ois de Sales sont \u00e9voqu\u00e9s par lui comme une supr\u00eame r\u00e9f\u00e9rence. N&rsquo;est-il pas significatif qu&rsquo;il ait, avant m\u00eame la rencontre de 1618, fait de <i>l&rsquo;Introduction a la Vie d\u00e9vote, <\/i>le livre de che\u00advet des Dames de Charit\u00e9, \u00e0 Ch\u00e2tillon comme \u00e0 Ville-preux, \u00e0 Montmirail, \u00e0 Paris et dans toute la France ?<\/p>\n<p>En saint Fran\u00e7ois de Sales, M. Vincent a trouv\u00e9 son vrai ma\u00eetre. \u00ab En repassant dans mon esprit les paroles du serviteur de Dieu, j&rsquo;en \u00e9prouvai une telle admira\u00adtion que j&rsquo;\u00e9tais port\u00e9 \u00e0 voir en lui l&rsquo;homme qui a le mieux reproduit le Fils de Dieu vivant sur terre. \u00bb (XIII, 72). Ce qu&rsquo;il appr\u00e9cie le plus en lui c&rsquo;est la dou\u00adceur et la bont\u00e9. \u00ab Si suave \u00e9tait sa bont\u00e9 que les per\u00adsonnes favoris\u00e9es de ses entretiens la sentaient douce\u00adment p\u00e9n\u00e9trer dans leur c\u0153ur ; ce dont elles \u00e9prou\u00advaient une joie intense. J&rsquo;eus part \u00e0 ces d\u00e9lices. Je me souviens que, retenu sur mon lit par la maladie, il y a pr\u00e8s de six ans (1622) ; je ruminais en moi-m\u00eame combien grande est la bont\u00e9 de Dieu. \u00ab Dieu que vous \u00eates bon, mon Dieu que vous \u00eates bon, puisque dans Monseigneur Fran\u00e7ois de Sales, votre cr\u00e9ature, il y a une telle suavit\u00e9. \u00bb (XIII, 78-79).<\/p>\n<p>Avec cette souriante et suave bont\u00e9, il admire en saint Fran\u00e7ois de Sales, une enti\u00e8re et constante dis\u00adponibilit\u00e9 envers tous ceux, grands et petits, qui ve\u00adnaient \u00e0 lui. \u00ab J&rsquo;\u00e9tais stup\u00e9fait de voir un si grand et excellent homme responsable d&rsquo;affaires si importantes, se laisser arr\u00eater par n&rsquo;importe qui, m\u00eame de basse condition et ne s&rsquo;\u00e9pargner aucune peine jusqu&rsquo;\u00e0 temps que son visiteur f\u00fbt pleinement satisfait, tant il atta\u00adchait de prix \u00e0 la paix et tranquillit\u00e9 d&rsquo;une \u00e2me. \u00bb (XIII, 72-73).<\/p>\n<p>Cette paix, cette tranquillit\u00e9, cette suavit\u00e9 qu&rsquo;il dis\u00adtillait dans les \u00e2mes par ses paroles comme par ses lettres n&rsquo;\u00e9taient que le rayonnement de l&rsquo;intense amour de Dieu qui le poss\u00e9dait et qui faisait de lui aux yeux de Vincent de Paul la plus ressemblante image du Fils de Dieu. De cet amour il trouve un t\u00e9moignage fid\u00e8le dans le livre \u00ab immortel et admirable \u00bb que Fran\u00e7ois de Sales publia en 1616, le <i>Trait\u00e9 de l&rsquo;Amour de Dieu. <\/i>Vincent de Paul voudra que cet ouvrage soit pour les pr\u00eatres de la Mission \u00ab un rem\u00e8de universel pour toutes les langueurs, un stimulant pour toutes les torpeurs, un brandon de dilection, une \u00e9chelle pour tous ceux qui tendent \u00e0 la perfection \u00bb. (XIII, 71).<\/p>\n<p>Pendant les dix mois que dura, de novembre 1618 \u00e0 septembre 1619, le s\u00e9jour \u00e0 Paris du bienheureux \u00e9v\u00eaque de Gen\u00e8ve, Vincent de Paul fut de ses fami\u00adliers et s&rsquo;entretint \u00ab mouftes \u00bb fois, <i>multaties, <\/i>avec lui dans l&rsquo;intimit\u00e9. Il se lia d&rsquo;une semblable amiti\u00e9 avec Jeanne de Chantal qui vint \u00e0 Paris, le 6 avril 1619, pour y fonder le premier monast\u00e8re de la Visitation. Tout naturellement, c&rsquo;est M. Vincent que Fran\u00e7ois de Sales et Jeanne de Chantal choisiront pour qu&rsquo;il en devienne le sup\u00e9rieur eccl\u00e9siastique. Apr\u00e8s la mort de Fran\u00e7ois de Sales, le 28 d\u00e9cembre 1622, c&rsquo;est \u00e0 M. Vin\u00adcent que sainte Jeanne de Chantal confiera ses peines et ses soucis. \u00ab A qui, lui \u00e9crira-t-elle, puis-je faire voir et savoir mes infirmit\u00e9s qu&rsquo;\u00e0 mon tr\u00e8s unique P\u00e8re, qui les saura bien supporter ? J&rsquo;esp\u00e8re de votre bont\u00e9 qu&rsquo;elle ne s&rsquo;en lassera pas. \u00bb(I, 314). Et lorsqu&rsquo;\u00e0 son tour, le 13 d\u00e9cembre 1641, la fondatrice de la Visita\u00adtion ach\u00e8vera sa vie au monast\u00e8re de Moulins, M. Vin\u00adcent verra son \u00e2me rejoindre celle de saint Fran\u00e7ois de Sales. Comme il l&rsquo;\u00e9crit alors au P. Codoing : \u00ab Il a plu \u00e0 Dieu de me consoler en la vue de Sa r\u00e9union \u00e0 notre bienheureux P\u00e8re et de tous deux \u00e0 Dieu, d\u00e8s que j&rsquo;en eus la nouvelle. \u00bb(II, 212).<\/p>\n<p>Avec Fran\u00e7ois de Sales et Jeanne de Chantal, M. Vincent s&rsquo;est donc trouv\u00e9 en parfaite communion. Et cela \u00e9claire sa situation en 1619. Il a trente-huit ans. Depuis six ans, interrompus seulement par les huit mois qu&rsquo;il a pass\u00e9s \u00e0 Ch\u00e2tillon-les-Dombes, il exerce les fonctions de pr\u00e9cepteur, d&rsquo;aum\u00f4nier, de confesseur et de conseiller dans la famille du G\u00e9n\u00e9ral des Gal\u00e8res, Philippe-Emmanuel de Gondi. Mais avec l&rsquo;appui et la collaboration de Mme de Gondi, il s&#8217;emploie principa\u00adlement \u00e0 organiser dans leurs domaines o\u00f9 vivent 8.000 \u00e2mes, des missions et <i>des <\/i>confr\u00e9ries de charit\u00e9. Peu \u00e0 peu, s&rsquo;enracine en lui la conviction que sa mis\u00adsion propre est de consacrer sa vie aux pauvres, parti\u00adculi\u00e8rement au pauvre peuple des campagnes. Chaque jour il d\u00e9couvre que l&rsquo;ignorance du pauvre peuple est incroyable. \u00ab Comment une \u00e2me qui ne conna\u00eet pas Dieu, ni ne sait ce que Dieu a fait pour son amour, peut-elle croire, esp\u00e9rer et aimer ? Et comment se sau\u00advera-t-elle sans foi, sans esp\u00e9rance et sans amour ? \u00bb (XII, 8o-81). Cette pens\u00e9e l&rsquo;obs\u00e8de. L&rsquo;exemple de Fran\u00ad\u00e7ois de Sales \u00e9vang\u00e9lisant le Buget et le Chablais le stimule. Mme de Gondi partage ses projets et l&rsquo;aide \u00e0 les r\u00e9aliser.<\/p>\n<p>Le 17 avril 1625, par devant notaire, Messire Phi\u00adlippe-Emmanuel de Gondy, comte de Joigny, \u00ab haute et puissante dame Fran\u00e7oise-Marguerite de Silly, ba\u00adronne de Montmirail son \u00e9pouse \u00bb, \u00ab ont unanime\u00adment et conjointement dit et d\u00e9clar\u00e9 que, Dieu leur ayant donn\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es en \u00e7\u00e0 le d\u00e9sir de le faire honorer tant en leurs terres qu&rsquo;autres lieux \u00bb, ils auraient consid\u00e9r\u00e9 que tandis que ceux des villes sont abondamment pourvus de docteurs et religieux \u00ab qui les pr\u00eachent, cat\u00e9chisent, excitent et conservent en l&rsquo;esprit de d\u00e9votion, il ne reste que le pauvre peuple de la campagne qui seul demeure comme abandonn\u00e9 \u00bb. C&rsquo;est pourquoi ils ont envisag\u00e9 d&rsquo;y rem\u00e9dier \u00ab par la pieuse association de quelques eccl\u00e9siastiques \u00bb. Ceux-ci renonceraient au minist\u00e8re dans les villes et \u00e0 tous b\u00e9n\u00e9fices, charges et dignit\u00e9s de l&rsquo;Eglise pour s&rsquo;appliquer enti\u00e8rement et purement au salut du pauvre peuple, \u00ab allant de village en vil\u00adlage, aux d\u00e9pens de leur bourse commune, pr\u00eacher, instruire, exhorter, cat\u00e9chiser ces pauvres gens et les porter \u00e0 faire tous une bonne confession g\u00e9n\u00e9rale de toute leur vie pass\u00e9e, sans en prendre aucune r\u00e9tri\u00adbution \u00bb. Pour aider \u00e0 la r\u00e9alisation de \u00ab ce bon oeuvre \u00bb dont ils se constituent \u00ab patrons et fonda\u00adteurs \u00bb, lesdits seigneur et dame donnent \u00e0 Messire Vincent de Paul, licenci\u00e9 en droit, la somme de 45.000 livres dont 37.000 au comptant et 8.000 \u00e0 verser dans le d\u00e9lai d&rsquo;un an. A charge, pour lui, d&rsquo;\u00e9lir et choisir dans le courant de l&rsquo;ann\u00e9e, six personnes eccl\u00e9\u00adsiastiques \u00ab pour travailler audit oeuvre sous sa direc\u00adtion, sa vie durant \u00bb. Lesquels vivront en commun sous l&rsquo;ob\u00e9issance du dit sieur de Paul, \u00ab sous le nom de Compagnie, Congr\u00e9gation ou Confr\u00e9rie des P\u00e8res ou Pr\u00eatres de la Mission \u00bb. (XIII, 197-202).<\/p>\n<p>Le 24 avril 1626, Jean-Fran\u00e7ois de Gondi, arche\u00adv\u00eaque de Paris donnait son enti\u00e8re approbation \u00e0 la fondation de son fr\u00e8re le G\u00e9n\u00e9ral des Gal\u00e8res et auto\u00adrisait l&rsquo;\u00e9tablissement \u00e0 Paris de cette nouvelle Congr\u00e9\u00adgation de la Mission (XIII, 202-203). Deux ans plus t\u00f4t, le I er mars 1624, sur la requ\u00eate de Mme de Gondi, sa belle-soeur, l&rsquo;archev\u00eaque avait mis les locaux du Coll\u00e8ge des Bons Enfants \u00e0 la disposition de M. Vin\u00adcent en le nommant Principal du dit Coll\u00e8ge. C&rsquo;est l\u00e0 que s&rsquo;associ\u00e8rent, le 4 septembre 1626, les premiers pr\u00eatres de la mission avec M. Vincent, Fran\u00e7ois du Coudray, pr\u00eatre du dioc\u00e8se d&rsquo;Amiens, Antoine Por\u00adtad, du dioc\u00e8se d&rsquo;Arles et Jean de la Salle du dioc\u00e8se d&rsquo;Amiens : un Gascon, deux Picards, un Proven\u00e7al (XIII, 203).<\/p>\n<p>Ainsi fut fond\u00e9e la Congr\u00e9gation de la Mission. M. Vincent ne cessera de r\u00e9p\u00e9ter : \u00ab Ni moi, ni le pauvre M. Portail n&rsquo;y pensions pas. Cela s&rsquo;est fait comme de soi-m\u00eame. \u00bb<\/p>\n<p>Mais ce qui n&rsquo;est pas douteux c&rsquo;est le sentiment qu&rsquo;il avait alors et qui ne le quittera plus d&rsquo;\u00eatre engag\u00e9 dans une mission providentielle. Ecoutez-le, trente ans plus tard, le 17 mai 1658, d\u00e9velopper devant les pr\u00eatres de la Mission, <i>ce <\/i>qui lui para\u00eet \u00eatre l&rsquo;essentiel de leur vocation :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Notre Seigneur vint et fut envoy\u00e9 de son P\u00e8re pour \u00e9vang\u00e9liser les pauvres. <i>Pauperibus evangelipare misit me. Pauperibus, <\/i>aux pauvres ! Messieurs, aux Pauvres 1 Comme, par la gr\u00e2ce de Dieu, t\u00e2che de le faire <i>la <\/i>petite Compagnie.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Grand sujet \u00e0 la m\u00eame Compagnie de se confondre de ce que jamais il n&rsquo;y en avait eu une, car cela est Maudit, qui e\u00fbt pour fin de faire ce que Notre Seigneur est venu faire au monde, annoncer l&rsquo;Evangile aux pauvres seulement, aux pauvres abandonn\u00e9s t <i>Pauperibus evangelizare misit <\/i>me. Car c&rsquo;est l\u00e0 notre fin. Notre partage donc, Messieurs, et mes fr\u00e8res, sont les pauvres, les pauvres&#8230; Quel bonheur, Messieurs, quel bonheur ! Faire ce pourquoi Notre Seigneur \u00e9tait venu du ciel en terre, et moyennant quoi nous irons, nous autres, de la terre au ciel, continuer l&rsquo;ouvrage de Dieu, qui fuyait les villes et allait \u00e0 la campagne chercher les pauvres. Voil\u00e0 \u00e0 quoi nous occupent nos r\u00e8gles, \u00e0 aider les pauvres, nos seigneurs et nos ma\u00eetres. (XII, 3-5).<\/p>\n<p>On se tromperait bien sur M. Vincent en faisant de lui un philanthrope tel que le concevaient les philosophes de l&rsquo;Auflz\/iirung ou un certain la\u00efcisme contemporain. Il est, d&rsquo;abord, homme de Dieu et disciple de J\u00e9sus-Christ. Son amour des pauvres c&rsquo;est en Dieu qu&rsquo;il le puise. Et c&rsquo;est Dieu, l&rsquo;Evangile, la bonne nouvelle du salut qu&rsquo;il s&rsquo;agit, avant tout, de r\u00e9v\u00e9ler au pauvre peuple des campagnes. Il ne cessera de le r\u00e9p\u00e9ter : \u00ab Faire conna\u00eetre Dieu aux pauvres, leur annoncer J\u00e9sus-Christ, leur dire que le royaume des cieux est proche et qu&rsquo;il est pour les pauvres. Ohl que cela est grand 1 (&#8230;) C&rsquo;est un office si relev\u00e9 d&rsquo;\u00e9vang\u00e9liser les pauvres, que c&rsquo;est, par excellence, l&rsquo;office du Fils de Dieu ; et nous y sommes appliqu\u00e9s comme des instruments par qui le Fils de Dieu conti\u00adnue de faire du ciel ce qu&rsquo;il a fait sur la terre. \u00bb (XII, 8o).<\/p>\n<p>Dans le contrat de fondation de la Congr\u00e9gation de la Mission, les Gondi avaient sp\u00e9cifi\u00e9 que M. Vincent maintiendrait \u00ab sa r\u00e9sidence continuelle et actuelle dans leur maison \u00bb, celle de la rue Pav\u00e9e, en la paroisse Saint-Sauveur. Mais, deux mois apr\u00e8s avoir sign\u00e9 ce g\u00e9n\u00e9reux contrat, Mme de Gondi rendait son \u00e2me \u00e0 Dieu, assist\u00e9e, comme elle l&rsquo;avait tant souhait\u00e9, par le saint M. Vincent. C&rsquo;est lui qui fut porter la triste nouvelle \u00e0 M. de Gondi qui se trouvait alors \u00e0 Mar\u00adseille. Mais l&rsquo;ann\u00e9e suivante, -6 avril 1626, l&rsquo;amiral des gal\u00e8res, marquis des fies d&rsquo;Or, renon\u00e7ait aux gran\u00addeurs de ce monde pour entrer dans la jeune mais d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9rable. Congr\u00e9gation de l&rsquo;Oratoire fond\u00e9e par Pierre de B\u00e9rulle.<\/p>\n<p>Ainsi, M. Vincent, sans crainte de se montrer infi\u00add\u00e8le ou ingrat, pouvait se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 la Mission et s&rsquo;installer avec ses premiers compagnons au coll\u00e8ge des Bons-Enfants.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Nous nous y retir\u00e2mes, M. Portail et moi-m\u00eame, et pr\u00eemes avec nous un bon pr\u00eatre, \u00e0 qui nous donnions cinquante \u00e9cus par an. Nous nous en allions ainsi tous trois pr\u00eacher et faire la mission de village en village. En partant, nous donnions la clef \u00e0 quelqu&rsquo;un des voisins, ou nous-m\u00eames les priions d&rsquo;aller coucher la nuit dans la maison (&#8230;). Voil\u00e0 ce que nous faisions, nous autres, et Dieu cependant faisait ce qu&rsquo;il avait pr\u00e9vu de toute \u00e9ternit\u00e9. Il donna quelques b\u00e9n\u00e9dic\u00adtions \u00e0 nos travaux ; ce que voyant de bons eccl\u00e9\u00adsiastiques se joignirent \u00e0 nous et demand\u00e8rent \u00e0 \u00eatre avec nous. (XII, 8).<\/p>\n<p>En effet, la Congr\u00e9gation de la Mission allait se d\u00e9veloppant. Elle compte d\u00e9j\u00e0 une dizaine de pr\u00eatres et vingt s\u00e9minaristes lorsque, le 12 janvier 1633, nonobstant les objections et oppositions d&rsquo;un certain nombre, y compris le Cardinal de B\u00e9rulle, le Pape Urbain VIII, approuve et confirme son existence et ses statuts. Ce qu&rsquo;elle se propose et ce qu&rsquo;elle fait alors, M. Vincent, l&rsquo;expose tr\u00e8s clairement dans une lettre \u00e9crite de Troyes, le 14 juillet 1639, \u00e0 sainte Jeanne de Chantal :<\/p>\n<p>Et pour ce que vous d\u00e9sirez savoir en quoi consiste notre petite mani\u00e8re de vie, je vous dirai donc, ma tr\u00e8s digne M\u00e8re :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Que notre petite compagnie est institu\u00e9e pour aller de village en village \u00e0 ses d\u00e9pens, pr\u00eacher, cat\u00e9\u00adchiser et faire faire confesion g\u00e9n\u00e9rale de toute la vie pass\u00e9e au pauvre peuple ; de travailler \u00e0 l&rsquo;accom\u00admodement des diff\u00e9rends que nous y trouvons, et de faire notre possible \u00e0 ce que les pauvres malades soient assist\u00e9s corporellement et spirituellement par la con\u00adfr\u00e9rie de la Charit\u00e9, compos\u00e9e de femmes, que nous \u00e9tablissons aux lieux o\u00f9 nous faisons la mission et qui le d\u00e9sirent ;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Qu&rsquo;\u00e0 cet emploi qui est notre capital, et pour le mieux accomplir, la providence de Dieu a ajout\u00e9 celui de retirer chez nous ceux qui doivent prendre les ordres, dix jours avant l&rsquo;ordination, les nourrir et entretenir et leur enseigner pendant ce temps-l\u00e0 la th\u00e9ologie pratique, les c\u00e9r\u00e9monies de l&rsquo;Eglise et \u00e0 faire pratiquer l&rsquo;oraison mentale selon la m\u00e9thode de notre bienheureux P\u00e8re Monseigneur de Gen\u00e8ve et cela \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ceux qui sont du dioc\u00e8se o\u00f9 nous sommes \u00e9tablis ;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Que nous vivons dans l&rsquo;esprit des serviteurs de l&rsquo;Evangile \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de nos seigneurs les \u00e9v\u00eaques, les\u00adquels nous disant : \u00ab Allez l\u00e0 \u00bb, nous y allons ; \u00ab Venez ici \u00bb, nous y venons.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Que la plupart d&rsquo;entre nous avons fait les trois voeux de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9 et d&rsquo;ob\u00e9issance, un quatri\u00e8me de nous appliquer, toute notre vie, \u00e0 l&rsquo;as\u00adsistance du pauvre peuple, et que nous travaillons \u00e0 les faire approuver par Sa Saintet\u00e9 et demandons la permis\u00adsion d&rsquo;en faire un cinqui\u00e8me qui est l&rsquo;ob\u00e9issance \u00e0 nos seigneurs les \u00e9v\u00eaques dans le dioc\u00e8se desquels nous sommes \u00e9tablis, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des fonctions susdites ;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Que nous sommes en la pratique de la pauvret\u00e9et de l&rsquo;ob\u00e9issance et travaillons, par la mis\u00e9ricorde de Dieu, \u00e0 vivre religieusement, quoique nous ne soyons pas religieux. Nous nous levons le matin, \u00e0 quatre heures, employons une demi-heure \u00e0 nous habiller et \u00e0 faire notre lit, faisons une heure d&rsquo;oraison mentale ensemble \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, r\u00e9citons <i>prime, tierce, sexte et none<\/i> ensemble \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, c\u00e9l\u00e9brons nos messes, chacun \u00e0 son rang ; cela fait, chacun se retire \u00e0 sa chambre pour \u00e9tudier. A dix heures et demie, l&rsquo;on fait un_ examen particulier sur la vertu qu&rsquo;on t\u00e2che d&rsquo;acqu\u00e9rir ; puis l&rsquo;on s&rsquo;en va au r\u00e9fectoire, o\u00f9 l&rsquo;on dine, avec portion et lecture de table ; cela fait, l&rsquo;on va adorer le Saint Sacrement ensemble et dire <i>l&rsquo;Angelus <\/i>Domini nun\u00adtiavit Marix etc&#8230; et l&rsquo;on fait ensuite une heure de r\u00e9cr\u00e9ation ensemble ; apr\u00e8s quoi chacun se retire \u00e0 sa chambre jusqu&rsquo;\u00e0 cinq heures, qu&rsquo;on r\u00e9cite matines et laudes ensemble. Puis l&rsquo;on fait un autre examen parti\u00adculier et l&rsquo;on soupe ensuite et puis l&rsquo;on fait une heure de r\u00e9cr\u00e9ation, laquelle achev\u00e9e, on va \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise faire l&rsquo;examen g\u00e9n\u00e9ral, les pri\u00e8res du soir et la lecture des points de l&rsquo;oraison du lendemain au matin. Cela fait, l&rsquo;on se retire \u00e0 sa chambre et se couche \u00e0 neuf heures.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Quand nous sommes en mission \u00e0 la campagne, nous faisons de m\u00eame, \u00e0 cela pr\u00e8s qu&rsquo;on va \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise \u00e0 six heures du matin pour c\u00e9l\u00e9brer la sainte messe et confesser, ensuite de la pr\u00e9dication qu&rsquo;un de la compagnie vient de faire en suite de la sainte messe qu&rsquo;il a dite auparavant ; l&rsquo;on confesse jusques \u00e0 onze heures ; puis l&rsquo;on s&rsquo;en va diner et l&rsquo;on retourne \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise \u00e0 deux heures pour y confesser jusques \u00e0 cinq heures ; en suite de quoi l&rsquo;un fait le cat\u00e9chisme et les autres s&rsquo;en vont dire matines et laudes, pour souper \u00e0 six heures. (&#8230;.).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Nous faisons nos solitudes tous les ans, tenons chapitre tous les vendredis au matin, o\u00f9 chacun s&rsquo;accuse de ses manquements, re\u00e7oit la p\u00e9nitence que le sup\u00e9rieur lui donne et est tenu de l&rsquo;accomplir ; et deux pr\u00eatres et deux fr\u00e8res demandent \u00e0 la compa\u00adgnie la charit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre avertis <i>de <\/i>leurs manouements et apr\u00e8s ceux l\u00e0 d&rsquo;autres, chacun \u00e0 son tour et le soir du m\u00eame jour l&rsquo;on fait une conf\u00e9rence sur le sujet de nos r\u00e8gles et de la pratique des vertus, o\u00f9 chacun dit les pens\u00e9es que Notre Seigneur lui a donn\u00e9es, sur le sujet duquel l&rsquo;on conf\u00e8re, en faisant son oraison l\u00e0-dessus.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">L&rsquo;on ne sort jamais sans cong\u00e9, ni que deux \u00e0 deux et, au retour, chacun va trouver le sup\u00e9rieur pour lui rendre compte de ce qu&rsquo;il a fait. L&rsquo;on n&rsquo;\u00e9crit ni re\u00e7oit des lettres que le sup\u00e9rieur ne les ait vues et ne l&rsquo;agr\u00e9e. Chacun est oblig\u00e9 d&rsquo;agr\u00e9er que ses fautes soient charitablement rapport\u00e9es \u00e0 Son Sup\u00e9rieur et \u00e0 s&rsquo;\u00e9tudier \u00e0 recevoir et \u00e0 donner les avertissements qu&rsquo;il faut aux autres. L&rsquo;on observe le silence depuis le soir jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du diner, le lendemain et apr\u00e8s la r\u00e9cr\u00e9ation du matin jusques \u00e0 celle du soir.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">L&rsquo;on fait deux ans de s\u00e9minaire, qui est \u00e0 dire de noviciat, o\u00f9 l&rsquo;on est exerc\u00e9 assez exactement, par la mis\u00e9ricorde de Dieu, en sorte que, pour plusieurs raisons, les s\u00e9minaristes ne communiquent point avec les pr\u00eatres sans cong\u00e9. (&#8230;).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Voil\u00e0, ma tr\u00e8s ch\u00e8re et tr\u00e8s digne M\u00e8re, notre petite mani\u00e8re de vie. Vous nous ferez charit\u00e9, pour l&rsquo;amour de Notre Seigneur, de nous donner votre avis sur cela. (I, 561-567).<\/p>\n<p>Ce document qui a valeur d&rsquo;autobiographie nous fait vivre de la vie que l&rsquo;on menait au Coll\u00e8ge des Bons Enfants pr\u00e8s de la porte Saint-Victor puis, apr\u00e8s le 7 janvier 1632, au prieur\u00e9 de Saint-Lazare. Cette vie aust\u00e8re et apostolique c&rsquo;\u00e9tait celle que d\u00e9j\u00e0 menaient \u00e0 Ch\u00e2tillon-les-Dombes M. Vincent et son vicaire, celle aussi qu&rsquo;il menait dans l&rsquo;h\u00f4tel des Gondi. Il l&rsquo;avait, peu \u00e0 peu, r\u00e9duite en r\u00e8gle communautaire. Rien n&rsquo;y est oubli\u00e9, ni livr\u00e9 \u00e0 la fantaisie, tout comme dans le r\u00e8glement des Confr\u00e9ries de Charit\u00e9. Vincent est un ma\u00eetre organisateur, mais un organisateur docile aux inspirations de la charit\u00e9 non moins qu&rsquo;aux le\u00e7ons de l&rsquo;exp\u00e9rience. Aussi n&rsquo;h\u00e9sitera-t-il pas \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter aux Filles de la Charit\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Mes filles, le service des pauvres doit toujours \u00eatre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 toute chose. Vous pouvez m\u00eame laisser d&rsquo;en\u00adtendre la messe \u00e8s jours de f\u00eates, mais seulement en cas de grande n\u00e9cessit\u00e9, comme serait un malade en danger de mort qui aurait besoin des sacrements ou de rem\u00e8des, ou serait en notable p\u00e9ril sans vous. (IX, 215). Bien que je vous recommande la pratique exacte de vos r\u00e8gles et de votre mani\u00e8re de vie (&#8230;) n\u00e9anmoins, comme votre obligation principale est le service des pauvres malades, vous ne devez point craindre de laisser quelques r\u00e8gles dans les besoins pressants des malades, pourvu que <i>ce <\/i>soit par vraie n\u00e9cessit\u00e9 et non par un sentiment de la nature ou par paresse. (IX, 126 ; rapp. IX, 5, 34, 42, 216, 218, 319, 326, 432, etc.).<\/p>\n<p>C&rsquo;est que nul n&rsquo;est plus convaincu que M. Vincent de ce que toute loi et toute r\u00e8gle se r\u00e9duit au com\u00admandement de l&rsquo;amour de Dieu et du prochain.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Chacun sait qu&rsquo;en l&rsquo;amour de Dieu et du prochain la loi et les proph\u00e8tes sont compris. Tout se r\u00e9f\u00e8re l\u00e0 ; tout va l\u00e0 ; et cet amour a tant de force et de privi\u00adl\u00e8ge que quiconque le poss\u00e8de accomplit les lois de Dieu, parce que toutes se rapportent \u00e0 cet amour, et que cet amour fait faire tout ce que Dieu demande de nous, <i>qui enim proximum diligit legem implevit.<\/i><\/p>\n<p>A l&rsquo;appui de quoi il cite saint Thomas d&rsquo;Aquin disant \u00ab qu&rsquo;il est plus m\u00e9ritoire d&rsquo;aimer le prochain pour l&rsquo;amour de Dieu, que d&rsquo;aimer Dieu sans applica\u00adtion au prochain \u00bb. Mais il y ajoute cette poignante consid\u00e9ration : \u00ab Je suis envoy\u00e9 non seulement pour aimer Dieu mais pour le faire aimer. Il ne me suffit pas d&rsquo;aimer Dieu, si mon prochain ne l&rsquo;aime. \u00bb (XII, 260-262). Et il conclut : \u00ab Nous sommes choisis de Dieu comme instruments de son immense et paternelle charit\u00e9 qui se veut \u00e9tablir et dilater dans les \u00e2mes \u00bb. (XII, 262).<\/p>\n<p>Cela dit, on comprend que M. Vincent ne voie plus de limites \u00e0 ses initiatives charitables. Elles vont pren\u00addre des dimensions nationales, mondiales, \u00e0 la mesure de la charit\u00e9 du Christ.<\/p>\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que les missions se multiplient dans les campagnes de France, Bourgogne et Cham\u00adpagne, Guyenne et Poitou, Languedoc et Provence, on voit s&rsquo;\u00e9tablir, en conclusion, ces confr\u00e9ries de Charit\u00e9 qui doivent en prolonger le bienfait. Apr\u00e8s Ch\u00e2tillon et Villepreux, Joigny et Montmirail, Paris en eut bien\u00adt\u00f4t quinze, sans compter celles de la banlieue, Vanves, Villejuif, Issy, Gentilly, La Chapelle, Clichy, Asni\u00e8res, Auteuil, Argenteuil, Sanois, Saint-Germain, Saint-Cloud. etc&#8230; Cependant que villes et bourgs de pro\u00advince, Amiens, Arras, Beauvais, Etampes, Fontaine\u00adbleau, Rethel, Sedan adoptaient la m\u00eame formule.<\/p>\n<p>Les statuts, \u00e0 quelques variantes pris, reprodui\u00adsent ceux de Ch\u00e2tillon-les-Dombes. Le but est toujours \u00ab d&rsquo;assister les pauvres malades corporellement et spi\u00adrituellement \u00bb, d&rsquo;une part, mais, de l&rsquo;autre, de pro\u00admouvoir \u00e0 la perfection spirituelle les servantes des pauvres qui \u00ab s&rsquo;entre-ch\u00e9riront comme personnes que Notre Seigneur a unies et li\u00e9es par son amour, s&rsquo;entre-visiteront et consoleront en leurs afflictions et mala\u00addies \u00bb. Ainsi s&rsquo;instaurait, peu \u00e0 peu, \u00e0 travers toute la France mais particuli\u00e8rement dans sa capitale, un im\u00admense r\u00e9seau d&rsquo;amiti\u00e9s, d&rsquo;entraide et de services ins\u00adpir\u00e9s de la charit\u00e9 du Christ.<\/p>\n<p>Au coeur de ce r\u00e9seau il y a M. Vincent et, main\u00adtenant, sa petite compagnie de pr\u00eatres missionnaires des campagnes. Pour relier les unes aux autres ces confr\u00e9ries de charit\u00e9, maintenir leur esprit, leur fer\u00adveur, organiser leur efficacit\u00e9, il faudrait les relier au centre par quelques visiteurs ou commissaires. C&rsquo;est ici qu&rsquo;appara\u00eet Louise de Marillac.<\/p>\n<p>Ame d\u00e9licate, g\u00e9n\u00e9reuse, avide de Dieu comme Mme Acarie son a\u00een\u00e9e, mais tourment\u00e9e de scrupules et d&rsquo;angoisses, elle a d&rsquo;abord song\u00e9 \u00e0 consacrer sa vie chez les Capucines. Mais sa sant\u00e9 ne permettant pas de l&rsquo;y garder, sur le conseil de ses oncles, le Garde des Sceaux Michel de Marillac et le Mar\u00e9chal Louis de Marillac, elle a accept\u00e9 d&rsquo;\u00e9pouser, en 1613, \u00e0 vingt-deux ans, Antoine Le Gras, secr\u00e9taire de la reine Marie de M\u00e9dicis. Dans son h\u00f4tel de la rue Courteau\u00adVillain sur la paroisse Saint-Sauveur, non loin de ceux des B\u00e9rulle, des Acarie, des Gondi, elle se r\u00e9v\u00e8le pare <i>faite <\/i>et sainte ma\u00eetresse de maison, pleine d&rsquo;attentions pour ses domestiques, mais non moins pour son mari et leur fils Michel, n\u00e9 le 18 octobre 1613. La ren\u00adcontre de saint Fran\u00e7ois de Sales, lors de son s\u00e9jour \u00e0 Paris en 1618-1619, apporta un moment de vraie paix \u00e0 cette \u00e2me anxieuse. \u00ab Portez l&rsquo;incertitude en paix 1 \u00bb \u00ab Cheminez avec humilit\u00e9 et confiance en Dieu \u00bb, lui avait dit, puis \u00e9crit l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Gen\u00e8ve. Mais il mourut, trop t\u00f4t pour elle, d\u00e8s 1622. La lon\u00adgue maladie de M. Le Gras lui fit croire que Dieu la punissait ainsi de n&rsquo;avoir pas suivi sa premi\u00e8re vocation. Le pieux Michel de Marillac, son oncle, Jean-Pierre Camus, \u00e9v\u00eaque de Belley, ami fid\u00e8le de Fran\u00e7ois de Sales s&#8217;employ\u00e8rent \u00e0 la rassurer. Enfin, elle rencontra M. Vincent qui devint, au d\u00e9but de 1625, son confesseur.<\/p>\n<p>Le 25 d\u00e9cembre 1625, M. Le Gras, son mari, mourut d&rsquo;un septi\u00e8me vomissement de sang, entre ses bras. D\u00e9sormais, elle est libre de revenir \u00e0 sa vocation premi\u00e8re. Mais elle a le souci de son fils Michel qui vient d&rsquo;avoir 13 ans et se r\u00e9v\u00e8le d&rsquo;un carac\u00adt\u00e8re difficile et mou. L&rsquo;ayant mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de M. Bour\u00addoise \u00e0 Saint-Nicolas-du-Chardonnet, elle vient habi\u00adter (21, rue Monge) pr\u00e8s du coll\u00e8ge des Bons-Enfants, \u00e0 la Porte Saint-Victor, o\u00f9 se trouve alors M. Vincent. Elle m\u00e8ne l\u00e0 une vie partag\u00e9e entre l&rsquo;oraison, la pri\u00e8re, la mortification et le service des pauvres, tout en gardant d&rsquo;indispensables relations avec ses parents et amis. M. Vincent ne se presse pas de l&rsquo;orienter ici ou l\u00e0, il s&rsquo;efforce de la mettre dans la paix. \u00ab Tenez-vous bien gaie dans la disposition de vouloir tout ce que Dieu veut \u00bb (I, 39). Il la lib\u00e8re des scrupules o\u00f9 l&rsquo;enlisent des pratiques trop formalistes comme de faire 33 fois par jour un acte d&rsquo;adoration pour hono\u00adrer l&rsquo;Incarnation. \u00ab Quant \u00e0 ces 33 actes \u00e0 l&rsquo;huma\u00adnit\u00e9 sainte et aux autres, ne vous peinez pas quand vous y manquez. Dieu est amour et veut que l&rsquo;on aille par amour \u00bb. (I, 86).<\/p>\n<p>On croirait entendre saint Fran\u00e7ois de Sales, c&rsquo;est bien son esprit qui inspire toujours M. Vincent. Pour la mieux lib\u00e9rer, il l&rsquo;envoie maintenant visiter ses Confr\u00e9ries de Charit\u00e9 : Montmirail, Villepreux, Joi\u00adgny, Beauvais, Senlis, Soissons, Ch\u00e2lons, Chartres, mais aussi la banlieue parisienne, Asni\u00e8res, Saint-Cloud. Aubervilliers, Montreuil, etc. Elle passe deux ou trois jours, quelquefois davantage, en chacune des paroisses o\u00f9 fut fond\u00e9e la <i>Charit\u00e9. <\/i>Elle rappelle les points n\u00e9glig\u00e9s du r\u00e8glement, r\u00e9veille les ferveurs assoupies, met M. Vincent au courant des moindres d\u00e9tails. Et lui de r\u00e9pondre : \u00ab Vous &amp;es une brave femme d&rsquo;avoir ainsi accommod\u00e9 le r\u00e8glement de la Charit\u00e9, et je le trouve bien \u00bb (I, i i 6). Il ne craint pas d&rsquo;entrer en de savoureuses pr\u00e9cisions :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Il me semble qu&rsquo;il est \u00e0 propos voirement que Madame la Tr\u00e9sori\u00e8re se d\u00e9charge de la d\u00e9livrance du vin et qu&rsquo;on le baille \u00e0 quelqu&rsquo;autre ; car pour l&rsquo;h\u00f4tellerie, il faudrait payer le huiti\u00e8me. Quelque bonne veuve de la Basse-OEuvre pourra bien faire cela. De plus, il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire qu&rsquo;on emploie pour cela une garde ni que l&rsquo;on lui donne six soles par jour. Eh ! bon Dieu ! elle emporterait le plus liquide de la Charit\u00e9. (I, 96-97).<\/p>\n<p>Comme un chef d&rsquo;Etat-Major, il lui \u00e9tablit ses ordres de route : \u00ab J&rsquo;\u00e9cris au R.P. de Gondi qu&rsquo;il me semble bon que vous alliez commencer au Mesnil ; et, selon que la chose r\u00e9ussira, nous aviserons \u00e0 l&rsquo;autre lieu ; et si je ne vous en adresse point d&rsquo;autres, celui de Bergier me semble le plus convenable, puis Loisy. M. Ferret, bailli des terres (des Gondi) qui se tient \u00e0 Vertus, vous adressera partout \u00bb. (I, 118).<\/p>\n<p>Ainsi des liens se nouent entre les Charit\u00e9s, leur action se coordonne et s&rsquo;harmonise mais aussi la pro\u00admotion spirituelle des servantes ou soeurs des pauvres.<\/p>\n<p>Encore un peu et les Dames de Charit\u00e9 et les Filles de la Charit\u00e9 vont prendre corps et s&rsquo;organiser dans la forme qu&rsquo;elles gardent encore aujourd&rsquo;hui. Le 25 juillet 1634, \u00e9crivant \u00e0 Fran\u00e7ois du Coudray, pr\u00eatre de la Mission qui se trouve alors \u00e0 Rome pour obtenir les Bulles d&rsquo;approbation de la nouvelle Compagnie, M. Vincent lui annonce une nouvelle qui lui tient fort \u00e0 coeur.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Nous avons \u00e9tabli la Charit\u00e9 en plusieurs paroisses de cette ville (Paris) et en avons fait une depuis peu, compos\u00e9e de cent ou six-vingt dames de haute qualit\u00e9 qui visitent tous les jours et assistent, quatre \u00e0 quatre, huit ou neuf cents pauvres ou malades, de gel\u00e9es, consomm\u00e9s, bouillons, confitures et toutes autres sortes de douceurs, outre leur nourriture ordi\u00adnaire, que la maison leur fournit, pour disposer les pauvres gens \u00e0 faire confession g\u00e9n\u00e9rale de leur vie pass\u00e9e et procurer que ceux qui mourront partent de ce monde en bon \u00e9tat et que ceux qui gu\u00e9riront fassent r\u00e9solution de ne jamais plus offenser Dieu. (I, 253).<\/p>\n<p>Cette nouvelle Charit\u00e9 compos\u00e9e de dames de hau\u00adte qualit\u00e9 avait pris naissance au d\u00e9but de 1634, en son h\u00f4tel de la rue du Roi de Sicile, chez la Pr\u00e9si\u00addente Goussault, veuve, depuis 1631, du Pr\u00e9sident Goussault. Avec Mesdames de Villesabin, Bailleul, Domercq, Sainctot, de Beaufort et de Poulaillon, elle avait <i>d\u00e9cid\u00e9 <\/i>de prendre en charge les pauvres malades de l&rsquo;H\u00f4tel-Dieu de Paris qui se trouvaient alors dans un \u00e9tat lamentable. Toute l&rsquo;aristocratie du Marais s&rsquo;y donna rendez-vous. Mais par l&rsquo;interm\u00e9diaire de ces chr\u00e9tiennes apparent\u00e9es \u00e0 la plus haute noblesse com\u00adme aux plus hautes magistratures, M. Vincent pour\u00adrait faire p\u00e9n\u00e9trer l&rsquo;esprit de la charit\u00e9 dans les plus hautes sph\u00e8res de l&rsquo;Etat.<\/p>\n<p>Or, tandis que ces nobles dames s&rsquo;en vont \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel-Dieu pour y servir les pauvres, il appara\u00eet n\u00e9cessaire de les seconder par des filles du peuple, habitu\u00e9es aux durs travaux et qui pourront \u00e0 leur place \u00ab porter le pot en ville, faire les saign\u00e9es et les lavements et les donner, panser les plaies, faire les lits et veiller les malades qui sont seuls et tendent \u00e0 la mort \u00bb. (II, 549)<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">La premi\u00e8re de ces filles, raconte lui-m\u00eame M. Vin\u00adcent, fut une pauvre fille de village (&#8230;). Cette pauvre fille s&rsquo;\u00e9tait donn\u00e9e \u00e0 Dieu pour instruire \u00e0 sa connais\u00adsance les petits enfants de son village, et, tout en gardant les vaches elle avait appris \u00e0 lire presque toute seule. Cette bonne fille entendant dire que l&rsquo;on assistait les malades \u00e0 Paris, d\u00e9sira les servir. Nous la f\u00eemes venir, et elle fut mise sous la direction de Mlle Le Gras et au service des pauvres malades, \u00e0 Saint-Nicolas du Chardonnet. (IX, 244-245).<\/p>\n<p>Le 31 juillet 1634, douze filles \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9unies autour de Louise de Marillac. Et M. Vincent leur exposa les buts et le mode de vie de leur nouvelle Compagnie. \u00ab La Providence vous a toutes douze ici assembl\u00e9es et, ce semble, avec dessein que vous hono\u00adriez sa vie humaine sur la terre. \u00bb Apr\u00e8s quoi il dresse le plan d&rsquo;une journ\u00e9e des filles de la Charit\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Votre lever sera donc \u00e0 cinq heures, tant que les affaires de la Charit\u00e9 pourront permettre que vous vous couchiez \u00e0 dix, car il vous faut conserver pour le service des pauvres et donner \u00e0 votre corps ses justes n\u00e9cessit\u00e9s&#8230; La premi\u00e8re chose que vous devez faire \u00e9tant lev\u00e9es et un peu v\u00eatues est de vous mettre \u00e0 genoux pour adorer Dieu&#8230; Apr\u00e8s vous \u00eatre habill\u00e9es et avoir fait votre lit, vous vous mettrez \u00e0 l&rsquo;oraison. O mes filles, c&rsquo;est le centre de la d\u00e9votion et vous devez beaucoup d\u00e9sirer de vous y bien habituer. Non, ne craignez pas que de pauvres filles de village, ignorantes comme vous pensez \u00eatre, ne doivent pas pr\u00e9tendre \u00e0 ce saint exercice&#8230; Commencez toujours toutes vos pri\u00e8res par la pr\u00e9sence de Dieu&#8230; Allez \u00e0 <i>la <\/i>sainte messe tous les jours ; mais allez-y avec une grande d\u00e9votion. (IX, 2-5).<\/p>\n<p>Mais le service des pauvres est \u00e0 ses yeux ce qui commande tout.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Mes filles, sachez que, quand vous quitterez l&rsquo;orai\u00adson et la sainte messe pour le service des pauvres ; vous n&rsquo;y perdrez rien, puisque c&rsquo;est aller \u00e0 Dieu que servir les pauvres, et vous devez regarder Dieu en leurs personnes. Soyez doncques bien soigneuses de tout ce qui leur est n\u00e9cessaire et veillez particuli\u00e8re ment \u00e0 l&rsquo;aide que vous pouvez leur donner pour leur salut.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Ne vous courroucez jamais contre eux et ne leur ditez point de paroles rudes ; ils ont assez \u00e0 faire de souffrir leur mal. (IX, 6). Le temps qui vous restera apr\u00e8s le service des malades, vous le devez bien employer : ne soyez jamais sans rien faire ; \u00e9tudiez-vous \u00e0 apprendre \u00e0 lire. (IX, 7) non pas, dit-iI, pour votre utilit\u00e9 particuli\u00e8re, mais pour pouvoir enseigner, donc rendre service \u00e0 d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>M. Vincent ne cache pas \u00e0 ses filles qu&rsquo;elles inau\u00adgurent dans l&rsquo;Eglise une forme de vie qui est tout \u00e0 la fois nouvelle et fort ancienne. \u00ab Vous avez le bonheur d&rsquo;\u00eatre les premi\u00e8res appel\u00e9es \u00e0 ce saint exer\u00adcice, vous, pauvres villageoises et filles d&rsquo;artisans. Depuis le temps des femmes qui servaient le Fils de Dieu et les ap\u00f4tres, il ne s&rsquo;est fait en l&rsquo;Eglise de Dieu aucun \u00e9tablissement pour ce sujet \u00bb. (IX, 15.16)<\/p>\n<p>De son temps, en effet, la vie religieuse pour les femmes ne se concevait gu\u00e8re que dans le clo\u00eetre. \u00ab Qui dit <i>religieuse <\/i>dit <i>clo\u00eetr\u00e9e, <\/i>et les Filles de la Charit\u00e9 doivent aller partout \u00bb. (X, 658)<\/p>\n<p>C&rsquo;est que M. Vincent n&rsquo;a pas oubli\u00e9 la m\u00e9saven\u00adture survenue \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Gen\u00e8ve, saint Fran\u00e7ois de Sales. Celui-ci avait envisag\u00e9 de fonder une Con\u00adgr\u00e9gation de religieuses qui, \u00e0 l&rsquo;exemple de la Vierge allant visiter sa cousine Elisabeth, se feraient visi\u00adteuses des pauvres. Tel fut le premier dessein de la Visitation. Mais le doux savoyard capitula devant les objections des canonistes. Ses religieuses furent clo\u00eetr\u00e9es comme les autres. La Gascogne au service de la charit\u00e9 ouvrit une br\u00e8che par laquelle devait s&rsquo;en\u00adgouffrer par centaines ces Congr\u00e9gations de religieuses aux robes de toutes couleurs, grises, blanches, noires, ou brunes, qui se sont, depuis, multipli\u00e9es dans toutes les voies de la charit\u00e9.<\/p>\n<p>M. Vincent a parfaitement conscience de la nou\u00adveaut\u00e9 de son entreprise mais non moins de son enracinement dans la plus ancienne et la plus authen\u00adtique tradition chr\u00e9tienne. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des la\u00efques r\u00e9unis dans les Confr\u00e9ries de Charit\u00e9 ou des Filles de la Charit\u00e9, il y voit un retour aux diaconesses des pre\u00admiers si\u00e8cles. S&rsquo;adressant aux Dames de la Charit\u00e9 de l&rsquo;H\u00f4tel-Dieu, il leur d\u00e9clare :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Il y a 800 ans, environ, que les femmes n&rsquo;ont point eu d&#8217;emploi public dans l&rsquo;Eglise ; il y en avait aupa\u00adravant qu&rsquo;on appelait diaconnesses&#8230; Mais, vers le temps de Charlemagne, cet usage cessa et votre sexe fut priv\u00e9 de tout emploi, sans que depuis il en ait eu aucun, et voil\u00e0 que cette m\u00eame Providence s&rsquo;adresse aujourd&rsquo;hui \u00e0 quelques-uns d&rsquo;entre vous, pour suppl\u00e9er \u00e0 ce qui manquait aux pauvre malades de l&rsquo;H\u00f4tel-Dieu. (XIII, 81o).<\/p>\n<p>Pour justifier la prise en charge de la Compagnie des Filles de la Charit\u00e9 par les pr\u00eatres de la Mission, il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;exemple de son Ma\u00eetre J\u00e9sus-Christ :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Le Fils de Dieu, n&rsquo;est-il pas venu pour \u00e9vang\u00e9liser les pauvres, faire des pr\u00eatres ? Oui. Ne les pas conduites \u00e0 la perfection et \u00e0 l&rsquo;assistance des pauvres ? Oui. Si donc Notre Seigneur a fait cela, Lui qui a tout fait pour notre instruction, ne penserons-nous pas bien faire de le suivre ? Voyez Messieurs et mes fr\u00e8res, quelle b\u00e9n\u00e9diction de Dieu de nous trouver en l&rsquo;\u00e9tat que le Fils du P\u00e8re Eternel s&rsquo;est trouv\u00e9, de diriger des femmes, comme lui, qui rendent service \u00e0 Dieu et au public dans les meilleures mani\u00e8res, que des pauvres filles sont capables de le faire. (XII, 86).<\/p>\n<p>Par l\u00e0, se r\u00e9v\u00e8le un trait profond de l&rsquo;esprit de Vin\u00adcent de Paul. Toutes les questions qu&rsquo;il se pose, tous les probl\u00e8mes qui surgissent trouvent pour lui leur solution dans un retour \u00e0 l&rsquo;Evangile. L&rsquo;exemple de J\u00e9sus-Christ, voil\u00e0 son argument supr\u00eame.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Pour \u00eatre vraies Filles de la Charit\u00e9, il faut faire ce que le Fils de Dieu a fait sur terre. Et qu&rsquo;a-t-il fait principalement ? Apr\u00e8s avoir soumis sa volont\u00e9 en ob\u00e9issant \u00e0 la sainte Vierge et \u00e0 saint Joseph, il a continuellement travaill\u00e9 pour le prochain, visitant et gu\u00e9rissant les malades, instruisant les ignorants pour leur salut. (IX, 15).<\/p>\n<p>Mais, en m\u00eame temps qu&rsquo;il se r\u00e9f\u00e8re aux origines du Christianisme et \u00e0 l&rsquo;Evangile, il s&rsquo;applique \u00e0 en transposer les le\u00e7ons \u00e0 son temps, \u00e0 les ajuster aux besoins de ses contemporains. C&rsquo;est pourquoi il d\u00e9gage l&rsquo;essence de la vie religieuse des formes contingentes dans lesquelles certains l&rsquo;avaient, au cours des \u00e2ges, cristallis\u00e9e. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;essentiel le style de vie des Filles de la Charit\u00e9.<\/p>\n<p>Elles n&rsquo;auront \u00ab pour monast\u00e8re que la maison des malades et celle o\u00f9 r\u00e9side la sup\u00e9rieure ; pour cellule, une chambre de louage ; \u2014 pour chapelle, l&rsquo;\u00e9glise de la paroisse ; \u2014 pour cl\u00f4ture, l&rsquo;ob\u00e9issance, ne devant aller que chez les malades ou aux lieux n\u00e9cessaires pour leur service ; \u2014 pour grille, la crainte de Dieu ; \u2014 pour voile, la sainte modestie \u00bb. (X, 551). Quant au costume, \u00ab elles sont toutes habill\u00e9es de la m\u00eame fa\u00e7on, \u00e0 la villageoise \u00bb (XIII, 554). \u00ab En cela, ajoute-t-il, vous \u00eates plus semblables \u00e0 Notre Sei\u00adgneur \u00bb. (X, 662).<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 pour lui l&rsquo;essentiel. Or, J\u00e9sus a v\u00e9cu en pleine vie des hommes, m\u00eal\u00e9 \u00e0 leurs occupations, \u00e0 leurs soucis de chaque jour. Vincent de Paul n&rsquo;en est pas moins p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 qu&rsquo;un Charles de Foucault.<\/p>\n<p>Sans doute, il n&rsquo;\u00e9tait pas le premier ni le seul en son temps \u00e0 penser ainsi. Aux si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents, les tiers-ordres franciscain et dominicain avaient, d\u00e9j\u00e0, large\u00adment et profond\u00e9ment fait p\u00e9n\u00e9trer dans le monde des la\u00efcs la pratique des plus hautes vertus \u00e9vang\u00e9liques et la recherche de la perfection spirituelle. La m\u00eame pr\u00e9occupation hantait ces la\u00efcs et ces clercs qui se ren\u00adcontraient avec B\u00e9rulle, dans le salon de Mme Acarie. Nous avons dit tout ce que Vincent dut \u00e0 leur in\u00adfluence dans ses d\u00e9buts \u00e0 Paris. S&rsquo;il se ref\u00e8re avec pr\u00e9\u00addilection aux oeuvres et aux exemples de saint Fran\u00e7ois de Sales, il aime aussi reconna\u00eetre tout ce qu&rsquo;il emprunte aux Constitutions, aux exp\u00e9riences et aux enseignements de la Compagnie de J\u00e9sus, notamment au P. Saint Jure \u00ab qui a fait, dit-il, de si belles m\u00e9di\u00adtations dont nous faisons lecture \u00bb. (IX, 109)<\/p>\n<p>Mais, \u00e0 tous ces apports, il ajoute une vision sin\u00adguli\u00e8rement concr\u00e8te et r\u00e9aliste des besoins de son temps, des possibilit\u00e9s et des urgences du moment. En cela, il d\u00e9passe tout en les prolongeant nombre de ses pr\u00e9curseurs.<\/p>\n<p>Sans rien exag\u00e9rer, on peut dire que toutes les formules actuelles d&rsquo;action catholique et d&rsquo;apostolat des la\u00efques comme celle des instituts s\u00e9culiers et des petits fr\u00e8res et soeurs de J\u00e9sus furent adopt\u00e9s par saint Vincent de Paul avec une clairvoyance et un r\u00e9alisme inspir\u00e9s tout \u00e0 la fois par la m\u00e9ditation cons\u00adtante de l&rsquo;Evangile et une vision p\u00e9n\u00e9trante des besoins de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;ann\u00e9e 1636, celle du Cid mais aussi de Corbie, les premi\u00e8res exp\u00e9riences et les fondations essentielles de M. Vincent atteignent un palier \u00e0 partir duquel elles vont se d\u00e9velopper et rayonner en des directions surprenantes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la cure de Clichy au palais des Gondi Philippe-Emmanuel de Gondi, comte de Joigny, marquis des Iles d&rsquo;Or, Baron de Montmirail, g\u00e9n\u00e9ral des gal\u00e8res et lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du roi \u00e8s mers du Levant, \u00e9tait &#8230; <a href=\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/saint-vincent-de-paul-ou-le-realisme-de-la-charite-3-de-la-cure-de-clichy-au-palais-des-gondi\/\" class=\"more-link\">Read More<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":106810,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-106813","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-vincent-de-paul"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.3 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Saint Vincent de Paul ou le realisme de la charit\u00e9. 3. 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