{"id":108379,"date":"2016-07-21T20:00:14","date_gmt":"2016-07-21T18:00:14","guid":{"rendered":"http:\/\/vincentiens.org\/?p=108379"},"modified":"2016-07-21T20:00:14","modified_gmt":"2016-07-21T18:00:14","slug":"essai-sur-la-philosophie-de-dante-08","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/essai-sur-la-philosophie-de-dante-08\/","title":{"rendered":"Essai sur la philosophie de Dante (08)"},"content":{"rendered":"<h3>SECONDE PARTIE CH. 3\u00a0: Le mal et le bien, dans leur rapprochement et dans leur lutte<\/h3>\n<p>Le mal en toute son horreur, et le bien dans toute sa puret\u00e9, ne sauraient se d\u00e9couvrir qu&rsquo;\u00e0 leur origine et \u00e0 leur terme, situ\u00e9s l&rsquo;un et l&rsquo;autre au del\u00e0 de l&rsquo;horizon du temps. Mais tous deux se sont donn\u00e9 rendez-vous dans le temps, comme sur un terrain libre ; et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;ils se rencontrent, tant\u00f4t oppos\u00e9s, tant\u00f4t confondus. Il convient d&rsquo;\u00e9tudier les circonstances et les effets de cette rencontre, soit dans les vicissitudes de la vie, individuelle ou sociale ; soit dans cette prorogation de la vie, o\u00f9 d&rsquo;efficaces expiations s\u2019accomplissent ; soit dans la nature, qui est le th\u00e9\u00e2tre de tous les faits temporels, et qui se ressent toujours en quelque mani\u00e8re de leur passage.<\/p>\n<p>1 c&rsquo;est ici le lieu de faire conna\u00eetre l&rsquo;intime constitution de l&rsquo;homme, substance commune de tous les ph\u00e9nom\u00e8nes heureux ou funestes qu&rsquo;il pr\u00e9sente, donn\u00e9e n\u00e9cessaire de tous les probl\u00e8mes qui peuvent s\u2019\u00e9lever \u00e0 son sujet. Ici, il n&rsquo;est permis de reculer devant aucun secret, ni ceux de la g\u00e9n\u00e9ration, ni ceux de l&rsquo;union de l&rsquo;\u00e2me et du corps, ni ceux de leur mutuelle s\u00e9paration.<\/p>\n<p>Trois pouvoirs concourent \u00e0 l&rsquo;oeuvre de la g\u00e9n\u00e9ration. D&rsquo;abord, les astres exercent la puissance de leur rayonnement sur la mati\u00e8re, et d\u00e9gagent, des \u00e9l\u00e9ments combin\u00e9s en des conditions favorables, les principes vitaux qui animent les plantes et les b\u00eates. Ensuite, il y a dans l&rsquo;homme une puissance d&rsquo;assimilation qui se communique aux aliments dig\u00e9r\u00e9s, se distribue avec le sang dans tous les membres, et va r\u00e9pandre la f\u00e9condit\u00e9 au dehors.<\/p>\n<p>Enfin, la femme porte en elle une puissance de complexion, qui dispose la mati\u00e8re destin\u00e9e \u00e0 recevoir le bienfait de la naissance. -les veines alt\u00e9r\u00e9es n&rsquo;absorbent pas, dans le travail de la nutrition, tout le sang qui leur est donn\u00e9. Une portion de ce liquide alimentaire, \u00e9pur\u00e9e, s\u00e9journe dans le coeur, s\u2019y impr\u00e8gne plus profond\u00e9ment d&rsquo;une \u00e9nergie assimilatrice ; il fermente, en descend par les canaux o\u00f9 son \u00e9laboration s\u2019ach\u00e8ve ; et, \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 s\u2019accomplit le myst\u00e8re conjugal, le sang du p\u00e8re va f\u00e9conder, actif et organisateur, le sang passif et docile rec\u00e9l\u00e9 dans le sein de la m\u00e8re. L\u00e0, se fa\u00e7onnent les \u00e9l\u00e9ments du corps futur, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;une pr\u00e9paration suffisante les fasse se pr\u00eater \u00e0 l&rsquo;influence c\u00e9leste qui produit en eux la vie. Cette vie, v\u00e9g\u00e9tale d&rsquo;abord, mais progressive, se d\u00e9veloppe par son propre exercice ; elle fait passer l&rsquo;organisme, de l&rsquo;\u00e9tat de plante \u00e0 celui de zoophyte, pour parvenir ensuite \u00e0 la compl\u00e8te animalit\u00e9. L\u00e0, se borne l&rsquo;action des pouvoirs de la nature : la m\u00e8re, qui donne la mati\u00e8re ; le p\u00e8re, qui donne la forme ; les astres, d&rsquo;o\u00f9 vient le principe vital. -pour faire franchir \u00e0 la cr\u00e9ature l&rsquo;intervalle qui s\u00e9pare l&rsquo;animalit\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9, il faut recourir \u00e0 celui qui est le premier moteur. Aussit\u00f4t donc que l&rsquo;organisation du cerveau est arriv\u00e9e \u00e0 son terme, Dieu jette un regard plein d&rsquo;amour sur le grand ouvrage qui vient de s\u2019achever, et souffle sur lui un souffle puissant.<\/p>\n<p>Le souffle divin attire \u00e0 soi le principe d&rsquo;activit\u00e9 qu&rsquo;il rencontre dans le corps de l&rsquo;enfant : des deux il se fait une seule substance, une seule \u00e2me, qui vit, qui sent, et qui se r\u00e9fl\u00e9chit sur elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e2me est donc unique en son essence, car l&rsquo;exercice d&rsquo;une de ses facult\u00e9s, \u00e0 un certain degr\u00e9 d&rsquo;intensit\u00e9, suffit pour l&rsquo;absorber tout enti\u00e8re.<\/p>\n<p>En elle, et distinctes entre elles, unies toutefois et se supposant mutuellement, existent trois puissances, v\u00e9g\u00e9tative, animale, rationnelle : on peut les comparer dans leur ensemble au pentagone qui se compose de trois triangles superpos\u00e9s. L&rsquo;\u00e2me, pr\u00e9sente dans les membres, dans tous les atomes de poussi\u00e8re vivante dont ils sont form\u00e9s, s\u2019y r\u00e9v\u00e8le par l&rsquo;exercice m\u00eame de leurs fonctions. Elle est unie au corps, comme la cause l&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;effet, l&rsquo;acte \u00e0 la puissance, la forme \u00e0 la mati\u00e8re. On la nomme forme substantielle, parce que, seule, elle fait que l&rsquo;homme soit, et que sa seule retraite fait perdre \u00e0 ce merveilleux compos\u00e9 son existence et son nom. Elle a son si\u00e8ge dans le sang ; n\u00e9anmoins, elle fait du cerveau comme un tr\u00e9sor o\u00f9 elle d\u00e9pose les images qu&rsquo;elle veut retenir. C&rsquo;est la face qu&rsquo;elle choisit pour se manifester au dehors : l\u00e0, elle spiritualise la chair, pour la rendre transparente aux clart\u00e9s int\u00e9rieures de la pens\u00e9e ; elle dessine les traits avec une infinie d\u00e9licatesse ; elle cr\u00e9e la physionomie ; elle fait les derniers efforts pour orner et embellir les deux endroits par o\u00f9 surtout elle se r\u00e9v\u00e8le, les yeux et la bouche. On pourrait les appeler les deux balcons, o\u00f9 la reine qui habite l&rsquo;\u00e9difice humain se montre souvent, quoique voil\u00e9e. Enfin ses ministres sont les esprits animaux, vapeurs qui se forment dans le coeur et se r\u00e9pandent par tous les membres, fluides subtils qui entretiennent les communications de l&rsquo;organe c\u00e9r\u00e9bral avec les organes des sens. -mais la reine peut devenir esclave. Il est des d\u00e9fauts de complexion, qui s\u2019opposent au libre d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e2me : il est des natures sombres et grossi\u00e8res, o\u00f9 p\u00e9n\u00e8tre mal le rayon de Dieu. Les r\u00e9volutions du ciel et des saisons obtiennent aussi, par l&rsquo;interm\u00e9diaire des dispositions physiques qu&rsquo;elles produisent, une influence incontestable sur les facult\u00e9s morales. Et, de m\u00eame qu&rsquo;aux quatre \u00e2ges de la vie correspondent pour le corps quatre temp\u00e9raments qui r\u00e9sultent de la combinaison de l&rsquo;humide, du chaud, du sec, et du froid ; de m\u00eame, l&rsquo;\u00e2me a ses quatre phases, dont chacune a son caract\u00e8re distinct, ses charmes et ses tristesses, ses vices plus familiers et ses vertus de pr\u00e9dilection.<\/p>\n<p>La mort interrompt cette harmonie. -mais, entre toutes les opinions brutales r\u00e9pandues parmi les hommes, la plus insens\u00e9e, la plus vile, la plus dangereuse, est celle qui nie l&rsquo;existence d&rsquo;une autre vie. Elle trouve sa condamnation dans la doctrine de tous les sages des plus illustres \u00e9coles, de tous les po\u00e8tes de l&rsquo;antiquit\u00e9, de toutes les religions du monde, de toutes les soci\u00e9t\u00e9s qui vivent soumises \u00e0 des lois ; dans cet espoir d&rsquo;une autre vie, que la nature a d\u00e9pos\u00e9 au fond de toutes les \u00e2mes, et qui ne saurait \u00eatre mensonger sans accuser une contradiction impossible au sein du plus parfait ouvrage de la cr\u00e9ation ; dans l&rsquo;exp\u00e9rience des songes et des visions, o\u00f9 nous sommes en rapport avec des \u00eatres immortels ; enfin, dans les dogmes de la foi chr\u00e9tienne, dont la certitude l&#8217;emporte sur toute autre, parce qu&rsquo;elle \u00e9mane de celui-l\u00e0 m\u00eame qui nous d\u00e9part l&rsquo;immortalit\u00e9. -quand donc l&rsquo;\u00e2me se d\u00e9tache de sa chair d\u00e9faillante, elle emporte avec elle toutes les facult\u00e9s divines et humaines qui lui appartinrent : les premi\u00e8res, c&rsquo;est-\u00e0-dire, la m\u00e9moire, l&rsquo;intelligence, et la volont\u00e9, devenues plus actives ; les secondes, c&rsquo;est-\u00e0-dire, toutes celles qui se r\u00e9unissent sous le nom de sensibilit\u00e9, enti\u00e8rement inertes. Son m\u00e9rite, ou son d\u00e9m\u00e9rite, comme une force qui l&rsquo;entra\u00eene, d\u00e9termine le s\u00e9jour de ch\u00e2timent, d&rsquo;expiation, ou de r\u00e9compense qu&rsquo;elle occupera. Aussit\u00f4t parvenue au lieu qui lui est assign\u00e9, elle exerce autour d&rsquo;elle, dans l&rsquo;air ambiant, la puissance informante dont elle est dou\u00e9e. Et, comme l&rsquo;atmosph\u00e8re humide se colore des rayons qui s\u2019y r\u00e9fl\u00e9chissent, ainsi l&rsquo;air subit la forme nouvelle qui lui est imprim\u00e9e : il en r\u00e9sulte un corps subtil o\u00f9 chaque sens a son organe, chaque pens\u00e9e son expression ext\u00e9rieure ; o\u00f9 l&rsquo;\u00e2me recouvre les fonctions de sa vie animale, et r\u00e9v\u00e8le sa pr\u00e9sence par la parole, par le sourire, ou par les larmes. C&rsquo;est l\u00e0 ce que d\u00e9signaient les anciens par ces ombres dont ils peuplaient le royaume de la mort : c&rsquo;est l&rsquo;opinion de plusieurs philosophes plus r\u00e9cents, qui ne con\u00e7oivent pas la possibilit\u00e9 des souffrances et des jouissances hors d&rsquo;une enveloppe corporelle. Mais l&rsquo;ombre doit se dissiper un jour devant la r\u00e9alit\u00e9, et ces corps fugitifs faire place \u00e0 ceux qui, ranim\u00e9s, sortiront du tombeau ; car, si la corruptibilit\u00e9 est la loi commune des cr\u00e9atures, elle l&rsquo;est de celles seulement qui sont l&rsquo;ouvrage d&rsquo;autres \u00eatres cr\u00e9\u00e9s : ainsi p\u00e9rissent les choses que produit le concours de la mati\u00e8re premi\u00e8re et de l&rsquo;influence astrale ; mais ainsi ne p\u00e9rissent point celles qui sortent imm\u00e9diatement des mains du cr\u00e9ateur. L&rsquo;\u00e9ternel ne communique pas une vie tarissable : l&rsquo;humanit\u00e9 est son oeuvre ; l&rsquo;humanit\u00e9 tout enti\u00e8re, \u00e2me et corps, fut form\u00e9e de ses mains, anim\u00e9e de son souffle, au sixi\u00e8me jour du monde ; au dernier jour, tout enti\u00e8re, corps et \u00e2me, elle revivra.<\/p>\n<p>2 une analyse d\u00e9taill\u00e9e nous fera p\u00e9n\u00e9trer plus avant dans la connaissance de nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>Parmi les ph\u00e9nom\u00e8nes intellectuels, les premiers, qu&rsquo;on peut appeler \u00e9l\u00e9mentaires, sont les sensations ; et, entre celles-ci, les plus compliqu\u00e9es sont celles de la vue. Les objets eux-m\u00eames ne viennent point r\u00e9ellement visiter l&rsquo;oeil : ce sont leurs formes qui se transmettent, par une sorte d&rsquo;impulsion, \u00e0 travers l&rsquo;air diaphane ; elles vont s\u2019arr\u00eater dans le liquide de la pupille, o\u00f9 elles se r\u00e9fl\u00e9chissent comme en un miroir. L\u00e0, elles sont accueillies par les esprits animaux affect\u00e9s au service de la vision, qui les transmettent \u00e0 leur tour et les repr\u00e9sentent au cerveau : et c&rsquo;est ainsi que nous voyons. Toute sensation s\u2019accomplit, de la sorte, par une communication de l&rsquo;objet au cerveau, \u00e0 travers un ou plusieurs milieux continus. La partie ant\u00e9rieure du visc\u00e8re c\u00e9r\u00e9bral est la source commune de la sensibilit\u00e9. L\u00e0 r\u00e9side ce sens commun, o\u00f9 toutes les impressions re\u00e7ues par les organes se ram\u00e8nent et se comparent. Toutefois la pr\u00e9dominance de l&rsquo;une de ces impressions efface les autres : l&rsquo;\u00e2me, retenue par le charme d&rsquo;un spectacle qui enchante les yeux ne s\u2019aper\u00e7oit pas de la fuite du temps, que l&rsquo;horloge fid\u00e8le annonce \u00e0 l&rsquo;oreille. La sensibilit\u00e9 se prolonge, en quelque mani\u00e8re, par le secours de l&rsquo;imagination. Et n\u00e9anmoins, l&rsquo;imagination, affranchie des influences de la terre, peut s\u2019\u00e9clairer d&rsquo;une clart\u00e9 c\u00e9leste. Souvent elle nous ravit, hors de nous-m\u00eames, jusqu&rsquo;\u00e0 rester sourds au bruit de mille trompettes qui sonneraient \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s. -enfin, les sensations n&rsquo;indiquent, au premier abord, que des qualit\u00e9s sensibles ; et cependant, elles trahissent certaines dispositions de l&rsquo;objet d&rsquo;o\u00f9 elles \u00e9manent ; elles sont accompagn\u00e9es d&rsquo;un sentiment d&rsquo;utilit\u00e9 ou de p\u00e9ril.<\/p>\n<p>Il y a donc une facult\u00e9 qui s\u2019empare d&rsquo;elles, qui d\u00e9gage et saisit les rapports implicitement per\u00e7us, et les propose aux op\u00e9rations de l&rsquo;entendement : on l&rsquo;appelle, en ramenant \u00e0 sa valeur primitive un nom depuis longtemps d\u00e9natur\u00e9, appr\u00e9hension. -ainsi, le fait sensible est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment n\u00e9cessaire de toute notion intelligible. Cette initiative des sens dans les op\u00e9rations de l&rsquo;esprit humain est une des fatalit\u00e9s de notre nature, la cause principale de notre faiblesse ; c&rsquo;est, en m\u00eame temps, chose merveilleuse, la condition de notre perfectionnement rationnel, et, par cons\u00e9quent, de notre grandeur.<\/p>\n<p>L&rsquo;imagination et l&rsquo;appr\u00e9hension marquent deux points de transition entre la passivit\u00e9 et l&rsquo;activit\u00e9. Au dessus de cette premi\u00e8re et basse r\u00e9gion de l&rsquo;\u00e2me, troubl\u00e9e par des apparitions importunes et souvent mensong\u00e8res, s\u2019\u00e9l\u00e8ve la r\u00e9gion sup\u00e9rieure o\u00f9 tout est spontan\u00e9, pur, et radieux. Les anciens l&rsquo;appel\u00e8rent <em>mens <\/em>: par elle, l&rsquo;homme se distingue des animaux. On y peut d\u00e9couvrir diverses facult\u00e9s : celle qui constitue la science, celle qui conseille, celle qui invente, et celle qui juge. On peut aussi opposer entre eux l&rsquo;intellect, qui marche hardiment \u00e0 la recherche de l&rsquo;inconnu, et la m\u00e9moire, qui revient sur les traces laiss\u00e9es par son infatigable devanci\u00e8re, sans pouvoir toujours les suivre jusqu&rsquo;au bout. On peut encore distinguer l&rsquo;intellect actif, et l&rsquo;intellect passif. L&rsquo;intellect actif \u00e9labore et combine les perceptions re\u00e7ues ; il les \u00e9l\u00e8ve \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de notions, et combine les notions \u00e0 leur tour. La pens\u00e9e se pense elle-m\u00eame ; toutefois, elle s\u2019ignore \u00e0 sa naissance : c&rsquo;est par un travail prolong\u00e9 qu&rsquo;elle prend connaissance et possession de soi ; l&rsquo;activit\u00e9, port\u00e9e \u00e0 son degr\u00e9 le plus haut, devient r\u00e9flexion. L&rsquo;intellect passif contient en puissance les formes universelles, telles qu&rsquo;elles existent en acte dans la pens\u00e9e divine. C&rsquo;est par lui que toutes choses peuvent \u00eatre comprises ; il demeure donc n\u00e9cessairement ind\u00e9termin\u00e9, susceptible de modifications diverses ; et on l&rsquo;appelle aussi l&rsquo;intellect possible.<\/p>\n<p>Il faut reconna\u00eetre encore, dans l&rsquo;esprit humain, d&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments qui offrent un caract\u00e8re passif.<\/p>\n<p>On y aper\u00e7oit des id\u00e9es premi\u00e8res, dont on ne saurait expliquer l&rsquo;origine ; des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9videntes, qui se croient sans se d\u00e9montrer. Et si l&rsquo;on refuse de les avouer inn\u00e9es, du moins est-on contraint d&rsquo;admettre comme telles les facult\u00e9s qui composent le fond de notre \u00eatre. Il y a donc des principes qui ne nous viennent point du dehors, et que nous ne nous sommes point donn\u00e9s. Il y a une cr\u00e9ation int\u00e9rieure continuelle, qui annonce la pr\u00e9sence invisible de la divinit\u00e9. Par en haut comme par en bas, par la raison comme par les sens, l&rsquo;homme touche \u00e0 ce qui n&rsquo;est pas lui, et trouve des limites qui resserrent son ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Ces faits constat\u00e9s serviront \u00e0 marquer la route qui conduira, de l&rsquo;ignorance et de l&rsquo;erreur, \u00e0 la science v\u00e9ritable. Le premier acte d&rsquo;une \u00e9tude consciencieuse sera de fixer les bornes o\u00f9 elle doit s\u2019arr\u00eater, et au del\u00e0 desquelles il serait t\u00e9m\u00e9raire de vouloir poursuivre la raison des choses. Le second sera d&rsquo;abdiquer les pr\u00e9jug\u00e9s ant\u00e9rieurement admis ; car ceux qui n&rsquo;ont rien appris parviennent \u00e0 des habitudes vraiment philosophiques plus facilement que d&rsquo;autres qui, avec de longs enseignements, ont re\u00e7u beaucoup d&rsquo;opinions fausses.<\/p>\n<p>Ces conditions pr\u00e9liminaires \u00e9tant remplies, il est permis de commencer des recherches efficaces.<\/p>\n<p>Le sage puisera d&rsquo;abord aux sources de l&rsquo;observation ; puis, il s\u2019avancera lentement dans les voies du raisonnement ; il portera du plomb \u00e0 ses pieds : jamais il ne franchira, sans chercher l&rsquo;appui d&rsquo;une distinction secourable, les deux pas difficiles de l&rsquo;affirmation et de la n\u00e9gation. Il ne se laissera pas retenir par les distractions qu&rsquo;il rencontrera sur son chemin : si des pens\u00e9es nouvelles viennent, en quelque sorte, croiser les pens\u00e9es premi\u00e8res, elles se retardent mutuellement dans leur marche et s\u2019\u00e9loignent du but. Trois mots r\u00e9sument ces pr\u00e9ceptes : exp\u00e9rience, prudence, pers\u00e9v\u00e9rance. -on entre par l\u00e0 dans cette calme possession du vrai qui constitue la certitude. La certitude repose sur des bases diff\u00e9rentes, selon les divers ordres de connaissances o\u00f9 elle se rencontre. Elle est dans le t\u00e9moignage des sens, lorsqu&rsquo;il porte sur les objets propres \u00e0 chacun d&rsquo;eux ; elle est dans ces axiomes ind\u00e9montrables indiqu\u00e9s nagu\u00e8re ; elle est dans le consentement unanime des hommes, sur les questions du domaine de la raison : car l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une d\u00e9ception universelle, qui envelopperait le genre humain dans un invincible aveuglement, serait un blasph\u00e8me horrible \u00e0 prononcer. Toutefois, au pied des v\u00e9rit\u00e9s connues, \u00e9closent toujours de nouveaux doutes, comme, au pied des arbres, poussent de nouveaux rejetons. La certitude reste toujours entour\u00e9e de t\u00e9n\u00e8bres humaines. La seule lumi\u00e8re qui n&rsquo;ait pas d&rsquo;ombre est celle de la foi.<\/p>\n<p>3 dans l&rsquo;ordre moral, les premiers faits qui se rencontrent sont encore du nombre de ceux o\u00f9 l&rsquo;\u00e2me se montre passive : c&rsquo;est pourquoi on les nomme excellemment passions. Il serait long de les \u00e9num\u00e9rer. Mais toutes se ram\u00e8nent \u00e0 des dispositions ant\u00e9rieures, qu&rsquo;on appelle app\u00e9tits. Il y a trois sortes d&rsquo;app\u00e9tits : le premier, naturel, qui n&rsquo;a point conscience de soi, et qui est la tendance irr\u00e9sistible de tous les \u00eatres physiques \u00e0 la satisfaction de leurs besoins ; le second, sensitif, qui a son mobile externe dans les choses sensibles, et qui est concupiscible, ou irascible, tour \u00e0 tour ; le troisi\u00e8me, intellectuel, dont l&rsquo;objet n&rsquo;est appr\u00e9ciable qu&rsquo;\u00e0 la pens\u00e9e. Ces app\u00e9tits eux-m\u00eames peuvent se r\u00e9duire \u00e0 un seul principe commun : l&rsquo;amour. Depuis le cr\u00e9ateur jusqu&rsquo;\u00e0 la plus humble des cr\u00e9atures, rien n&rsquo;\u00e9chappe \u00e0 la grande loi de l&rsquo;amour. Les corps simples tendent par l&rsquo;attraction, qui est une sorte d&rsquo;amour, au point de l&rsquo;espace qui leur fut destin\u00e9. Les corps compos\u00e9s ont une sympathie, un amour du m\u00eame genre que le pr\u00e9c\u00e9dent, pour les lieux o\u00f9 ils se form\u00e8rent : ils y acqui\u00e8rent la pl\u00e9nitude de leur d\u00e9veloppement ; ils en tirent toutes leurs vertus.<\/p>\n<p>Les plantes manifestent d\u00e9j\u00e0 une pr\u00e9f\u00e9rence, un amour plus marqu\u00e9, pour les climats, les expositions, les terrains plus favorables \u00e0 leur complexion. Les animaux donnent des signes d&rsquo;un attachement plus vif, d&rsquo;un amour ais\u00e9ment reconnaissable, qui les rapproche entre eux et quelquefois les rapproche de l&rsquo;homme. L&rsquo;homme enfin est dou\u00e9 d&rsquo;un amour qui lui est propre pour les choses honn\u00eates et parfaites, ou plut\u00f4t, comme sa nature tient \u00e0 la fois de la simplicit\u00e9 et de l&rsquo;immensit\u00e9 de la nature divine, l&rsquo;homme r\u00e9unit en lui tous ces genres d&rsquo;amour ; de m\u00eame que les corps simples, il c\u00e8de \u00e0 l&rsquo;attraction qui agit sur lui par la pesanteur ; il emprunte aux corps compos\u00e9s la sympathie qu&rsquo;il ressent pour le lieu de sa naissance ; ainsi que les plantes, il a des pr\u00e9f\u00e9rences pour les aliments favorables \u00e0 sa sant\u00e9 ; \u00e0 l&rsquo;exemple des animaux, il s\u2019attache aux apparences qui flattent les sens ; enfin, et c&rsquo;est l\u00e0 sa pr\u00e9rogative humaine, ou, pour mieux dire, ang\u00e9lique, il aime la v\u00e9rit\u00e9 et la vertu.<\/p>\n<p>Or, les trois premi\u00e8res sortes d&rsquo;amour sont l&rsquo;oeuvre de la n\u00e9cessit\u00e9 ; dans les deux derniers seulement, qui \u00e9manent des sens et de l&rsquo;intelligence, l&rsquo;\u00eatre moral se retrouve. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;une exploration plus attentive fera d\u00e9couvrir le point o\u00f9 la passivit\u00e9 finit, o\u00f9 l&rsquo;activit\u00e9 commence.<\/p>\n<p>Aussit\u00f4t qu&rsquo;un objet se pr\u00e9sente, capable de plaire, il nous r\u00e9veille par une sensation de plaisir. La facult\u00e9, qu&rsquo;on nomme appr\u00e9hension, entre en exercice ; elle per\u00e7oit le rapport de l&rsquo;objet avec nos besoins ; elle le d\u00e9veloppe, jusqu&rsquo;\u00e0 faire que l&rsquo;\u00e2me se retourne vers lui et s\u2019y incline : cette inclination est l&rsquo;amour ; et le plaisir nouveau, dont cette modification est accompagn\u00e9e, nous la rend ch\u00e8re et en m\u00eame temps durable. Puis, l&rsquo;\u00e2me \u00e9branl\u00e9e entre en mouvement : ce mouvement spirituel est le d\u00e9sir ; ce d\u00e9sir ne trouve de repos que dans la jouissance, c&rsquo;est-\u00e0-dire ; dans la possession de l&rsquo;objet aim\u00e9.<\/p>\n<p>Tel est le fait universel ; telle est, pour parler le langage de l&rsquo;\u00e9cole, la mati\u00e8re de l&rsquo;amour, toujours bonne en elle-m\u00eame ; car c&rsquo;est l&rsquo;ouvrage d&rsquo;une disposition sp\u00e9cifique naturelle, qui ne se r\u00e9v\u00e8le que par ses effets, et dont le premier acte, instantan\u00e9 et irr\u00e9fl\u00e9chi, n&rsquo;est digne ni de louange, ni de bl\u00e2me. -mais l&rsquo;amour devient vertueux, ou coupable, selon le choix qu&rsquo;il fait entre les choses qui le sollicitent. Avant que l&rsquo;\u00e2me rev\u00eat\u00eet les formes corporelles sous lesquelles elle devait devenir enfant, Dieu la regarda avec complaisance.<\/p>\n<p>Heureux lui-m\u00eame, il lui communiqua l&rsquo;impulsion qui la fait revenir \u00e0 lui, en cherchant le bonheur ; il ne cesse de l&rsquo;attirer encore, en faisant luire devant elle les rayons de son \u00e9ternelle clart\u00e9. Elle, \u00e0 son tour, ne saurait pas plus s\u2019emp\u00eacher de l&rsquo;aimer, qu&rsquo;elle ne saurait se ha\u00efr elle-m\u00eame. Si elle participe plus que tout \u00eatre terrestre \u00e0 la nature divine, et s\u2019il est de la nature divine de vouloir exister, l&rsquo;\u00e2me aussi veut exister : elle le veut, de toute l&rsquo;\u00e9nergie qui est en elle ; et, comme son existence tout enti\u00e8re d\u00e9pend de Dieu, elle veut naturellement lui \u00eatre unie pour assurer son existence. Puis, les attributs de Dieu se r\u00e9fl\u00e9chissant dans les qualit\u00e9s et les vertus humaines, quand l&rsquo;\u00e2me les d\u00e9couvre dans une autre \u00e2me sa pareille, elle s\u2019y unit spirituellement, elle l&rsquo;aime aussi. Enfin, la cr\u00e9ation tout enti\u00e8re lui appara\u00eet comme le champ qui garde les traces de l&rsquo;\u00e9ternel cultivateur, et chaque cr\u00e9ature comme digne d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9e selon la mesure du bien qu&rsquo;il a produit en elle. Telle est la forme l\u00e9gitime de l&rsquo;amour : elle consiste dans cette juste proportion de nos affections, qui les fait se porter d&rsquo;abord vers le bien supr\u00eame, et se mesurer elles-m\u00eames pour les biens inf\u00e9rieurs. L&rsquo;amour peut prendre des formes moins pures. L&rsquo;\u00e2me ignorante, aux premi\u00e8res et plus viles jouissances qu&rsquo;elle rencontre, s\u2019y trompe, et les poursuit avec une ardeur t\u00e9m\u00e9raire.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres fois, elle se ralentit dans la recherche du bien v\u00e9ritable, ou, plus malheureuse encore, elle se d\u00e9tourne vers le mal. On a d\u00e9j\u00e0 vu comment, de ces trois sortes d&rsquo;aberrations, d\u00e9rivent les sept iniquit\u00e9s capitales.<\/p>\n<p>Il est donc vrai de dire que l&rsquo;amour est la semence commune de la justice et du p\u00e9ch\u00e9. Comment raconter tous les fruits bons, ou mauvais, qu&rsquo;il portera : la jalousie, le soin de la conservation de l&rsquo;objet aim\u00e9, le z\u00e8le de sa gloire, enfin l&rsquo;union avec lui, l&rsquo;union qui assimile deux \u00eatres entre eux et les confond en un ? Comment d\u00e9crire l&rsquo;action bienfaisante, r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratrice, d&rsquo;une tendresse chaste ? Comment expliquer la contagion r\u00e9ciproque des affections sensuelles ? En op\u00e9rant dans le secret des coeurs de si \u00e9tonnantes r\u00e9volutions, l&rsquo;amour, quelque passif qu&rsquo;il soit \u00e0 son origine, se montre actif en ses r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Mais, si cette activit\u00e9 ne se d\u00e9termine qu&rsquo;en pr\u00e9sence des sollicitations du monde ext\u00e9rieur, peut-on dire qu&rsquo;elle soit libre ? -une opinion commune et trompeuse attribue tous nos actes \u00e0 des astres, comme si le ciel entra\u00eenait tous les \u00eatres dans une direction n\u00e9cessaire. Le ciel exerce sans doute une sorte d&rsquo;initiative sur la plupart des mouvements de notre sensibilit\u00e9 ; mais cette initiative peut rencontrer en nous une r\u00e9sistance qui, laborieuse d&rsquo;abord, devient invincible apr\u00e8s avoir fid\u00e8lement combattu. Une puissance plus grande, celle de Dieu, agit sur nous sans nous contraindre. En nous il a cr\u00e9\u00e9 cette partie meilleure de nous-m\u00eames, qui n&rsquo;est point soumise aux influences du ciel. Il nous a d\u00e9parti la volont\u00e9 libre : et ce don, le plus excellent, le plus digne de sa bont\u00e9, le plus pr\u00e9cieux \u00e0 ses regards, toutes les cr\u00e9atures intelligentes, et elles seules, l&rsquo;ont re\u00e7u. La volont\u00e9 ne saurait fl\u00e9chir que par sa propre d\u00e9termination ; pareille \u00e0 la flamme, que les efforts r\u00e9p\u00e9t\u00e9s d&rsquo;une force \u00e9trang\u00e8re ne peuvent contraindre \u00e0 descendre contre l&rsquo;essor naturel qui la fait monter. Souvent, il est vrai, la volont\u00e9 semble c\u00e9der \u00e0 la violence ; mais c&rsquo;est encore en vertu de son choix ; c&rsquo;est un mal qu&rsquo;elle subit par la crainte d&rsquo;un mal plus grand. Il est encore vrai que les mouvements instinctifs \u00e9chappent \u00e0 son empire, et que, souvent malgr\u00e9 elle, le sourire et les larmes trahissent les plus secr\u00e8tes pens\u00e9es. Mais, hors de ces circonstances, elle demeure souveraine dans son \u00e9lection : plac\u00e9e en pr\u00e9sence de deux objets qui exerceraient sur elle un \u00e9gal attrait, elle demeurerait \u00e9ternellement ind\u00e9cise. Il faut donc admettre, avec la volont\u00e9, une facult\u00e9 qui la conseille, et qui veille sur le seuil de l&rsquo;assentiment, pour accueillir, ou rejeter, les affections bonnes, ou mauvaises. Ainsi, en supposant qu&rsquo;une n\u00e9cessit\u00e9 fatale pr\u00e9side en nous \u00e0 la naissance de l&rsquo;amour, en nous aussi est une puissance capable de contenir ses d\u00e9bordements.<\/p>\n<p>Or, le conseil qui assiste \u00e0 nos d\u00e9cisions, c&rsquo;est le discernement. C&rsquo;est lui qui saisit les diff\u00e9rences des actes, en tant qu&rsquo;ils sont coordonn\u00e9s \u00e0 une fin : on peut l&rsquo;appeler l&rsquo;oeil de l&rsquo;\u00e2me, le plus beau rameau qui surgisse de la racine de la raison.<\/p>\n<p>C&rsquo;est par lui que l&rsquo;ordre moral se rattache \u00e0 l&rsquo;ordre intellectuel : la volont\u00e9 ne peut, en effet, agir sans le concours de l&rsquo;entendement ; mais ce concours ne saurait \u00eatre parfait, sans une parfaite \u00e9galit\u00e9 des deux puissances, qui ne se rencontre point dans notre nature d\u00e9chue. Le discernement, quand il s\u2019applique \u00e0 la distinction du bien et du mal, re\u00e7oit le nom de conscience, et alors aussi s\u2019y fait remarquer quelque chose de passif, d&rsquo;\u00e9tranger \u00e0 la personnalit\u00e9 humaine. Pour le m\u00e9chant, il y a l\u00e0 un ver rongeur qui ne lui laisse pas de repos, une \u00e9cume qu&rsquo;il voudrait vainement rejeter loin de lui ; pour l&rsquo;homme de bien, le sentiment de son innocence est comme une armure solide, ou comme un compagnon fid\u00e8le dont la pr\u00e9sence le rassure au milieu des dangers.<\/p>\n<p>Ici encore, il importe de presser les observations qui viennent d&rsquo;\u00eatre recueillies et d&rsquo;en d\u00e9duire les cons\u00e9quences pratiques. L&rsquo;antagonisme du vice et de la vertu \u00e9tait le sujet d&rsquo;une fable qui fut ch\u00e8re, comme symbole, aux mythographes de l&rsquo;antiquit\u00e9, et \u00e0 ses philosophes, comme le\u00e7on. Le po\u00e8te italien s\u2019en empare, et la rajeunit. -deux femmes lui ont apparu. L&rsquo;une \u00e9tait p\u00e2le, difforme, et b\u00e8gue ; mais, le regard arr\u00eat\u00e9 sur elle semblait lui rendre la beaut\u00e9, la couleur, et la voix : elle chantait ; et, sir\u00e8ne harmonieuse, elle captivait d\u00e9j\u00e0 les oreilles imprudentes. L&rsquo;autre se montrait, \u00e0 son tour, simple et v\u00e9n\u00e9rable : elle jetait un superbe regard sur sa rivale ; et, faisant, d\u00e9chirer ses v\u00eatements, la laissait voir atteinte d&rsquo;une infecte corruption. De ces femmes, l&rsquo;une \u00e9tait la volupt\u00e9 ; l&rsquo;autre, la sagesse.<\/p>\n<p>Mais la lutte est facile, \u00e0 qui n&rsquo;est point tomb\u00e9 ; pour la contempler dans tout son int\u00e9r\u00eat, il la faut saisir, en son moment douteux, \u00e0 ce point o\u00f9, longtemps retenue dans le sombre empire du vice, l&rsquo;\u00e2me en sort par une heureuse d\u00e9livrance, et s\u2019efforce de rentrer dans le domaine de la vertu. Le po\u00e8te s\u2019est plu \u00e0 d\u00e9crire, sous un voile all\u00e9gorique dont il est facile de percer le tissu, ce p\u00e8lerinage satisfactoire, cette route fray\u00e9e par la mis\u00e9ricorde, qui joint entre elles la cit\u00e9 des m\u00e9chants et la cit\u00e9 de Dieu. -l&rsquo;homme, en son retour vers le bien, peut \u00eatre arr\u00eat\u00e9 par des obstacles de plus d&rsquo;un genre. Le premier est l&rsquo;isolement ; c&rsquo;est le sort de celui qui, par sa chute, s\u2019est d\u00e9tach\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 religieuse, seule capable de lui offrir le point d&rsquo;appui ext\u00e9rieur n\u00e9cessaire pour se relever.<\/p>\n<p>Ensuite, vient la n\u00e9gligence, qui fait retarder jusqu&rsquo;aux derniers moments les soupirs salutaires ; puis, la mort qui appara\u00eet, inattendue, et qui interrompt de st\u00e9riles regrets ; et, d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, la multitude des pr\u00e9occupations temporelles, qui ne laissent aux int\u00e9r\u00eats spirituels qu&rsquo;une place \u00e9troite et disput\u00e9e. Toutefois, ces obstacles r\u00e9unis ne sauraient l\u00e9gitimer le d\u00e9sespoir. Jusqu&rsquo;au dernier soir de la vie, la tige de l&rsquo;esp\u00e9rance est encore verte : la fleur du repentir y peut \u00e9clore.<\/p>\n<p>Trois conditions premi\u00e8res forment comme les trois degr\u00e9s qui conduisent au seuil de l&rsquo;expiation.<\/p>\n<p>Il faut une conscience fid\u00e8le et qui r\u00e9fl\u00e9chisse, dans sa transparence, les fautes pass\u00e9es ; il faut une douleur puissante, qui fende et calcine la duret\u00e9 du coeur ; il faut une r\u00e9solution s\u00e9v\u00e8re de satisfaire \u00e0 la justice coupable ne saurait \u00eatre juge de sa propre sinc\u00e9rit\u00e9, arbitre de la mesure des pleurs qu&rsquo;il doit r\u00e9pandre, ex\u00e9cuteur des peines qu&rsquo;il encourut.<\/p>\n<p>De l\u00e0, la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un minist\u00e8re ext\u00e9rieur, d&rsquo;un tribunal des \u00e2mes, dont le juge, r\u00e9unissant en ses mains les deux clefs de la science et de l&rsquo;autorit\u00e9, puisse ouvrir et fermer, selon le m\u00e9rite, la porte de la r\u00e9conciliation. Cette porte livre l&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;une carri\u00e8re humiliante et laborieuse, mais o\u00f9 la fatigue diminue, et l&rsquo;ignominie s\u2019efface, avec le nombre de pas qui restent \u00e0 faire pour arriver au terme. Malheur aussi \u00e0 qui regarderait en arri\u00e8re ! Pour lui s\u2019\u00e9vanouirait le fruit des \u00e9preuves accomplies. -celui qui voudra marcher, jusqu&rsquo;au bout, dans la voie s\u2019appliquera d&rsquo;abord \u00e0 la m\u00e9ditation des connaissances que l&rsquo;histoire profane et l&rsquo;\u00e9criture sainte lui fourniront des vices auxquels il se livra, et de la vertu contraire.<\/p>\n<p>Ainsi envisag\u00e9s, en des types vivants o\u00f9 ils eurent leur plus compl\u00e8te expression, le vice et la vertu ne sauraient se comparer, sans d\u00e9terminer une pr\u00e9f\u00e9rence \u00e9nergique. D\u00e8s lors, on se portera sans h\u00e9siter \u00e0 la pratique des actes oppos\u00e9s \u00e0 ceux dont on voudra d\u00e9truire en soi la trace. L&rsquo;habitude d\u00e9truira, par une force \u00e9gale, les dispositions perverses form\u00e9es par l&rsquo;habitude ; et, seconde nature elle-m\u00eame, elle neutralisera les tendances mauvaises de la nature. Ces efforts et les r\u00e9sistances qu&rsquo;ils rencontreront conduisent \u00e0 l&#8217;emploi de la souffrance volontaire, comme moyen de r\u00e9primer, ou, pour parler le langage asc\u00e9tique, de mortifier, d&rsquo;an\u00e9antir, les app\u00e9tits d\u00e9r\u00e9gl\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;image de Dieu, qui remplissait l&rsquo;\u00e2me innocente, a disparu devant le p\u00e9ch\u00e9 ; elle a laiss\u00e9, \u00e0 sa place, un vide que la douleur r\u00e9paratrice peut seule combler. Toutefois, les ressources r\u00e9unies, que la science la plus profonde du coeur humain peut mettre au service du plus aust\u00e8re courage, seraient encore insuffisantes. Il est de secr\u00e8tes horreurs qui reviennent troubler la m\u00e9moire. Le d\u00e9mon de la crainte se glisse encore \u00e0 travers les sentiers de la p\u00e9nitence. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;oeuvre de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration morale est une seconde cr\u00e9ation : elle ne saurait s\u2019accomplir sans l&rsquo;intervention divine. On la sollicitera par la pri\u00e8re ; la pri\u00e8re fait violence \u00e0 la toute-puissance m\u00eame, parce que la toute-puissance s\u2019est fait une douce loi de se laisser vaincre par l&rsquo;amour, pour vaincre \u00e0 son tour par la bont\u00e9. Enfin, au terme de la carri\u00e8re expiatoire comme au commencement, pour en sortir comme pour y entrer, il faudra se soumettre encore \u00e0 une autorit\u00e9 religieuse, et subir ces m\u00eames conditions sans lesquelles Dieu ne traite pas avec nous : l&rsquo;aveu pour l&rsquo;oubli, les larmes pour la consolation, et la honte pour la r\u00e9habilitation d\u00e9finitive. La r\u00e9habilitation replace l&rsquo;homme dans la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de la primitive innocence ; elle le refait, tel qu&rsquo;il \u00e9tait au sortir des mains du cr\u00e9ateur ; elle lui reconstruit dans les joies de la conscience une sorte d&rsquo;\u00e9den moral, une b\u00e9atitude, la plus grande qui se puisse go\u00fbter sur la terre. Cette b\u00e9atitude terrestre consiste dans l&rsquo;exercice vertueux des facult\u00e9s humaines, dans une activit\u00e9 constante qui se rend t\u00e9moignage de la l\u00e9gitimit\u00e9 de ses actes. N\u00e9anmoins, telle n&rsquo;est pas la derni\u00e8re limite qui ait \u00e9t\u00e9 faite au bonheur de l&rsquo;homme ; ou plut\u00f4t, la raison l&rsquo;avait pos\u00e9e l\u00e0 : la r\u00e9v\u00e9lation l&rsquo;a port\u00e9e plus loin. Le m\u00eame drame, qui vient de se d\u00e9nouer dans l&rsquo;individu, va se repr\u00e9senter, \u00e0 travers l&rsquo;histoire, avec d&rsquo;autres p\u00e9rip\u00e9ties et sous des formes plus solennelles. Le po\u00e8te a contempl\u00e9, dans une vision magnifique, les destin\u00e9es religieuses, par cons\u00e9quent, les destin\u00e9es intellectuelles et morales, du genre humain.<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne s\u2019ouvre, dans le paradis terrestre, lieu de d\u00e9lices ineffables, pr\u00e9mices des complaisances de Dieu, s\u00e9jour de cet \u00e2ge d&rsquo;or dont le souvenir imparfait charmait encore les r\u00eaves des anciens.<\/p>\n<p>Mais, en pr\u00e9sence des merveilles r\u00e9centes de la cr\u00e9ation et de l&rsquo;universelle ob\u00e9issance que la terre et le ciel rendent \u00e0 leur auteur, une femme seule, et qui nagu\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait pas encore, ne voulut pas souffrir le voile d&rsquo;heureuse ignorance qui couvrait ses yeux. L&rsquo;homme fut son complice : banni, il \u00e9changea des joies sans amertume contre les maux et les pleurs. Toutefois, un autre \u00e2ge d&rsquo;or devait refleurir, et la race d\u00e9chue rentrer dans son h\u00e9ritage. -ce retour triomphal est figur\u00e9 par le miraculeux cort\u00e8ge qui vient prendre possession de l&rsquo;\u00e9den retrouv\u00e9. Au milieu des pompes de l&rsquo;apocalypse, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 des vingt-quatre vieillards, qui sont les \u00e9crivains de l&rsquo;ancienne loi ; entour\u00e9 des quatre animaux proph\u00e9tiques, image des quatre \u00e9vang\u00e9listes ; et suivi de sept autres personnages, o\u00f9 l&rsquo;on reconna\u00eet les auteurs des autres livres de la loi nouvelle, le Christ s\u2019avance, sous les traits d&rsquo;un griffon, dont le corps terrestre et les ailes a\u00e9riennes rappellent l&rsquo;union hypostatique des deux natures humaine et divine. Il conduit un char, embl\u00e8me de l&rsquo;\u00e9glise, sur lequel une vierge se tient debout, par\u00e9e de v\u00eatements symboliques : c&rsquo;est la th\u00e9ologie.<\/p>\n<p>A sa droite, trois nymphes, et quatre \u00e0 sa gauche, repr\u00e9sentent les vertus th\u00e9ologales et cardinales, marchant d&rsquo;un pas harmonieux. Au son des hymnes que r\u00e9p\u00e8tent les anges, le cort\u00e8ge s\u2019avance et se dirige vers l&rsquo;arbre de la science du bien et du mal, devenu, selon une belle tradition, l&rsquo;arbre de salut, la croix r\u00e9demptrice. Le char y demeure attach\u00e9 ; et, tandis que la vierge glorieuse, avec ses sept compagnes, demeure pour veiller sur lui, le griffon s\u2019\u00e9loigne avec les vieillards : le Christ, abandonnant la terre, laisse l&rsquo;\u00e9glise sous la garde de la science et de la vertu. -mais voil\u00e0 qu&rsquo;un aigle tombe, comme la foudre, sur l&rsquo;arbre dont il arrache l&rsquo;\u00e9corce, et sur le char qui fl\u00e9chit sous son poids. Voici venir un renard, qui s\u2019insinue au dedans ; voici qu&rsquo;une portion en est arrach\u00e9e par un dragon, qui sort de la terre entr&rsquo;ouverte. Il est ais\u00e9 de reconna\u00eetre jusqu&rsquo;ici les pers\u00e9cutions imp\u00e9riales qui \u00e9branl\u00e8rent l&rsquo;\u00e9glise, l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie qui la d\u00e9sola, et les schismes qui la d\u00e9chir\u00e8rent. -et d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;aigle avait reparu, moins mena\u00e7ant, non moins funeste ; il avait secou\u00e9 ses plumes sur le char sacr\u00e9, qui tout \u00e0 coup subit une monstrueuse transformation. Sur ses diverses parties sept t\u00eates arm\u00e9es de dix cornes s\u2019\u00e9l\u00e8vent ; une prostitu\u00e9e s\u2019assied sur lui ; un g\u00e9ant se tient debout \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, \u00e9changeant avec elle d&rsquo;impures caresses, qu&rsquo;il interrompt pour la flageller cruellement.<\/p>\n<p>Puis, d\u00e9tachant le char m\u00e9tamorphos\u00e9, il l&#8217;emm\u00e8ne et se perd avec lui dans les profondeurs de la for\u00eat. N&rsquo;est-ce point encore l\u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, enrichie par les largesses des princes devenus ses protecteurs, tristement d\u00e9figur\u00e9e, enfantant dans sa corruption les sept p\u00e9ch\u00e9s capitaux, domin\u00e9e par des pontifes adult\u00e8res ? N&rsquo;est-ce point la cour romaine, \u00e9changeant avec le pouvoir temporel des flatteries coupables, que suivront de cruelles injures ; et le saint-si\u00e8ge enfin, arrach\u00e9 du pied de la croix du Vatican, pour \u00eatre transf\u00e9r\u00e9, dans une contr\u00e9e lointaine, au bord des fleuves \u00e9trangers ? Toutefois, ces maux ne seront pas sans terme ni vengeance. On ne touche pas impun\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;arbre qui perdit, et qui sauva, le monde ; et, si l&rsquo;\u00e9glise a \u00e9t\u00e9 faite militante ici-bas, c&rsquo;est avec la possibilit\u00e9 des revers passagers, mais avec l&rsquo;assurance de la derni\u00e8re victoire.<\/p>\n<p>En poursuivant ce genre d&rsquo;induction qui doit nous devenir familier, et qui conclut des faits vari\u00e9s du monde visible aux invariables lois du monde invisible, nous sommes conduits par la pens\u00e9e dans ces lieux o\u00f9 les expiations, commenc\u00e9es ici-bas au milieu de beaucoup de trouble et d&rsquo;interruptions, s\u2019ach\u00e8vent sous une r\u00e8gle inalt\u00e9rable. En m\u00eame temps que les \u00e2mes s\u2019y purifient des souillures de la terre, elles sont initi\u00e9es aux f\u00e9licit\u00e9s du ciel. Et les peines, si rigoureuses qu&rsquo;elles soient dans leur intensit\u00e9, trouvent un inestimable temp\u00e9rament dans la certitude de leur fin.<\/p>\n<p>1 on peut se repr\u00e9senter le purgatoire comme une montagne, dont les racines plongent dans l&rsquo;oc\u00e9an, et dont la cime touche au ciel. Conique en sa structure, elle se divise en neuf parties. La premi\u00e8re est une sorte de vestibule, dont les habitants expient, par un d\u00e9lai proportionn\u00e9, les obstacles que rencontra leur tardive p\u00e9nitence.<\/p>\n<p>Ensuite, se succ\u00e8dent sept zones concentriques, superpos\u00e9es, toujours plus \u00e9troites \u00e0 mesure qu&rsquo;elles s\u2019\u00e9l\u00e8vent, et dans lesquelles se purifient les sept principaux vices, les sept formes coupables de l&rsquo;amour. Au sommet enfin et au terme des \u00e9preuves, le paradis terrestre \u00e9tend ses ombrages d\u00e9serts, sous lesquels seulement les \u00e2mes r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9es vont boire \u00e0 deux sources l&rsquo;oubli de leurs fautes et le souvenir de leurs m\u00e9rites.<\/p>\n<p>2 ceux qui peuplent ces r\u00e9gions m\u00e9lancoliques s\u2019y montrent rev\u00eatus des corps subtils dont on a d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9 la formation, corps impalpables, \u00e9chappant \u00e0 qui les veut embrasser, n&rsquo;interceptant point la lumi\u00e8re, et toutefois organis\u00e9s pour que la souffrance soit possible au dedans, et visible au dehors. C&rsquo;est pourquoi des peines mat\u00e9rielles leur sont pr\u00e9par\u00e9es, toutes significatives des fautes qu&rsquo;elles r\u00e9parent : les fardeaux \u00e9normes qui courbent les \u00e9paules des superbes ; le cilice et la c\u00e9cit\u00e9 des envieux ; la fum\u00e9e o\u00f9 sont envelopp\u00e9s ceux qui se livr\u00e8rent \u00e0 la col\u00e8re ; la course incessante des paresseux ; l&rsquo;ignominieuse posture des avares couch\u00e9s sur la terre, dont ils aim\u00e8rent trop les tr\u00e9sors ; la faim, qui amaigrit le visage des gourmands ; et la flamme, dont les voluptueux sortiront purs. \u00e0 ces peines se joignent les autres moyens p\u00e9nitenciers dont l&rsquo;asc\u00e9tisme chr\u00e9tien fait d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;essai en cette vie : la m\u00e9ditation, la pri\u00e8re, et l&rsquo;aveu.<\/p>\n<p>3 dans cette condition s\u00e9v\u00e8re que la mort leur a faite, les justes souffrants ont conserv\u00e9 les souvenirs de leur vie pass\u00e9e ; et, si la science du pr\u00e9sent leur manque, une opinion respectable, parce qu&rsquo;elle est populaire, leur attribue la connaissance de l&rsquo;avenir. Ils se retrouvent donc avec leurs facult\u00e9s, leurs inclinations, leurs affections d&rsquo;autrefois, hormis ce qui pourrait s\u2019y rencontrer de pervers. Pour eux, les rivalit\u00e9s terrestres ont disparu, avec les distinctions terrestres dont elles furent les cons\u00e9quences. S&rsquo;ils gardent quelque int\u00e9r\u00eat aux choses d&rsquo;ici-bas, c&rsquo;est par un commerce mutuel de compassion et de pri\u00e8res. Initi\u00e9s \u00e0 tous les myst\u00e8res de la douleur, ils demandent que le ciel nous les \u00e9pargne ; et, de notre c\u00f4t\u00e9, nos oraisons et nos oeuvres pieuses montent vers Dieu, qu&rsquo;elles fl\u00e9chissent, pour redescendre en b\u00e9n\u00e9dictions sur ces justes dont elles abr\u00e8gent la p\u00e9nitence.<\/p>\n<p>Toutefois, la conscience qui fut mise dans le coeur humain pour contenir l&rsquo;impatience de ses d\u00e9sirs justifie, \u00e0 leurs yeux, les rigueurs qu&rsquo;ils endurent ; elle leur fait accepter, et presque ch\u00e9rir, ces maux r\u00e9parateurs. La pens\u00e9e de l&rsquo;accomplissement des d\u00e9crets \u00e9ternels, la certitude de l&rsquo;heureuse impossibilit\u00e9 o\u00f9 ils sont de p\u00e9cher d\u00e9sormais, l&rsquo;esp\u00e9rance du glorieux h\u00e9ritage dont la possession ne saurait \u00eatre diff\u00e9r\u00e9e pour eux au del\u00e0 du dernier jour du monde, l&rsquo;amour enfin qui ne les quitte pas : puis aussi les cantiques fraternels chant\u00e9s ensemble, les textes sacr\u00e9s r\u00e9p\u00e9t\u00e9s en de fr\u00e9quents entretiens, la paix des journ\u00e9es sans nuages, les nuits pass\u00e9es sous la garde des anges, l&rsquo;union de l&rsquo;\u00e9glise qui souffre avec celle qui combat et celle qui triomphe : c&rsquo;est assez de consolations, pour attendre l&rsquo;heure de la d\u00e9livrance. -alors, l&rsquo;\u00e2me surprendra tout \u00e0 coup en elle le sentiment de sa puret\u00e9 recouvr\u00e9e et de sa libert\u00e9 reconquise : elle en voudra faire l&rsquo;\u00e9preuve ; elle se trouvera joyeuse de l&rsquo;avoir voulu ; et, tandis que le mont sacr\u00e9 tremblera et que d&rsquo;innombrables acclamations se feront entendre, elle montera, port\u00e9e par la seule volont\u00e9, vers les sph\u00e8res du bonheur \u00e9ternel.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir accompagn\u00e9 l&rsquo;humanit\u00e9 dans toutes les phases de cette existence m\u00eal\u00e9e de biens et de maux qu&rsquo;elle traverse, il faut conna\u00eetre le milieu dans lequel ces phases diff\u00e9rentes s\u2019accomplissent, qui exerce sur elles, et subit de leur part, d&rsquo;in\u00e9vitables influences. Car, si l&rsquo;homme r\u00e9fl\u00e9chit en soi la nature, comme une image raccourcie mais vivante, il laisse \u00e0 son tour, dans la nature, comme un reflet de lui-m\u00eame, plus p\u00e2le et moins anim\u00e9, mais plus vaste. Ce sont deux foyers, qui se renvoient les rayons lumineux : le premier les concentre ; le second les disperse.<\/p>\n<p>1 l&rsquo;imperfection des connaissances contemporaines r\u00e9duisait \u00e0 un petit nombre les explications vraiment scientifiques des faits qui se succ\u00e8dent dans la nature. La pluie, la foudre, les volcans, le flux et le reflux de la mer, tous les spectacles qui, par leur grandeur ou par leur fr\u00e9quent retour, appellent une attention plus active, donnaient lieu \u00e0 des hypoth\u00e8ses in\u00e9galement satisfaisantes, rarement unies par un lien logique, et ne formant pas entre elles un corps de doctrines. -au contraire, l&rsquo;ensemble des ph\u00e9nom\u00e8nes physiques, le plan, les rapports, l&rsquo;action r\u00e9ciproque des grands corps de la cr\u00e9ation, le syst\u00e8me du monde enfin, se pr\u00eataient ais\u00e9ment aux aper\u00e7us g\u00e9n\u00e9raux, aux d\u00e9ductions de l&rsquo;analogie, aux pressentiments d&rsquo;une haute m\u00e9taphysique, aux raisonnements qui s\u2019appuient sur la consid\u00e9ration des causes finales. La philosophie se retrouvait l\u00e0 dans son domaine.<\/p>\n<p>2 une cosmographie inexacte, mais universellement admise, fixait les dimensions du globe terrestre et lui donnait 6500 milles de diam\u00e8tre, par cons\u00e9quent 20400 de circonf\u00e9rence. -la configuration de ce globe n&rsquo;\u00e9tait gu\u00e8re mieux connue. J\u00e9rusalem, centre moral de l&rsquo;humanit\u00e9, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e aussi comme le centre g\u00e9ographique du continent consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;habitation des hommes. Des sources de l&rsquo;\u00c8bre aux bouches du Gange, des extr\u00e9mit\u00e9s de la Norv\u00e8ge \u00e0 celles de l&rsquo;\u00c9thiopie, la terre habit\u00e9e remplissait presque un h\u00e9misph\u00e8re : la mer embrassait l&rsquo;autre ; et n\u00e9anmoins, une pens\u00e9e divinatrice faisait r\u00eaver, au del\u00e0 des colonnes d&rsquo;Hercule, des r\u00e9gions lointaines, prot\u00e9g\u00e9es contre l&rsquo;audace des navigateurs par une terreur superstitieuse qu&rsquo;entretenaient de vieilles l\u00e9gendes.<\/p>\n<p>Mises en dehors de l&rsquo;exploration positive, ces contr\u00e9es antipodes devenaient le domaine et l&rsquo;asile des imaginations mystiques. Il \u00e9tait naturel d&rsquo;y marquer le site, d\u00e9sormais inaccessible, du paradis terrestre. Il \u00e9tait beau d&rsquo;opposer le lieu o\u00f9 le premier p\u00e8re naquit, pour perdre sa race, \u00e0 cet autre lieu sacr\u00e9 o\u00f9 le fils de l&rsquo;homme mourut, pour la sauver. Ainsi, la montagne d&rsquo;\u00e9den et la montagne de Sion \u00e9taient comme les deux p\u00f4les du monde, et soutenaient l&rsquo;axe sur lequel s\u2019accomplissent ses r\u00e9volutions religieuses. Il \u00e9tait bien encore de repeupler, en y pla\u00e7ant les peines du purgatoire expiatrices du p\u00e9ch\u00e9, cette terre primitive devenue d\u00e9serte par le p\u00e9ch\u00e9 m\u00eame. D\u00e8s lors, il convenait de la repr\u00e9senter, ainsi qu&rsquo;on l&rsquo;a fait, comme un c\u00f4ne \u00e9lev\u00e9, divis\u00e9 en plusieurs zones, au pied duquel expirent toutes les perturbations atmosph\u00e9riques qui pourraient interrompre le calme de la p\u00e9nitence ; tandis que le fa\u00eete se perd dans la r\u00e9gion de l&rsquo;air pur, o\u00f9 la pesanteur cesse d&rsquo;exercer son pouvoir, et d&rsquo;o\u00f9 il est facile de s\u2019enlever aux cieux. -au contraire, sous le sol que foulent nos pas, s\u2019ouvrent les gouffres de l&rsquo;enfer. Au fond, se trouve le point o\u00f9 tendent tous les corps. L\u00e0, nous avons vu l&rsquo;esprit du mal r\u00e9sider dans un noyau de glace qui exclut l&rsquo;hypoth\u00e8se du feu central. Un vide semblable traverse dans sa profondeur l&rsquo;autre moiti\u00e9 du globe. Ces ab\u00eemes souterrains attestent d&rsquo;antiques bouleversements, ant\u00e9rieurs sans doute \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, et pourtant conserv\u00e9s dans sa m\u00e9moire. Peut-\u00eatre quand l&rsquo;ange mauvais tomba du ciel, la terre, qui occupait l&rsquo;autre h\u00e9misph\u00e8re, t\u00e9moin de cette chute, s\u2019effraya, et se fit de la mer comme un voile ; puis, fuyant sous le poids du r\u00e9prouv\u00e9, elle creusa ces vides int\u00e9rieurs, se r\u00e9fugia vers notre h\u00e9misph\u00e8re, et forma le continent o\u00f9 nous vivons.<\/p>\n<p>3 les notions astronomiques \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 parvenues \u00e0 un large d\u00e9veloppement. Du moins, les r\u00e9volutions apparentes qui changent l&rsquo;aspect de la vo\u00fbte c\u00e9leste se trouvaient d\u00e9crites dans les livres de Ptol\u00e9m\u00e9e.<\/p>\n<p>Les observateurs arabes avaient d\u00e9couvert plusieurs constellations voisines du p\u00f4le antarctique. Quelques faits particuliers, tels que les \u00e9clipses, les taches de la lune, la voie lact\u00e9e, avaient inspir\u00e9 d&rsquo;heureuses conceptions. En m\u00e9connaissant la place qui appartient au soleil dans le syst\u00e8me plan\u00e9taire, on ne pouvait s\u2019emp\u00eacher de pressentir la grandeur de son volume et l&rsquo;importance de ses fonctions : il \u00e9tait salu\u00e9 le p\u00e8re de l&rsquo;humanit\u00e9, le premier ministre de la nature ; on voyait en lui l&rsquo;image de Dieu. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas non plus sans une impression de religieuse crainte qu&rsquo;on avait contempl\u00e9 les orbes innombrables suspendus dans l&rsquo;immensit\u00e9. -ce qu&rsquo;on n&rsquo;accordait pas encore aux astres, en distance et en dimensions, on le leur rendait en influences. Ils pr\u00e9sidaient \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration des \u00eatres : c&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;eux qu&rsquo;\u00e9manait la vie r\u00e9pandue dans toutes les familles des plantes et dans toutes les tribus des animaux. Comme un sceau empreint la cire docile, de m\u00eame leur vertu marquait d&rsquo;un caract\u00e8re ineffa\u00e7able les \u00e2mes des hommes, au jour de la naissance ; ils continuaient d&rsquo;intervenir dans ces mouvements instinctifs, qui pr\u00e9c\u00e8dent l&rsquo;exercice de la volont\u00e9 : ainsi leur revenait une partie des honneurs du g\u00e9nie, et du m\u00e9rite des actions bonnes ou mauvaises. Il fallait une sorte de hardiesse pour borner leur empire et r\u00e9server le terrain de la libert\u00e9. La t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;allait pas jusqu&rsquo;\u00e0 nier la valeur des horoscopes, ou \u00e0 contester la part des mouvements c\u00e9lestes dans les \u00e9v\u00e9nements qui agitent la terre. -on sait d\u00e9j\u00e0 quels \u00e9taient, dans les opinions de ce temps, l&rsquo;ordre et le nombre des cieux. Aux huit sph\u00e8res des plan\u00e8tes et des \u00e9toiles fixes, le besoin d&rsquo;expliquer la rotation universelle d&rsquo;orient en occident avait fait ajouter un neuvi\u00e8me ciel, appel\u00e9 le premier mobile.<\/p>\n<p>Celui-ci, \u00e0 son tour, \u00e9tait suppos\u00e9 recevoir son mouvement de l&rsquo;attraction qu&rsquo;exer\u00e7ait sur tous ses points le ciel empyr\u00e9e enveloppant l&rsquo;univers, s\u00e9jour de la divinit\u00e9, rempli de lumi\u00e8re, d&rsquo;ardeurs, et d&rsquo;amour. L&rsquo;amour, c&rsquo;est le dernier mot du syst\u00e8me du monde : c&rsquo;est lui qui fait cette harmonie des sph\u00e8res, si c\u00e9l\u00e8bre dans les doctrines de l&rsquo;antiquit\u00e9, et qui se r\u00e9soudra dans les lois math\u00e9matiques de la science moderne.<\/p>\n<p>4 mais l&rsquo;objet de cet amour immense et multiforme, celui qui meut continuellement les mondes en les attirant \u00e0 soi, celui-l\u00e0 n&rsquo;est autre que Dieu m\u00eame.<\/p>\n<p>Il a mis sa ressemblance auguste dans l&rsquo;ordre admirable qui est la forme de la cr\u00e9ation ; il a laiss\u00e9 son vestige dans les \u00eatres qui la composent, en leur donnant, selon leur degr\u00e9 de perfection, un instinct qui les fait contribuer pour une part proportionnelle \u00e0 l&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9ral. Ainsi, une impulsion puissante fait courir chaque cr\u00e9ature dans une direction d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 travers la grande mer de l&rsquo;existence, dilate le feu, condense la terre, fait battre les coeurs, \u00e9veille les esprits. Ainsi, la nature peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un art divin, qu&rsquo;exerce l&rsquo;artiste \u00e9ternel. L&rsquo;art se peut consid\u00e9rer sous trois rapports : dans la pens\u00e9e de l&rsquo;artiste ; dans l&rsquo;instrument dont il se sert ; dans la mati\u00e8re qu&rsquo;il fa\u00e7onne. De m\u00eame, la nature est d&rsquo;abord dans la pens\u00e9e de Dieu : elle est Dieu lui-m\u00eame, et, sous ce point de vue, elle est inviolable, irr\u00e9prochable, ind\u00e9fectible. Elle est ensuite, dans le ciel, comme dans l&rsquo;instrument au moyen duquel la bont\u00e9 supr\u00eame se reproduit au dehors ; et, comme cet instrument est parfait, la nature est aussi sans d\u00e9faut. Elle est enfin dans la mati\u00e8re fa\u00e7onn\u00e9e ; et c&rsquo;est l\u00e0 seulement que l&rsquo;action divine et de l&rsquo;influence c\u00e9leste rencontrent un principe radical d&rsquo;imperfection, qu&rsquo;elles peuvent corriger, mais non d\u00e9truire : c&rsquo;est l\u00e0 seulement que se retrouve, dans la nature, l&rsquo;antagonisme du bien et du mal.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SECONDE PARTIE CH. 3\u00a0: Le mal et le bien, dans leur rapprochement et dans leur lutte Le mal en toute son horreur, et le bien dans toute sa puret\u00e9, ne sauraient se d\u00e9couvrir qu&rsquo;\u00e0 leur &#8230; <a href=\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/essai-sur-la-philosophie-de-dante-08\/\" class=\"more-link\">Read More<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":189780,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[120],"tags":[],"class_list":["post-108379","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-livres-de-frederic-ozanam"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.3 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Essai sur la philosophie de Dante (08) - Nous Sommes Vincentiens<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/essai-sur-la-philosophie-de-dante-08\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Essai sur la philosophie de Dante (08) - Nous Sommes Vincentiens\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"SECONDE PARTIE CH. 3\u00a0: Le mal et le bien, dans leur rapprochement et dans leur lutte Le mal en toute son horreur, et le bien dans toute sa puret\u00e9, ne sauraient se d\u00e9couvrir qu&rsquo;\u00e0 leur ... 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