{"id":108374,"date":"2016-07-16T20:00:14","date_gmt":"2016-07-16T18:00:14","guid":{"rendered":"http:\/\/vincentiens.org\/?p=108374"},"modified":"2016-07-16T20:00:14","modified_gmt":"2016-07-16T18:00:14","slug":"essai-sur-la-philosophie-de-dante-03","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/essai-sur-la-philosophie-de-dante-03\/","title":{"rendered":"Essai sur la philosophie de Dante (03)"},"content":{"rendered":"<h3>PREMIERE PARTIE CH. 2\u00a0: De la philosophie scolastique au XIII\u00e8me si\u00e8cle<\/h3>\n<p>1 quand la barbarie avait envahi l&rsquo;Europe, effa\u00e7ant sous ses pas les sillons laborieux de la civilisation latine, le peu de connaissances qui restaient \u00e9parses apr\u00e8s ce grand d\u00e9sastre, recueillies par des mains pieuses, resserr\u00e9es pour \u00e9chapper \u00e0 une perte compl\u00e8te, avaient \u00e9t\u00e9 renferm\u00e9es dans un cercle \u00e9troit, encyclop\u00e9die indigente qui r\u00e9duisait les arts lib\u00e9raux au nombre de sept, divis\u00e9s en <em>trivium <\/em>et <em>quadrivium <\/em>.<\/p>\n<p>La philosophie ne s\u2019y trouvait comprise que par la moindre de ses parties, la dialectique : la th\u00e9ologie n&rsquo;y avait point de place ; elle \u00e9tait demeur\u00e9e, seule et inactive, au fond du sanctuaire. Puis, des jours moins t\u00e9n\u00e9breux s\u2019\u00e9taient lev\u00e9s.<\/p>\n<p>Au fond du sanctuaire, au milieu des pompes inspiratrices du culte et des retentissements de la pr\u00e9dication, la th\u00e9ologie s\u2019\u00e9tait r\u00e9veill\u00e9e ; elle cherchait \u00e0 concevoir les choses invisibles qu&rsquo;elle proposait \u00e0 croire : ce fut le commencement de la m\u00e9taphysique. D\u00e8s lors, la dialectique ne pouvait plus se contenir dans les limites du <em>trivium <\/em>.<\/p>\n<p>Lasse de combiner des mots, elle tenta de lier les conceptions qui venaient de se produire, elle s\u2019\u00e9leva \u00e0 la fonction de logique. La m\u00e9taphysique et la logique se trouv\u00e8rent en pr\u00e9sence : une philosophie dogmatique r\u00e9sulta de leur union. -les conditions de cette union d\u00e9pendaient d&rsquo;un premier probl\u00e8me : savoir, s\u2019il y a correspondance entre les existences invisibles que la m\u00e9taphysique suppose et les notions que la logique d\u00e9duit, entre les r\u00e9alit\u00e9s et les id\u00e9es ? C&rsquo;\u00e9tait ce probl\u00e8me c\u00e9l\u00e8bre des <em>universaux <\/em>l\u00e9gu\u00e9 par l&rsquo;antiquit\u00e9, dans une phrase de l&rsquo;alexandrin Porphyre, au moyen \u00e2ge qui l&rsquo;accepta. Saint Anselme le r\u00e9solut, en concluant de la notion de Dieu \u00e0 l&rsquo;existence de Dieu, en \u00e9tablissant la r\u00e9alit\u00e9 n\u00e9cessaire de l&rsquo;id\u00e9e de perfection, en r\u00e9alisant toutes les id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales, en se faisant ainsi le chef des r\u00e9alistes. D&rsquo;autres, au contraire, avec Roscelin, refus\u00e8rent toute valeur objective aux id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales, ne reconnurent dans les genres et les esp\u00e8ces que des cr\u00e9ations arbitraires du langage : ce furent les nominaux. Ces deux \u00e9coles rivales renouvelaient la lutte interminable de l&rsquo;id\u00e9alisme et du sensualisme. Elles eurent d&rsquo;illustres athl\u00e8tes, Guillaume De Champeaux et Abailard, qui remplirent toute la chr\u00e9tient\u00e9 du bruit des coups qu&rsquo;ils se portaient. La dispute multiplia les divisions : il y eut quatre sectes de r\u00e9alistes ; et les nominaux en compt\u00e8rent trois. Ces contradictions de la raison semblaient accuser son impuissance. Plusieurs rejet\u00e8rent le secours incertain de la logique, et pens\u00e8rent s\u2019\u00e9lever \u00e0 la science par l&rsquo;intuition, \u00e0 l&rsquo;intuition par l&rsquo;asc\u00e9tisme. Il y eut donc une philosophie mystique, dont les principes se formul\u00e8rent sous la plume de Godefroy, de Hugues, de Richard, tous religieux de l&rsquo;abbaye de saint-Victor. La th\u00e9ologie, en allant tirer de leur sommeil les \u00e9tudes rationnelles, les avait appel\u00e9es sur les confins de l&rsquo;orthodoxie et de l&rsquo;opinion. Il arriva que ces confins, difficiles \u00e0 d\u00e9terminer, furent souvent m\u00e9connus. Certaines doctrines appel\u00e8rent le soup\u00e7on : d&rsquo;autres, comme celles d&rsquo;Amaury De Chartres, de David De Dinant, provoqu\u00e8rent de solennels anath\u00e8mes.<\/p>\n<p>Du choc violent de la libert\u00e9 scientifique et de l&rsquo;autorit\u00e9 religieuse devait jaillir le doute. Les r\u00e9miniscences confuses de la litt\u00e9rature pa\u00efenne et les premi\u00e8res influences des docteurs sarrasins encourag\u00e8rent le scepticisme. -ainsi, toutes les tendances de l&rsquo;esprit humain s\u2019\u00e9taient manifest\u00e9es ; et leur divergence m\u00eame t\u00e9moignait de leur \u00e9nergie, d\u00e8s le commencement du XIII\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>2 ce si\u00e8cle d\u00e9j\u00e0 resplendissant de tant de gloires, fut aussi celui o\u00f9 la philosophie scolastique atteignit son apog\u00e9e.<\/p>\n<p>Et d&rsquo;abord, cette abdication que l&rsquo;\u00e9glise allait faire de son pouvoir dans l&rsquo;ordre politique, la th\u00e9ologie y pr\u00e9luda dans l&rsquo;ordre intellectuel. Elle \u00e9mancipa la philosophie, qui avait assez grandi sous sa tutelle pour se soutenir d&rsquo;elle-m\u00eame. Elle ne retint qu&rsquo;une sup\u00e9riorit\u00e9 maternelle et des relations de r\u00e9ciproque assistance : car il y avait s\u00e9paration, mais non pas en tout, ni pour toujours ; \u00e9mancipation, mais non pas reniement mutuel. \u00a0\u00bb la science de la foi,&#8230; etc. \u00a0\u00bb assur\u00e9e d\u00e9sormais d&rsquo;une existence ind\u00e9pendante et qui n&rsquo;\u00e9tait pas sans honneur, la philosophie se d\u00e9veloppa librement ; et voici quelles larges limites elle se tra\u00e7ait, en se d\u00e9finissant elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb la philosophie est l&rsquo;\u00e9tude&#8230; etc. \u00a0\u00bb cette \u00e9num\u00e9ration constituait la philosophie \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de science universelle, telle que les anciens l&rsquo;avaient con\u00e7ue lorsqu&rsquo;ils faisaient rentrer dans son cadre l&rsquo;\u00e9loquence et la po\u00e9sie, la g\u00e9om\u00e9trie et la l\u00e9gislation, et qu&rsquo;ils l&rsquo;appelaient la connaissance des choses divines et humaines. Si d&rsquo;ailleurs on \u00e9liminait la grammaire, la rh\u00e9torique, et les math\u00e9matiques, qui, d\u00e9j\u00e0 contenues dans la classification des sept arts, avaient leur enseignement sp\u00e9cial, il restait la logique, la physique, la m\u00e9taphysique et la morale, qui compos\u00e8rent dans leur ensemble le cours de philosophie de l&rsquo;\u00e9cole formant un syst\u00e8me complet d&rsquo;explications sur Dieu, la nature, et l&rsquo;humanit\u00e9, et comme le couronnement n\u00e9cessaire des \u00e9tudes ant\u00e9rieures. Mais puisque, dans ce cours, la logique occupait la premi\u00e8re place et qu&rsquo;un examen scrupuleux s\u2019y faisait des ph\u00e9nom\u00e8nes intellectuels, avant qu&rsquo;il f\u00fbt permis de se livrer \u00e0 l&rsquo;exploration du monde ext\u00e9rieur, c&rsquo;\u00e9tait vraiment dans les id\u00e9es qu&rsquo;on \u00e9tudiait les choses ; les v\u00e9rit\u00e9s de toute esp\u00e8ce n&rsquo;apparaissaient qu&rsquo;\u00e0 la lumi\u00e8re de la conscience ; et, d\u00e8s lors, sans \u00eatre nomm\u00e9e, existait la psychologie, o\u00f9 devaient se concentrer les recherches philosophiques des modernes. En sorte que toutes les d\u00e9finitions qui ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es de la philosophie, \u00e0 tous les moments de sa dur\u00e9e, les plus \u00e9tendues comme les plus profondes, conviennent \u00e0 la scolastique.<\/p>\n<p>Pour agir dans la sph\u00e8re nouvelle qu&rsquo;elle venait de s\u2019ouvrir, la philosophie avait besoin de rassembler toutes ses forces. Il fallait une organisation qui ramen\u00e2t \u00e0 un concours efficace les efforts de la pens\u00e9e jusque l\u00e0 dispers\u00e9s. Nous avons d\u00e9j\u00e0 dit les causes politiques qui favorisaient le rapprochement des syst\u00e8mes. Parmi les nombreuses nuances du r\u00e9alisme et du nominalisme, il s\u2019en \u00e9tait trouv\u00e9 qui se touchaient de pr\u00e8s. Ainsi, l&rsquo;opinion de Gilbert De La Por\u00e9e, qui admettait la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 dans les lois seulement de la nature, semblait se confondre ais\u00e9ment avec celle de Jean De Salisbury, qui avouait la l\u00e9gitimit\u00e9 des id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales form\u00e9es par l&rsquo;abstraction des qualit\u00e9s communes \u00e0 plusieurs individus. Cette fusion s\u2019op\u00e9ra.<\/p>\n<p>Et, tandis qu&rsquo;\u00e0 dater environ de l&rsquo;an 1200, tous les penseurs chr\u00e9tiens prenaient avec orgueil le nom de r\u00e9alistes, au fond de leur enseignement avait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 le conceptualisme issu des nominaux. Ainsi se conciliaient les deux \u00e9coles qui avaient divis\u00e9 le dogmatisme, en s\u2019attachant sans r\u00e9serve \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience des sens ou \u00e0 l&rsquo;infaillibilit\u00e9 de la raison. Elles surent appr\u00e9cier aussi l&rsquo;importance du mysticisme, et lui emprunt\u00e8rent ces perceptions intuitives dont lui seul a le secret. En m\u00eame temps les tentations sceptiques, qu&rsquo;avait suscit\u00e9es une connaissance imparfaite et par cons\u00e9quent dangereuse des doctrines pa\u00efennes et musulmanes, disparurent devant une \u00e9rudition compl\u00e8te, grave, et sagement mod\u00e9ratrice. Il y eut donc un v\u00e9ritable \u00e9clectisme, o\u00f9 la raison, les sens, l&rsquo;intuition, la tradition du pass\u00e9, toutes les grandes puissances de l&rsquo;entendement, firent alliance. Au lieu des sectes exclusives de l&rsquo;\u00e2ge pr\u00e9c\u00e9dent, il s\u2019\u00e9leva d&rsquo;illustres docteurs, dont chacun repr\u00e9senta plus excellemment une de ces puissances, mais jamais ne m\u00e9connut les autres.<\/p>\n<p>3 Alain Des \u00eeles, Alexandre De Hales, Vincent De Beauvais, Guillaume D&rsquo;Auvergne, ne furent que des pr\u00e9curseurs.<\/p>\n<p>Enfin parut Albert-Le-Grand (1195-1280) ; Atlas, qui porta sur sa t\u00eate le monde entier de la science, et qui ne fl\u00e9chit point sous le poids : familier avec les langues de l&rsquo;antiquit\u00e9 et de l&rsquo;orient, il avait puis\u00e9 \u00e0 ces deux sources de la tradition ses forces gigantesques. Des bancs de l&rsquo;universit\u00e9 de Paris o\u00f9 il s\u2019\u00e9tait assis humble \u00e9l\u00e8ve, il avait pass\u00e9 \u00e0 Cologne o\u00f9 il \u00e9tablit sa chaire, o\u00f9 il se posa comme l&rsquo;hi\u00e9rophante initiateur de l&rsquo;Allemagne.<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans l&rsquo;immensit\u00e9 et la prodigalit\u00e9 de son \u00e9rudition que r\u00e9side son m\u00e9rite principal.<\/p>\n<p>Toutefois, il ne n\u00e9gligea point les questions psychologiques qui ne peuvent se r\u00e9soudre que par l&rsquo;exercice personnel de la raison ; il se pronon\u00e7a sur l&rsquo;origine et la valeur des id\u00e9es, sur la division des facult\u00e9s de l&rsquo;\u00e2me. Il ne d\u00e9daigna pas d&rsquo;interroger la nature et de chercher dans une observation pers\u00e9v\u00e9rante, dans les fourneaux et les creusets, des pouvoirs inconnus, comme celui de transmuter les m\u00e9taux. Il osa plus encore : dans des r\u00e9gions inaccessibles au regard, imp\u00e9n\u00e9trables \u00e0 l&rsquo;induction, il pensa d\u00e9couvrir des agents surnaturels, capables de modifier l&rsquo;ordre r\u00e9gulier des ph\u00e9nom\u00e8nes : lui-m\u00eame, dit-on, crut au titre de magicien, que lui donn\u00e8rent ses disciples. Il est demeur\u00e9 populaire dans les souvenirs de la post\u00e9rit\u00e9, comme un \u00eatre presque mythologique et plus qu&rsquo;humain.<\/p>\n<p>D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, et dans une cellule de quelque monast\u00e8re ignor\u00e9 d&rsquo;Angleterre, l&rsquo;inspiration qui fait les grandes d\u00e9couvertes descendit sur un pauvre religieux, Roger Bacon (1214-1294). Il avait \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 Oxford, et \u00e0 Paris ; mais l&rsquo;imperfection des \u00e9tudes de son temps l&rsquo;avait frapp\u00e9 d&rsquo;abord : il en chercha les causes et sut les d\u00e9terminer, d\u00e9montra la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9forme, en proposa les conditions, et lui-m\u00eame en donna l&rsquo;exemple. Il s\u2019attacha surtout \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience, \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience \u00e9clair\u00e9e, calculatrice, qui ne se contente point d&rsquo;observer les ph\u00e9nom\u00e8nes, qui les provoque et les reproduit. Alors, dans l&rsquo;obscurit\u00e9 de son laboratoire, cet homme eut une vision de l&rsquo;avenir. \u00a0\u00bb on peut, dit-il, faire jaillir&#8230; etc. \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Roger Bacon savait pourtant s\u2019arracher \u00e0 des investigations si attrayantes, afin de visiter les autres parties du domaine philosophique. Il r\u00e9solut dans le sens \u00e9clectique la question des universaux.<\/p>\n<p>Outre l&rsquo;exp\u00e9rience ext\u00e9rieure et les conceptions rationnelles, il admit une exp\u00e9rience int\u00e9rieure, qui s\u2019acquiert dans le commerce de l&rsquo;\u00e2me avec Dieu.<\/p>\n<p>Il acceptait aussi l&rsquo;autorit\u00e9 de la sagesse antique, mais en la soumettant \u00e0 une critique s\u00e9v\u00e8re : la philologie avait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet de ses pers\u00e9v\u00e9rantes m\u00e9ditations. La providence lui avait fait une longue vie, et la science attendait de lui un si\u00e8cle entier de progr\u00e8s ; mais l&rsquo;\u00e9tonnement de ses contemporains, qui l&rsquo;appelaient admirable <em>doctor mirabilis,<\/em> se changea en soup\u00e7ons odieux. Sa vieillesse se passa dans une prison, et la lumi\u00e8re manqua \u00e0 ses derniers travaux. Plus tard, et \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la r\u00e9forme, ses manuscrits furent br\u00fbl\u00e9s dans l&rsquo;incendie d&rsquo;un couvent de son ordre, par des hommes dont les descendants triomphent aujourd&rsquo;hui, au nom de l&rsquo;industrie protestante, sur les bateaux \u00e0 vapeur et sur les chemins de fer que le vieux moine catholique avait pr\u00e9dits.<\/p>\n<p>Vers le m\u00eame temps, sous un ciel moins rigoureux, au pied de ces montagnes de Toscane et de Calabre, dont les flancs port\u00e8rent tant de grands hommes, deux g\u00e9nies fr\u00e8res \u00e9taient n\u00e9s. Un m\u00eame \u00e2ge les rapprochait d\u00e9j\u00e0 : un m\u00eame jour les r\u00e9unit, \u00e0 Paris, pour y recevoir tous deux les honneurs acad\u00e9miques ; l&rsquo;amiti\u00e9 les rassembla pendant la vie, la m\u00eame ann\u00e9e dans le tombeau, le m\u00eame culte sur les autels ; on ne saurait s\u00e9parer, dans l&rsquo;histoire, saint Bonaventure et saint Thomas D&rsquo;Aquin.<\/p>\n<p>Saint Bonaventure (1221-1274), intelligence moins laborieuse peut-\u00eatre et plus aimante, inclinait aux doctrines contemplatives et s\u2019effor\u00e7ait d&rsquo;accorder avec elles l&rsquo;exercice l\u00e9gitime de toutes les facult\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>Malheureusement pour ses disciples, le s\u00e9raphique docteur s\u2019\u00e9leva trop t\u00f4t, et par une voie trop courte, \u00e0 ces sommit\u00e9s myst\u00e9rieuses qu&rsquo;il avait signal\u00e9es d&rsquo;en bas. Il mourut au milieu du deuxi\u00e8me concile de Lyon : les d\u00e9put\u00e9s r\u00e9unis de l&rsquo;\u00e9glise universelle honor\u00e8rent ses fun\u00e9railles. Et s\u2019il fallait \u00e0 sa m\u00e9moire d&rsquo;autres hommages moins pompeux et plus tardifs, cent cinquante ans plus tard ses \u00e9crits allaient consoler dans sa solitude le pieux Gerson, fatigu\u00e9 des spectacles d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 corrompue et des disputes d&rsquo;une \u00e9cole d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>S Thomas D&rsquo;Aquin (1224-1274) avait entendu son ma\u00eetre d\u00e9finir l&rsquo;esprit humain, \u00a0\u00bb un tout potestatif \u00a0\u00bb . On peut dire que lui-m\u00eame fut ce tout r\u00e9alis\u00e9. Jamais de plus excellentes facult\u00e9s ne furent r\u00e9unies dans un assortiment plus heureux ; mais toutes \u00e9taient domin\u00e9es par une raison haute, solennelle, et puissamment m\u00e9ditative. C&rsquo;est pourquoi, lorsque ses compagnons d&rsquo;\u00e9tudes l&rsquo;appelaient le grand boeuf de Sicile, ses ma\u00eetres accept\u00e8rent pour lui l&rsquo;augure. Le s\u00e9jour ordinaire de ses pens\u00e9es devait donc \u00eatre la science la plus rationnelle de toutes, celle par cons\u00e9quent qui domine et coordonne les autres, c&rsquo;est-\u00e0-dire, la m\u00e9taphysique.<\/p>\n<p>L\u00e0, au terme de toutes les sp\u00e9culations, se pr\u00e9sentait l&rsquo;in\u00e9vitable probl\u00e8me des universaux : il fallait prononcer sur la r\u00e9alit\u00e9 objective des conceptions rationnelles, \u00e9tablir l&rsquo;\u00e9quation des id\u00e9es et des choses. Saint Thomas admit en Dieu l&rsquo;existence des id\u00e9es arch\u00e9types de la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;homme ne jouit point d&rsquo;une vision directe de ces arch\u00e9types : ses connaissances se forment des images re\u00e7ues par les sens, et des perceptions abstraites qui s\u2019en d\u00e9gagent \u00e0 la lumi\u00e8re de la raison. -cette logique conciliante, qui avait fait une juste part \u00e0 l&rsquo;intervention des sens, devait conduire saint Thomas dans ses recherches physiques.<\/p>\n<p>Il r\u00e9futa l&rsquo;opinion qui excluait les corps du plan primitif de la cr\u00e9ation ; il leur donna place dans la hi\u00e9rarchie des \u00eatres, et d\u00e9couvrit en eux un concours \u00e0 l&rsquo;ordre universel, une tendance incessante \u00e0 la perfection, un vestige de la divinit\u00e9. Cependant ses pr\u00e9occupations th\u00e9oriques le ramenaient aux sollicitudes pratiques : il formulait une l\u00e9gislation qui enla\u00e7ait dans le r\u00e9seau de ses pr\u00e9visions l&rsquo;homme, la famille et la cit\u00e9 ; il reconnaissait l&rsquo;excellence de la contemplation ; il savait les voies par lesquelles une vertu sublime peut conduire \u00e0 la vue imm\u00e9diate de l&rsquo;\u00e9ternelle v\u00e9rit\u00e9. -mais c&rsquo;\u00e9tait peu pour lui de s\u2019\u00eatre \u00e9prouv\u00e9 en des exercices si divers : il recourut encore aux enseignements de ses devanciers ; de nombreux \u00e9crits d&rsquo;Aristote, le <em>Tim\u00e9e <\/em>de Platon, le ma\u00eetre des sentences, furent tour \u00e0 tour l&rsquo;objet de ses consciencieux commentaires. Alors saint Thomas con\u00e7ut une oeuvre digne de lui : ce fut une vaste synth\u00e8se des sciences morales, o\u00f9 serait dit tout ce qui se peut savoir de Dieu, de l&rsquo;homme, et de leurs rapports ; une philosophie vraiment catholique, <em>summa totius theologiae <\/em>. Ce monument, plein d&rsquo;harmonie, malgr\u00e9 l&rsquo;apparente asp\u00e9rit\u00e9 de ses formes, colossal dans ses dimensions, magnifique dans son plan, demeura toutefois inachev\u00e9, semblable en cela m\u00eame \u00e0 toutes les grandes cr\u00e9ations politiques, litt\u00e9raires, architecturales du moyen \u00e2ge, choses que le destin n&rsquo;a fait que montrer et n&rsquo;a pas laiss\u00e9 \u00eatre jusqu&rsquo;au bout&#8230;<\/p>\n<p>un long cri d&rsquo;admiration suivit l&rsquo;ange de l&rsquo;\u00e9cole <em>doctor angelicus <\/em>rappel\u00e9 au ciel.<\/p>\n<p>Albert-Le-Grand, Roger Bacon, saint Bonaventure, et saint Thomas D&rsquo;Aquin, constituent entre eux une repr\u00e9sentation compl\u00e8te de toutes les puissances intellectuelles : ce sont les quatre docteurs qui soutiennent la chaire de la philosophie, dans le temple du moyen \u00e2ge. Leur mission \u00e9tait vraiment l&rsquo;instauration des sciences, mais non point la consommation d\u00e9finitive. Ils ne furent pas exempts des ignorances et des erreurs de leur si\u00e8cle ; car la providence permet les erreurs du g\u00e9nie, de crainte de laisser croire aux hommes qu&rsquo;il ne leur reste rien \u00e0 faire apr\u00e8s lui. Souvent la majest\u00e9, la gr\u00e2ce m\u00eame de leurs conceptions dispara\u00eet sous les voiles des expressions dont elles sont rev\u00eatues ; mais ces imperfections furent rachet\u00e9es par d&rsquo;autres m\u00e9rites.<\/p>\n<p>C&rsquo;est que ces philosophes chr\u00e9tiens ne recel\u00e8rent point en eux le divorce, devenu depuis si fr\u00e9quent, de l&rsquo;intelligence et de la volont\u00e9 ; c&rsquo;est que leur vie fut tout enti\u00e8re une laborieuse application de leurs doctrines. Ils r\u00e9alis\u00e8rent dans sa pl\u00e9nitude cette sagesse pratique, tant r\u00eav\u00e9e des anciens : l&rsquo;abstinence des disciples de Pythagore, la constance des sto\u00efciens, l&rsquo;humilit\u00e9, la charit\u00e9 que nul de ceux-l\u00e0 n&rsquo;avait connues. Albert-Le-Grand et saint Thomas \u00e9taient descendus des ch\u00e2teaux de leurs nobles anc\u00eatres dans l&rsquo;ombre des clo\u00eetres de saint Dominique : le premier abdiqua, le second refusa, les honneurs de l&rsquo;\u00e9glise. Roger Bacon et saint Bonaventure ceignaient leurs reins du cordon de saint-Fran\u00e7ois ; et, quand on vint chercher l&rsquo;un d&rsquo;eux pour rev\u00eatir la pourpre romaine, l&rsquo;histoire a dit \u00e0 quel obscur minist\u00e8re il \u00e9tait occup\u00e9. -aussi, ne s\u2019enfermaient-ils point dans les superbes myst\u00e8res d&rsquo;un enseignement \u00e9sot\u00e9rique ; ils ouvraient les portes de leurs \u00e9coles aux fils des p\u00e2tres et des artisans, et, comme le Christ, leur ma\u00eetre, ils disaient : \u00a0\u00bb venez tous. \u00a0\u00bb apr\u00e8s avoir rompu le pain de la parole, on les voyait distribuer celui de l&rsquo;aum\u00f4ne. Le pauvre peuple les connaissait, et b\u00e9nissait leur nom.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui encore, apr\u00e8s six cents ans, les habitants de Paris s\u2019agenouillent aux autels de l&rsquo;ange de l&rsquo;\u00e9cole ; et les ouvriers de Lyon s\u2019honorent de porter, une fois par an, sur leurs robustes \u00e9paules, les restes triomphants du s\u00e9raphique docteur.<\/p>\n<p>4 la scolastique n&rsquo;\u00e9tait pourtant point demeur\u00e9e sans reproches. Dans ces temps belliqueux, ceux \u00e0 qui leur profession interdisait de rompre la lance et de croiser l&rsquo;\u00e9p\u00e9e portaient leur ardeur dans les tournois de la parole. La controverse devenait la passion de toute leur vie ; on les voyait, vieillards fl\u00e9tris, s\u2019agiter encore dans les carrefours, discutant chaque syllabe et chaque lettre d&rsquo;un discours, ou d&rsquo;un \u00e9crit. Ils \u00e9tendaient leurs argumentations comme des filets, dressaient leurs syllogismes comme des emb\u00fbches, multipliaient les combinaisons des mots comme la nature multiplie les combinaisons des choses, et, gr\u00e2ces \u00e0 d&rsquo;innombrables distinctions, prouvaient et niaient tour \u00e0 tour la v\u00e9rit\u00e9, la fausset\u00e9, l&rsquo;incertitude, d&rsquo;une m\u00eame maxime. Mais, de m\u00eame que cette multitude ameut\u00e9e dont parle le po\u00e8te, \u00e0 la vue d&rsquo;un personnage illustre par ses services et ses vertus, se tait et demeure suspendue aux pacifiques paroles qui lui sont apport\u00e9es ; ainsi, ce peuple disputeur d&rsquo;\u00e9coliers jeunes et vieux sembla soudain oublier ses empressements et ses col\u00e8res, quand les grands ma\u00eetres de la pens\u00e9e parurent au milieu de lui : l&rsquo;\u00e9tonnement fit faire le silence. Mais le d\u00e9sordre recommen\u00e7a, quand ils furent pass\u00e9s. Une autre g\u00e9n\u00e9ration se leva, et aux hommes de g\u00e9nie succ\u00e9d\u00e8rent les hommes de talent.<\/p>\n<p>Raymond Lulle (1244-1315), Duns Scott (1275-1308), et Occam (mort en 1345), ouvrent l&rsquo;\u00e8re de la d\u00e9cadence. D&rsquo;une part, Raymond flattait les penchants dangereux des dialecticiens d&rsquo;alors, en leur offrant, dans son art combinatoire, un jeu m\u00e9canique o\u00f9 devaient se d\u00e9duire sans retard et sans efforts toutes les cons\u00e9quences des principes donn\u00e9s.<\/p>\n<p>D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, ce docteur, n\u00e9 sous le ciel de Majorque et dans le voisinage de la domination musulmane, entra\u00een\u00e9 en de longs voyages sur les c\u00f4tes d&rsquo;Afrique et au Levant, s\u2019\u00e9tait embras\u00e9 de toutes les ardeurs du mysticisme arabe et alexandrin ; il les rayonnait \u00e0 son tour parmi la foule, que l&rsquo;admiration de sa vie aventureuse r\u00e9unissait avide autour de lui. L&rsquo;anglais Duns Scott, plus calme peut-\u00eatre, mais non moins impatient de remettre en probl\u00e8me les doctrines de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, nia la possibilit\u00e9 de rencontrer la certitude dans les connaissances acquises par les sens. Les genres et les esp\u00e8ces, au contraire, lui parurent des r\u00e9alit\u00e9s primordiales ; il peupla la science d&rsquo;\u00eatres de raison arbitrairement con\u00e7us, et, renouvelant les opinions des anciens r\u00e9alistes, il formula le plus audacieux id\u00e9alisme. Occam, qui passa ses jours dans les querelles religieuses, politiques, litt\u00e9raires, \u00e0 Oxford dans sa jeunesse, \u00e0 Paris sous Philippe-Le-Bel, en Allemagne aupr\u00e8s de Louis De Bavi\u00e8re, chevalier errant de la controverse, releva le gant au nom des nominaux.<\/p>\n<p>De cet axiome qu&rsquo;il ne faut pas sans n\u00e9cessit\u00e9 multiplier les \u00eatres, il fut conduit, non seulement \u00e0 repousser les \u00eatres de raison comme des fant\u00f4mes, mais jusqu&rsquo;\u00e0 m\u00e9conna\u00eetre la valeur objective de l&rsquo;id\u00e9e de substance, jusqu&rsquo;\u00e0 h\u00e9siter devant la distinction de l&rsquo;esprit et de la mati\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire, jusqu&rsquo;aux limites du sensualisme.<\/p>\n<p>-ces h\u00e9sitations m\u00eame indiquent les approches du scepticisme qui va repara\u00eetre, et que rien ne favorise en effet comme l&rsquo;extr\u00eame hardiesse des syst\u00e8mes dogmatiques auxquels on ne peut ni croire, ni r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>Ainsi, les \u00e9coles exclusives sortaient de leurs ruines. Elles remplirent le quatorzi\u00e8me si\u00e8cle de leurs rivalit\u00e9s. La logique, cette gymnastique savante o\u00f9 l&rsquo;esprit europ\u00e9en avait pris son vigoureux temp\u00e9rament, d\u00e9g\u00e9n\u00e9rait en un assaut de sophismes, en un jeu pu\u00e9ril et dangereux : les questions, divis\u00e9es \u00e0 l&rsquo;infini, se soulevaient comme la poussi\u00e8re sous les pas des lutteurs. La m\u00e9taphysique se perdait dans une ontologie inf\u00e9conde, o\u00f9 les formalit\u00e9s, les haecc\u00e9it\u00e9s, et autres cr\u00e9ations capricieuses de l&rsquo;entendement humain, prirent la place qui appartenait aux vivantes cr\u00e9ations de Dieu. On n&rsquo;interrogea plus l&rsquo;exp\u00e9rience, dont les r\u00e9ponses \u00e9taient trop lentes \u00e0 obtenir et trop peu flexibles au gr\u00e9 des opinions bellig\u00e9rantes ; on chercha d&rsquo;autres oracles plus faciles \u00e0 corrompre dans les enseignements de l&rsquo;antiquit\u00e9, qui furent d\u00e9clar\u00e9s infaillibles. Alors, au milieu du concert presque unanime des docteurs chr\u00e9tiens, fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9e l&rsquo;apoth\u00e9ose d&rsquo;Aristote. La divinit\u00e9 pa\u00efenne ne se contenta point toujours d&rsquo;encens ; il lui fallut des sacrifices : l&rsquo;immolation de toute doctrine ind\u00e9pendante. La scolastique finit au milieu de ces orgies, comparable au monarque d&rsquo;Isra\u00ebl, dont la jeune sagesse avait \u00e9tonn\u00e9 le monde, et qui tra\u00eena dans les temples des idoles \u00e9trang\u00e8res sa vieillesse d\u00e9shonor\u00e9e.<\/p>\n<p>5 c&rsquo;est vers le milieu de la p\u00e9riode que nous venons de d\u00e9crire, aux approches de l&rsquo;an 1300, entre l&rsquo;apog\u00e9e et le commencement de la d\u00e9cadence, dans un de ces moments solennels o\u00f9 la prosp\u00e9rit\u00e9 m\u00eame devient m\u00e9lancolique, parce qu&rsquo;elle se sent toucher \u00e0 sa fin ; c&rsquo;est \u00e0 cette heure du chant du cygne, que la philosophie du moyen \u00e2ge dut avoir son po\u00e8te. Car, tandis que la prose, surtout la prose d&rsquo;une langue morte comme celle de l&rsquo;\u00e9cole, mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve des ans, se corrompt bient\u00f4t et ne laisse plus apercevoir que d\u00e9figur\u00e9e l&rsquo;id\u00e9e qui y \u00e9tait enfouie, la po\u00e9sie est comme un corps glorieux, sous lequel la pens\u00e9e demeure incorruptible et reconnaissable. Elle est aussi une forme agile, qui p\u00e9n\u00e8tre les masses, et se rend pr\u00e9sente sur les points les plus \u00e9loign\u00e9s. Immortalit\u00e9, popularit\u00e9, ce sont les deux pr\u00e9sents divins dont les po\u00e8tes ont \u00e9t\u00e9 faits dispensateurs. La philosophie grecque avait eu son Hom\u00e8re, en la personne de Platon ; la scolastique, moins heureusement partag\u00e9e sous d&rsquo;autres rapports, menac\u00e9e d&rsquo;un d\u00e9p\u00e9rissement plus rapide, \u00e9prouvait encore davantage le besoin d&rsquo;une consolation pareille. Le po\u00e8te qui allait venir avait donc sa place marqu\u00e9e dans le temps ; il faut dire quelles causes la lui assign\u00e8rent dans l&rsquo;espace : son si\u00e8cle \u00e9tant connu, il reste \u00e0 faire conna\u00eetre la situation intellectuelle de son pays.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PREMIERE PARTIE CH. 2\u00a0: De la philosophie scolastique au XIII\u00e8me si\u00e8cle 1 quand la barbarie avait envahi l&rsquo;Europe, effa\u00e7ant sous ses pas les sillons laborieux de la civilisation latine, le peu de connaissances qui restaient &#8230; <a href=\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/essai-sur-la-philosophie-de-dante-03\/\" class=\"more-link\">Read More<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":189780,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[120],"tags":[],"class_list":["post-108374","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-livres-de-frederic-ozanam"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.3 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Essai sur la philosophie de Dante (03) - Nous Sommes Vincentiens<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/essai-sur-la-philosophie-de-dante-03\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Essai sur la philosophie de Dante (03) - Nous Sommes Vincentiens\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"PREMIERE PARTIE CH. 2\u00a0: De la philosophie scolastique au XIII\u00e8me si\u00e8cle 1 quand la barbarie avait envahi l&rsquo;Europe, effa\u00e7ant sous ses pas les sillons laborieux de la civilisation latine, le peu de connaissances qui restaient ... 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Javier es laico vicenciano, afiliado a la Congregaci\u00f3n de la Misi\u00f3n y miembro del Equipo de Misiones Populares de la provincia can\u00f3nica de Zaragoza (Espa\u00f1a) de la Congregaci\u00f3n de la Misi\u00f3n. Graduado en la Universidad Oberta de Catalunya con cuatro grados (Asistente de direcci\u00f3n, Gesti\u00f3n Administrativa, Recursos Humanos y Contabilidad Avanzada). Bil\u00edng\u00fce Espa\u00f1ol\/Ingl\u00e9s. gestiona y mantiene varias p\u00e1ginas web cristianas y vicencianas, incluida including La Red de Formaci\u00f3n Vicenciana, de la que es cofundador. Actualmente es responsable del \u00e1rea de Espa\u00f1ol de .famvin, la Red de Noticias de la Familia Vicenciana. Tambi\u00e9n es m\u00fasico cat\u00f3lico y ha editado varios discos. Es Director General y cofundador de Trovador, una reconocida compa\u00f1\u00eda discogr\u00e1fica critiana de Espa\u00f1a. Trabaja en las Tecnolog\u00edas de la Informaci\u00f3n, ofreciendo servicios de alojamiento, dise\u00f1o y mantenimiento Web, as\u00ed como asesoramiento, formaci\u00f3n y soluciones inform\u00e1ticas, gesti\u00f3n documental y digitalizaci\u00f3n de textos, edici\u00f3n y maquetaci\u00f3n de libros, revistas, flyers, etc.\",\"sameAs\":[\"http:\/\/chento.org\",\"https:\/\/www.facebook.com\/JavierChento\",\"https:\/\/x.com\/https:\/\/twitter.com\/javierchento\"],\"url\":\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/author\/chento\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Essai sur la philosophie de Dante (03) - Nous Sommes Vincentiens","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/essai-sur-la-philosophie-de-dante-03\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Essai sur la philosophie de Dante (03) - Nous Sommes Vincentiens","og_description":"PREMIERE PARTIE CH. 2\u00a0: De la philosophie scolastique au XIII\u00e8me si\u00e8cle 1 quand la barbarie avait envahi l&rsquo;Europe, effa\u00e7ant sous ses pas les sillons laborieux de la civilisation latine, le peu de connaissances qui restaient ... 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