{"id":106780,"date":"2013-12-27T08:19:43","date_gmt":"2013-12-27T07:19:43","guid":{"rendered":"http:\/\/vincentiens.org\/?p=106780"},"modified":"2013-12-27T08:19:43","modified_gmt":"2013-12-27T07:19:43","slug":"la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/","title":{"rendered":"La vie du v\u00e9n\u00e9rable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre troisi\u00e8me, Chapitre XIX"},"content":{"rendered":"<h2>Chapitre XIX\u00a0: Sa mortification<\/h2>\n<p>\u00abIl n&rsquo;y a rien de plus grand ni de plus relev\u00e9 en la vie du chr\u00e9tien (comme dit saint Ambroise) que d&rsquo;exercer son \u00e2me dans la pratique des vertus, et pour cet effet, mortifier sa chair et la r\u00e9duire en servitude, afin qu&rsquo;elle apprenne \u00e0 se soumettre. et qu&rsquo;elle se rende docile \u00e0 la conduite de la raison: en sorte que, nonobstant les travaux et les difficult\u00e9s qu&rsquo;elle peut ressentir dans cet exercice, elle ne laisse pas de se porter courageusement \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution des bons d\u00e9sirs et des saintes r\u00e9solutions qu&rsquo;elle aura con\u00e7ues dans son c\u0153ur.\u00bb<\/p>\n<p>Et certes ce n&rsquo;est pas sans raison que ce saint docteur a parl\u00e9 de la sorte: car, selon le sentiment du Sage, \u00abc&rsquo;est une chose bien glorieuse que de suivre le Seigneur\u00bb, et le premier pas qu&rsquo;il faut faire pour marcher \u00e0 sa suite, comme lui-m\u00eame le d\u00e9clare dans l&rsquo;Evangile, c&rsquo;est de renoncer \u00e0 soi-m\u00eame, et de porter sa croix; il s&rsquo;ensuit que le chr\u00e9tien doit regarder l&rsquo;abn\u00e9gation et la mortification comme un titre de noblesse, et comme une marque qu&rsquo;on a l&rsquo;honneur d&rsquo;appartenir \u00e0 J\u00e9sus-Christ et d&rsquo;\u00eatre de sa suite. Or M. Vincent ayant toujours fait une profession particuli\u00e8re de suivre ce divin Sauveur, et de marcher sur les traces de ses exemples, (comme il a \u00e9t\u00e9 dit en l&rsquo;un des chapitres pr\u00e9c\u00e9dents) il n&rsquo;y a pas lieu de douter qu&rsquo;il n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 honor\u00e9 de ses plus ch\u00e8res livr\u00e9es, et que, selon la parole de l&rsquo;Ap\u00f4tre, il n&rsquo;ait port\u00e9 en son corps la mortification de J\u00e9sus-Christ; en sorte que sa vie n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 presque qu&rsquo;un sacrifice continuel de son corps et de tous ses sens, de son \u00e2me et de ses puissances, et enfin de tous les d\u00e9sirs et mouvements de son c\u0153ur; et c&rsquo;est de l&rsquo;abondance de ce c\u0153ur parfaitement mortifi\u00e9 que, s&rsquo;entretenant un jour avec les siens sur ces paroles de J\u00e9sus-Christ dans l&rsquo;\u00c9vangile: \u00abSi quelqu&rsquo;un veut venir apr\u00e8s moi, qu&rsquo;il renonce \u00e0 soi-m\u00eame, et qu&rsquo;il porte sa croix.\u00bb C&rsquo;est l\u00e0 (leur dit-il) le conseil que Notre-Seigneur donne \u00e0 ceux qui se pr\u00e9sentent \u00e0 lui pour le suivre; il leur d\u00e9clare que la premi\u00e8re d\u00e9marche qu&rsquo;ils doivent faire est de renoncer \u00e0 eux-m\u00eames, et ensuite de porter leur croix; et puis pers\u00e9v\u00e9rer constamment en l&rsquo;un et en l&rsquo;autre jusqu&rsquo;\u00e0 la fin. Mais nous pouvons bien appliquer \u00e0 ce sujet ce que ce divin Sauveur a dit en une autre occasion: <i>Non omnes capiunt verbum istud<\/i>. Et qu&rsquo;il y en a peu qui se donnent \u00e0 J\u00e9sus-Christ pour le suivre sous ces conditions! De l\u00e0 est venu que de tant de milliers de personnes qui le suivaient pour l&rsquo;entendre, presque tous l&rsquo;ont abandonn\u00e9 et se sont retir\u00e9s, parce qu&rsquo;ils ne le suivaient pas pr\u00e9par\u00e9s de la sorte que Notre-Seigneur leur disait qu&rsquo;il le fallait \u00eatre, et qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas dans la disposition de se mortifier et de porter leur croix.<\/p>\n<p>\u00abC&rsquo;est donc une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 quiconque veut \u00eatre disciple de ce divin Ma\u00eetre, de renoncer \u00e0 son propre jugement, \u00e0 sa volont\u00e9, \u00e0 ses sens, \u00e0 ses passions, etc. Par le jugement on entend la science, l&rsquo;intelligence et le raisonnement. \u00d4 quel avantage \u00e0 un chr\u00e9tien de soumettre ses lumi\u00e8res et sa raison pour l&rsquo;amour de Dieu ! Qu&rsquo;est-ce que cela, sinon suivre et imiter J\u00e9sus-Christ, et lui faire un sacrifice de son propre jugement? Par exemple, on met une question en avant; chacun en dit son avis : or pour renoncer \u00e0 soi-m\u00eame en une telle occasion, il ne faut pas refuser d&rsquo;en dire ce qu&rsquo;on en pense; mais il faut se tenir dans la disposition de soumettre son jugement et sa raison, en sorte que l&rsquo;on suive volontiers, et m\u00eame que l&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re le jugement d&rsquo;autrui au sien propre.<\/p>\n<p>\u00abPour ce qui est de renoncer \u00e0 sa propre volont\u00e9, NotreSeigneur nous en a donn\u00e9 l&rsquo;exemple pendant tout le cours de sa vie et jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, s&rsquo;\u00e9tant continuellement \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 faire, non sa volont\u00e9, mais celle de son P\u00e8re, et \u00e0 accomplir en toutes choses ce qu&rsquo;il reconnaissait lui \u00eatre agr\u00e9able: <i>Qu\u0153 placita sunt ei, facio semper. <\/i>\u00d4 que s&rsquo;il plaisait \u00e0 Dieu nous pr\u00e9venir de tant de gr\u00e2ces, que nous demeurassions toujours dans l&rsquo;accomplissement de sa volont\u00e9, ob\u00e9issants \u00e0 ses commandements, aux r\u00e8gles de notre \u00e9tat et aux ordres de l&rsquo;ob\u00e9issance, nous serions alors les vrais disciples de son Fils; mais tant que nous serons attach\u00e9s \u00e0 notre propre volont\u00e9, nous n&rsquo;aurons point de disposition pour le suivre, ni de m\u00e9rite \u00e0 porter nos peines, ni de part avec lui.<\/p>\n<p>\u00abNous devons encore mortifier nos sens, et veiller continuellement sur eux pour les assujettir \u00e0 Dieu. \u00d4 que la curiosit\u00e9 de voir et d&rsquo;\u00e9couter est dangereuse, et qu&rsquo;elle a de force pour d\u00e9tourner notre esprit de Dieu ! Que nous devons beaucoup prier Notre-Seigneur afin qu&rsquo;il nous fasse la gr\u00e2ce de renoncer \u00e0 cette curiosit\u00e9, qui a \u00e9t\u00e9 la cause de la perte de nos premiers parents !<\/p>\n<p>\u00abIl y a encore une certaine passion qui domine en plusieurs, \u00e0 laquelle il nous faut bien renoncer: c&rsquo;est ce d\u00e9sir immod\u00e9r\u00e9 de conserver sa sant\u00e9 et de se bien porter, et ce soin excessif de faire le possible et l&rsquo;impossible pour la conservation de son individu: car cette sollicitude immod\u00e9r\u00e9e et cette crainte de souffrir quelque incommodit\u00e9 qu&rsquo;on voit en quelques-uns, qui mettent tout leur esprit et toute leur attention au soin de leur ch\u00e9tive vie, sont de grands emp\u00eachements au service de Dieu, qui leur \u00f4tent la libert\u00e9 de suivre J\u00e9sus-Christ. \u00d4 Messieurs et mes Fr\u00e8res ! nous sommes disciples de ce divin Sauveur, et cependant il nous trouve comme des esclaves encha\u00een\u00e9s ! A quoi ? \u00e0 un peu de sant\u00e9, \u00e0 un rem\u00e8de imaginaire, \u00e0 une infirmerie o\u00f9 rien ne mangue, \u00e0 une maison qui nous pla\u00eet, \u00e0 une promenade qui nous divertit, \u00e0 un repos qui ressent la paresse. Mais (dira quelqu&rsquo;un) le m\u00e9decin m&rsquo;a conseill\u00e9 de ne m&rsquo;appliquer pas tant, d&rsquo;aller prendre l&rsquo;air, de changer de s\u00e9jour. \u00d4 mis\u00e8re et faiblesse! les grands quittent-ils leur demeure ordinaire parce qu&rsquo;ils sont quelquefois indispos\u00e9s ? un \u00e9v\u00eaque abandonne-t-il son dioc\u00e8se ? un gouverneur, sa place ? un bourgeois, sa ville ? un marchand, sa maison ? les rois m\u00eame font-ils cela ? Rarement, et quand ils sont malades, ils demeurent au lieu o\u00f9 ils se trouvent. Le feu roi se trouva malade \u00e0 Saint-Germain-en-Layes, et il y demeura quatre ou cinq mois sans se faire porter ailleurs, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il y mourut d&rsquo;une mort vraiment chr\u00e9tienne et digne d&rsquo;un roi tr\u00e8s chr\u00e9tien. \u00bb<\/p>\n<p>Et dans une autre occasion parlant sur le m\u00eame sujet: \u00abLa sensualit\u00e9, dit-il, se trouve partout, et non seulement dans la recherche de l&rsquo;estime du monde, des richesses et des plaisirs, mais aussi dans les d\u00e9votions, dans les actions les plus saintes, dans les livres, dans les images: en un mot, elle se fourre partout. O mon Sauveur ! faites-nous la gr\u00e2ce de nous d\u00e9faire de nous-m\u00eames; faites, s&rsquo;il vous pla\u00eet, que nous nous ha\u00efssions, afin de vous aimer plus parfaitement, vous qui \u00eates la source de toute vertu et perfection et l&rsquo;ennemi mortel de la sensualit\u00e9; donnez-nous cet esprit de mortification, et la gr\u00e2ce de r\u00e9sister toujours \u00e0 cet amour propre, qui est la racine de toutes nos sensualit\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;ici ce sont les paroles de M. Vincent, que nous avons rapport\u00e9es comme de fid\u00e8les expressions, non seulement des pens\u00e9es de son esprit, mais encore plus des affections et dispositions de son c\u0153ur touchant cette vertu de mortification, que l&rsquo;on peut dire avoir \u00e9t\u00e9 une de celles qu&rsquo;il a le plus universellement et le plus constamment pratiqu\u00e9es pendant tout le cours de sa vie, et jusqu&rsquo;au dernier soupir. Il est vrai qu&rsquo;il ne faisait pas para\u00eetre au dehors une vie fort aust\u00e8re, estimant qu&rsquo;une vie commune en apparence \u00e9tait la plus convenable pour r\u00e9ussir au service des peuples et des eccl\u00e9siastiques, auquel Dieu l&rsquo;avait destin\u00e9, \u00e9tant aussi la plus rapportante \u00e0 la vie de J\u00e9sus-Christ et des saints Ap\u00f4tres, sur le mod\u00e8le de laquelle il voulait \u00e9lever les Missionnaires de sa Congr\u00e9gation; et par cons\u00e9quent il se croyait oblig\u00e9 de leur en donner l&rsquo;exemple, se conformant \u00e0 eux pour l&rsquo;ext\u00e9rieur d&rsquo;une vie bien r\u00e9gl\u00e9e, qui n&rsquo;est ni trop large ni trop \u00e9troite, ni trop douce ni trop rigoureuse: Mais en son particulier il se traitait fort \u00e2prement, faisant souffrir son corps en diverses mani\u00e8res, et mortifiant sans cesse son int\u00e9rieur, pour tenir l&rsquo;un et l&rsquo;autre parfaitement soumis aux volont\u00e9s de Dieu; et cela d&rsquo;une mani\u00e8re d&rsquo;autant plus excellente et plus sainte qu&rsquo;elle paraissait moins aux yeux des hommes: en quoi il s&rsquo;est rendu semblable \u00e0 ce grain de froment dont J\u00e9sus-Christ parle dans l&rsquo;\u00c9vangile, qui, plus il est cach\u00e9 et enfonc\u00e9 en terre, plus aussi il pousse ses tiges et multiplie son fruit.<\/p>\n<p>Et premi\u00e8rement, il a mortifi\u00e9 cet amour de l&rsquo;honneur et de la propre estime, qui est si naturel \u00e0 tous les hommes, et qui leur fait cacher avec tant de soin tout ce qui peut leur causer le moindre m\u00e9pris; car ce saint pr\u00eatre r\u00e9primait cette inclination naturelle, ne laissait \u00e9chapper aucune occasion de s&rsquo;humilier, en parlant de sa basse naissance et de la pauvre condition de ses parents, qu&rsquo;il ne l&#8217;embrass\u00e2t bien volontiers. Voici ce qu&rsquo;il \u00e9crivit en l&rsquo;ann\u00e9e 1633 \u00e0 l&rsquo;un de ses pr\u00eatres: \u00abO Monsieur, que nous sommes heureux de ce que nous honorons la parent\u00e9 pauvre de Notre-Seigneur, par la n\u00f4tre pauvre et ch\u00e9tive! Je disais avec consolation ces jours pass\u00e9s, en pr\u00eachant en une Communaut\u00e9, que je suis le fils d&rsquo;un pauvre laboureur, et en une autre compagnie, que j&rsquo;ai gard\u00e9 les pourceaux. Croiriez-vous bien, Monsieur, que je crains d&rsquo;en avoir de la vaine satisfaction, \u00e0 cause de la peine que la nature en souffre? Il est vrai que le diable est bien fin et rus\u00e9: mais certes celui-l\u00e0 l&rsquo;est encore plus que lui qui se tient honor\u00e9 de la pauvre condition de l&rsquo;Enfant de Bethl\u00e9em et de celle de ses saints parents.\u00bb<\/p>\n<p>M. Vincent a aussi mortifi\u00e9 l&rsquo;affection qu&rsquo;il avait pour ses parents; car ayant un tr\u00e8s bon naturel, il aimait tendrement les siens, ainsi que lui-m\u00eame l&rsquo;a avou\u00e9; et n\u00e9anmoins il a su fort bien mortifier cette affection et en faire un sacrifice \u00e0 J\u00e9sus-Christ. A ce sujet, parlant un jour \u00e0 sa Communaut\u00e9 de l&rsquo;\u00e9loignement des parents ordonn\u00e9 par ce divin Sauveur \u00e0 ceux qui le veulent suivre, il leur dit que, \u00abplusieurs qui sont retourn\u00e9s en leur pays sont entr\u00e9s dans les int\u00e9r\u00eats de leur famille, et dans leurs sentiments de tristesse et de joie, et qu&rsquo;ils s&rsquo;y sont embarrass\u00e9s comme les mouches qui tombent dans les toiles d&rsquo;une araign\u00e9e d&rsquo;o\u00f9 elles ne se peuvent tirer.<\/p>\n<p>\u00ab Je m&rsquo;appellerai moi-m\u00eame a t\u00e9moin (leur dit-il) de cette v\u00e9rit\u00e9. Du temps que j&rsquo;\u00e9tais encore chez M. le G\u00e9n\u00e9ral des gal\u00e8res, et avant le premier \u00e9tablissement de notre Compagnie, il arriva que les gal\u00e8res \u00e9tant \u00e0 Bordeaux, il m&rsquo;envoya la pour faire mission aux pauvres for\u00e7ats. Ce que je fis par le moyen des religieux de divers Ordres de la ville, deux en chaque gal\u00e8re. Or avant que de partir de Paris pour ce voyage, je m&rsquo;ouvris de l&rsquo;ordre que j&rsquo;en avais re\u00e7u \u00e0 deux amis, \u00e0 qui je dis: \u00ab\u00a0Messieurs, je m&rsquo;en vais travailler proche le lieu d&rsquo;o\u00f9 je suis; je ne sais si je ferai bien d&rsquo;aller faire un tour chez nous.\u00a0\u00bb Tous deux me le conseill\u00e8rent: \u00ab\u00a0Allez-y, Monsieur, me dirent-ils; votre pr\u00e9sence consolera vos proches, vous leur parlerez de Dieu, etc.\u00a0\u00bb La raison que j&rsquo;avais d&rsquo;en douter est que j&rsquo;avais vu plusieurs bons eccl\u00e9siastiques qui avaient fait merveilles quelque temps, \u00e9loign\u00e9s de leur pays; et j&rsquo;avais remarqu\u00e9 qu&rsquo;\u00e9tant all\u00e9s voir leurs parents, ils en \u00e9taient revenus tout chang\u00e9s, et demeuraient inutiles au public: ils s&rsquo;adonnaient enti\u00e8rement aux affaires de leurs familles, toutes leurs pens\u00e9es allaient \u00e0 cela, alors qu&rsquo;auparavant ils ne s&rsquo;occupaient qu&rsquo;aux \u0153uvres qui regardaient le service de Dieu, et qui \u00e9taient \u00e9loign\u00e9es du sang et de la nature. J&rsquo;ai peur, disais-je, de m&rsquo;attacher de m\u00eame aux parents. Et en effet ayant pass\u00e9 huit ou dix jours avec eux \u00e0 les informer des voies de leur salut et \u00e0 les \u00e9loigner du d\u00e9sir d&rsquo;avoir des biens, jusqu&rsquo;\u00e0 leur dire qu&rsquo;ils n&rsquo;attendissent rien de moi; que quand j&rsquo;aurais des coffres d&rsquo;or et d&rsquo;argent je ne leur donnerais rien, parce qu&rsquo;un eccl\u00e9siastique qui a quelque chose le doit \u00e0 Dieu et aux pauvres: le jour que je partis j&rsquo;eus tant de douleur de quitter mes pauvres parents, que je ne fis que pleurer tout le long du chemin et pleurer quasi sans cesse. A ces larmes succ\u00e9da la pens\u00e9e de les aider, et de les mettre en meilleur \u00e9tat, de donner \u00e0 tel ceci, \u00e0 telle cela: mon esprit attendri leur partageait ainsi ce que j&rsquo;avais et ce que je n&rsquo;avais pas. Je le dis \u00e0 ma confusion, et je le dis, parce que peut-\u00eatre Dieu permit cela pour me faire mieux conna\u00eetre l&rsquo;importance du conseil \u00e9vang\u00e9lique dont nous parlons. Je fus trois mois dans cette passion importune d&rsquo;avancer mes fr\u00e8res et mes s\u0153urs: c&rsquo;\u00e9tait le poids continuel de mon pauvre esprit. Parmi cela, quand je me trouvais un peu libre, je priais Dieu qu&rsquo;il e\u00fbt agr\u00e9able de me d\u00e9livrer de cette tentation: et je l&rsquo;en priai tant, qu&rsquo;enfin il eut piti\u00e9 de moi; il m&rsquo;\u00f4ta ces tendresses pour mes parents; et quoiqu&rsquo;ils aient \u00e9t\u00e9 depuis \u00e0 l&rsquo;aum\u00f4ne et le soient encore, il m&rsquo;a fait la gr\u00e2ce de les commettre \u00e0 sa Providence, et de les estimer plus heureux que s&rsquo;ils avaient \u00e9t\u00e9 bien accommod\u00e9s .<\/p>\n<p>\u00abJe dis cela \u00e0 la Compagnie, parce qu&rsquo;il y a quelque chose de grand en cette pratique tant recommand\u00e9e en l&rsquo;\u00c9vangile, lequel exclut du nombre des disciples de J\u00e9sus-Christ tous ceux qui ne ha\u00efssent p\u00e8re et m\u00e8re, fr\u00e8res et s\u0153urs, et que, suivant cela, notre r\u00e8gle nous exhorte \u00e0 renoncer \u00e0 l&rsquo;affection immod\u00e9r\u00e9e des parents. Prions Dieu pour eux; et si nous les pouvons servir en charit\u00e9, faisons-le; mais tenons ferme contre la nature, qui, ayant toujours son inclination de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0, nous d\u00e9tournera, si elle peut, de l&rsquo;\u00e9cole de J\u00e9sus-Christ. Tenons ferme.\u00bb<\/p>\n<p>Un pr\u00eatre de la Congregation, qui \u00e9tait en Gascogne, alla voir de son mouvement les parents de M. Vincent, auquel il raconta, lorsqu&rsquo;il fut de retour \u00e0 Paris, l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 il les avait trouv\u00e9s; entre autres choses il lui dit que \u00abla simplicit\u00e9, la pi\u00e9t\u00e9, et la charit\u00e9 de ses parents \u00e9tait louable, mais qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pour vivre qu&rsquo;\u00e0 mesure qu&rsquo;ils travaillaient.\u00bb\u2014\u00abH\u00e9las! dit M. Vincent, ne sont-ils pas bien heureux? et peuvent-ils \u00eatre mieux que dans un \u00e9tat o\u00f9 ils ex\u00e9cutent la sentence de Dieu, qui porte que l&rsquo;homme doit gagner son pain \u00e0 la sueur de son visage ?\u00bb<\/p>\n<p>La pauvret\u00e9 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 le seul exercice de la vertu de ces bonnes gens: ils furent un jour diffam\u00e9s au dernier degr\u00e9 dans un parlement c\u00e9l\u00e8bre ou quelques amis de M. Vincent voulurent d\u00e9tourner la poursuite qu&rsquo;on voulait faire contre eux. Mais il leur fit cette r\u00e9ponse: \u00ab N&rsquo;est-il pas raisonnable, Messieurs, que la justice se fasse, pour satisfaire \u00e0 celle de Dieu, afin qu&rsquo;en punissant les d\u00e9linquants mis\u00e9ricordieusement en cette vie, il n&rsquo;exerce pas les rigueurs de sa justice sur eux en l&rsquo;autre monde?\u00bb Or les juges ayant d\u00e9couvert que cette accusation n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une pure calomnie et fourberie, M. Vincent se rendit protecteur de ceux qui les avaient accus\u00e9s, et trouva moyen de les d\u00e9livrer des ch\u00e2timents qu&rsquo;ils avaient m\u00e9rit\u00e9s. C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai appris, dit le m\u00eame pr\u00eatre, au lieu de la naissance de M. Vincent; et voici un extrait de la lettre que j&rsquo;ai lue, qu&rsquo;il \u00e9crivit \u00e0 ses parents sur ce sujet:<\/p>\n<p>\u00abCe n&rsquo;est pas sans une conduite bien particuli\u00e8re de la Providence que vous avez \u00e9t\u00e9 diffames; Dieu l&rsquo;a ainsi permis pour sa gloire, et pour votre bien: pour sa gloire, afin que vous soyez conformes \u00e0 son Fils, qui a \u00e9t\u00e9 calomnie au point qu&rsquo;on l&rsquo;appelait s\u00e9ducteur, ambitieux et poss\u00e8de du d\u00e9mon; pour votre bien, afin de satisfaire \u00e0 la justice de Dieu pour d&rsquo;autres p\u00e9ch\u00e9s que vous pouvez avoir commis, et que vous ne connaissez pas peut-\u00eatre, mais que Dieu conna\u00eet.\u00bb<\/p>\n<p>Un homme qui \u00e9tait en quelque fa\u00e7on parent de M. Vincent, quoiqu&rsquo;il ne port\u00e2t pas le m\u00eame nom ayant \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 aux gal\u00e8res, obtint des lettres de r\u00e9vision de proc\u00e8s pour se justifier, et pour \u00eatre r\u00e9tabli dans ses droits civils, contre la partie qui le poursuivait. Il fit adresser ces lettres au parlement de Paris, dans la pens\u00e9e que le cr\u00e9dit de M. Vincent lui servirait beaucoup: mais ce fid\u00e8le serviteur de Dieu lui \u00e9crivit plusieurs lettres pour le conjurer, au nom de Notre-Seigneur, de rel\u00e2cher une partie de ses pr\u00e9tentions, afin de se mettre en repos par un prompt accord. \u00abOseriez-vous, dit-il, refuser cela \u00e0 tant de personnes qui s&rsquo;en m\u00ealent pour votre bien? Je ne le crois pas: aussi votre \u00e2ge et vos incommodit\u00e9s vous mettent hors d&rsquo;\u00e9tat de soutenir les fatigues et les d\u00e9penses d&rsquo;un si grand proc\u00e8s; et si vous aviez quelque esp\u00e9rance en mon secours. je vous d\u00e9clare que je ne vous en donnerai aucun. J&rsquo;aime mieux contribuer \u00e0 votre salut en vous conseillant cet accommodement pour vous mieux disposer \u00e0 la mort, que de vous voir consumer tout vivant dans les embarras d&rsquo;une longue et co\u00fbteuse poursuite: j&rsquo;esp\u00e8re que vous penserez s\u00e9rieusement \u00e0 tout ceci.\u00bb Cet homme s&rsquo;\u00e9tant opini\u00e2tr\u00e9 \u00e0 plaider, M. Vincent a toujours pers\u00e9v\u00e9r\u00e9 \u00e0 lui d\u00e9clarer qu&rsquo;il ne l&rsquo;assisterait point, et n&rsquo;a jamais voulu le recevoir en sa maison, ni le tirer de la pauvret\u00e9 o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Un sien neveu vint un jour expr\u00e8s \u00e0 Paris, dans l&rsquo;esp\u00e9rance d&rsquo;en recevoir quelque secours pour se mettre \u00e0 son aise. Il le re\u00e7ut cordialement, mais il ne lui donna que pour s&rsquo;en retourner \u00e0 pied, comme il \u00e9tait venu, le renvoyant avec dix \u00e9cus seulement pour faire environ 180 lieues; encore demanda-t-il ces dix \u00e9cus par aum\u00f4ne \u00e0 Madame la Marquise de Maignelay; et c&rsquo;est la seule assistance qu&rsquo;il ait demand\u00e9e pour ses parents.<\/p>\n<p>Environ l&rsquo;ann\u00e9e 1650 feu M. du Fresne, intime ami de M. Vincent, dont on a parl\u00e9 au premier livre, lui donna mille francs pour eux. Il ne les refusa pas; mais au lieu de les destiner \u00e0 leur soulagement temporel, estimant qu&rsquo;ils pouvaient vivre de leur travail, il se proposa de les faire servir \u00e0 leur salut et avancement spirituel, et \u00e0 celui de beaucoup d&rsquo;autres, en leur faisant faire quelques missions; \u00e0 quoi il fit consentir le bienfaiteur. Il garda encore cet argent deux ou trois ans, attendant toujours l&rsquo;occasion d&rsquo;envoyer quelques Missionnaires en ce pays-l\u00e0. Les divisions du Royaume \u00e9tant survenues en l&rsquo;ann\u00e9e 1652, la Guyenne se trouva fort afflig\u00e9e des arm\u00e9es, et les parents de M. Vincent furent par malheur d\u00e9pouill\u00e9s de toutes choses, et quelques-uns m\u00eame moururent par la cruaut\u00e9 des soldats. Ce fut en suite de cela qu&rsquo;il disait que ses parents \u00e9taient \u00e0 l&rsquo;aum\u00f4ne, sans pourtant en dire la cause. Ayant appris ces f\u00e2cheuses nouvelles, il n&rsquo;en t\u00e9moigna aucune affliction particuli\u00e8re; au contraire, il entra dans de tr\u00e8s grands sentiments d&rsquo;admiration et de reconnaissance envers la bont\u00e9 de Dieu, d&rsquo;avoir par sa conduite adorable retard\u00e9 l&#8217;emploi d\u00e9 cette somme de mille livres, afin d&rsquo;en aider ces pauvres gens dans leur extr\u00eame n\u00e9cessit\u00e9. Il fut plusieurs jours et plusieurs semaines qu&rsquo;il ne pouvait se lasser de louer Dieu, et de le remercier de cette sp\u00e9ciale providence. Il ne voulut pas n\u00e9anmoins faire l&rsquo;application de cet argent par soi-m\u00eame; il consulta les principaux de sa Compagnie, et par leur avis il l&rsquo;envoya en diligence en son pays, et l&rsquo;adressa \u00e0 monsieur de Saint-Martin, chanoine d&rsquo;Acqs, auquel il en laissa l&rsquo;enti\u00e8re dispensation, se remettant \u00e0 lui pour donner \u00e0 chacun des siens ce qu&rsquo;il jugerait \u00e0 propos. Il lui recommanda seulement de t\u00e2cher de les mettre en \u00e9tat de gagner leur vie par ce secours, comme il fit, achetant \u00e0 l&rsquo;un une paire de b\u0153ufs pour labourer; faisant relever le petit logis de celui-ci; d\u00e9gageant \u00e0 celui-l\u00e0 un petit morceau de terre, et donnant des outils et des habits aux autres pour travailler. Il ne pouvait pas faire beaucoup avec si peu de chose \u00e0 tant de pauvres gens ruin\u00e9s.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 toutes les richesses que M. Vincent a envoy\u00e9es \u00e0 ses parents, quoiqu&rsquo;il lui e\u00fbt \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s facile de les mettre \u00e0 leur aise et de les avancer suivant le monde, s&rsquo;il e\u00fbt voulu se servir des occasions et du pouvoir qu&rsquo;il en a eu. Il a repr\u00e9sent\u00e9 mille fois le besoin des peuples de plusieurs provinces, et de quantit\u00e9 de familles en particulier, \u00e0 des personnes riches et charitables qui ont accouru \u00e0 leur secours; mais de son pays et de ses parents, il n&rsquo;en a jamais ouvert la bouche. Ne faut-il pas \u00eatre tout \u00e0 fait mort \u00e0 la chair et au sang pour en user de la sorte?<\/p>\n<p>A ce propos, \u00e9tant un jour press\u00e9 de faire quelque bien \u00e0 ses parents par une personne de sa Congr\u00e9gation, qui savait qu&rsquo;ils \u00e9taient dans le besoin, il lui dit: \u00abPensez-vous que je n&rsquo;aime pas mes parents? J&rsquo;ai pour eux tous les sentiments de tendresse et d&rsquo;affection qu&rsquo;un autre peut avoir pour les siens; et cet amour naturel me sollicite assez de les assister: mais je dois agir selon les mouvements de la gr\u00e2ce, et non de la nature, et penser aux pauvres plus abandonn\u00e9s, sans m&rsquo;arr\u00eater aux liens de l&rsquo;amiti\u00e9 ni de la parent\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>M. Vincent non seulement n&rsquo;a pas remu\u00e9 la langue ni le pied pour tirer aucun de ses parents de leur bassesse et pauvret\u00e9, mais il a emp\u00each\u00e9 que d&rsquo;autres l&rsquo;aient fait. Il s&rsquo;est trouv\u00e9 des personnes de condition et de pi\u00e9t\u00e9, m\u00eame quelques pr\u00e9lats, qui ont voulu, \u00e0 sa consid\u00e9ration, faire \u00e9tudier quelques-uns de ses neveux, et en prendre soin pour les \u00e9lever \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat eccl\u00e9siastique, ou \u00e0 quelque autre condition honn\u00eate: \u00e0 quoi il r\u00e9pondit \u00abqu&rsquo;il allait prendre garde de ne pas d\u00e9tourner de ces enfants les desseins que Dieu avait sur eux; et qu&rsquo;\u00e0 son avis il valait mieux les laisser dans la condition de leur p\u00e8re, la condition de laboureur \u00e9tant entre toutes une des plus innocentes et des plus propres pour se sauver.\u00bb<\/p>\n<p>Il a encore pass\u00e9 plus avant, et ressentant en lui-m\u00eame un grand d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9tablir des pr\u00eatres de sa Congr\u00e9gation dans son pays, pour y rendre les m\u00eames services qu&rsquo;ils faisaient dans les autres lieux, et n\u00e9anmoins craignant qu&rsquo;il n&rsquo;y e\u00fbt en cela quelque m\u00e9lange d&rsquo;amour-propre et d&rsquo;affection naturelle envers les siens, il examina devant Dieu ce sentiment, et il se reprit, se disant \u00e0 soi-m\u00eame: \u00ab Mis\u00e9rable ! \u00e0 quoi penses-tu? Tous les pays ne te doivent-ils pas \u00eatre indiff\u00e9rents, et toutes les \u00e2mes n&rsquo;ont-elles pas \u00e9galement co\u00fbt\u00e9 au Fils de Dieu? Pourquoi donc te portes-tu \u00e0 secourir plut\u00f4t les uns que les autres?\u00bb Tant il y a que pour mortifier ce d\u00e9sir, craignant qu&rsquo;il ne proc\u00e9d\u00e2t plut\u00f4t d&rsquo;un sentiment de la nature que d&rsquo;un mouvement de la gr\u00e2ce, il se r\u00e9solut de ne plus jamais faire de lui-m\u00eame un pas, ni dire une parole pour procurer cet \u00e9tablissement. On peut juger, de tout ce que nous venons de dire, combien M. Vincent avait mortifi\u00e9 l&rsquo;amour naturel de son pays et de ses parents.<\/p>\n<p>On dit commun\u00e9ment que, comme du mouvement bien compass\u00e9 de l&rsquo;aiguille d&rsquo;un cadran, il est ais\u00e9 de conna\u00eetre l&rsquo;ajustement des roues et autres pi\u00e8ces qui composent l&rsquo;horloge, qu&rsquo;aussi de la bonne conduite de la langue, on peut juger du bon \u00e9tat du reste de l&rsquo;int\u00e9rieur, puisque les affections et passions du c\u0153ur sont comme les ma\u00eetres ressorts qui lui donnent ordinairement le mouvement, et qui forment et animent ses paroles. Et certes, quand nous n&rsquo;aurions point d&rsquo;autres preuves de la mortification int\u00e9rieure de M. Vincent que cet empire absolu qu&rsquo;il avait sur la conduite de sa langue, cela suffirait pour nous faire conna\u00eetre qu&rsquo;il a poss\u00e9d\u00e9 cette vertu en un tr\u00e8s haut degr\u00e9 de perfection, puisque, selon la doctrine de l&rsquo;Ap\u00f4tre saint Jacques, \u00abcelui qui ne p\u00e8che point en sa langue peut \u00eatre appel\u00e9 un homme parfait.\u00bb Il s&rsquo;\u00e9tait rendu tellement ma\u00eetre en cette partie, que le m\u00eame ap\u00f4tre appelle indomptable, qu&rsquo;il ne lui \u00e9chappait point ou tr\u00e8s peu de paroles inutiles ou superflues, et jamais de celles qui ressentent la m\u00e9disance, la menterie, la vanit\u00e9, la flatterie, le m\u00e9pris, la moquerie, l&rsquo;impatience, ou autres semblables saillies d&rsquo;une passion \u00e9mue et d\u00e9r\u00e9gl\u00e9e. Il se poss\u00e9dait si parfaitement, que m\u00eame dans la chaleur des discours qu&rsquo;il faisait en public, ou dans les compagnies, quoiqu&rsquo;il n&rsquo;eut pas pr\u00e9vu ce qu&rsquo;il avait \u00e0 dire, il ne disait pourtant jamais rien d&rsquo;inconsid\u00e9r\u00e9; et il lui est souvent arriv\u00e9 qu&rsquo;ouvrant la bouche pour dire quelque chose d&rsquo;extraordinaire qui lui venait sur l&rsquo;heure en la pens\u00e9e, il s&rsquo;arr\u00eatait tout court, comme se recueillant en lui-m\u00eame, et consid\u00e9rant devant Dieu s&rsquo;il \u00e9tait exp\u00e9dient de le dire; puis, il continuait \u00e0 parler, non selon l&rsquo;inclination qu&rsquo;il pouvait ressentir, mais selon qu&rsquo;il voyait \u00eatre plus agr\u00e9able \u00e0 Dieu, et plus conforme au mouvement de sa gr\u00e2ce .<\/p>\n<p>Quand, pour l&rsquo;entretenir ou pour lui donner quelque satisfaction, on lui rapportait quelque nouveaut\u00e9 ou quelque autre chose extraordinaire qu&rsquo;il savait d\u00e9j\u00e0, il l&rsquo;\u00e9coutait avec attention, sans t\u00e9moigner qu&rsquo;il en e\u00fbt aucune connaissance, tant pour mortifier l&rsquo;amour-propre, qui est toujours bien aise de faire para\u00eetre qu&rsquo;il n&rsquo;ignore pas ce que les autres savent, que pour ne pas priver ceux qui lui parlaient de la satisfaction qu&rsquo;ils pouvaient ressentir de lui avoir appris quelque chose de nouveau.<\/p>\n<p>Mais surtout il savait bien retenir sa langue, et lui imposer un rigoureux silence, lorsqu&rsquo;on lui faisait des reproches, ou que par des emportements on le chargeait d&rsquo;outrages et d&rsquo;injures. Car, quoique dans ces occasions la nature d\u00e9sire ardemment de se justifier, et de repousser l&rsquo;injure qui lui est faite, n\u00e9anmoins, \u00e0 l&rsquo;imitation de son divin Ma\u00eetre, il se recueillait en lui-m\u00eame, et mettait toute sa force dans le silence et dans la patience, b\u00e9nissant en son c\u0153ur ceux qui le maudissaient, et priant pour ceux qui l&rsquo;outrageaient.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait oblig\u00e9, comme chef d&rsquo;une Congr\u00e9gation d\u00e9j\u00e0 beaucoup \u00e9tendue, de pourvoir \u00e0 tous ses besoins; et n&rsquo;ayant pas souvent tout ce qui \u00e9tait n\u00e9cessaire pour y subvenir, il en avait tous les jours la t\u00eate rompue; et pour un surcro\u00eet de peines, on lui mandait ou rapportait souvent de f\u00e2cheuses nouvelles des pertes notables qui \u00e9taient caus\u00e9es par divers accidents sur les biens et sur les fermes de la Compagnie; ce qui le mettait encore plus dans l&rsquo;impuissance de subvenir aux grandes charges qu&rsquo;il lui fallait porter. Or en toutes ces rencontres, qui sont extr\u00eamement pressantes pour porter la langue aux plaintes et aux murmures, il r\u00e9primait tellement ces premiers mouvements de la douleur, et mortifiait si bien les ressentiments qu&rsquo;il en avait, qu&rsquo;il supportait avec une admirable \u00e9galit\u00e9 d&rsquo;esprit, et m\u00eame avec action de gr\u00e2ces, ces accidents f\u00e2cheux et surprenants; sans dire autre chose, sinon: \u00abDieu soit lou\u00e9 ! Dieu soit b\u00e9ni ! il faut nous soumettre \u00e0 son bon plaisir, et agr\u00e9er tout ce qu&rsquo;il lui pla\u00eet de nous envoyer.\u00bb<\/p>\n<p>Il a encore fait conna\u00eetre combien il \u00e9tait mortifi\u00e9 en sa langue, et quel empire il avait acquis sur cette partie si malais\u00e9e \u00e0 conduire, dans une infinit\u00e9 d&rsquo;occasions qui l&rsquo;invitaient, et m\u00eame qui semblaient l&rsquo;obliger de parler de son esclavage de Tunis, \u00e9tant une chose douce \u00e0 la nature de raconter les p\u00e9rils et les accidents plus f\u00e2cheux desquels on s&rsquo;est heureusement d\u00e9gag\u00e9, et particuli\u00e8rement lorsque cela fait conna\u00eetre quelque vertu qui est en nous, et que le succ\u00e8s peut tourner \u00e0 notre propre louange; n\u00e9anmoins c&rsquo;est une chose merveilleuse, qu&rsquo;en quelque rencontre que ce f\u00fbt, on ne lui a jamais ou\u00ef dire un seul mot de son esclavage? ni de ce qu&rsquo;il avait fait ou dit pour convertir celui qui le tenait captif, et pour se sauver avec lui des mains des infid\u00e8les. Et quoiqu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de parler assez souvent aux siens des esclaves qui sont en Barbarie, pour les exhorter \u00e0 aller leur rendre quelque assistance, ou aux personnes de dehors pour les porter \u00e0 contribuer de leurs biens au secours et \u00e0 la d\u00e9livrance de ces pauvres esclaves, il n&rsquo;a pourtant jamais parl\u00e9 de lui, ni de ce qui lui \u00e9tait arriv\u00e9 en ces lieux-l\u00e0, parce qu&rsquo;il ne le pouvait faire sans d\u00e9couvrir quelque chose qui e\u00fbt tourn\u00e9 \u00e0 sa louange. Il parlait volontiers des sujets d&rsquo;humiliation qui lui \u00e9taient arriv\u00e9s, mais jamais de ce qui pouvait directement ou indirectement donner sujet de le faire estimer. Or il est certain qu&rsquo;il n&rsquo;e\u00fbt pu acqu\u00e9rir un tel empire sur sa langue, s&rsquo;il ne se t\u00fbt rendu ma\u00eetre absolu de ses sentiments et de ses mouvements int\u00e9rieurs, par une continuelle pratique de la mortification. Il l&rsquo;estimait d&rsquo;une telle n\u00e9cessit\u00e9, non seulement pour la perfection, mais m\u00eame pour le salut, que pour l&rsquo;exprimer il disait quelquefois, \u00abQue si une personne, qui aurait d\u00e9j\u00e0 comme un pied dans le ciel, venait \u00e0 quitter l&rsquo;exercice de cette vertu dans l&rsquo;intervalle du temps qu&rsquo;il faudrait pour y mettre l&rsquo;autre, elle serait en p\u00e9ril de se perdre.\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est le sujet pour lequel il a toujours t\u00e2ch\u00e9 d&rsquo;inspirer \u00e0 ceux de sa Compagnie un esprit de mortification int\u00e9rieure, un grand d\u00e9nuement et d\u00e9tachement de toutes choses et une mort universelle \u00e0 tous les sens, \u00e0 tous les mouvements de la nature, \u00e0 tout int\u00e9r\u00eat particulier, \u00e0 tout amour-propre et recherche de soi-m\u00eame, pour ne vivre que de la vie de l&rsquo;esprit. \u00abTenons ferme, leur disait-il sur ce sujet, tenons ferme contre notre nature: car si nous lui donnons une fois un pied sur nous, elle en prendra quatre. Et tenons pour assur\u00e9 que la mesure de notre avancement en la vie spirituelle se doit prendre du progr\u00e8s que nous faisons en la vertu de mortification, laquelle est particuli\u00e8rement n\u00e9cessaire \u00e0 ceux qui doivent travailler pour le salut des \u00e2mes: car c&rsquo;est en vain que nous pr\u00eacherons la p\u00e9nitence aux autres, si nous en sommes vides, et s&rsquo;il n&rsquo;en para\u00eet rien en nos actions et en notre conduite.\u00bb<\/p>\n<h2><b>Section unique\u00a0: Continuation du m\u00eame sujet<\/b><\/h2>\n<p>Pour ce qui est de la mortification ext\u00e9rieure de M. Vincent, l&rsquo;on peut dire avec v\u00e9rit\u00e9 qu&rsquo;elle allait d&rsquo;un pas \u00e9gal avec la mortification int\u00e9rieure, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il la pratiquait parfaitement, et presque sans aucun rel\u00e2che, car il a toujours trait\u00e9 son corps avec une tr\u00e8s grande rigueur, jusqu&rsquo;au temps de son extr\u00eame vieillesse, et m\u00eame dans ses plus grandes infirmit\u00e9s; et outre ses p\u00e9nitences et mortifications ordinaires, dont nous parlerons ci-apr\u00e8s, il embrassait et recherchait toutes les occasions qu&rsquo;il pouvait rencontrer de faire souffrir son corps; nous en avons vu divers exemples au premier livre, et particuli\u00e8rement en sa mani\u00e8re de vie pendant tout le voyage qu&rsquo;il fit en l&rsquo;ann\u00e9e 1649, \u00e2g\u00e9 de plus de soixante-dix ans, et pendant lequel les abstinences, les veilles, la violence du froid et toutes les autres incommodit\u00e9s auxquelles il s&rsquo;exposa, lui caus\u00e8rent cette grande et f\u00e2cheuse maladie qui lui survint \u00e0 Richelieu. Sur ce sujet il disait que \u00abl&rsquo;on pouvait pratiquer la mortification en toutes sortes de rencontres, tenant son corps dans quelque posture qui lui soit p\u00e9nible, sans pourtant blesser la modestie; privant ses sens ext\u00e9rieurs des choses qui leur pourraient donner quelque satisfaction, et souffrant volontiers les intemp\u00e9ries et les incommodit\u00e9s de l&rsquo;air.\u00bb C&rsquo;est ce qu&rsquo;il savait fort bien pratiquer lui-m\u00eame, \u00e9tant bien aise d&rsquo;en trouver les occasions: on a souvent pris garde que durant les plus grandes rigueurs de l&rsquo;hiver, il exposait ses mains au froid, qui en paraissaient quelquefois toutes noir\u00e2tres; les autres parties de son corps participaient aussi \u00e0 cette m\u00eame incommodit\u00e9, car il ne voulait point prendre d&rsquo;autres chaussures ni d&rsquo;autres v\u00eatements pour l&rsquo;hiver que pour l&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Durant les grandes n\u00e9cessites et extr\u00eames mis\u00e8res de la Lorraine, il disait fort souvent: \u00abVoici le temps de la p\u00e9nitence, puisque Dieu afflige son peuple. N&rsquo;est-ce pas \u00e0 nous autres pr\u00eatres d&rsquo;\u00eatre au pied des autels pour pleurer leurs p\u00e9ch\u00e9s ? Cela est d&rsquo;obligation; mais de plus, ne devons-nous pas retrancher quelque chose de notre ordinaire pour leur soulagement ?\u00bb Comme en effet pendant les trois ou quatre premi\u00e8res ann\u00e9es de cette d\u00e9solation, il r\u00e9duisit sa Communaut\u00e9 de Saint-Lazare \u00e0 ne manger que du pain bis; et auparavant, pendant le si\u00e8ge de Corbie, au commencement des guerres entre les deux couronnes de France et d&rsquo;Espagne, il fit retrancher une petite entr\u00e9e de table que l&rsquo;on avait donn\u00e9e, et qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9tablie depuis. \u00abN&rsquo;est-il pas juste (disait-il) que nous retranchions quelque chose, pour compatir et participer aux mis\u00e8res publiques?\u00bb<\/p>\n<p>Ayant retire une demoiselle du danger de perdre son honneur, il la mit en lieu d&rsquo;assurance, et par charit\u00e9 il pourvut pendant deux ans \u00e0 tout ce qui lui \u00e9tait n\u00e9cessaire, \u00e9tant r\u00e9solu de continuer, et lui disant qu&rsquo;on faisait tout ce qu&rsquo;on pouvait pour son bien, que cela la devait contenter, et qu&rsquo;elle se gard\u00e2t bien de s&rsquo;exposer \u00e0 offenser Dieu: mais au bout de ce temps ayant \u00e9t\u00e9 s\u00e9duite par quelques mauvais esprits, elle s&rsquo;en alla ailleurs. Et comme on vint dire apr\u00e8s \u00e0 M. Vincent qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tait perdue mis\u00e9rablement, il r\u00e9pondit: \u00abIl me semble que nous avons fait tout ce que nous avons pu pour emp\u00eacher ce malheur; reste \u00e0 prier Dieu, et \u00e0 faire p\u00e9nitence pour elle ! \u00d4, il faut qu&rsquo;il m&rsquo;en co\u00fbte!\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;infirmier de la maison de Saint-Lazare a dit que quoique les maladies de M. Vincent fussent fr\u00e9quentes d\u00e8s le commencement de l&rsquo;institution de sa Compagnie, m\u00eame depuis qu&rsquo;elle fut \u00e9tablie \u00e0 Saint-Lazare, et que deux fois l&rsquo;ann\u00e9e il f\u00fbt attaqu\u00e9 de la fi\u00e8vre quarte, n\u00e9anmoins il ne demandait rien pour son soulagement, et ne cessait pas de travailler; et bien qu&rsquo;il e\u00fbt eu plusieurs fois les jambes enfl\u00e9es extraordinairement, il ne laissait pas de marcher \u00e0 pied: ce qu&rsquo;il a continu\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;impuissance l&rsquo;a contraint de se servir d&rsquo;un cheval.<\/p>\n<p>Il arrivait souvent que, par infirmit\u00e9 ou par quelque autre emp\u00eachement, il se trouvait pendant la journ\u00e9e attaqu\u00e9 et presque accabl\u00e9 de sommeil: mais au lieu de r\u00e9parer ce d\u00e9faut par quelque peu de repos, il en prenait souvent occasion de se mortifier, se tenant debout, ou se mettant en quelque posture contrainte, et se faisant d&rsquo;autres violences pour s&#8217;emp\u00eacher de dormir. L&rsquo;on a remarqu\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais rien rabattu de ses veilles pour son grand \u00e2ge, se levant toujours \u00e0 l&rsquo;heure ordinaire de la Communaut\u00e9, quoiqu&rsquo;il f\u00fbt le dernier couch\u00e9; et avec cela, on le voyait des premiers \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise en quelque temps que ce f\u00fbt; o\u00f9 il s&rsquo;y tenait \u00e0 genoux sur la terre pendant l&rsquo;oraison, sans jamais avoir voulu permettre qu&rsquo;on lui m\u00eet une natte sous les genoux: et pour l&rsquo;ordinaire il passait tous les matins plus de trois heures, en partie dans l&rsquo;\u00e9glise, m\u00eame durant la rigueur des plus rudes hivers, pour y faire son oraison et pour y c\u00e9l\u00e9brer la sainte Messe; et en partie dans la sacristie, pour y faire ses pr\u00e9parations et actions de gr\u00e2ces avant et apr\u00e8s la c\u00e9l\u00e9bration de la Messe. Il est bien vrai qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas sujet d&rsquo;aimer beaucoup le lit, puisqu&rsquo;il ne couchait que sur une rude paillasse, sans matelas, et sans rideau ni tour de lit, et dans une chambre sans feu: ce qu&rsquo;il a pratiqu\u00e9 toute sa vie, m\u00eame dans ses plus grandes infirmit\u00e9s, \u00e0 la r\u00e9serve des trois ou quatre ann\u00e9es qu&rsquo;on l&rsquo;obligea de prendre une petite chambre o\u00f9 il y avait une chemin\u00e9e, parce qu&rsquo;il avait besoin de feu pour panser ses jambes; et depuis il souffrit qu&rsquo;on lui m\u00eet un petit rideau autour de son lit, continuant n\u00e9anmoins toujours de coucher seulement sur la paille.<\/p>\n<p>Enfin, il \u00e9tait tellement ennemi de son corps, que feu M. le cardinal de la Rochefoucauld, connaissant sa mani\u00e8re de vie, lui manda un jour qu&rsquo;il le priait de se mod\u00e9rer en ses p\u00e9nitences et aust\u00e9rit\u00e9s pour conserver sa sant\u00e9 et sa vie, Dieu voulant se servir de lui pour le bien de son \u00c9glise.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de la mortification de ses sens, il la pratiquait presque continuellement, et en toutes sortes d&rsquo;occasions. Lorsqu&rsquo;il allait par la ville, ou qu&rsquo;il faisait voyage, au lieu d&rsquo;\u00e9gayer sa vue sur les champs ou sur la diversit\u00e9 des objets qu&rsquo;il rencontrait, il tenait ordinairement ses yeux arr\u00eat\u00e9s sur un crucifix qu&rsquo;il portait, ou bien il les tenait ferm\u00e9s, pour ne voir que Dieu.<\/p>\n<p>Passant un soir d&rsquo;un corps de logis de Saint-Lazare \u00e0 un autre, il aper\u00e7ut en l&rsquo;air des fus\u00e9es et autres feux artificiels volants, qui \u00e9taient des effets d&rsquo;une r\u00e9jouissance publique de la ville de Paris; mais aussit\u00f4t il en d\u00e9tourna ses yeux, et passa outre en disant: \u00abDieu soit b\u00e9ni !\u00bb<\/p>\n<p>On ne lui a jamais vu cueillir une fleur, ni en porter aucune, pour se recr\u00e9er par son odeur; mais au contraire, quand il se rencontrait en quelque lieu ou il y avait des senteurs mauvaises, comme dans les h\u00f4pitaux, ou chez les pauvres malades, le d\u00e9sir qu&rsquo;il avait de se mortifier lui faisait trouver agr\u00e9able cette incommodit\u00e9.<\/p>\n<p>Comme il n&#8217;employait sa langue que pour louer Dieu, recommander la vertu, combattre le vice, instruire, \u00e9difier et consoler le prochain, aussi n&rsquo;ouvrait-il ses oreilles qu&rsquo;aux discours qui tendaient au bien, ayant peine d&rsquo;en entendre d&rsquo;autres, et il \u00e9vitait, autant qu&rsquo;il pouvait, d&rsquo;\u00e9couter des choses inutiles, et de pr\u00eater l&rsquo;oreille \u00e0 tout ce qui pouvait d\u00e9lecter l&rsquo;ou\u00efe et qui ne nourrissait point l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>Pour le go\u00fbt, il l&rsquo;avait tellement mortifi\u00e9, qu&rsquo;il ne t\u00e9moignait jamais \u00e0 quelle sorte de viande il avait plus d&rsquo;app\u00e9tit; il semblait m\u00eame aller \u00e0 regret prendre sa r\u00e9fection, ne le faisant que pour satisfaire \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9, et y gardant toute la biens\u00e9ance possible; il mangeait les choses qui lui \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9es, en la vue de Dieu et avec beaucoup de modestie: \u00e0 quoi il avait tellement habitu\u00e9 les siens par son exemple, que plusieurs externes de toutes sortes de conditions qui ont mang\u00e9 en son r\u00e9fectoire, en ont \u00e9t\u00e9 grandement \u00e9difi\u00e9s, comme ils l&rsquo;ont d\u00e9clar\u00e9 eux-m\u00eames, admirant que dans une action, qui de soi semble porter \u00e0 la dissolution, on gard\u00e2t une telle r\u00e9collection et une si grande modestie et retenue .<\/p>\n<p>Il ne sortait jamais de table sans s&rsquo;\u00eatre mortifi\u00e9 en quelque chose, soit au boire, soit au manger, ainsi qu&rsquo;il recommandait aux autres de le faire. Et il \u00e9tait si peu attach\u00e9 \u00e0 ce qu&rsquo;il prenait pour sa nourriture, qu&rsquo;un jour \u00e9tant retourn\u00e9 fort tard de la ville, et le cuisinier s&rsquo;\u00e9tant retir\u00e9, comme on lui pr\u00e9senta par m\u00e9garde deux \u0153ufs tout crus qu&rsquo;on trouva dans la cuisine aupr\u00e8s du feu, pensant qu&rsquo;ils \u00e9taient cuits, il les prit sans faire semblant de s&rsquo;en apercevoir bien loin de s&rsquo;en plaindre, ou de les renvoyer pour les faire cuire. Et on n&rsquo;aurait jamais su cela, si le cuisinier n&rsquo;e\u00fbt demand\u00e9 le lendemain au fr\u00e8re qui \u00e9tait demeur\u00e9 pour attendre M. Vincent, s&rsquo;il avait fait cuire les \u0153ufs qu&rsquo;il avait laiss\u00e9s aupr\u00e8s du feu? A quoi il r\u00e9pondit que non, d&rsquo;autant qu&rsquo;il croyait qu&rsquo;ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 cuits. Et parce que dans son extr\u00eame vieillesse on le pressait de prendre le matin quelque bouillon, et que l&rsquo;un de ses pr\u00eatres faisait grande instance un jour pour lui en faire accepter un qu&rsquo;il lui pr\u00e9sentait: \u00abVous me tentez, Monsieur, lui dit-il; n&rsquo;est-ce point le d\u00e9mon qui vous porte \u00e0 me persuader de nourrir ainsi ce mis\u00e9rable corps et cette ch\u00e9tive carcasse ? Cela est-il juste? Dieu vous le pardonne !\u00bb Il consentit n\u00e9anmoins depuis ce temps-l\u00e0 \u00e0 prendre le matin, par forme de m\u00e9decine, un certain bouillon fait expr\u00e8s, non avec de la viande, mais avec de la chicor\u00e9e sauvage fort am\u00e8re, et un peu d&rsquo;orge mond\u00e9, sans graisse, ni beurre, ni huile. En un mot, il se traitait si mal pour sa nourriture, qu&rsquo;il est arriv\u00e9 plusieurs fois que, pour en avoir pris trop peu, il tombait la nuit en d\u00e9faillance par le besoin de manger, et qu&rsquo;on \u00e9tait oblig\u00e9 de lui porter un morceau de pain sec, parce qu&rsquo;il ne voulait point autre chose, pour subvenir \u00e0 la simple n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour ce qui est des autres aust\u00e9rit\u00e9s et mortifications ext\u00e9rieures dont il usait, il les a toujours cach\u00e9es autant qu&rsquo;il a pu; mais l&rsquo;on s&rsquo;est n\u00e9anmoins bien aper\u00e7u qu&rsquo;il exer\u00e7ait de tr\u00e8s grandes rigueurs sur son corps. Le fr\u00e8re qui lui rendait service pendant sa maladie a trouv\u00e9 quelquefois dans sa chambre des cilices, des haires, des bracelets et ceintures de cuivre \u00e0 pointes, qu&rsquo;il tenait cach\u00e9es, et dont il se servait souvent; et outre cela il prenait tous les jours une rude discipline en se levant: quelqu&rsquo;un de la Compagnie, qui avait sa chambre pr\u00e8s de la sienne, dont elle n&rsquo;\u00e9tait s\u00e9par\u00e9e qu&rsquo;avec des ais de sapin, a t\u00e9moign\u00e9 l&rsquo;avoir ou\u00ef chaque jour l&rsquo;espace de douze ans ou environ. Mais non content de celte discipline ordinaire et r\u00e9gl\u00e9e, il en faisait souvent d&rsquo;extraordinaires pour diverses occasions: comme une fois, entre plusieurs autres, qu&rsquo;on lui rapporta quelque esp\u00e8ce de d\u00e9sordre arriv\u00e9 dans une maison de sa Congr\u00e9gation, il prit pour ce sujet durant huit jours deux fois la discipline chaque nuit; et ensuite s&rsquo;\u00e9tant appliqu\u00e9 aux moyens d&rsquo;y rem\u00e9dier, il y r\u00e9ussit fort heureusement; ce que lui-m\u00eame d\u00e9clara depuis \u00e0 une personne de confiance, lui all\u00e9guant pour raison que ses p\u00e9ch\u00e9s \u00e9taient cause du mal qui \u00e9tait arriv\u00e9, et qu&rsquo;il \u00e9tait juste qu&rsquo;il en f\u00eet p\u00e9nitence.<\/p>\n<p>Nous finirons ce chapitre par les sentiments qu&rsquo;il t\u00e9moigna un jour \u00e0 sa Communaut\u00e9 sur le sujet des croix et des mortifications \u00abNotre-Seigneur, leur dit-il, a tant aim\u00e9 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;affliction et de souffrance, qu&rsquo;il a voulu y passer: et il s&rsquo;est fait homme pour avoir moyen de souffrir. Tous les saints ont embrass\u00e9 ce m\u00eame \u00e9tat, et ceux \u00e0 qui Notre-Seigneur n&rsquo;a pas envoy\u00e9 de grandes maladies ont eux-m\u00eames cherch\u00e9 les occasions d&rsquo;affliger leur corps, et de le faire souffrir par mani\u00e8re de ch\u00e2timent: t\u00e9moin saint Paul qui disait parlant de lui-m\u00eame: <i>Castigo corpus meum et in servitutem redigo. <\/i>Je ch\u00e2tie mon corps, et je le r\u00e9duis en servitude: C&rsquo;est aussi ce que nous devons faire, nous autres qui sommes en parfaite sant\u00e9, nous ch\u00e2tier nous-m\u00eames, et nous affliger, en vue des p\u00e9ch\u00e9s que nous avons commis, et de ceux qui se commettent dans le monde contre sa divine Majest\u00e9. Mais quoi ! l&rsquo;homme est si ch\u00e9tif et si mis\u00e9rable, que non seulement il ne se ch\u00e2tie pas soi-m\u00eame, mais il souffre bien souvent avec impatience l&rsquo;\u00e9tat de maladie et d&rsquo;affliction dans lequel il pla\u00eet \u00e0 Dieu de le mettre, quoique ce soit pour son bien.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre XIX\u00a0: Sa mortification \u00abIl n&rsquo;y a rien de plus grand ni de plus relev\u00e9 en la vie du chr\u00e9tien (comme dit saint Ambroise) que d&rsquo;exercer son \u00e2me dans la pratique des vertus, et pour &#8230; <a href=\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/\" class=\"more-link\">Read More<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":149583,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-106780","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-vincent-de-paul"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.3 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>La vie du v\u00e9n\u00e9rable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre troisi\u00e8me, Chapitre XIX - Nous Sommes Vincentiens<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"La vie du v\u00e9n\u00e9rable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre troisi\u00e8me, Chapitre XIX - Nous Sommes Vincentiens\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Chapitre XIX\u00a0: Sa mortification \u00abIl n&rsquo;y a rien de plus grand ni de plus relev\u00e9 en la vie du chr\u00e9tien (comme dit saint Ambroise) que d&rsquo;exercer son \u00e2me dans la pratique des vertus, et pour ... Read More\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Nous Sommes Vincentiens\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/WeAreVincentians\/\" \/>\n<meta property=\"article:author\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/JavierChento\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2013-12-27T07:19:43+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/abelly-feat.jpg?fit=1200%2C630&ssl=1\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1200\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"630\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@https:\/\/twitter.com\/javierchento\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@WeVincentians\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"38 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/\",\"url\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/\",\"name\":\"La vie du v\u00e9n\u00e9rable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre troisi\u00e8me, Chapitre XIX - Nous Sommes Vincentiens\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/abelly-feat.jpg?fit=1200%2C630\",\"datePublished\":\"2013-12-27T07:19:43+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/9623ef4d9aa3b2dfb8c061f1499288f2\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/abelly-feat.jpg?fit=1200%2C630\",\"contentUrl\":\"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/abelly-feat.jpg?fit=1200%2C630\",\"width\":1200,\"height\":630},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Portada\",\"item\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"La vie du v\u00e9n\u00e9rable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre troisi\u00e8me, Chapitre XIX\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/\",\"name\":\"Nous Sommes Vincentiens\",\"description\":\"Know more to serve more\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/9623ef4d9aa3b2dfb8c061f1499288f2\",\"name\":\"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/497d5cde87b4c3d097d0315953521681ba2cd523ee66e5077c3711f7021e65de?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/497d5cde87b4c3d097d0315953521681ba2cd523ee66e5077c3711f7021e65de?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento\"},\"description\":\"Director General y cofundador de La Red de Formaci\u00f3n Vicenciana. Javier es laico vicenciano, afiliado a la Congregaci\u00f3n de la Misi\u00f3n y miembro del Equipo de Misiones Populares de la provincia can\u00f3nica de Zaragoza (Espa\u00f1a) de la Congregaci\u00f3n de la Misi\u00f3n. Graduado en la Universidad Oberta de Catalunya con cuatro grados (Asistente de direcci\u00f3n, Gesti\u00f3n Administrativa, Recursos Humanos y Contabilidad Avanzada). Bil\u00edng\u00fce Espa\u00f1ol\/Ingl\u00e9s. gestiona y mantiene varias p\u00e1ginas web cristianas y vicencianas, incluida including La Red de Formaci\u00f3n Vicenciana, de la que es cofundador. Actualmente es responsable del \u00e1rea de Espa\u00f1ol de .famvin, la Red de Noticias de la Familia Vicenciana. Tambi\u00e9n es m\u00fasico cat\u00f3lico y ha editado varios discos. Es Director General y cofundador de Trovador, una reconocida compa\u00f1\u00eda discogr\u00e1fica critiana de Espa\u00f1a. Trabaja en las Tecnolog\u00edas de la Informaci\u00f3n, ofreciendo servicios de alojamiento, dise\u00f1o y mantenimiento Web, as\u00ed como asesoramiento, formaci\u00f3n y soluciones inform\u00e1ticas, gesti\u00f3n documental y digitalizaci\u00f3n de textos, edici\u00f3n y maquetaci\u00f3n de libros, revistas, flyers, etc.\",\"sameAs\":[\"http:\/\/chento.org\",\"https:\/\/www.facebook.com\/JavierChento\",\"https:\/\/x.com\/https:\/\/twitter.com\/javierchento\"],\"url\":\"http:\/\/vincentians.com\/fr\/author\/chento\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"La vie du v\u00e9n\u00e9rable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre troisi\u00e8me, Chapitre XIX - Nous Sommes Vincentiens","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"La vie du v\u00e9n\u00e9rable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre troisi\u00e8me, Chapitre XIX - Nous Sommes Vincentiens","og_description":"Chapitre XIX\u00a0: Sa mortification \u00abIl n&rsquo;y a rien de plus grand ni de plus relev\u00e9 en la vie du chr\u00e9tien (comme dit saint Ambroise) que d&rsquo;exercer son \u00e2me dans la pratique des vertus, et pour ... Read More","og_url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/","og_site_name":"Nous Sommes Vincentiens","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/WeAreVincentians\/","article_author":"https:\/\/www.facebook.com\/JavierChento","article_published_time":"2013-12-27T07:19:43+00:00","og_image":[{"width":1200,"height":630,"url":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/abelly-feat.jpg?fit=1200%2C630&ssl=1","type":"image\/jpeg"}],"author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","twitter_card":"summary_large_image","twitter_creator":"@https:\/\/twitter.com\/javierchento","twitter_site":"@WeVincentians","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"38 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/","url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/","name":"La vie du v\u00e9n\u00e9rable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre troisi\u00e8me, Chapitre XIX - Nous Sommes Vincentiens","isPartOf":{"@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/abelly-feat.jpg?fit=1200%2C630","datePublished":"2013-12-27T07:19:43+00:00","author":{"@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/9623ef4d9aa3b2dfb8c061f1499288f2"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/#primaryimage","url":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/abelly-feat.jpg?fit=1200%2C630","contentUrl":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/abelly-feat.jpg?fit=1200%2C630","width":1200,"height":630},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xix\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Portada","item":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"La vie du v\u00e9n\u00e9rable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre troisi\u00e8me, Chapitre XIX"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/","name":"Nous Sommes Vincentiens","description":"Know more to serve more","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/9623ef4d9aa3b2dfb8c061f1499288f2","name":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/vincentians.com\/fr\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/497d5cde87b4c3d097d0315953521681ba2cd523ee66e5077c3711f7021e65de?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/497d5cde87b4c3d097d0315953521681ba2cd523ee66e5077c3711f7021e65de?s=96&d=mm&r=g","caption":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento"},"description":"Director General y cofundador de La Red de Formaci\u00f3n Vicenciana. Javier es laico vicenciano, afiliado a la Congregaci\u00f3n de la Misi\u00f3n y miembro del Equipo de Misiones Populares de la provincia can\u00f3nica de Zaragoza (Espa\u00f1a) de la Congregaci\u00f3n de la Misi\u00f3n. Graduado en la Universidad Oberta de Catalunya con cuatro grados (Asistente de direcci\u00f3n, Gesti\u00f3n Administrativa, Recursos Humanos y Contabilidad Avanzada). Bil\u00edng\u00fce Espa\u00f1ol\/Ingl\u00e9s. gestiona y mantiene varias p\u00e1ginas web cristianas y vicencianas, incluida including La Red de Formaci\u00f3n Vicenciana, de la que es cofundador. Actualmente es responsable del \u00e1rea de Espa\u00f1ol de .famvin, la Red de Noticias de la Familia Vicenciana. Tambi\u00e9n es m\u00fasico cat\u00f3lico y ha editado varios discos. Es Director General y cofundador de Trovador, una reconocida compa\u00f1\u00eda discogr\u00e1fica critiana de Espa\u00f1a. Trabaja en las Tecnolog\u00edas de la Informaci\u00f3n, ofreciendo servicios de alojamiento, dise\u00f1o y mantenimiento Web, as\u00ed como asesoramiento, formaci\u00f3n y soluciones inform\u00e1ticas, gesti\u00f3n documental y digitalizaci\u00f3n de textos, edici\u00f3n y maquetaci\u00f3n de libros, revistas, flyers, etc.","sameAs":["http:\/\/chento.org","https:\/\/www.facebook.com\/JavierChento","https:\/\/x.com\/https:\/\/twitter.com\/javierchento"],"url":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/author\/chento\/"}]}},"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/abelly-feat.jpg?fit=1200%2C630","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p7ETMP-rMg","jetpack-related-posts":[{"id":42759,"url":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/saint-vincent-de-paul-maitre-doraison-chapitre-premier\/","url_meta":{"origin":106780,"position":0},"title":"Saint Vincent De Paul, Ma\u00eetre d\u2019Oraison. Chapitre I","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"11\/05\/2015","format":false,"excerpt":"Chapitre premier Ce qu\u2019est L\u2019oraison au point de vue psychique Psychologue de premier ordre, comme son contemporain et ami Fran\u00e7ois de Sales, saint Vincent de Paul ne se m\u00e9prend sur la nature psychique de l\u2019oraison mentale. Sous ses formes multiples et \u00e0 ses divers degr\u00e9s, cette derni\u00e8re est \u00e0 ses\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Vincent de Paul&quot;","block_context":{"text":"Vincent de Paul","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/vincent-de-paul\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":42756,"url":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/saint-vincent-de-paul-maitre-doraison-lettre-preface\/","url_meta":{"origin":106780,"position":1},"title":"Saint Vincent De Paul, Ma\u00eetre d\u2019Oraison. Lettre pr\u00e9face","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"10\/05\/2015","format":false,"excerpt":"Paris, le 7 octobre 1928 MON CHER ABB\u00c9, Ecrivant le 8 avril 1933 \u00e0 M. Coste, pr\u00eatre de la Mission, \u00e9diteur des entretiens de saint Vincent, c'est \u00e0 savoir : les conf\u00e9rences aux missionnaires et aux Filles de la Charit\u00e9, les r\u00e9p\u00e9titions d\u2019oraison, les conseils, avis et lignes de conduite,\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Vincent de Paul&quot;","block_context":{"text":"Vincent de Paul","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/vincent-de-paul\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":43147,"url":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/saint-vincent-de-paul-maitre-doraison-chapitre-iv\/","url_meta":{"origin":106780,"position":2},"title":"Saint Vincent De Paul, Ma\u00eetre d\u2019Oraison. Chapitre IV","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"15\/05\/2015","format":false,"excerpt":"Chapitre IV Comment devenir homme d'oraison? Voici, d\u2019apr\u00e8s saint Vincent de Paul, quelques principes pour devenir des hommes d\u2019oraison, en dehors des vertus qui facilitent cet exercice et le rendent plus fructueux. Cet derni\u00e8res seront l\u2019objet d\u2019un autre chapitre. La premi\u00e8re disposition d\u2019esprit qu\u2019il faut avoir est de se bien\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Vincent de Paul&quot;","block_context":{"text":"Vincent de Paul","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/vincent-de-paul\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":44277,"url":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/saint-vincent-de-paul-maitre-doraison-chapitre-x\/","url_meta":{"origin":106780,"position":3},"title":"Saint Vincent De Paul, Ma\u00eetre d\u2019Oraison. Chapitre X","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"21\/05\/2015","format":false,"excerpt":"Chapitre X Part et importance des sentiments surnaturels dans l\u2019oraison Saint Vincent fait, dans l\u2019oraison, une part tr\u00e8s large au sentiment ou, pour mieux dire, \u00e0 la vie affective. Sans elle \u2013 pense-t-il \u2013 rien d\u2019important ni dans le bien, ni dans le mal. Si la lumi\u00e8re nous est n\u00e9cessaire\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Vincent de Paul&quot;","block_context":{"text":"Vincent de Paul","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/vincent-de-paul\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":56718,"url":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/louis-abelly\/","url_meta":{"origin":106780,"position":4},"title":"Louis Abelly","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"06\/11\/2012","format":false,"excerpt":"Luis AbellyVoici une anecdote historique d'un spectateur de cirque qui, chaque soir, venait voir le num\u00e9ro du dompteur de lions. Et, comme on l'interrogeait sur cette inutile r\u00e9p\u00e9tition, il r\u00e9pondit: \u00abJ'attends le moment o\u00f9 le lion va d\u00e9vorer le dompteur. Ceci arrivera bien un jour\u00bb. Si vous &es dans cette\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Au temps de Vincent de Paul&quot;","block_context":{"text":"Au temps de Vincent de Paul","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/au-temps-de-vincent-de-paul\/"},"img":{"alt_text":"Luis Abelly","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentiens.org\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/abelly-198x300.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":42903,"url":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/saint-vincent-de-paul-maitre-doraison-chapitre-ii\/","url_meta":{"origin":106780,"position":5},"title":"Saint Vincent De Paul, Ma\u00eetre d\u2019Oraison. Chapitre II","author":"Francisco Javier Fern\u00e1ndez Chento","date":"13\/05\/2015","format":false,"excerpt":"Chapitre II: Ce qu\u2019est l\u2019oraison au point de vue surnaturel Son importance, ses effets Saint Vincent de Paul tourne et retourne l\u2019oraison mentale en tous sens et n\u2019en laisse dans l\u2019ombre aucun aspect. Gr\u00e2ce aux comparaisons les plus vari\u00e9es, il donne une id\u00e9e aussi compl\u00e8te que possible de la diversit\u00e9\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Vincent de Paul&quot;","block_context":{"text":"Vincent de Paul","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/vincent-de-paul\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/vincentians.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/10\/2016\/07\/vincent-maitre-d-oraison.jpg?fit=1200%2C630&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]}],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106780","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=106780"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106780\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/149583"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=106780"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=106780"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=106780"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}