{"id":106760,"date":"2013-12-20T08:19:43","date_gmt":"2013-12-20T07:19:43","guid":{"rendered":"http:\/\/vincentiens.org\/?p=106760"},"modified":"2013-12-20T08:19:43","modified_gmt":"2013-12-20T07:19:43","slug":"la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xiii-section-1","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/la-vie-du-venerable-serviteur-de-dieu-vincent-de-paul-livre-troisieme-chapitre-xiii-section-1\/","title":{"rendered":"La vie du v\u00e9n\u00e9rable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Livre troisi\u00e8me, Chapitre XIII, Section 1"},"content":{"rendered":"<h2>Chapitre XIII\u00a0: Son humilit\u00e9<\/h2>\n<p>C&rsquo;est une v\u00e9rit\u00e9 prononc\u00e9e par la bouche du Fils de Dieu, que celui qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve sera humili\u00e9, et au contraire que celui qui s&rsquo;humilie sera exalt\u00e9: la conduite de la divine Providence nous en fait voir tous les jours des preuves, et nous oblige par cons\u00e9quent de reconna\u00eetre ce qu&rsquo;a dit un grand docteur de l&rsquo;Eglise, qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien qui nous rende si agr\u00e9ables aux yeux de Dieu, ni si recommandables envers les hommes, que lorsqu&rsquo;\u00e9tant vraiment grands par le m\u00e9rite d&rsquo;une vie sainte et vertueuse, nous nous rendons petits par les sentiments d&rsquo;une sinc\u00e8re humilit\u00e9.<\/p>\n<p>Cela s&rsquo;est v\u00e9rifi\u00e9 en la personne de M. Vincent, lequel a \u00e9t\u00e9 exalt\u00e9 par les grandes choses que Dieu a faites en lui et par lui, d&rsquo;autant qu&rsquo;il s&rsquo;est humili\u00e9; et plus il s&rsquo;est profond\u00e9ment abaiss\u00e9, Dieu a pris plaisir de l&rsquo;\u00e9lever, et de r\u00e9pandre abondamment ses b\u00e9n\u00e9dictions sur lui et sur toutes ses saintes entreprises.<\/p>\n<p>Il est vrai que l&rsquo;on peut dire de ce saint homme, apr\u00e8s sa mort, ce que plusieurs qui l&rsquo;ont le plus approch\u00e9 et observ\u00e9 ont dit de lui durant sa vie, qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 bien connu au monde tel qu&rsquo;il \u00e9tait en effet, quelque estime qu&rsquo;on ait eue de lui: Car bien qu&rsquo;il ait toujours pass\u00e9 pour un homme fort humble, l&rsquo;opinion commune toutefois n&rsquo;a jamais regard\u00e9 son humilit\u00e9 comme la disposition principale qui a attir\u00e9 sur lui toutes les gr\u00e2ces et b\u00e9n\u00e9dictions dont il a \u00e9t\u00e9 combl\u00e9, et comme le fondement et la racine de toutes les grandes \u0153uvres qu&rsquo;il a faites. Ceux qui en ont jug\u00e9 plus favorablement ont estime que c&rsquo;\u00e9tait son z\u00e8le qui le portait \u00e0 les entreprendre, et que sa prudence les lui faisait conduire heureusement \u00e0 chef; mais quoique ces deux vertus fussent excellentes en lui, et qu&rsquo;elles aient beaucoup contribu\u00e9 aux grands biens qu&rsquo;il a op\u00e9r\u00e9s, il faut n\u00e9anmoins avouer que c&rsquo;est sa profonde humilit\u00e9 qui a attir\u00e9 sur lui cette pl\u00e9nitude de lumi\u00e8res et de gr\u00e2ces, par la vertu desquelles tout a prosp\u00e9r\u00e9 entre ses mains et sous sa conduite. Mais pour parler encore mieux, nous pouvons dire que son z\u00e8le le portait \u00e0 s&rsquo;humilier sans cesse, et que sa prudence consistait \u00e0 suivre simplement les maximes et les exemples du Fils de Dieu, et \u00e0 s&rsquo;abandonner aveugl\u00e9ment aux conduites de son divin Esprit, se tenant toujours dans cette humble disposition de c\u0153ur, de se r\u00e9puter incapable d&rsquo;aucun bien, et d\u00e9nu\u00e9 de toute vertu et de toute force: et dans ce sentiment il r\u00e9p\u00e9tait sans cesse int\u00e9rieurement cette le\u00e7on d&rsquo;humilit\u00e9 qu&rsquo;il avait apprise de son divin Ma\u00eetre, disant en son c\u0153ur: \u00abJe ne suis pas un homme, mais un pauvre ver qui rampe sur la terre, et qui ne sait o\u00f9 il va, mais qui cherche seulement \u00e0 se cacher en vous, \u00f4 mon Dieu ! qui \u00eates tout mon d\u00e9sir. Je suis un pauvre aveugle qui ne saurais avancer un pas dans le bien, si vous ne me tendez la main de votre mis\u00e9ricorde pour me conduire.\u00bb<\/p>\n<p>Voil\u00e0 quels \u00e9taient les sentiments de Vincent de Paul, lequel, a l&rsquo;exemple du saint Ap\u00f4tre son patron, ne se trouvait point dans une meilleure disposition de correspondre et de coop\u00e9rer aux desseins de Dieu, sinon lorsqu&rsquo;\u00e9tant abattu par terre dans les profonds abaissements de son humilit\u00e9, et fermant les yeux \u00e0 toutes les consid\u00e9rations humaines, il s&rsquo;abandonnait aux volont\u00e9s de son divin Ma\u00eetre, lui disant en son c\u0153ur, comme ce grand Ap\u00f4tre: \u00abSeigneur, que voulez-vous que je fasse?\u00bb Dans cette d\u00e9pendance il n&rsquo;entreprenait jamais rien par lui-m\u00eame; et il a fallu que la divine Providence l&rsquo;ait engag\u00e9 aux \u0153uvres qu&rsquo;il a faites, ou par l&rsquo;autorit\u00e9 de ceux qu&rsquo;il regardait comme ses sup\u00e9rieurs, ou par les conseils et les persuasions des personnes dont il respectait la vertu, ou enfin par la n\u00e9cessit\u00e9 des occasions qui lui faisaient conna\u00eetre la volont\u00e9 de Dieu, laquelle il faisait toujours profession de suivre, et qu&rsquo;il ne voulait jamais pr\u00e9venir. C&rsquo;est pourquoi lorsqu&rsquo;il parlait de la plus grande de ses \u0153uvres, qui est l&rsquo;\u00e9tablissement de sa Congr\u00e9gation, il disait toujours hautement que c&rsquo;\u00e9tait Dieu seul qui avait appel\u00e9 en sa Compagnie ceux qui y avaient \u00e9t\u00e9 re\u00e7us, et qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais ouvert la bouche pour en attirer aucun; que lui-m\u00eame ne s&rsquo;\u00e9tait pas fait Missionnaire par son choix, mais qu&rsquo;il y avait \u00e9t\u00e9 engag\u00e9, sans presque le conna\u00eetre, par la conduite de la volont\u00e9 de Dieu. Que c&rsquo;\u00e9tait Dieu seul qui \u00e9tait l&rsquo;auteur de tout ce qui se faisait de bien dans la Mission, de toutes les fonctions et pratiques des Missionnaires, et g\u00e9n\u00e9ralement de toutes les bonnes \u0153uvres dans lesquelles ils sont employ\u00e9s: toutes ces choses ayant \u00e9t\u00e9 commenc\u00e9es sans qu&rsquo;il y pens\u00e2t, et sans qu&rsquo;il s\u00fbt ce que Dieu pr\u00e9tendait faire.\u00bb<\/p>\n<p>Or d\u00e9clarer plus en particulier quelle a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;humilit\u00e9 de ce grand serviteur de Dieu, quoique cela soit fort difficile, puisqu&rsquo;il s&rsquo;est toujours \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 tenir cette vertu cach\u00e9e non seulement aux autres, mais encore \u00e0 lui-m\u00eame. Nous nous efforcerons n\u00e9anmoins d&rsquo;en tracer ici quelque l\u00e9ger crayon, dont nous emprunterons les traits, soit de ce que nous avons vu et connu en lui ou entendu de sa propre bouche, soit de ce que nous en avons appris par les t\u00e9moignages irr\u00e9prochables de personnes de tr\u00e8s grande pi\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 dit qu&rsquo;encore que Dieu ait voulu se servir de M. Vincent pour des choses tr\u00e8s grandes, il se r\u00e9putait n\u00e9anmoins incapable des moindres, et m\u00eame que, passant outre, il se croyait plus propre \u00e0 d\u00e9truire qu&rsquo;a \u00e9difier: car se reconnaissant enfant d&rsquo;Adam, il se d\u00e9fiait enti\u00e8rement de lui-m\u00eame, comme d&rsquo;un homme pervers qui sentait en soi la pente commune pour le mal et l&rsquo;impuissance pour le bien, que tous les descendants de ce premier p\u00e8re ont h\u00e9rit\u00e9es de sa d\u00e9sob\u00e9issance. C&rsquo;\u00e9tait pour cela qu&rsquo;il avait con\u00e7u un tr\u00e8s grand m\u00e9pris de lui-m\u00eame; qu&rsquo;il fuyait l&rsquo;honneur et la louange comme une peste; qu&rsquo;il ne se justifiait jamais lorsqu&rsquo;il \u00e9tait repris, mais se mettait du c\u00f4te de celui qui le reprenait, se donnant le tort, quoiqu&rsquo;il ne l&rsquo;e\u00fbt pas; qu&rsquo;il condamnait ses moindres imperfections avec plus de rigueur que d&rsquo;autres n&rsquo;auraient fait leurs plus gros p\u00e9ch\u00e9s; et que, sans user d&rsquo;aucune excuse, il faisait passer ses plus l\u00e9gers d\u00e9fauts d&rsquo;entendement et de m\u00e9moire pour de grossi\u00e8res m\u00e9prises. C&rsquo;est enfin pour cela qu&rsquo;il n&rsquo;osait et ne voulait s&rsquo;ing\u00e9rer en quelque chose que ce f\u00fbt, et \u00e9tait m\u00eame plus content que Dieu f\u00eet le bien par d&rsquo;autres, que par lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait dans ce m\u00eame esprit qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tudiait \u00e0 cacher, autant qu&rsquo;il pouvait, toutes les gr\u00e2ces particuli\u00e8res qu&rsquo;il recevait de Dieu, n&rsquo;en ayant d\u00e9couvert aucune que lorsqu&rsquo;il ne la pouvait couvrir sans manquer \u00e0 la charit\u00e9 du prochain, ou \u00e0 quelque autre n\u00e9cessit\u00e9 qui l&rsquo;y obligeait; et il avait pris une telle habitude de se cacher lui-m\u00eame, et tout ce qu&rsquo;il faisait de bien, que ceux de sa Compagnie ne savaient qu&rsquo;une partie de tant de saintes \u0153uvres qu&rsquo;il entreprenait, et de tant de charit\u00e9s qu&rsquo;il exer\u00e7ait spirituellement et corporellement envers toutes sortes de personnes: et il n&rsquo;y a point de doute que plusieurs des siens seront \u00e9tonnes d&rsquo;en lire en cet ouvrage un grand nombre dont ils n&rsquo;ont jamais eu aucune connaissance.<\/p>\n<p>Mais non content de se cacher, lui et les grands biens qu&rsquo;il faisait, il t\u00e2chait en toutes sortes de rencontres de s&rsquo;abaisser, et de s&rsquo;avilir et rendre m\u00e9prisable, autant qu&rsquo;il pouvait, devant les autres, pour honorer et imiter les abaissements et avilissements du Fils de Dieu, lequel \u00e9tant la splendeur de la gloire de son P\u00e8re, et la figure de sa substance, a bien voulu se rendre l&rsquo;opprobre des hommes et l&rsquo;abjection du peuple. Pour cela il parlait volontiers des choses qui pouvaient le faire m\u00e9priser, et fuyait avec horreur tout ce qui pouvait directement ou indirectement tendre \u00e0 son honneur et \u00e0 sa louange. Quand il vint \u00e0 Paris, il ne dit point qu&rsquo;il s&rsquo;appelait \u00ab\u00a0de Paul\u00a0\u00bb, craignant que ce nom ne donn\u00e2t sujet de penser qu&rsquo;il f\u00fbt de quelque famille consid\u00e9rable; mais il se fit appeler seulement M. Vincent, de son nom de bapt\u00eame, comme qui dirait Monsieur Pierre ou Monsieur Jacques, et quoiqu&rsquo;il f\u00fbt licenci\u00e9 en th\u00e9ologie, il ne se disait pourtant qu&rsquo;un pauvre \u00e9colier de quatri\u00e8me; et &lsquo;on a remarqu\u00e9 que par ses paroles et par ses actions il t\u00e2chait toujours, dans toutes les occasions, de se rendre m\u00e9prisable et de passer pour un homme de n\u00e9ant; et lorsqu&rsquo;il lui arrivait quelque sujet de confusion, il l&#8217;embrassait tr\u00e8s volontiers, et en t\u00e9moignait autant de joie que s&rsquo;il e\u00fbt trouv\u00e9 quelque grand tr\u00e9sor.<\/p>\n<p>Il qualifiait sa Congr\u00e9gation de \u00ab\u00a0petite\u00a0\u00bb, et \u00ab\u00a0tr\u00e8s petite\u00a0\u00bb, et \u00ab\u00a0ch\u00e9tive\u00a0\u00bb Compagnie, et n&rsquo;a point voulu que ceux qui en \u00e9taient allassent pr\u00eacher et faire des missions dans les grandes villes, mais seulement dans les villages, et tout au plus dans les petites villes, pour \u00e9vang\u00e9liser et instruire les pauvres gens des champs, et cela dans la vue que cet emploi est ordinairement le plus m\u00e9pris\u00e9. Il voulait que dans toutes les rencontres sa Compagnie f\u00fbt regard\u00e9e comme la moindre et la derni\u00e8re de toutes les autres; et ayant une fois \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 d&rsquo;envoyer quelques-uns de la maison de Saint-Lazare pour assister \u00e0 une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de ville, entre autres choses qu&rsquo;il recommanda \u00e0 l&rsquo;un des principaux pr\u00eatres de sa Communaut\u00e9 qu&rsquo;il y envoya avec un compagnon, ce fut qu&rsquo;il e\u00fbt \u00e0 prendre la derni\u00e8re place de tous ceux du clerg\u00e9, comme il fit.<\/p>\n<p>Il ne pouvait souffrir qu&rsquo;on d\u00eet aucune chose \u00e0 la louange de sa Congr\u00e9gation, qu&rsquo;il appelait toujours pauvre et ch\u00e9tive Compagnie, disant qu&rsquo;il ne demandait \u00e0 Dieu, sinon qu&rsquo;il e\u00fbt agr\u00e9able de lui donner la vertu d&rsquo;humilit\u00e9: et parlant un jour sur ce sujet aux siens: \u00abN&rsquo;est-ce pas une chose \u00e9trange, leur dit-il, que l&rsquo;on con\u00e7oit bien que les particuliers d&rsquo;une Compagnie, comme Pierre, Jean et Jacques, doivent fuir l&rsquo;honneur, et aimer le m\u00e9pris; mais la Compagnie, dit-on, et la Communaut\u00e9 doit acqu\u00e9rir et conserver de l&rsquo;estime et de l&rsquo;honneur dans le monde? Car, je vous prie, comment se pourra-t-il faire que Pierre, Jean et Jacques puissent vraiment et sinc\u00e8rement aimer et chercher le m\u00e9pris, et que n\u00e9anmoins la Compagnie, qui n&rsquo;est compos\u00e9e que de Pierre, Jean et Jacques, et autres particuliers, doive aimer et rechercher l&rsquo;honneur? Il faut certainement reconna\u00eetre et confesser que ces deux choses sont incompatibles; et partant, tous les Missionnaires doivent \u00eatre contents, non seulement quand ils se trouveront dans quelque occasion d&rsquo;abjection ou de m\u00e9pris pour leur particulier, mais aussi quand on m\u00e9prisera leur Compagnie; car pour lors ce sera une marque qu&rsquo;ils seront v\u00e9ritablement humbles.\u00bb<\/p>\n<p>Au reste, son humilit\u00e9 \u00e9tait tellement sinc\u00e8re, qu&rsquo;on la pouvait en quelque fa\u00e7on lire sur son front, sur ses yeux, et sur toute la posture de son corps; et reconna\u00eetre par son ext\u00e9rieur que ses humiliations et abaissements venaient du fond de son coeur, ou cette vertu \u00e9tait si profond\u00e9ment grav\u00e9e, qu&rsquo;il croyait ne pas m\u00e9riter l&rsquo;usage d&rsquo;aucune cr\u00e9ature, non pas m\u00eame de celles qui servent \u00e0 conserver la vie, et encore moins des autres qui peuvent \u00eatre utiles ou n\u00e9cessaires pour avancer la gloire de Dieu. C&rsquo;est dans ce sentiment de son indignit\u00e9 que non seulement il ne demandait rien pour soi, mais qu&rsquo;il \u00e9tait toujours pr\u00eat \u00e0 se d\u00e9pouiller de tout ce qu&rsquo;il avait en sa disposition: et l&rsquo;on ne doit pas s&rsquo;\u00e9tonner de ce qu&rsquo;on dit qu&rsquo;il a refus\u00e9 les plus hautes dignit\u00e9s eccl\u00e9siastiques qu&rsquo;on lui a pr\u00e9sent\u00e9es, puisqu&rsquo;il s&rsquo;estimait indigne des moindres choses.<\/p>\n<p>Or, quoique son humilit\u00e9 f\u00fbt telle que nous venons de le dire, elle ne laissait pas d&rsquo;\u00eatre constante et g\u00e9n\u00e9reuse, lorsqu&rsquo;il \u00e9tait question de soutenir les int\u00e9r\u00eats de Dieu ou de son Eglise. Car c&rsquo;\u00e9tait en ces occasions-l\u00e0 qu&rsquo;il faisait bien para\u00eetre que l&rsquo;humilit\u00e9, comme a fort bien enseign\u00e9 le Docteur ang\u00e9lique, n&rsquo;est point contraire \u00e0 la magnanimit\u00e9; mais plut\u00f4t que la magnanimit\u00e9 est perfectionn\u00e9e par l&rsquo;humilit\u00e9, laquelle lui donne un fondement solide en faisant qu&rsquo;elle s&rsquo;appuie uniquement sur Dieu, et n\u00e9anmoins la retient dans une juste m\u00e9diocrit\u00e9 en emp\u00eachant qu&rsquo;elle ne s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve plus qu&rsquo;il ne faut et qu&rsquo;elle ne donne aucun lieu \u00e0 la vanit\u00e9.<\/p>\n<p>Parlant un jour sur ce sujet aux siens, il leur dit que l&rsquo;humilit\u00e9 s&rsquo;accordait fort bien avec la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et grandeur de courage, Pour preuve, il leur rapporta l&rsquo;exemple de saint Louis, qui \u00e9tait si humble que de servir lui-m\u00eame les pauvres, et aller dans les h\u00f4pitaux rechercher ceux qui avaient les maux les plus infects et les plus horribles, pour les panser de ses propres mains. Et cependant, c&rsquo;\u00e9tait un des plus g\u00e9n\u00e9reux et des plus vaillants rois qui aient port\u00e9 la couronne en France; il l&rsquo;a bien fait voir par les signal\u00e9es victoires qu&rsquo;il remporta sur les Albigeois, et dans les deux voyages qu&rsquo;il entreprit au Levant pour combattre contre les infid\u00e8les. D&rsquo;o\u00f9 il concluait qu&rsquo;il fallait demander \u00e0 Dieu la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 fond\u00e9e sur l&rsquo;humilit\u00e9.<\/p>\n<h2><b>Section premi\u00e8re\u00a0: Quelques autres actions plus particuli\u00e8re d&rsquo;humilit\u00e9, pratiqu\u00e9 par M. Vincent.<\/b><\/h2>\n<p>C&rsquo;est avec grande raison qu&rsquo;un tr\u00e8s vertueux eccl\u00e9siastique qui a connu fort particuli\u00e8rement M. Vincent a dit, parlant de lui, qu&rsquo;il ne s&rsquo;est jamais trouv\u00e9 aucun ambitieux sur la terre qui ait eu plus de passion de s&rsquo;\u00e9lever, de se faire estimer, et de parvenir au comble des honneurs, que cet humble serviteur de Dieu avait d&rsquo;affection de s&rsquo;abaisser, de se rendre abject et m\u00e9prisable, et d&#8217;embrasser les derni\u00e8res humiliations et confusions. Car il est vrai qu&rsquo;il semblait avoir fait son tr\u00e9sor de cette vertu, m\u00e9nageant soigneusement toutes les occasions qui se pr\u00e9sentaient pour la pratiquer, et prenant sujet de s&rsquo;humilier en toutes sortes de rencontres.<\/p>\n<p>Outre ce que nous en avons d\u00e9j\u00e0 dit en ce chapitre, nous en rapporterons encore dans cette section d&rsquo;autres pratiques plus particuli\u00e8res.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait bien \u00e9loign\u00e9 de faire parade des dons et des talents qu&rsquo;il avait re\u00e7us de Dieu, puisqu&rsquo;au contraire il s&rsquo;\u00e9tudiait, autant qu&rsquo;il lui \u00e9tait possible, comme il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 dit, \u00e0 les cacher; et lorsqu&rsquo;il \u00e9tait oblig\u00e9 de les faire para\u00eetre pour les employer au service de Dieu et du prochain, il ne produisait que les moindres. Voici sa maxime sur ce sujet, qui est d&rsquo;autant plus digne d&rsquo;\u00eatre estim\u00e9e qu&rsquo;elle est plus rare parmi les hommes; et quoique nous l&rsquo;ayons d\u00e9j\u00e0 rapport\u00e9e ailleurs, nous ne laisserons pas de la r\u00e9p\u00e9ter ici, parce qu&rsquo;elle m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre connue, et plus encore d&rsquo;\u00eatre suivie et pratiqu\u00e9e d&rsquo;un chacun:<\/p>\n<p>\u00abSi je fais une action publique, disait-il, et que je la puisse pousser bien avant, je ne le ferai pas; mais j&rsquo;en retrancherai telle et telle chose qui pourrait lui donner quelque lustre, et \u00e0 moi quelque r\u00e9putation. De deux pens\u00e9es qui me viennent en l&rsquo;esprit pour parler sur quelque sujet, quand la charit\u00e9 ne m&rsquo;obligera point de faire autrement, je produirai la moindre au dehors, afin de m&rsquo;humilier, et retiendrai la plus belle pour la sacrifier \u00e0 Dieu dans le secret de mon c\u0153ur. Car Notre-Seigneur ne se met et ne se pla\u00eet que dans l&rsquo;humilit\u00e9 de c\u0153ur, et dans la simplicit\u00e9 des paroles et des actions.\u00bb<\/p>\n<p>Quand il \u00e9tait oblig\u00e9 de parler des \u0153uvres que Dieu avait faites par lui, ou des b\u00e9n\u00e9dictions qu&rsquo;il avait vers\u00e9es sur sa conduite, il le faisait toujours au nom de sa Congr\u00e9gation, et non pas au sien, disant \u00abque Dieu s&rsquo;\u00e9tait servi de la Compagnie pour telle ou telle chose; que son infinie bont\u00e9 avait fait ou confi\u00e9 \u00e0 la Compagnie telle ou telle gr\u00e2ce.\u00bb Et ordinairement dans les choses qu&rsquo;il se proposait de faire pour quelque bonne fin, il parlait en pluriel, disant, par exemple: \u00abNous t\u00e2cherons de rem\u00e9dier \u00e0 un tel besoin, ou de procurer un tel bien; nous vous enverrons un tel secours.\u00bb parlant de la sorte par esprit d&rsquo;humilit\u00e9, comme ne voulant agir par soi-m\u00eame, ni dire, par exemple: \u00ab Je rem\u00e9dierai, je procurerai, j&rsquo;enverrai; \u00bb ou user de semblables termes dont se servent ordinairement ceux qui ont quelque pouvoir et autorit\u00e9. Il disait bien: \u00abJe vous prie, je vous remercie, je vous demande pardon, je suis cause que ces choses ne vont pas comme elles devraient, ou qu&rsquo;un tel d\u00e9sordre est arriv\u00e9\u00bb; parce que ces sortes d&rsquo;expressions sont en quelque fa\u00e7on humiliantes, et qu&rsquo;il voulait toujours r\u00e9server pour lui tout ce qui pouvait porter quelque abaissement ou quelque abjection.<\/p>\n<p>Outre cela il avait une adresse merveilleuse pour attribuer aux autres le bien qu&rsquo;il faisait, et d\u00e9tourner la louange qu&rsquo;on lui voulait donner pour la porter sur quelque autre; et comme s&rsquo;il n&rsquo;y e\u00fbt eu aucune part, il renvoyait toujours toute l&rsquo;estime et tout l&rsquo;honneur du bien qu&rsquo;il avait fait, \u00e0 Dieu et au prochain. Que s&rsquo;il y avait de l&rsquo;exc\u00e8s en lui, c&rsquo;\u00e9tait de s&rsquo;\u00e9tendre trop dans les louanges des autres, et dans le m\u00e9pris de soi-m\u00eame: car en effet, lorsqu&rsquo;il parlait de lui-m\u00eame, c&rsquo;\u00e9tait en des termes si humiliants, qu&rsquo;on avait quelquefois peine \u00e0 les entendre.<\/p>\n<p>R\u00e9pondant \u00e0 une personne de grande pi\u00e9t\u00e9 qui s&rsquo;\u00e9tait recommand\u00e9e \u00e0 ses pri\u00e8res: \u00abJe vous offrirai \u00e0 Dieu, lui dit-il, puisque vous me l&rsquo;ordonnez; mais j&rsquo;ai besoin du se cours des bonnes \u00e2mes, plus qu&rsquo;aucune personne du monde, pour les grandes mis\u00e8res qui accablent la mienne, et qui me font regarder l&rsquo;opinion qu&rsquo;on a de moi, comme un ch\u00e2timent de mon hypocrisie, laquelle me fait passer pour autre que je ne suis.\u00bb<\/p>\n<p>Un tr\u00e8s digne pr\u00e9lat, voyant M. Vincent s&rsquo;humilier en toutes choses, ne put s&#8217;emp\u00eacher de lui dire qu&rsquo;il \u00e9tait un parfait chr\u00e9tien: sur quoi cet humble serviteur de Dieu s&rsquo;\u00e9cria: \u00abO Monseigneur ! que dites-vous ? moi un parfait chr\u00e9tien ! On me doit plut\u00f4t tenir pour un damn\u00e9, et pour le plus grand p\u00e9cheur de l&rsquo;univers.\u00bb<\/p>\n<p>Quelqu&rsquo;un nouvellement entr\u00e9 en la Congr\u00e9gation de la Mission, parlant un jour dans une conf\u00e9rence en pr\u00e9sence de M. Vincent, dit qu&rsquo;il avait une grande confusion de profiter si peu des bons exemples qu&rsquo;il lui donnait, et des merveilles qu&rsquo;il voyait en lui. M. Vincent laissa passer ces paroles, pour ne pas l&rsquo;interrompre; mais apr\u00e8s la conf\u00e9rence il lui fit cet avertissement en public: \u00abMonsieur, nous avons cette pratique parmi nous de ne louer jamais personne en sa pr\u00e9sence. Il est vrai que je suis une merveille, mais une merveille de malice, plus m\u00e9chant que le d\u00e9mon, lequel n&rsquo;a pas tant m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre en enfer que moi: ce que je ne dis pas par exag\u00e9ration, mais selon les v\u00e9ritables sentiments que j&rsquo;en ai. \u00bb<\/p>\n<p>Un personnage fort attach\u00e9 au Jans\u00e9nisme l&rsquo;ayant une fois entretenu de ses erreurs pour les lui persuader, et n&rsquo;ayant pu en venir \u00e0 bout, se mit a lui faire des reproches, et, tout \u00e9mu de col\u00e8re, lui dit qu&rsquo;il \u00e9tait un vrai ignorant, et qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tonnait que sa Congr\u00e9gation le p\u00fbt souffrir pour sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral. A quoi M. Vincent r\u00e9pondit, en s&rsquo;humiliant, qu&rsquo;il s&rsquo;en \u00e9tonnait encore plus que lui, \u00abparce, dit-il, que je suis encore plus ignorant que vous ne pensez.\u00bb<\/p>\n<p>Ayant un jour consol\u00e9 et fortifi\u00e9 un \u00e9tudiant de sa Congr\u00e9gation qui \u00e9tait tent\u00e9 de d\u00e9sespoir, et ayant r\u00e9pondu \u00e0 quelque difficult\u00e9 qui lui venait souvent en l&rsquo;esprit contre l&rsquo;esp\u00e9rance, qu&rsquo;il l&rsquo;exhortait d&rsquo;avoir en Dieu, il ajouta: \u00abSi le diable vous remet en l&rsquo;esprit cette mauvaise pens\u00e9e, servez-vous de cette r\u00e9ponse que je vous viens de faire, et dites \u00e0 ce malheureux tentateur que \u00e7&rsquo;a \u00e9t\u00e9 Vincent, un ignorant, un quatri\u00e8me, qui vous a dit cela.\u00bb<\/p>\n<p>Un pr\u00eatre de la Congr\u00e9gation ayant \u00e9crit \u00e0 M. Vincent que le sup\u00e9rieur qu&rsquo;il avait envoy\u00e9 en la maison o\u00f9 il demeurait n&rsquo;\u00e9tait pas assez civilis\u00e9 pour ce lieu-l\u00e0, M. Vincent lui faisant r\u00e9ponse, apr\u00e8s avoir dit beaucoup de bien de ce sup\u00e9rieur, qui \u00e9tait un homme vertueux, ajoute ces mots: \u00abEt moi, comment suis-je fait ? et comment est-ce qu&rsquo;on m&rsquo;a souffert jusqu&rsquo;\u00e0 cette heure dans l&#8217;emploi que j&rsquo;ai, moi qui suis le plus rustique, le plus ridicule et le plus sot de tous les hommes parmi les gens de condition, avec lesquels je ne saurais dire six paroles de suite qu&rsquo;il ne paraisse que je n&rsquo;ai point d&rsquo;esprit ni de jugement? Mais ce qui pis est, c&rsquo;est que je n&rsquo;ai aucune vertu qui approche de la personne dont est il question.\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait sa coutume en toutes rencontres, et devant toutes sortes de personnes, m\u00eame de la plus haute qualit\u00e9, surtout quand on t\u00e9moignait quelque estime de lui, et qu&rsquo;on lui voulait rendre quelque honneur, de dire et publier qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait que le fils d&rsquo;un paysan, et qu&rsquo;il avait gard\u00e9 les troupeaux: ce qu&rsquo;il prenait aussi plaisir de d\u00e9clarer aux pauvres, afin qu&rsquo;ils le consid\u00e9rassent comme ayant \u00e9t\u00e9 de leur condition. Sur ce sujet, il arriva un jour qu&rsquo;un homme de village \u00e9tant venu \u00e0 Saint-Lazare demander M. Vincent, et le portier lui ayant dit qu&rsquo;il \u00e9tait emp\u00each\u00e9 pour lors avec quelques seigneurs, ce bonhomme r\u00e9pliqua: ce n&rsquo;est donc plus M. Vincent, parce que lui-m\u00eame m&rsquo;a dit qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait que le fils d&rsquo;un paysan comme moi?\u00bb<\/p>\n<p>Accompagnant un jour un eccl\u00e9siastique \u00e0 la porte de Saint-Lazare, une pauvre femme se mit \u00e0 crier, lui disant: \u00abMonseigneur, donnez-moi l&rsquo;aum\u00f4ne. A quoi M. Vincent lui r\u00e9pondit: \u00abO ma pauvre femme! vous me connaissez bien mal, car je ne suis qu&rsquo;un porcher, et le fils d&rsquo;un pauvre villageois.\u00bb Une autre l&rsquo;ayant rencontr\u00e9 \u00e0 la porte, comme il conduisait quelques personnes de condition, et lui ayant dit pour le convier \u00e0 lui donner l&rsquo;aum\u00f4ne plus volontiers, qu&rsquo;elle avait \u00e9t\u00e9 servante de madame sa m\u00e8re, il lui r\u00e9pondit aussit\u00f4t devant tous ceux qui \u00e9taient pr\u00e9sents: \u00abMa bonne femme, vous me prenez pour un autre; ma m\u00e8re n&rsquo;a jamais eu de servante, ayant elle-m\u00eame servi, et \u00e9tant la femme, et moi le fils d&rsquo;un paysan.\u00bb<\/p>\n<p>Un jeune homme, parent d&rsquo;un pr\u00eatre de sa Compagnie, faisant par respect difficult\u00e9 de s&rsquo;asseoir aupr\u00e8s de lui et de se couvrir, il lui dit: \u00abPourquoi, Monsieur, faites-vous tant de difficult\u00e9 et de c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 l&rsquo;endroit d&rsquo;un porcher et du fils d&rsquo;un pauvre paysan tel que je suis !\u00bb De quoi le jeune homme fut fort surpris.<\/p>\n<p>Ayant rendu visite \u00e0 un homme de condition, lequel par honneur le voulait conduire \u00e0 la porte, il fit ce qu&rsquo;il put pour l&rsquo;en d\u00e9tourner, et entre autres choses lui dit: \u00abSavez-vous bien, Monsieur, que je ne suis que le fils d&rsquo;un pauvre villageois, et que pendant ma jeunesse j&rsquo;ai gard\u00e9 les troupeaux dans les champs?\u00bb A quoi ce seigneur, qui \u00e9tait homme d&rsquo;esprit, r\u00e9pondit qu&rsquo;un des grands rois du monde qui \u00e9tait David, avait aussi \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 de la conduite des troupeaux qu&rsquo;il gardait; et M. Vincent parut comme tout confus et tout abattu de cette r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Dans les assembl\u00e9es de pi\u00e9t\u00e9 o\u00f9 il se trouvait, son humilit\u00e9 le portait toujours \u00e0 d\u00e9f\u00e9rer aux sentiments des autres et \u00e0 les pr\u00e9f\u00e9rer aux siens, quoique meilleurs. Un jour, dans l&rsquo;assembl\u00e9e des Dames de la Charit\u00e9 de Paris, o\u00f9 il pr\u00e9sidait, comme on d\u00e9lib\u00e9rait sur quelques affaires assez importantes pour l&rsquo;assistance des pauvres, l&rsquo;une des dames de la Compagnie s&rsquo;\u00e9tant aper\u00e7ue que M. Vincent, selon son humilit\u00e9 ordinaire, suivait plut\u00f4t les sentiments de celles qui opinaient que les siens propres, elle en eut de la peine, et ne put s&#8217;emp\u00eacher de lui reprocher doucement qu&rsquo;il ne tenait pas assez ferme pour faire valoir ses avis, bien qu&rsquo;ils fussent les meilleurs. A quoi il fit cette r\u00e9ponse digne de son humilit\u00e9: \u00abA Dieu ne plaise, Madame, que mes ch\u00e9tives pens\u00e9es pr\u00e9valent sur celles des autres: je suis bien aise que le bon Dieu fasse ses affaires sans moi, qui ne suis qu&rsquo;un mis\u00e9rable.\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;affection qu&rsquo;il avait pour cette vertu d&rsquo;humilit\u00e9, et les tr\u00e9sors de gr\u00e2ces qu&rsquo;il trouvait dans sa pratique, le portaient \u00e0 faire part \u00e0 sa Compagnie de tous ces abaissements qu&rsquo;il recherchait: c&rsquo;est pourquoi il en parlait ordinairement avec des termes humiliants. Dans cet esprit, r\u00e9pondant un jour \u00e0 un pr\u00eatre qui demandait d&rsquo;\u00eatre re\u00e7u dans sa Compagnie, et lui t\u00e9moignait la pr\u00e9f\u00e9rer \u00e0 toutes les autres, reconnaissant que c&rsquo;\u00e9tait le meilleur chemin pour aller au ciel: \u00abC&rsquo;est la bont\u00e9 que vous avez pour nous, lui dit-il, qui vous fait penser de la sorte; mais il est vrai que les autres Communaut\u00e9s sont toutes saintes, et que nous sommes des mis\u00e9rables, et plus mis\u00e9rables que les mis\u00e9rables.\u00bb<\/p>\n<p>Il dit \u00e0 un autre, qui demandait la m\u00eame chose: \u00ab Quoi Monsieur, vous voulez \u00eatre Missionnaire ? Et comment avez-vous jet\u00e9 les yeux sur notre petite Compagnie ? car nous ne sommes que de pauvres gens.\u00bb Celui-ci a depuis avou\u00e9 qu&rsquo;il fut grandement \u00e9difi\u00e9 de cette humilit\u00e9 de M. Vincent, lequel rabaissait ainsi l&rsquo;estime de sa Compagnie devant ceux m\u00eame qui la recherchaient et qui en demandaient l&rsquo;entr\u00e9e.<\/p>\n<p>Et non content de parler de la sorte, il a toujours t\u00e2che par ses exemples d&rsquo;insinuer cet esprit d&rsquo;humilit\u00e9 dans sa Compagnie, d\u00e8s ses premiers commencements. Lorsqu&rsquo;il demeurait encore au coll\u00e8ge des Bons-Enfants, il s&rsquo;est mis plusieurs fois \u00e0 genoux devant sept ou huit pr\u00eatres qui la composaient, d\u00e9clarant en leur pr\u00e9sence les p\u00e9ch\u00e9s les plus griefs de sa vie pass\u00e9e; de quoi ils furent grandement touches, admirant en leur sup\u00e9rieur la force de la gr\u00e2ce, par laquelle il renon\u00e7ait si courageusement \u00e0 cette inclination naturelle que tous les hommes ont de cacher leurs infirmit\u00e9s, et t\u00e2chait, en leur d\u00e9couvrant les siennes, de d\u00e9truire en eux tous les sentiments d&rsquo;estime qu&rsquo;ils pouvaient avoir pour lui. Il avait encore cette coutume, tous les ans au jour de son bapt\u00eame, de se mettre \u00e0 genoux devant sa Communaut\u00e9, et de demander pardon \u00e0 Dieu de tous les p\u00e9ch\u00e9s qu&rsquo;il avait commis depuis tant d&rsquo;ann\u00e9es que sa bont\u00e9 le souffrait sur la terre, priant la Compagnie de lui pardonner tous les sujets de scandale qu&rsquo;il pouvait avoir donn\u00e9s, et de demander \u00e0 Dieu qu&rsquo;il lui fit mis\u00e9ricorde.<\/p>\n<p>Outre cela, quand il pensait lui \u00eatre arrive quelque chose qui ne f\u00fbt pas tout \u00e0 fait de bon exemple \u00e0 la m\u00eame Compagnie, il ne manquait pas \u00e0 chaque fois de s&rsquo;en humilier, et de lui en demander pardon; ce qu&rsquo;il faisait m\u00eame pour des choses secr\u00e8tes, comme pour des mouvements d&rsquo;impatience qui n&rsquo;avaient point paru au dehors, pour quelques paroles moins douces dites \u00e0 quelque particulier, et pour les moindres manquements faits par inadvertance.<\/p>\n<p>Ayant un jour recommand\u00e9 \u00e0 un des fr\u00e8res de la maison de donner le g\u00eete a un pauvre passant, et ce fr\u00e8re s&rsquo;en excusant avec beaucoup de r\u00e9pliques et d&rsquo;oppositions, M. Vincent crut lui devoir parler avec fermet\u00e9, pour l&rsquo;obliger \u00e0 se soumettre. Mais apr\u00e8s, son humilit\u00e9 lui en donnant quelque remords int\u00e9rieur, il alla se mettre \u00e0 genoux au milieu d&rsquo;une all\u00e9e du jardin, o\u00f9 \u00e9taient quelques anciens pr\u00eatres de sa Communaut\u00e9, et leur dit qu&rsquo;il demandait pardon a la Compagnie du scandale qu&rsquo;il donnait tous les jours, et qu&rsquo;il venait encore tout r\u00e9cemment de donner en parlant avec rudesse \u00e0 un fr\u00e8re de la basse-cour. Un des pr\u00eatres qui fut pr\u00e9sent \u00e0 cette action d&rsquo;humilit\u00e9, apr\u00e8s en avoir rendu t\u00e9moignage, ajoute: \u00abCela peut avoir \u00e9t\u00e9 connu d&rsquo;un chacun, mais ce que j&rsquo;ai vu tout seul est que le m\u00eame soir, entrant selon mon ordinaire dans la chambre de M. Vincent, apr\u00e8s l&rsquo;examen g\u00e9n\u00e9ral, je le trouvai qui baisait les pieds de ce fr\u00e8re.\u00bb<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas seulement en cette occasion, mais en une infinit\u00e9 d&rsquo;autres, qu&rsquo;on l&rsquo;a vu se jeter aux pieds de ses inf\u00e9rieurs, m\u00eame des moindres de la maison. Nous en rapporterons seulement quelques exemples.<\/p>\n<p>Croyant avoir donne une fois sujet de peine \u00e0 un fr\u00e8re, pour lui avoir dit, peut-\u00eatre d&rsquo;un ton un peu ferme, qu&rsquo;il se fallait donner patience pour r\u00e9soudre ce qu&rsquo;il lui avait propos\u00e9, il ne voulut point c\u00e9l\u00e9brer la Messe qu&rsquo;il ne se f\u00fbt humili\u00e9 devant ce fr\u00e8re; et ne l&rsquo;ayant point trouv\u00e9 \u00e0 la cuisine, il l&rsquo;alla chercher \u00e0 la cave, ou il lui demanda pardon de l&rsquo;avoir contrist\u00e9.<\/p>\n<p>Se trouvant un jour de je\u00fbne dans une pauvre h\u00f4tellerie, en quelque voyage qu&rsquo;il faisait, et ayant demand\u00e9 un peu d&rsquo;huile pour manger de la morue s\u00e8che qu&rsquo;on lui avait pr\u00e9sent\u00e9e pour son d\u00eener, son humilit\u00e9 lui fit craindre que cela n&rsquo;e\u00fbt caus\u00e9 quelque mauvaise \u00e9dification \u00e0 celui qui l&rsquo;accompagnait: c&rsquo;est pourquoi il se mit \u00e0 genoux devant lui, pour lui en demander pardon.<\/p>\n<p>Un autre jour faisant voyage avec trois de ses pr\u00eatres, il les entretint pour les divertir de quelque chose qui lui \u00e9tait autrefois arriv\u00e9e. Mais comme ils l&rsquo;\u00e9coutaient avec attention, ils furent bien \u00e9tonn\u00e9s lorsqu&rsquo;au milieu de son discours il frappa sa poitrine, disant qu&rsquo;il \u00e9tait un mis\u00e9rable, tout rempli de superbe et d&rsquo;orgueil, et qu&rsquo;il ne faisait que parler de soi-m\u00eame; de sorte qu&rsquo;aussit\u00f4t il fallut changer de sujet d&rsquo;entretien. Et d\u00e8s qu&rsquo;ils furent arriv\u00e9s au lieu o\u00f9 ils devaient s&rsquo;arr\u00eater, il ne manqua pas de leur demander pardon \u00e0 genoux du scandale qu&rsquo;il leur avait donne en parlant de lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>\u00c9tant malade \u00e0 Richelieu, en l&rsquo;ann\u00e9e 1649, on lui envoya de Paris le fr\u00e8re infirmier de Saint-Lazare, pour en avoir plus de soin, parce qu&rsquo;il connaissait mieux de quelle fa\u00e7on il le fallait traiter. Il lui fit un tr\u00e8s bon accueil, et lui t\u00e9moigna beaucoup d&rsquo;affection \u00e0 son ordinaire; n\u00e9anmoins lui ayant dit qu&rsquo;il \u00e9tait marri qu&rsquo;on lui e\u00fbt donn\u00e9 tant de peine de venir de si loin pour une carcasse, il crut depuis qu&rsquo;il ne l&rsquo;avait pas re\u00e7u avec assez de cordialit\u00e9; il lui en demanda pardon \u00e0 genoux, non seulement \u00e0 Richelieu, mais encore \u00e9tant de retour \u00e0 Saint-Lazare, en pr\u00e9sence de son assistant, auquel parlant sur ce sujet: \u00abSavez-vous bien, Monsieur, lui dit-il, que ce bon fr\u00e8re \u00e9tant venu \u00e0 Richelieu pour moi, je ne lui \u00e9panchai point mon c\u0153ur, comme j&rsquo;avais accoutum\u00e9? et c&rsquo;est de quoi je lui demande tr\u00e8s humblement pardon en votre pr\u00e9sence, et je vous prie de prier Dieu pour moi, afin qu&rsquo;il me fasse la gr\u00e2ce de ne plus commettre de semblables fautes.\u00bb<\/p>\n<p>Ayant une fois \u00e9t\u00e9 visit\u00e9 par son neveu, lequel \u00e9tait venu expr\u00e8s pour cela de la ville d&rsquo;Acqs \u00e0 Paris; le portier du coll\u00e8ge des Bons-Enfants, o\u00f9 il demeurait pour lors, l&rsquo;ayant averti que son neveu demandait de le voir, il ressentit le premier mouvement de quelque peine pour son arriv\u00e9e, et dit qu&rsquo;on le lui amen\u00e2t en sa chambre; n\u00e9anmoins son humilit\u00e9 lui fit aussit\u00f4t changer de sentiment, et prendre r\u00e9solution d&rsquo;aller lui-m\u00eame le recevoir en bas. Voici en quels termes M. de Saint-Martin, chanoine de la ville d&rsquo;Acqs, qui demeurait pour lors en ce coll\u00e8ge, en rendit t\u00e9moignage:<\/p>\n<p>\u00abJe ne puis passer sous silence, dit-il, un acte de vertu de M. Vincent, dont je fus t\u00e9moin, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un sien neveu. C&rsquo;est qu&rsquo;ayant donn\u00e9 charge \u00e0 l&rsquo;un des siens de l&rsquo;aller prendre dans la rue o\u00f9 il \u00e9tait, habill\u00e9 \u00e0 la mode des paysans de ce pays, pour le mener \u00e0 sa chambre, ce ton serviteur de Dieu eut un mouvement extraordinaire de se surmonter, comme il fit; car descendant de sa chambre il alla lui-m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 la rue, o\u00f9 ayant trouv\u00e9 son neveu, il l&#8217;embrassa, le baisa, et le prit par la main, et l&rsquo;ayant conduit dans la cour, fit descendre tous les messieurs de sa Compagnie, auxquels il dit que c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 le plus honn\u00eate homme de sa famille, et les lui fit saluer tous. Il lui fit faire la m\u00eame civilit\u00e9 aux autres personnes de condition qui le venaient visiter. Et aux premiers exercices spirituels qu&rsquo;il fit apr\u00e8s, il s&rsquo;accusa publiquement en pleine assembl\u00e9e d&rsquo;avoir eu quelque honte \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e de son neveu, et de l&rsquo;avoir voulu faire monter secr\u00e8tement en sa chambre, parce qu&rsquo;il \u00e9tait paysan et mal habill\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Il passa encore plus avant dans cette pratique d&rsquo;humiliation aux premiers exercices des ordinands qui se firent \u00e0 Saint-Lazare; car entretenant ceux qui devaient recevoir les ordres sur la vocation \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat eccl\u00e9siastique, il m\u00eala parmi son discours plusieurs choses humiliantes de sa vie pass\u00e9e; et pour se confondre davantage, il ajouta qu&rsquo;un de ses parents avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 aux gal\u00e8res: ce qu&rsquo;il a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 en plusieurs autres occasions, quoique cet homme ne f\u00fbt son parent que de fort loin, et tout au plus au quatri\u00e8me degr\u00e9.<\/p>\n<p>Que s&rsquo;il \u00e9tait si affectionn\u00e9 \u00e0 se procurer lui-m\u00eame des humiliations, il ne l&rsquo;\u00e9tait pas moins \u00e0 les recevoir lorsqu&rsquo;elles lui venaient de la part du prochain. Un des principaux magistrats du parlement ayant dit un jour dans la Grand&rsquo;chambre, que les Missionnaires de Saint-Lazare ne faisaient plus gu\u00e8re de missions, cela fut rapport\u00e9 \u00e0 M. Vincent, qui fut \u00e9tonn\u00e9 de ce discours; et l&rsquo;ayant dit \u00e0 quelqu&rsquo;un des siens, celui-ci lui r\u00e9pondit que ce magistrat parlait sans savoir, et qu&rsquo;il y avait longtemps que leur Compagnie n&rsquo;avait travaille \u00e0 tant de missions qu&rsquo;elle faisait en ce m\u00eame temps, et qu&rsquo;elle avait fait l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente; ajoutant qu&rsquo;il serait \u00e0 propos de le faire savoir \u00e0 ce magistrat, lequel autrement, \u00e9tant ainsi mal inform\u00e9, pourrait continuer \u00e0 d\u00e9crier la Compagnie. A quoi M. Vincent r\u00e9pliqua: \u00abIl le faut laisser faire, je ne me justifierai jamais que par les \u0153uvres.\u00bb<\/p>\n<p>Etant arriv\u00e9 une autre fois qu&rsquo;une des maisons de la Congr\u00e9gation re\u00e7ut une humiliation tr\u00e8s notable, sans qu&rsquo;il y e\u00fbt pourtant aucun p\u00e9ch\u00e9, M. Vincent, au lieu de s&rsquo;en affliger, en t\u00e9moigna de la joie et exhorta sa Communaut\u00e9 d&rsquo;en remercier Dieu de bon c\u0153ur, et \u00e0 lui demander la gr\u00e2ce de faire un bon usage de cette abjection. \u00abCar, disait-il, c&rsquo;est un bonheur d&rsquo;\u00eatre traite en la mani\u00e8re que Notre-Seigneur l&rsquo;a \u00e9t\u00e9.\u00bb Et pour \u00e9tablir de plus en plus l&rsquo;esprit d&rsquo;humilit\u00e9 dans sa Compagnie, il proposa pour sujet d&rsquo;oraison \u00e0 sa Communaut\u00e9, une fois tous les mois pendant plusieurs ann\u00e9es, la M\u00e9ditation de l&rsquo;orgueil, pour lui en faire concevoir plus d&rsquo;horreur. Il disait \u00abque la Compagnie ne subsisterait jamais sans la vertu d&rsquo;humilit\u00e9; que lorsque cette vertu manquait en quelque Compagnie, chacun pensait \u00e0 son \u00e9tablissement particulier, et que de l\u00e0 provenaient les partialit\u00e9s, le schisme et la rupture; que si les Missionnaires avaient \u00e0 demander quelque chose \u00e0 Dieu, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;humiliation, et qu&rsquo;ils devaient s&rsquo;attrister et pleurer lorsqu&rsquo;ils recevaient des applaudissements, puisque Notre-Seigneur avait dit: <i>V\u0153 cum benedixerint vobis homines; <\/i>malheur \u00e0 vous quand les hommes vous applaudiront. \u00bb<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est principalement dans les emplois de la cour que l&rsquo;humilit\u00e9 de M. Vincent a paru avec d&rsquo;autant plus de force qu&rsquo;elle \u00e9tait plus oppos\u00e9e aux honneurs qui lui \u00e9taient rendus par quelques-uns, et que sa vertu et bonne conduite m\u00e9ritait de tous. Au commencement qu&rsquo;il fut appel\u00e9 au Conseil, avec feu M. le prince de Cond\u00e9 et quelques autres seigneurs, comme ce bon prince le voulut obliger de s&rsquo;asseoir aupr\u00e8s d&rsquo;eux, il lui dit: \u00ab Monseigneur, ce m&rsquo;est trop d&rsquo;honneur que votre Altesse me souffre en sa pr\u00e9sence, moi qui ne suis que le fils d&rsquo;un pauvre porcher.\u00bb Sur quoi M. le prince lui r\u00e9pondit par le vers du po\u00e8te: <i>Moribus et vita nobilitatur homo; <\/i>ajoutant: \u00abCe n&rsquo;est pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui que nous connaissons votre m\u00e9rite.\u00bb Il lui proposa ensuite dans l&rsquo;entretien quelques points de controverse, auxquels M. Vincent r\u00e9pondit sur-le-champ avec telle satisfaction de ce prince, qu&rsquo;il lui dit: \u00ab Eh quoi ! M. Vincent, vous dites \u00e0 un chacun et vous pr\u00eachez partout que vous \u00eates un ignorant, et cependant vous r\u00e9solvez en deux mots l&rsquo;une des plus grandes difficult\u00e9s que nous ayons avec les religionnaires.\u00bb Il lui proposa encore quelques autres difficult\u00e9s sur le droit canonique, auxquelles M. Vincent ayant r\u00e9pondu avec pareille satisfaction de ce prince, il lui dit qu&rsquo;il reconnaissait bien que c&rsquo;\u00e9tait avec grande raison qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 choisi de Sa Majest\u00e9 pour l&rsquo;aider de son conseil en ce qui regardait les b\u00e9n\u00e9fices et autres affaires eccl\u00e9siastiques.<\/p>\n<p>Or, quoique cet emploi si important et si honorable, et l&rsquo;acc\u00e8s qu&rsquo;il avait aupr\u00e8s de la Reine-M\u00e8re pendant sa r\u00e9gence, le rendissent fort consid\u00e9rable, on a pourtant remarqu\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais port\u00e9 de soutane neuve allant au Louvre, et qu&rsquo;il n&rsquo;a point paru autrement habill\u00e9 devant les grands de la cour que lorsqu&rsquo;il allait instruire et pr\u00eacher les paysans de la Campagne, se tenant \u00e9galement partout dans une tr\u00e8s simple et humble biens\u00e9ance.<\/p>\n<p>Parlant un jour de l&#8217;emploi qu&rsquo;il avait \u00e0 la Cour, il dit: \u00abJe demande\u00a0 Dieu que je sois tenu pour un insens\u00e9, comme je le suis, afin qu&rsquo;on ne m&#8217;emploie plus dans cette sorte de commission, et que j&rsquo;aie plus de loisir de faire p\u00e9nitence, et que je donne moins de mauvais exemple que je fais \u00e0 notre petite Compagnie.\u00bb Aussi est-il vrai que cet emploi lui pesait extr\u00eamement, non pas faute d&rsquo;affection envers Sa Majest\u00e9, pour le service de laquelle il e\u00fbt tr\u00e8s volontiers expos\u00e9 sa vie, mais \u00e0 cause des honneurs attach\u00e9s \u00e0 ces emplois. Il embrassait au contraire les confusions avec amour, et souffrait avec joie les calomnies qui lui arrivaient et dont il louait Dieu, sans qu&rsquo;on l&rsquo;ait jamais ou\u00ef se justifier, et encore moins se plaindre; et bien loin d&rsquo;en avoir aucun ressentiment, il s&rsquo;humiliait m\u00eame devant ceux qui l&rsquo;offensaient, et il leur demandait pardon. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on lui a vu faire \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;une personne de condition qui le traitait avec grand m\u00e9pris, et envers un jeune gentilhomme qui lui avait dit, par un emportement de son \u00e2ge, qu&rsquo;il \u00e9tait un vieux fou; il se mit aussit\u00f4t \u00e0 genoux devant lui, lui demandant pardon de l&rsquo;occasion qu&rsquo;il pouvait lui avoir donn\u00e9e de lui dire telles paroles.<\/p>\n<p>Ayant une autre fois emp\u00each\u00e9 que le Roi ne donn\u00e2t un \u00e9v\u00each\u00e9 \u00e0 une personne qu&rsquo;il savait n&rsquo;\u00eatre pas propre pour la conduite d&rsquo;un dioc\u00e8se, ses parents, qui \u00e9taient puissants, en eurent un tr\u00e8s grand ressentiment, qu&rsquo;ils firent bien para\u00eetre, inventant contre lui une calomnie \u00e0 laquelle ils ajout\u00e8rent diverses circonstances pour la rendre plus croyable, et pour la mieux d\u00e9biter \u00e0 la cour; ce qui \u00e9tant venu jusqu&rsquo;aux oreilles de la reine, d\u00e8s qu&rsquo;elle vit M. Vincent, elle lui demanda en riant s&rsquo;il savait bien ce qu&rsquo;on disait de lui, et qu&rsquo;on l&rsquo;accusait d&rsquo;une telle chose. A quoi il r\u00e9pondit sans se troubler ni alt\u00e9rer: \u00abMadame, je suis un grand p\u00e9cheur.\u00bb Et comme Sa Majest\u00e9 lui eut reparti qu&rsquo;il devait se justifier, il r\u00e9pliqua: \u00abL&rsquo;on en a bien dit d&rsquo;autres contre Notre-Seigneur, et il ne s&rsquo;est jamais justifi\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Pendant ce m\u00eame temps qu&rsquo;il \u00e9tait employ\u00e9 \u00e0 la cour, un de ses amis l&rsquo;avertit qu&rsquo;un eccl\u00e9siastique, qui mourut bient\u00f4t apr\u00e8s, faisait courir un bruit par la ville, et m\u00eame avait rapport\u00e9 \u00e0 une personne des plus qualifi\u00e9es de Paris, que M. Vincent avait fait donner un b\u00e9n\u00e9fice \u00e0 quelqu&rsquo;un, moyennant une biblioth\u00e8que et une somme consid\u00e9rable d&rsquo;argent. Ce bon serviteur de Dieu fut \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 un peu \u00e9mu d&rsquo;abord de cette noire calomnie, et il prit la plume, comme il l&rsquo;a depuis d\u00e9clar\u00e9, \u00e0 dessein d&rsquo;en \u00e9crire \u00e0 quelqu&rsquo;un pour se justifier; mais comme il commen\u00e7ait \u00e0 former les premi\u00e8res lettres, rentrant en soi-m\u00eame, et se reprenant de ce qu&rsquo;il voulait faire: \u00abO mis\u00e9rable ! dit-il, \u00e0 quoi penses-tu ? Quoi ! tu te veux justifier ? et voil\u00e0 que nous venons d&rsquo;apprendre qu&rsquo;un chr\u00e9tien faussement accus\u00e9 \u00e0 Tunis a demeur\u00e9 trois jours dans les tourments, et enfin est mort, sans prof\u00e9rer une parole de plainte, quoiqu&rsquo;il f\u00fbt innocent du crime qu&rsquo;on lui avait imput\u00e9: et toi, tu te veux excuser! Oh! non, il n&rsquo;en sera pas ainsi;\u00bb et en m\u00eame temps il quitta la plume, et n&rsquo;\u00e9crivit point, ni ne se mit en aucun devoir de se justifier.<\/p>\n<p>Enfin son humilit\u00e9 prenant toujours de nouveaux accroissements, il s&rsquo;avisa d&rsquo;un autre moyen tout extraordinaire pour la pratiquer. Ayant fait venir \u00e0 Paris, en l&rsquo;ann\u00e9e 1641, quelques-uns des plus anciens et des principaux de sa Congr\u00e9gation, pour d\u00e9lib\u00e9rer de plusieurs affaires importantes, il leur repr\u00e9senta, apr\u00e8s quelques conf\u00e9rences, les fautes de sa conduite, son incapacit\u00e9 pour le gouvernement et la n\u00e9cessit\u00e9 qu&rsquo;il y avait de donner quelque autre chef \u00e0 la Compagnie. \u00abVous voil\u00e0 assembl\u00e9s, leur dit-il; je remets la charge de sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral entre vos mains; faites au nom de Dieu \u00e9lection d&rsquo;un autre d&rsquo;entre vous, pour \u00eatre notre sup\u00e9rieur.\u00bb Et l\u00e0-dessus il sortit de la chambre et s&rsquo;en alla dans une petite chapelle qui regarde sur l&rsquo;\u00e9glise, o\u00f9 il se mit en pri\u00e8res devant le Saint-Sacrement. Les pr\u00eatres assembl\u00e9s \u00e9tant fort surpris d&rsquo;une telle proposition, et ne voyant aucun lieu d&rsquo;en d\u00e9lib\u00e9rer, envoy\u00e8rent quelques-uns d&rsquo;entre eux pour le prier de revenir; et apr\u00e8s l&rsquo;avoir longtemps cherch\u00e9, ils le trouv\u00e8rent \u00e0 genoux en cette chapelle, tourn\u00e9 vers le grand autel de l&rsquo;\u00e9glise. Ils lui dirent que personne d&rsquo;entre eux ne pouvait consentir \u00e0 faire ce qu&rsquo;il d\u00e9sirait, et ils le pri\u00e8rent et le press\u00e8rent de retourner, pour traiter des autres affaires qui restaient \u00e0 r\u00e9soudre; mais il s&rsquo;en excusa, et leur fit de nouvelles instances pour cette \u00e9lection, disant qu&rsquo;il \u00e9tait d\u00e9pos\u00e9, et qu&rsquo;ils devaient en choisir quelque autre pour remplir cette charge; ce qui ayant \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 aux autres qui \u00e9taient dans la chambre, ils en sortirent tous, et vinrent en corps le conjurer de continuer dans la conduite de leur Compagnie, lui disant enfin: \u00abC&rsquo;est vous-m\u00eame que nous \u00e9lisons pour notre sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral; et tant que Dieu vous conservera sur la terre, nous n&rsquo;en aurons point d&rsquo;autre.\u00bb Il fit ce qu&rsquo;il put pour s&rsquo;en d\u00e9fendre, mais apr\u00e8s toutes ses r\u00e9sistances, connaissant la volont\u00e9 de Dieu, il baissa la t\u00eate, et soumit ses \u00e9paules \u00e0 cette charge; ce qu&rsquo;il fit n\u00e9anmoins en telle sorte, que, retenant pour soi tout ce qu&rsquo;il y avait de p\u00e9nible, il en refusait autant qu&rsquo;il lui \u00e9tait possible tous les avantages et tous les honneurs. C&rsquo;\u00e9tait dans cet esprit d&rsquo;humilit\u00e9 qu&rsquo;il ne prenait jamais la qualit\u00e9 de sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral de sa Congr\u00e9gation, sinon dans les actes publics ou Lettres-Patentes, lorsque cela \u00e9tait absolument n\u00e9cessaire; partout ailleurs il se qualifiait dans ses souscriptions: <i>Indigne pr\u00eatre de la Congr\u00e9gation de la Mission\u00a0 <\/i>ou <i>indigne sup\u00e9rieur. <\/i>Il \u00e9crivit m\u00eame \u00e0 quelques-uns de ses pr\u00eatres, qu&rsquo;au commencement des lettres qu&rsquo;ils lui adresseraient, ils ne laissassent d&rsquo;espace en blanc qu&rsquo;autant qu&rsquo;ils en voyaient en celles qu&rsquo;il leur \u00e9crivait, ayant peine \u00e0 recevoir plus d&rsquo;honneur de ses inf\u00e9rieurs qu&rsquo;il ne leur en rendait lui-m\u00eame. A ce propos, un des anciens pr\u00eatres de sa Congr\u00e9gation ayant recommand\u00e9 un jour \u00e0 la Communaut\u00e9 de Saint-Lazare que l&rsquo;on rend\u00eet \u00e0 M. Vincent quelque civilit\u00e9 particuli\u00e8re, ainsi que le requ\u00e9rait sa qualit\u00e9 de p\u00e8re commun et de sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral, et que lorsqu&rsquo;on le rencontrerait on s&rsquo;arr\u00eat\u00e2t un peu pour lui faire une inclination ou r\u00e9v\u00e9rence pendant qu&rsquo;il passerait, M. Vincent, s&rsquo;en \u00e9tant aper\u00e7u, s&rsquo;en plaignit comme on si lui e\u00fbt fait tort, et ne voulut plus qu&rsquo;on en us\u00e2t de la sorte. Et lui ayant \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 qu&rsquo;on le pratiquait ainsi en la plupart des Communaut\u00e9s: \u00abJe le sais bien, dit-il, et il faut respecter les raisons qu&rsquo;elles ont de le faire. Mais j&rsquo;en ai de plus fortes pour ne le point souffrir \u00e0 mon \u00e9gard; je ne dois pas \u00eatre compar\u00e9 au moindre des hommes, puisque je suis le pire.\u00bb<\/p>\n<p>La chaire o\u00f9 il avait coutume de se placer dans le ch\u0153ur de l&rsquo;\u00e9glise de Saint-Lazare lorsqu&rsquo;il officiait, ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e au-dessus des autres, il la fit d\u00e9faire, disant que ce si\u00e8ge \u00e9tait propre pour servir \u00e0 nos seigneurs les \u00e9v\u00eaques, et non pas \u00e0 un mis\u00e9rable pr\u00eatre, tel qu&rsquo;il \u00e9tait.<\/p>\n<p>Il prenait toujours pour lui-m\u00eame, dans ce m\u00eame esprit d&rsquo;humilit\u00e9 les moindres ornements de l&rsquo;\u00e9glise; et la Reine-M\u00e8re, par sa pi\u00e9t\u00e9 ordinaire, ayant fait pr\u00e9sent \u00e0 la sacristie de Saint-Lazare de quelques parements de toile d&rsquo;argent, \u00e0 la naissance du roi, Sa Majest\u00e9 les envoya fort \u00e0 propos pour servir aux f\u00eates de No\u00ebl. Mais M. Vincent, qui selon sa coutume devait officier \u00e0 cette solennit\u00e9, voyant qu&rsquo;on lui avait pr\u00e9par\u00e9 ces riches ornements, en demanda de communs; et quelque raison qu&rsquo;on lui apport\u00e2t pour lui persuader de s&rsquo;en servir, on ne put vaincre son humilit\u00e9, n&rsquo;ayant pas le c\u0153ur, disait-il, de se rev\u00eatir le premier d&rsquo;un tel ornement: de sorte qu&rsquo;on fut oblig\u00e9 de lui en donner un de camelot, et le diacre et le sous-diacre en prirent de semblables pour garder l&rsquo;uniformit\u00e9.<\/p>\n<p>Il souffrait avec peine qu&rsquo;on lui rend\u00eet quelques petits services, et qu&rsquo;on l&rsquo;aid\u00e2t en des choses qu&rsquo;il ne pouvait faire seul, \u00e0 cause de son \u00e2ge, et de ses indispositions: et il en faisait des remerciements si humbles, qu&rsquo;il payait bien avec usure le peu d&rsquo;assistance qu&rsquo;on lui rendait. Mais au contraire, il \u00e9tait ravi quand il pouvait servir les autres, soit au r\u00e9fectoire, ou m\u00eame dans la cuisine, et jusque dans les moindres offices. Son humilit\u00e9 m\u00eame est all\u00e9e quelquefois jusques \u00e0 cet exc\u00e8s, de demander la b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 ses inf\u00e9rieurs. Voici ce qu&rsquo;il t\u00e9moigna un jour sur ce sujet \u00e9crivant \u00e0 l&rsquo;un de ses pr\u00eatres, et lui parlant d&rsquo;un autre qui \u00e9tait dangereusement malade: \u00abH\u00e9las ! Monsieur, que je suis afflig\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tat de notre cher malade ! Oh ! quelle perte pour la Compagnie, si Dieu le retirait de cette vie ! mais pourtant que sa tr\u00e8s sainte et adorable volont\u00e9 soit faite \u00e0 jamais. S&rsquo;il est encore en vie, je vous prie de l&#8217;embrasser de ma part, de lui dire ma douleur, de me recommander a ses pri\u00e8res, et de lui demander sa b\u00e9n\u00e9diction pour toute la Compagnie, et pour moi qui la lui demande prostern\u00e9 en esprit \u00e0 ses pieds. \u00bb<\/p>\n<p>Il ne faut pas s&rsquo;\u00e9tonner s&rsquo;il agissait de la sorte, vu les bas sentiments qu&rsquo;il avait de lui-m\u00eame, s&rsquo;estimant et se publiant en toutes rencontres indigne de la qualit\u00e9 de sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral et du caract\u00e8re de pr\u00eatrise; il a dit plusieurs fois que s&rsquo;il ne l&rsquo;e\u00fbt pas encore re\u00e7u, ayant la connaissance telle qu&rsquo;il l&rsquo;avait de son indignit\u00e9, il ne pourrait jamais se r\u00e9soudre \u00e0 le recevoir, et qu&rsquo;il choisirait plut\u00f4t la condition d&rsquo;un fr\u00e8re de la Compagnie, ou bien de simple laboureur, tel qu&rsquo;\u00e9tait son p\u00e8re. Quoiqu&rsquo;il s&rsquo;acquitt\u00e2t tr\u00e8s dignement de tous les devoirs et de toutes les fonctions du sacerdoce, sa grande humilit\u00e9 n\u00e9anmoins avait fait de si fortes impressions sur son esprit, que bien loin de pr\u00e9sumer quelque chose de son m\u00e9rite, il se consid\u00e9rait au contraire comme un emp\u00eachement au bien, et craignait d&rsquo;\u00eatre responsable devant Dieu des h\u00e9r\u00e9sies, des d\u00e9sordres et des calamit\u00e9s publiques, parce qu&rsquo;il ne les d\u00e9tournait pas autant qu&rsquo;il croyait \u00eatre oblig\u00e9 de faire en qualit\u00e9 de pr\u00eatre; c&rsquo;est ce qu&rsquo;il a t\u00e9moign\u00e9 en plusieurs rencontres, et ce qu&rsquo;il a m\u00eame \u00e9crit \u00e0 M. de Saint-Martin, chanoine d&rsquo;Acqs, son ancien ami. Nous rapporterons ici sa lettre, parce qu&rsquo;elle est fort consid\u00e9rable, tant pour les bas sentiments qu&rsquo;il t\u00e9moigne de lui-m\u00eame, que pour la haute estime qu&rsquo;il avait de l&rsquo;\u00e9tat sacerdotal:<\/p>\n<p>\u00abJe vous remercie, lui dit-il, du soin que vous prenez de mon petit-neveu, duquel je vous dirai, Monsieur, que je n&rsquo;ai jamais d\u00e9sir\u00e9 qu&rsquo;il f\u00fbt eccl\u00e9siastique, et encore moins ai-je eu la pens\u00e9e de le faire \u00e9lever pour ce dessein, cette condition \u00e9tant la plus sublime qui soit sur la terre, et celle-l\u00e0 m\u00eame que Notre-Seigneur y a voulu prendre et exercer. Pour moi, si j&rsquo;avais su ce que c&rsquo;\u00e9tait, quand j&rsquo;eus la t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;y entrer, comme je l&rsquo;ai su depuis, j&rsquo;aurais mieux aim\u00e9 labourer la terre que de m&rsquo;engager \u00e0 un \u00e9tat si redoutable: c&rsquo;est ce que j&rsquo;ai t\u00e9moign\u00e9 plus de cent fois aux pauvres gens de la campagne, lorsque, pour les encourager \u00e0 vivre contents et en gens de bien, je leur ai dit que je les estimais heureux en leur condition. Et en effet, plus je deviens vieux, et plus je me confirme dans ce sentiment, parce que je d\u00e9couvre tous les jours l&rsquo;\u00e9loignement o\u00f9 je suis de la perfection en laquelle je devrais \u00eatre. Certes, Monsieur, les pr\u00eatres de ce temps ont un grand sujet de craindre les jugements de Dieu, puisque, outre leurs propres p\u00e9ch\u00e9s, il leur fera rendre compte de ceux des peuples, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas t\u00e2ch\u00e9 de satisfaire pour eux \u00e0 sa justice irrit\u00e9e, ainsi qu&rsquo;il y sont oblig\u00e9s; et qui pis est, il leur imputera la cause des ch\u00e2timents qu&rsquo;il leur envoie, d&rsquo;autant qu&rsquo;ils ne s&rsquo;opposent pas comme il faut aux fl\u00e9aux qui affligent l&rsquo;Eglise, tels que sont la peste, la guerre, la famine et les h\u00e9r\u00e9sies qui l&rsquo;attaquent de tous c\u00f4t\u00e9s. Disons plus, Monsieur: c&rsquo;est de la mauvaise vie des eccl\u00e9siastiques que sont venus tous les d\u00e9sordres qui ont d\u00e9sol\u00e9 cette sainte \u00c9pouse du Sauveur, et qui l&rsquo;ont si fort d\u00e9figur\u00e9e, qu&rsquo;\u00e0 peine est-elle reconnaissable. Que diraient maintenant de nous ces anciens P\u00e8res qui l&rsquo;ont vue en sa premi\u00e8re beaut\u00e9, s&rsquo;ils voyaient l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9 et les profanations que nous y voyons, eux qui ont estim\u00e9 qu&rsquo;il y avait fort peu de pr\u00eatres sauv\u00e9s, quoique de leur temps ils fussent en leur plus grande ferveur ?<\/p>\n<p>\u00ab Toutes ces choses, Monsieur, me font juger qu&rsquo;il est plus convenable \u00e0 ce pauvre enfant de s&rsquo;adonner \u00e0 la profession de son p\u00e8re, que d&rsquo;en entreprendre une si haute et si difficile qu&rsquo;est la n\u00f4tre, dans laquelle la perte semble in\u00e9vitable pour les personnes qui osent y entrer sans \u00eatre appel\u00e9es; et comme je ne vois pas qu&rsquo;il le soit par aucune marque assur\u00e9e, je vous supplie de lui conseiller de travailler pour gagner sa vie et de l&rsquo;exhorter \u00e0 la crainte de Dieu, afin qu&rsquo;il se rende digne de sa mis\u00e9ricorde en ce monde et en l&rsquo;autre. C&rsquo;est le meilleur avis que je lui puisse donner. Je vous prie de vous informer de M. N. de ce que l&rsquo;on dit dans une conf\u00e9rence qui fut faite c\u00e9ans, lorsqu&rsquo;il y \u00e9tait, au sujet d&rsquo;un cur\u00e9 de Bretagne qui a fait un livre o\u00f9 il a mis que les pr\u00eatres vivant comme font aujourd&rsquo;hui la plupart sont les plus grands ennemis qu&rsquo;ait l&rsquo;\u00c9glise de Dieu. 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Il n'est pas conserva\u00adteur malgr\u00e9 les fortes pressions du si\u00e8cle dernier, il n'est pas progres\u00adsiste malgr\u00e9 les sollicitations des ann\u00e9es 70!Tous ceux qui\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Vincent de Paul&quot;","block_context":{"text":"Vincent de Paul","link":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/category\/the-vincentian-family\/founders\/vincent-de-paul\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/vincentiens.org\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/noel_avec_vincent_01-209x300.jpg?resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":52061,"url":"http:\/\/vincentians.com\/fr\/saint-vincent-de-paul-et-sa-mission-sociale-iv-le-saint\/","url_meta":{"origin":106760,"position":4},"title":"Saint Vincent De Paul Et Sa Mission Sociale. 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