Vincent de Paul, Lettre 0016. A Louise De Marillac

Francisco Javier Fernández ChentoÉcrits de Vincent de PaulLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Vincent de Paul .
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Verneuil1, 8 octobre 1627.

Mademoiselle,

Puisque votre bonne demoiselle veut donc que sa charité corporelle présente n’empêche pas la spirituelle à l’avenir et qu’on distribue présentement ce qu’elle vous a baillé2, je vous prie de nous envoyer par M. du Coudray3, présent porteur, la somme de cinquante livres, et me ferez la faveur de l’assurer que Notre-Seigneur lui en rendra bon compte lui-même et que j’ai commencé d’en appliquer quatre, étant en ce lieu, pour faire fondement de la Charité qu’on y établit et où nous trouvons de très grandes nécessités temporelles jointes aux spirituelles, quantité de huguenots qu’il y a, riches, se servant de quelques soulagements qu’ils donnent aux pauvres pour les corrompre, en quoi ils font un mal indicible. Vous nous enverrez de plus quatre chemises et présenterez nos très humbles recommandations à votre bonne demoiselle, s’il vous plaît, et vous ferez la faveur d’assurer votre coeur que, pourvu qu’il honore la sainte tranquillité de celui de Notre-Seigneur en son amour, il lui sera agréable, et que je suis, en ce même amouroe4

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras rue Saint-Victor, au logis où logeait M. Tiron Saint-Priest5.

  1. Près de Creil, dans l’Oise.
  2. Voir lettre 15.
  3. Nous rencontrerons souvent dans la suite le nom de François du Coudray. Né en 1586 dans la ville d’Amiens, ordonné prêtre en septembre 1618, reçu en mars 1626 dans la congrégation de la Mission, dont saint Vincent et Antoine Portail faisaient encore seuls partie, il était doué d’une intelligence peu commune et possédait assez bien l’hébreu pour être jugé capable de faire une nouvelle traduction de la Bible.

    Ce fut lui que le saint choisit pour négocier à Rome l’approbation de la congrégation naissante. Il y resta de 1631 à 1635. Nous le retrouvons ensuite à Paris, d’où il rayonna en divers lieux pour secourir les pauvres, assister les soldats ou donner des missions. Le saint lui confia en 1638 la direction de la maison de Toul, qu’il garda jusqu’en 1641. Il fut rappelé à Saint-Lazare en 1641, passa une partie de l’année 1643 à Marseille, occupé à l’évangélisation des galériens et à la fondation d’un établissement dans cette ville, et alla prendre en 1644 la direction de la maison de La Rose (Lot-et-Garonne) Sa vaste érudition n’était malheureusement pas servie par une science théologique assez solide. Il soutint des opinions plus que hasardées et y persévéra, malgré les avis qui lui furent donnés. Les mesures que saint Vincent dut prendre pour l’empêcher de répandre ses erreurs assombrirent les dernières années de sa vie. De la maison de La Rose, il passa en 1646 dans celle de Richelieu. C’est là qu’il finit ses jours en février 1649, dans sa soixante-troisième année.

  4. M. Pémartin a cru pouvoir se dispenser de répéter au bas de chaque lettre la formule finale et la signature.
  5. Nous empruntons cette suscription à l’Histoire de Mademoiselle Le Gras par la comtesse de Richemont, Paris, 1883, in-8°, p. 46, note 2.

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