Une Semence d’Eternité : Saint Jean-Gabriel Perboyre : Prêtre de la Mission, Martyr, Premier Saint de Chine (01)

Francisco Javier Fernández ChentoJean-Gabriel PerboyreLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean-Yves Ducourneau, cm · Année de la première publication : 1996.
Estimated Reading Time:

« Le temps disparaît comme une ombre légère,
et sans nous en apercevoir, nous arrivons à l’éternité ».
Jean-Gabriel Perboyre…

Étrange souhait que celui de vouloir atteindre à la sainteté… Par le martyre !

Voilà qui laisse rêveur le chrétien qui préfère des sommets moins abrupts et un programme mieux adapté à nos horizons quotidiens. Voilà qui inquiète le soupçonneur de service qui décèle, derrière de tels propos, d’évidents symptômes révélateurs d’une personnalité inquiétante.

Notre frère dans la foi, Jean-Gabriel Perboyre, ne connaissait point les sciences humaines qui n’étaient alors enseignées ni dans l’Université ni dans les séminaires. Il avait lu l’Évangile et pris au sérieux les paroles de Jésus proposant à ses disciples de cheminer à sa suite, croix sur l’épaule et amour dans le cœur. Il avait médité la vie de Paul de Tarse et désiré, comme lui, devenir témoin d’un Seigneur qui nous entraîne à rejoindre la montagne de la Transfiguration. Il avait compris que le baptême l’avait plongé dans la mort du Sauveur pour en rejaillir dans la lumière de la Résurrection, au feu de l’Esprit-Saint. Tel était le catéchisme qu’il avait appris sur les genoux de sa mère, dans la ferme familiale ; telle était la foi que lui transmettait sa terre natale par la voix de son curé et de son oncle Lazariste.

Ce jeune enfant, né en Quercy au lendemain de la Révolution Française recueillait l’héritage d’une Église qui avait surmonté la récente épreuve de la persécution et qui avait courageusement porté la croix de la fidélité chrétienne, jusqu’au martyre ! Évangile et histoire s’unissent sans peine pour imprimer dans le cœur et l’âme de Jean-Gabriel des convictions qui ne peuvent s’effacer. Et voilà que peut commencer l’aventure de la foi, celle des pionniers qui s’aventurent à la rencontre d’un Dieu qui les a séduits pour les entraîner vers les cimes : « Folie aux yeux des hommes, sagesse aux yeux de Dieu ». Notre premier Saint de Chine n’est pas une personnalité à jauger à l’aune de la psychologie mais à juger selon les critères de l’authenticité évangélique. C’est un fou mais un fou de Dieu que l’Église ose reconnaître solennellement comme un saint et proclamer à la face du monde comme un merveilleux exemple d’Évangile vécu.

Sur nos routes d’hommes, les saints sont des compagnons lumineux et des amis fidèles. Nous avons grand besoin de leur présence à nos côtés pour ne point perdre cœur. Sans eux, comment pourrions-nous vivre l’Évangile ? Ils sont l’Évangile vivant et incarné en des existences de chair et de sang. ILs nous révèlent comment les paroles sublimes et exigeantes de Jésus ont retenti chez ceux qui nous ont précédés durant vingt siècles. Sans eux, nous sommes livrés aux paroles d’un message dur à entendre, tant il est rude et sans appel. Leur vie vaut toutes les explications et nous évite les longs tâtonnements. Grâce à eux, nous savons que Dieu n’est point raciste, Lui qui a choisi des hommes et des femmes de toutes races et de tous lieux pour être nos compagnons de temps et d’éternité. Chez eux, il n’est pas de modèle unique et figé : chacun a su capter au diamant de la parole de Dieu le reflet dont il sera à jamais enveloppé, pour la joie de ses frères et sœurs en humanité.

Alors qu’approche le Jubilé de l’an 2000, les prêtres de la Mission fêtent en Jean-Gabriel Perboyre un témoin d’exceptionnel rayonnement puisque son souvenir s’est maintenu en nos humbles villages du Lot tout autant qu’en terre chinoise et en Amérique du Sud. Avec eux, nous rendrons grâce au Seigneur pour cet itinéraire spirituel d’un berger du Quercy devenu, par miséricorde et don gratuit de Dieu, le premier saint de Chine. Étonnante destinée que celle-là et qui réjouit dans sa gloire Saint Vincent de Paul qui veilla du haut du ciel sur celui qui désira appartenir à la même famille religieuse. Les voici réunis tous deux dans la Chapelle de la Rue de Sèvres à Paris. Nul doute qu’ils attireront de nombreux pèlerins curieux de découvrir le secret de leur sainteté qui tient en cette courte phrase : « Aimer comme Jésus aime ».

Il est bon qu’un prêtre de la Congrégation de la Mission retrace l’itinéraire de Jean-Gabriel. Il le fait avec souffle, comme le frère cadet heureux de chanter les louanges de son aîné, en un style coloré et aux accents de nos terres du Sud-Ouest de la France qui n’ont pas oublié qu’elles sont terres de poésie et d’aventures mystiques.

Il nous reste à prendre ce livre dont la lecture nous aidera à mieux comprendre quelle famille est notre Église qui nous accueille, nous accompagne et nous écoute sans perdre de vue le seul but à atteindre ensemble : la sainteté !

Notre Église est l’Église des saints !

† Maurice GAIDON
Évêque du diocèse de Cahors.

La vie est souvent trop courte. Le nombre de nos années parait à nos yeux comme une brise qui passe en caressant le soleil de nos désirs. Celle de Jean-Gabriel PERBOYRE n’a duré que le temps d’un printemps de moisson. Pourtant, c’est ce printemps-là qui porte aujourd’hui des fruits à saisir à pleines mains pour nourrir nos propres vies en quête de Dieu.

« Ma vie a été jusqu’ici si vide, quoique j’aie déjà parcouru la moitié d’une longue carrière ! Ce pèlerinage passe bien vite : hélas ! Combien j’en sais peu user. » Tel est le regard quelque peu surprenant que porte Jean-Gabriel sur la majeure partie de son existence. Cinq ans avant sa condamnation à mort, il nous semble décrire un chemin sans espérance et un temps perdu. La reconnaissance par l’Église de ses vertus témoigne s’il en est besoin, du contraire.

Saint Jean-Gabriel Perboyre devient ainsi un témoin reconnu de l’Évangile du Christ et sa vie, qui peut ressembler sous certains aspects à la nôtre, montre que tout est possible à celui qui se laisse aimer par Dieu.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *