Saint Vincent de Paul ou le realisme de la charité. 1. Avant-propos

Francisco Javier Fernández ChentoVincent de PaulLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Michel Riquet, S.J. · Année de la première publication : 1960.
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Lettre du T.R.P. William-M. Slattery

Mon très Révérend Père,

Vous avez bien voulu me communiquer le manus­crit de votre livre sur saint Vincent de Paul. Je vous en .remercie et je fais des voeux pour le succès de cet ouvrage.

A maintes reprises déjà, vous avez donné des preu­ves de votre admiration pour la personne et pour l’oeuvre du grand saint de la charité. On la retrouve dans les pages que je viens de lire avec beaucoup d’intérêt. Ces pages nous font assister aux prépara­tions providentielles de son oeuvre charitable. Elles caractérisent très heureusement les créations succes­sives destinées à subvenir aux épouvantables .détres­ses du peuple de ce temps. Elles soulignent très exac­tement les dispositions d’âme qui les ont inspirées et qui leur donnent un caractère bien particulier.

Avec raison, mon très Révérend Père, vous avez noté que l’action de Vincent de Paul est à la fois toute surnaturelle et d’un profond réalisme. Surna­turelle, elle l’est à un double titre. Vincent s’efface devant Dieu, dont il respecte l’initiative et à qui il veut laisser toute la gloire du succès. Et dans la conception des oeuvres, comme dans la manière de les promouvoir il fait de l’évangile sa règle souveraine : les enseignements et les exemples de Jésus sont sa ligne de conduite inviolable. En même temps, le paysan de Gascogne, qu’il est resté jusqu’au bout, fait preuve d’un bon sens jamais en défaut. Il observe, il consulte, il réfléchit. Il va droit à l’essentiel ; il tient compte des données de l’expérience et ne s’obstine pas contre son verdict. C’est par là que s’expliquent la fécondité et la durée de ses oeuvres. C’est ce qui leur vaut une permanente actualité sur laquelle vous atti­rez justement l’attention.

Vous gardez un contact continuel avec les sour­ces. Vous renvoyez à tout instant aux conférences et à la correspondance de saint Vincent. Vous utili­sez aussi à l’occasion ce trésor moins exploité qu’est le XIII’ volume de la collection de M. Coste, où se trouvent de si précieux documents. C’est le cas, notamment, pour cet acte notarié du 20 octobre 1611 où nous voyons Messire Vincent de Paul, arrivé à Paris deux ans plus tôt seulement, léguer à l’Hôpital de la Charité la somme de quinze mille livres qui vient de lui être donnée par Messire Jean de la Thane, maître particulier de la Monnaie. Geste inouï, geste héroïque, peut-on dire, de la part de ce jeune prêtre qui vit pauvrement et dont le lendemain n’est pas très assuré. Geste si invraisemblable qu’on le croirait inventé s’il n’était attesté par une pièce officielle. Comme il en dit long sur l’amour du pauvre et du malade en Vincent de Paul.

Notre saint Fondateur avait, vous le savez, mon très Révérend Père, pour la Compagnie de Jésus la plus profonde estime. Il se réjouissait du bien fait dans l’Eglise par ces grands moissonneurs auprès de qui ses missionnaires à lui n’étaient que de pauvres petits glaneurs. Vivant, les éloges d’un Jésuite en renom l’eussent couvert de confusion. Du ciel il sou­rit certainement avec bienveillance à l’auteur d’un livre qui montre en lui un simple instrument de la Providence divine, un instrument, il est vrai, d’une docilité et d’une efficience peu comune.

Encore une fois, mon très Révérend Père, laissez-moi vous dire ma gratitude et celle de la double famille de saint Vincent, et veuillez agréer •l’assurance de mes sentiments bien respectueux en l’amour de Notre Seigneur et de Marie Immaculée.

WILLIAM M. SLATTERY C.M.
Supérieur Général.

Avant-propos

Le but et les dimensions fixés aux volumes de cette collection ne permettent, ni ne comportent de longs développements sur les temps et les lieux qui servi­rent de cadre à la vie de M. Vincent, non plus qu’une discussion critique des questions en litige à son sujet, tel son séjour en Tunisie. Il nous a été seulement demandé de situer sa physionomie et de souligner le réalisme de sa charité en citant le plus possible ses propres paroles et ses écrits. C’est pourquoi nous avons simplifié les références en indiquant seulement le Tome et la page de la monumentale et excellente édition de ses oeuvres par M. Pierre Coste, Saint Vin­cent de Paul, correspondance, entretiens, documents, Paris, 192o-1925, 14 volumes, chez Gabalda.

Nous n’avons pas manqué de consulter les biogra­phies déjà parues celle d’Abelly, La vie du vénérable serviteur de Dieu Vincent de Paul, Paris, 2° édit. 1668 ; jusqu’à celles de Mgrs Calvet, Ménabréa, Daniel Rops, Cogniet, Jean Mauduit et surtout les 3 volumes de M. Pierre Coste, le Grand Saint du Grand Siècle, Monsieur Vincent, Paris, 1932 (Desclée de Brou­wer).

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