Louise de Marillac, Lettre 0034: à Monsieur l’abbé de Vaux

Francisco Javier Fernández ChentoÉcrits de Louise de MarillacLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Louise de Marillac .
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à Angers

De La Chapelle, 21 décembre 1640.

Monsieur,

Je loue Dieu de tout mon cœur de la bénédiction que sa bonté donne au charitable soin que vous avez pour la conduite de nos chères Sœurs. Je me crains toujours un peu de l’apparente simplicité de la Sœur Clémence1; j’espère que Dieu vous fera connaître la véritable disposition de son esprit. J’appréhende aussi la retraite de Madame Terrier dans l’hôpital, pour les raisons que votre charité a remarquées. Mais, Monsieur, n’y aurait-il point moyen de faire fermer la porte de l’allée qui sépare sa chambre de la petite cuisine des Sœurs, puisque dans sa chambre il y a une cheminée; et puis, outre cela, elle aurait la grande cuisine où les filles lavent la vaisselle des pauvres libre pour s’en servir. Car, je crois, Monsieur, qu’il est de grande importance de disposer les Pères à cette accommodation avant que cette bonne femme sorte de la maison où elle est. Je ne sais qui lui donne ce conseil d’en sortir, car je crois qu’elle peut beaucoup rendre de services à Dieu pour le salut des âmes qui y demeurent. Je n’ai aucune souvenance qu’elle m’ait proposé d’y mettre des filles, et encore moins que je lui aie fait espérer que cela se pourrait, puisque je sais bien que nous ne devons pas y penser n’en ayant seulement pas assez pour le service des malades. Je m’étonne que le médecin se plaigne que les filles ne se rendent proche de lui lors ses visites, puisque c’est l’office de Monsieur Nabulo, lequel n’y manque pas je crois, et qui est assez soigneux d’avertir nos Sœurs de la nécessité des malades, néanmoins Monsieur, je vous supplie, très humblement, prendre la peine de leur ordonner tout ce que vous jugerez nécessaire. C’est un grand empêchement aux filles qui ont une si sainte occupation, de vouloir apprendre à lire, quand elles ne le savent pas, et pour ce sujet j’ai quelquefois empêché longtemps cet exercice, même à celles qui savaient un peu lire.

Il est vrai que nos lettres sont un peu retardées, et je crois que la voie la plus prompte et assurée c’est celle de mon fils. Car quoiqu’il ne soit pas à Paris, l’on ne laisse pas de les recevoir au collège des Bons Enfants.

J’abuse de votre patience, je vous supplie me le pardonner et m’honorer de la créance que je suis, Monsieur, votre très humble et obéissante servante.

  1. Clémence Ferré: à Angers de janvier 1640 à avril 1644. Envoyée ensuite à Liancourt, elle sera à Chars en 1657.

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