La Vie de Mademoiselle Le Gras. Livre Quatrième, Chapitre 5

Francisco Javier Fernández ChentoLouise de MarillacLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Monsieur Gobillon, Prêtre, Docteur de la Maison et Société de Sorbonne, Curé de Saint Laurent · Année de la première publication : 1676.
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Voila quel a été l’établissement de la compagnie des filles de la Charité, et de quelle manière cet ouvrage si utile à l’Eglise, après avoir été ébauché pendant plusieurs années, a été mis dans sa dernière perfection. Il ne restait plus pour la gloire de sa Fondatrice, que de recevoir du Ciel la récompense d’une institution si sainte, et de tant de travaux et d’oeuvres de piété, qui avaient fait l’occupation de sa vie. Il y avait longtemps qu’elle était sujette à de grandes infirmités : et dès l’année mille six cent quarante sept, Monsieur Vincent en avait écrit en ces termes à Monsieur Blatiron Supérieur des Prêtres de la Mission à Gènes, Je considère Mademoiselle Le Gras, comme morte naturellement depuis dix ans ; et à la voir, on dirait qu’elle sort du tombeau, tant son corps est débile, et son visage pâle. Mais Dieu sait quelle force d’esprit elle n’a point. Sans les maladies fréquentes qu’elle a, et le respect qu’elle porte à l’obéissance, elle irait souvent d’un côté et d’autre visiter ses filles et travailler avec elles, quoiqu’elle n’ait de vie que celle qu’elle reçoit de la grâce.1On peut dire dans le sentiment de ce grand homme, que la grâce, qui voulait se servir de son ministère pour l’exécution d’un dessein si important, l’a soutenue au milieu de ses infirmités continuelles, jusqu’à ce qu’il fût accompli, et que c’est elle qui lui a donné la force avec le zèle, de s’appliquer infatigablement à des emplois si vastes et si pénibles.

Elle eut une grande maladie en l’année mille six cent cinquante six, et elle manda à Monsieur Vincent qu’elle croyait que c’était une clé pour bientôt sortir du monde, le suppliant comme elle avait besoin d’apprendre à s’y bien préparer, de lui vouloir accorder cette charité, pour ne point faire naufrage au port de sa navigation2. Dieu qui lui destinait une mort précieuse, voulut qu’elle s’y disposa longtemps auparavant, et qu’elle se mit en état de faire avec plus de mérite, cette dernière action qui couronne toutes les autres, après qu’elle en aurait fait plusieurs fois l’apprentissage. Elle en avait fait pendant sa vie le sujet le plus ordinaire de ses oraisons ; et elle avait coutume de consacrer particulièrement le jour de sa naissance, entre les jours de l’année, à cette importante méditation. Dans la croyance qu’elle eut de mourir de cette maladie, elle s’y prépara par tous les exercices de la piété chrétienne. Mais le temps qui devait consommer sa course, n’étant pas encore arrivé; et Dieu voulant lui réserver quelques jours pour augmenter sa gloire, elle revint en convalescence ; et lorsqu’elle en fit savoir la nouvelle à une de ses filles, elle lui marqua qu’elles étaient les dispositions de son âme dans les états différents de se vie, par cette lettre qu’elle lui écrivit.

Il n’a pas plu à sa bonté m’effacer de dessus la terre, quoiqu’il y ait longtemps que je le mérite, il faut attendre l’ordre de sa Providence avec soumission, nous devons tous les jours être en cet état, soit pour la mort de nos proches, soit pour la nôtre, ou pour tous autres événements fâcheux, en sorte que la divine volonté n’ait point sujet de se plaindre que nous n’ayons pas suivi ses ordres.3

Enfin l’année mille six cent soixante finit le cours de sa vie. Elle tomba malade le quatrième Février d’une fluxion sur la bras gauche, avec une grosse fièvre, qui s’augmenta en huit jours avec tant de violence, qu’elle fut obligée de recevoir le saint Viatique et l’Extrême Onction. Lorsqu’on lui administra ce dernier sacrement, elle dit à son fils qui assistait à cette cérémonie avec sa famille, Je prie le Père, le Fils et le Saint Esprit par le pouvoir qu’il a donné aux pères et aux mères de bénir leurs enfants, qu’il vous donne sa bénédiction, et vous détache des choses de la terre, et vous attache à lui. Vivez en bons chrétiens;4 et jetant par après les yeux sur les filles de la Charité, elle leur donna aussi sa bénédiction, et leur recommanda l’amour de leur vocation, et la fidélité au service des pauvres. Il n’y eut point de moyens que l’on n’employât auprès de Dieu, pour lui demander sa guérison. On eût recours aux Reliques des Saints, et on lui apporta une étole de saint Charles, avec une partie du coeur de Saint François de Sales, pour lesquelles elle témoigna beaucoup de vénération. Ayant reçu un peu de soulagement la nuit suivante, on crut que c’était un effet de l’intercession de ces Saints, dont on lui avait fait toucher les Reliques. Elle fut ensuite près de trois semaines sans fièvre et la fluxion diminua.

Mais le neuvième de mars la fièvre la reprit et la gangrène se mit en son bras. Comme elle se vit en cet état, elle demanda le douzième de ce mois de recevoir une seconde fois le pain de vie ; et lorsqu’elle apprit d’une de ses filles que Monsieur le Curé de saint Laurent lui accordait cette grâce pour le lendemain, elle bénit Dieu plusieurs fois, avec des transports de joie et de reconnaissance. Son esprit étant plus libre dans cette seconde communion que dans la première, elle s’en servit pour s’y disposer avec plus d’application. Elle employa tous les moments du jour précédent à s’entretenir de la grandeur de ce mystère, et à exciter dans son coeur les mouvements de piété les plus tendres et les plus sensibles ; et n’en pouvant retenir l’ardeur au dedans d’elle- même, elle les exprimait souvent au dehors, tantôt par des soupirs, tantôt par des paroles affectives ; et on l’entendait dire entr’autres choses par intervalles, durant la nuit, Mon Seigneur, je vous recevrai demain !

Cette âme pure et innocente eut le bonheur de le recevoir le lendemain avec tant de saintes dispositions, dont elle remplie. Elle édifia et attendrit tous les assistants par les sentiments de respect et d’amour qu’elle témoigna dans cette action : et son Pasteur l’exhortant de donner encore sa bénédiction à ses filles, elle leur dit ces paroles, qu’elle leur laissa comme son testament et sa dernière volonté, Mes chères Sœurs, je continue de demander à Dieu pour vous sa bénédiction et le prie qu’il vous fasse la grâce de persévérer en votre vocation pour le servir en la manière qu’il demande de vous. Ayez bien soin du service des pauvres, et surtout de bien vivre ensemble dans une grande union et cordialité, vous aimant les unes les autres, pour imiter l’union et la vie de Notre-Seigneur. Priez bien la Sainte Vierge qu’elle soit votre unique Mère

Elle ajouta qu’elle mourait dans une haute estime de leur vocation, et quand elle vivrait cent ans, qu’elle leur recommanderait toujours la même chose.

Sa maladie ne fut point capable d’interrompre les exercices de sa charité : elle s’informait toujours si on avait bien soin des pauvres de la paroisse, qui étaient en grand nombre, et à qui on distribuait pour lors des aliments dans sa maison, et elle y donnait ses ordres comme si elle eût été en parfaite santé. Il n’y a point de vertu dont elle n’y fit paraître des actions héroïques. Elle donna des marques d’une parfaite pénitence, recevant son mal comme un juste châtiment qu’elle disait avoir mérité, et déclarant publiquement qu‘il était bien raisonnable que là où le péché abonde, le mal y habite ; que Dieu faisait justice en sa personne, et qu’en faisant justice, il faisait miséricorde. Elle fit voir qu’elle était entièrement détachée de la terre, et qu’elle avait un désir ardent de s’unir à Dieu : et une Dame lui demandant si elle ne se réjouissait pas d’aller posséder la gloire du ciel, elle lui fit cette réponse : Ah, c’est une chose qui ne se peut exprimer ! Mais je n’en suis pas digne. Enfin elle conserva toujours l’égalité d’esprit, la douceur, la patience, la soumission à Dieu et les autres vertus qu’elle avait pratiquées dans les différentes épreuves de sa vie.

Une des plus grandes qu’elle eut jamais, fit celle que Dieu, lui envoya dans cette maladie, en la privant de l’assistance de Monsieur Vincent. Il se trouva pour lors dans une si grande infirmité, qu’il ne put pas lui rendre une seule visite : mais comme elle le vit dans l’impuissance de lui rendre à la mort cet office de charité qu’elle avait désiré avec tant de passion, elle lui envoya demander au moins quelques paroles de consolation écrites de sa main : mais l’épreuve fut entière pour sa vertu, ce sage Directeur ne jugea pas à propos de lui accorder cette grâce, et il lui envoya seulement un des prêtres de sa compagnie, avec ordre de lui dire de sa part qu’elle s’en allait devant, et qu’il espérait bientôt la voir dans le Ciel. Quoiqu’il n’y eût rien plus capable de la toucher, que cette privation, elle la reçut avec la modération et une tranquillité extraordinaire, et elle demeura inséparablement unie et attachée au bon plaisir de Dieu.

Depuis le treizième de Mars sa maladie augmenta toujours de plus en plus jusqu’au quinzième. Elle fut visitée en cet état par plusieurs Dames de qualité, avec lesquelles elle avait eu commerce de charité pendant sa vie. Mais il n’y en eut point, dont elle reçut de plus grandes marques d’estime et d’amitié, que de Madame la Duchesse de Ventadour ; qui ayant su l’extrémité où elle était, vint coucher dans la maison de sa Communauté le quatorzième de ce mois, pour l’assister jusqu’à la mort. Ses filles s’acquittèrent de tous les devoirs qu’elles devaient à une personne si chère : et cette Mère charitable craignant qu’elles ne fussent incommodées par l’assiduité qu’elles avaient auprès d’elle, leur dit le Lundi quinzième du mois sur les six heures du matin, qu’elles ne se missent point en peine, et qu’elle les avertirait, quand elle jugerait qu’il serait temps. Monsieur Vincent ne la pouvant aller voir, ni secourir par lui-même, lui envoya de ses Prêtres pour tenir sa place auprès d’elle jusqu’au dernier moment de sa vie.

A mesure qu’elle se sentait affaiblir et approcher de sa fin, elle redoublait les mouvements de sa piété, et elle exprimait les sentiments de son coeur par des paroles des Saintes Ecritures, qu’elle prononçait de temps en temps dans la langue de l’Eglise qu’elle entendait ; tantôt disant avec Job, Misereremini mei, quia manus Domini tetigit me. Ayez compassion de moi, parce que la main du Seigneur m’a touchée (Job. 19) tantôt avec David, Respice in me, et miserere mei, quia unicus et pauper sum ego. Regardez-moi, Seigneur, et ayez pitié de moi, parce que je suis seule et misérable (Ps. 34). Il y eut quelque moment, où son esprit se trouvant agité par la violence de la fièvre, elle dit avec inquiétude, Otez-moi d’ici ; mais elle revint incontinent après à elle-même, et un Prêtre de la Mission lui présentant la Croix, et lui remontrant que JESUS CHRIST n’avait pas demandé d’en sortir, elle répondit : O non, il y est demeuré : et elle dit ensuite, Allons, puisque mon Seigneur m’est venu quérir. Quelque temps après envisageant le jugement de Dieu qui approchait, et étant saisie de frayeur, elle dit ces paroles, O mon Dieu, il faut paraître devant son juge. Mais elle fut consolée par ces sentiments de confiance, que cet Ecclésiastique lui inspira, en lui proposant entre autres choses ce verset du psaume Ad te levavi animam, Deus meus in te confido. J’ai élevé mon âme vers vous, ô mon Dieu ! j’ai confiance en vous. (Ps. 24) Pour faire connaître qu’elle répondait à ses sentiments, elle ajouta tout aussitôt ce qui suit, Non erubescam. Que je ne demeure point confuse dans mon espérance : et à l’exemple de Gorgonie, soeur de Saint Grégoire de Naziance Lors qu’elle était sur le point de quitter ce monde, elle ne parlait que le langage des psaumes. Ses dernières paroles n’étaient autre chose qu’une continuelle psalmodie ; ou pour mieux exprimer ses sentiments; c’étaient de saintes affections, tirées des écritures divines, qui exprimaient la confiance qu’elle avait en Dieu.

Sur les onze heures du matin elle fit lever le tour de son lit pour avertir ses filles, comme elle leur avait promis, que son heure approchait, et elle entra dans l’agonie, qui dura environ une demie heure, pendant laquelle elle eut les yeux perpétuellement élevés au Ciel. Madame de Ventadour qui avait passé une partie de la nuit auprès d’elle, ne l’abandonna point jusqu’au dernier soupir, et elle eut la charité de lui tenir le cierge béni. On fit pour elle les prières de la recommandation de l’âme, qu’elle entendit jusqu’à la fin, y répondant intérieurement par les sentiments de son coeur. Elle donna encore une fois la bénédiction à ses filles qui étaient à genoux autour d’elle, sur la demande que lui en fit un Prêtre de la Mission, et elle reçut par son ministère la bénédiction Apostolique, qu’elle avait obtenue du Pape Innocent X pour elle et pour ses filles à l’article de la mort, par un Bref du vingt quatrième de Septembre mille six cent quarante sept. Elle fit ensuite abaisser le tour de son lit, et demi quart d’heure après elle reposa dans le Seigneur et lui rendit son âme le lundi de la semaine de la Passion, quinzième jour de Mars, entre onze heures et midi, à l’âge de soixante et huit ans. Monsieur le Curé de saint Laurent qui s’était trouvé sur la fin de son agonie, après qu’elle eut expiré, rendit en présence de la compagnie, ce témoignage à sa vertu, dont il avait une parfaite connaissance par la confession générale qu’elle lui avait faite, O la belle âme, qui emporte avec elle la grâce de son baptême !

Son corps fut exposé dans son lit pendant un jour et demi, pour satisfaire au désir de plusieurs Dames, qui voulurent avoir la consolation de la voir encore après sa mort, et lui rendre les derniers témoignages de leur vénération et de leur amour.

Le mercredi suivant, elle fut enterrée dans l’Eglise de saint Laurent, dans la Chapelle de la Visitation de la Sainte Vierge, où elle faisait ordinairement ses dévotions ; et quoiqu’elle eût destiné sa sépulture dans un cimetière proche l’Eglise de saint Lazare, sous le bon plaisir de Monsieur Vincent, il jugea néanmoins plus à propos d’accorder à la prière du Pasteur un dépôt si cher pour sa Paroisse, et de ne pas séparer le corps de la Mère d’avec les cendres des Filles qui l’avaient précédée. On exécuta pour ses funérailles la disposition qu’elle avait faite par son testament, par lequel elle avait ordonné qu’on n’y fit point d’autre dépense, que celle que l’on fait pour la sépulture de ses filles ; protestant que si on en usait d’une autre manière, ce serait la déclarer indigne de paraître morte en vraie soeur de la Charité et servante des membres de JESUS CHRIST, quoiqu’elle n’estimât rien de plus glorieux pour elle, que cette qualité. Comme elle avait recommandé que l’on mit près de son tombeau une croix, avec cette devise Spes Unica; on en attacha une vis à vis, au mur de la Chapelle, et on la plaça au dehors du coté du cimetière proche le lieu de la sépulture de ses filles, pour servir comme d’une marque et d’une devise commune à tous leurs tombeaux. Monsieur Vincent lui fit faire quelques jours après, un service solennel à saint Lazare, où assistèrent avec sa Communauté, ceux qui y étaient pour lors en retraite pour se préparer à recevoir les Ordres ; et il lui fit rendre cette reconnaissance publique, son seulement de la part qu’elle avait prise dans les desseins de la Mission, par le secours des pauvres ; mais encore du zèle particulier qu’elle avait eu pour la réformation du Clergé, ayant coutume pendant sa vie d’offrir des communions et des prières dans les temps prescrits pour les ordinations, pour demander à Dieu de fidèles ouvriers, et ayant ordonné par son testament que cet usage de piété soit continué dans sa compagnie.

On ne peut pas souhaiter une marque plus grande de son bonheur, que la charité, dont elle a fait profession toute sa vie, et dans laquelle elle a persévéré jusqu’à la mort. C’est cette vertu, qui fait les Saints, et qui selon le sentiment de l’Apôtre, est un don plus excellent que la grâce des miracles. Cependant il semble que Dieu ne se contente pas d’avoir fait connaître le mérite de cette Servante fidèle, par tant de biens qu’il a opérés par son ministère ; mais qu’il a même quelque dessein de se déclarer, par des preuves sensibles, sur le jugement qu’il a prononcé à sa mort ; et qu’il veut découvrir sa gloire par des effets extraordinaires qu’il fait paraître à son tombeau. Il en sort de temps en temps comme une douce vapeur qui répand une odeur semblable à celle de la violette et de l’iris, dont il y a grand nombre de personnes, qui peuvent rendre témoignage ; et ce qui est de plus surprenant, c’est que les Filles de la Charité qui viennent faire leurs prières sur son tombeau, s’en retournent quelquefois si parfumées de cette odeur, qu’elles la portent avec elles aux soeurs malades dans l’infirmerie de la maison. J’y pourrais ajouter le témoignage de l’expérience que j’en ai faite plusieurs fois, s’il était de quelque considération en cette rencontre ; et je pourrais dire qu’après avoir pris toutes les précautions possibles pour examiner, si ce n’est point un effet de quelque cause naturelle, je n’en ai pu découvrir aucune, à laquelle on le puisse attribuer. Mais de quelque qualité que soit l’odeur qui s’élève du sépulcre de cette Servante des pauvres, il en sort une toute spirituelle des exemples de sa vie, plus précieuse que tous les parfums, qui est un ouvrage miraculeux de la grâce, et la marque la plus glorieuse de sa sainteté : c’est ce véritable parfum, qui pénètre le coeur de ses filles, et qui leur est un attrait si doux et si puissant pour les engager à son imitation. C’est ce parfum qui embaume toutes les Paroisses et tous les Pasteurs, pour leur inspirer l’amour et le soin des pauvres. C’est enfin ce parfum qui ne s’est pas seulement répandu sur la terre dans l’Eglise de Dieu, mais qui a monté jusqu’à son trône, et qu’il a reçu comme un agréable sacrifice.

Fin du quatrième Livre


I H S

  1. Coste III.256 ou Doc. 506
  2. Coste V. 454 ou Ecrits 487 (troisième paragraphe)
  3. Ecrits. 505 (début de la lettre)
  4. cf. testament de Louise de Marillac Doc. 992

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