La Congrégation de la Mission en Portugal (IV-C)

Francisco Javier Fernández ChentoHistoire de la Congrégation de la MissionLeave a Comment

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asd6. Lisbonne ; Rego Église; refuge. 1862.

Sur les catalogues imprimés du personnel et des établis­sements de la Congrégation de la Mission, on trouve men­tionnée aux années 1875 et 1876, la maison du Rego, rési­dence de deux missionnaires, MM. Gonçalves (Joseph) et Henriquez (Dominique), avec cette indication des oeuvres s Église et Refuge », et la date de 1862 comme début de l’établissement. Le Rego est une localité de la banlieue de Lisbonne, entre Bemfica et Arroios.

Là se trouve un ancien couvent devenu un refuge de Servites, dont le P. Henriquez fut le directeur et le chape­lain. Plus tard une personne charitable qui le logeait lui donna la maison voisine où il habitait.

Il légua cette maison à la Congrégation, et M. Miel fit quelques acquisitions d’immeubles voisins. En 1902, les Servites furent transférées dans un autre monastère et le gouvernement fit de leur maison un grand hôpital pour les tuberculeux (1906).

Actuellement, il y a au Rego deux maisons contiguës où sont établies les soeurs de Charité : 1° hôpital d’enfants et 2° école gratuite externe paroissiale (quatre-vingts élèves) et ouvroir (trente jeunes filles). Elles appartiennent à la Congrégation de la Mission. Celle qui sert pour l’école a été payée, par M. Miel, 25 000 francs.

L’hôpital est à la charge d’une association charitable; l’autre oeuvre est à la charge des soeurs qui trouvent les ressources qui leur sont nécessaires.

 

7. Santa-Quiteria, près Felgueiras

Collége; mission. 1868.

M. Bernard Pader, prêtre de la Mission, qui fut envoyé pour prendre la direction de cette oeuvre, écrivait le 16 septembre ‘1868 : « J’ai quitté Dax pour une nouvelle maison qui s’offrait en Portugal. Je me suis embarqué à Bordeaux, et après un séjour à Lisbonne, je suis parti pour Santa­Quiteria, chapelle de la paroisse de Margaride, concelho de Felgueiras, districto de Braga, diocèse de Braga. J’y suis depuis le io de ce mois.

« Voici ce que c’est : Un bon prêtre, âgé aujourd’hui de cinquante ans, habitué à faire des missions, et cela avec fruit et grande édification, a fait construire une maison sur un plan assez vaste, près de la chapelle de Santa-Quiteria. Son intention était de la donner avec le mobilier et quel­ques terres qui lui appartiennent à des prêtres mission­naires.

« Il s’est adressé à notre Congrégation ; elle a accepté, et je suis ici, en compagnie du fondateur, aujourd’hui notre confrère, de M. Gonçalves et de deux postulants. Quelques prêtres qui accompagnaient parfois en mission M. Joaquin Jose Alvarez de Moura (c’est le nom du fondateur) ont demandé à entrer dans notre congrégation. » M. Pader Bernard, originaire du diocèse d’Auch, en France, mis­sionnaire très distingué et très sage, mourut à Santa­Quiteria en 1871.

L’oeuvre n’avait pas tardé à prospérer. De renseigne­ments donnés huit ans plus tard, nous détachons ces quel­ques lignes :

«Cet établissement est un collège auquel est annexé un pèlerinage de sauta Quiteria, martyre portugaise dont la légende est très extraordinaire et à laquelle on a grande dévotion dans le pays. Le P. Joaquin Alvarès de Moura (né en 1815, reçu dans la Congrégation en 1868), saint et digne prêtre, qui est maintenant notre confrère, en nous donnant la maison qu’il avait à côté du pèlerinage, a fait donner aussi le pèlerinage, non quant à la propriété, car l’église et le terrain d’alentour appartiennent à une confré­rie, mais seulement quant au service de l’église où l’on doit dire chaque jour la messe et entendre les confessions des pèlerins.

Ces confessions sont nombreuses ; et il ne se passe pas de jour que le supérieur et les autres prêtres de la Mission n’aient du monde à entendre, et souvent ils en ont beau­coup.

«Quant au collège, il est situé sur la même montagne que l’église et à quelques centaines de pas, dans une posi­tion magnifique et avec un climat tempéré et un air excel­lent. Bien qu’il soit un peu isolé et qu’il faille aller chercher un peu loin les provisions, cependant comme il y a de bonnes routes, ce n’est pas une difficulté. Ce collège est déjà en grande réputation, et il fait recevoir d’emblée aux examens, qui, pour les carrières libérales, remplacent le baccalauréat, autant d’élèves qu’il en présente. Aussi, ayant commencé en 1868, avec sept ou huit élèves, maintenant (1874) il en a quatre-vingt-douze, et il en aurait davantage, si on pouvait les loger.

« Tous ces élèves, à l’exception de deux, paient une pen­sion de 500 francs, non compris les cours accessoires, et il n’y a que des pensionnaires. Cela explique comment M. Varet, le supérieur, a pu déjà, avec ces seules ressources, agrandir la maison de plus du double et sans faire de dettes ; car bien qu’il soit encore en train de faire construire toute une grande aile de bâtiment, payant toujours comp­tant les ouvriers et les matériaux, loin d’avoir des dettes, il lui reste encore des ressources par devers lui. A la rentrée, il pourra recevoir plus de cent élèves. On pourra alors compléter le plan du collège qui fera un carré parfait et sera un établissement magnifique. La situation maté­rielle est bonne ; il en est de même de la situation morale. La confiance publique est acquise à cet établissement. Les élèves ont un très bon esprit, et pour la piété comme pour la conduite, ils pourraient soutenir la comparaison avec nos meilleurs petits séminaires. » Une partie du terrain actuel fut achetée par M. Varet.

Le vénéré fondateur de l’oeuvre, Joaquim Alvarez de Mou ra, mourut en 1881. Par son testament, il léguait tous ses biens à la Congrégation de la Mission.

On songea alors, dans le désir sans doute de voir pros­pérer l’oeuvre des missions, à passer l’oeuvre du collège à des prêtres séculiers, afin que tout le personnel pût se consacrer à la prédication. Le Supérieur général, M. Fiat, dans sa circulaire du in, janvier 1879, mentionna cette transformation de l’établissement ; elle ne s’accomplit cependant que d’une manière transitoire. On reprit presque aussitôt la direction du collège,- et depuis il a continué à donner de consolants résultats. On y a joint une école apostolique pour la Congrégation ; un bâtiment spécial lui est réservé. Cette école s’alimente évidemment grâce au collège ; les plus jeunes élèves de l’école suivent les cours du collège ; pour les cours plus élevés, il vont étudier à la maison du visiteur à Lisbonne.

Il y a aujourd’hui une centaine d’élèves au collège (1905). En 1886, M. Fragues fit construire la façade du collège, et, en 1895, eut lieu l’inauguration d’une conduite d’eau pota­ble venant d’une source très abondante, située à 4 kilomè­tres de Santa-Quiteria.

Les missions ont été inaugurées avec grand succès (1906). La chapelle de la confrérie est très fréquentée ; les habi­tants des paroisses voisines y viennent en grand nombre chaque dimanche..

Les Filles de la Charité ont aussi à Santa-Quiteria des oeuvres florissantes et prêtent leur concours généreux et dévoué aux missionnaires. Voici quelques chiffres sur les diverses oeuvres : Enfants de Marie, 56o ; Mères chrétien­nes, 400; Œuvre de Saint-Joseph pour les hommes, 35o.

Voici la liste des supérieurs de la maison de Santa­Quiteria :

MM. PARER (Bernard), 3 juillet 1868 ;

VARET (Pierre), 27 février 1871 ;

ALVAREZ DE MOURA (Joachim), 27 mars 1877 ;

RivikaE (Albert), I I avril 1882 : FRAGUES (Alfred), 17 septembre 1883. LEITAO (Pierre), 5 octobre 1897.

 

8. Torres Vedras

Collège Saint-Joseph. 1873.

Torres Vedras est une ville de cinq mille habitants appar­tenant au district de Lisbonne et située à 40 kilomètres de cette capitale.C’est le chef-lieu d’un concelho ou arrondissement ; il y a une station du chemin de fer allant de Lisbonne à Figueira da Foz. La ville était jadis fortifiée ; elle est à 15 kilomètres de la mer.

Voici quelles furent l’origine et la succession des événe­ments du collège Saint-Joseph de Torres Vedras durant sa courte existence.

Le digne religieux de l’ordre de Saint-François, le P. Au­gustin de l’Annonciation, celui-là même qui avait appelé les prêtres de la Mission à Saint-Fiel, ayant reçu des fonds pour établir un collège à Torres Vedras, loua, avec promesse de vente au bout de vingt ans, un ancien couvent qui apparte­nait à un particulier de cette ville et qui ne pouvait pas être vendu immédiatement. C’était une maison délabrée, et qui, sauf une seule pièce où se réunissaient les francs-maçons, n’avait plus ni portes, ni fenêtres. Lorsqu’il en prit posses­sion, le P. Augustin fit arranger tant bien que mal le pre­mier étage, le seul existant et laissa le rez-de chaussée tel qu’il le trouvait, entièrement dégradé et inhabitable. Ce premier étage était d’ailleurs peu propre à l’établissement d’un collège ; car, à l’exception d’une pièce transformée en dortoir, le reste consistait dans un très large corridor sur lequel donnaient de chaque côté de très petites chambres, anciennes cellules des religieux. Les élèves n’avaient d’autre lieu de récréation qu’une terrasse exposée à la pluie et au soleil.

Le collège ainsi établi par le P. Augustin avec le con­cours de son neveu, prêtre séculier, le P. Sébastien, et de deux professeurs laïques, ne prospérait point ; on y faisait des dettes.

Ce fut alors que le P. Augustin voulut y appeler les prêtres de la Mission, avec l’assentiment de son neveu. On refusa d’abord, et il est bien regrettable qu’on n’ait pas persévéré dans ce refus. On accepta enfin. C’était en 1872.

C’est M. Roume, prêtre de la Mission, qui fut envoyé, quand on prit l’oeuvre pour la diriger momentanément. Bientôt après, comme les lazaristes allemands étaient bannis de leur pays par les lois du Kulturkampf, le supérieur général, M. Étienne, envoya trois d’entre eux, MM. Du- plan, Schmitz et Franzen, avec quatre frères coadjuteurs, pour aller travailler au collège de Torres Vedras. M. Du- plan fut nommé supérieur (octobre 1873).Chacun y mit sa bonne volonté. M. Duplan jouait de l’harmonium et faisait chanter les enfants; cela faisait plaisir, et bientôt l’autorité militaire conduisit les soldats assister chaque dimanche à la messe à la chapelle du collège. Les élèves aimaient les prêtres lazaristes.

Mais les conditions de la vie matérielle étaient difficiles. En 1774, quand eut lieu la visite du missionnaire envoyé de Paris (M. Nicolle), il y avait au collège de Torres-Vedras une trentaine d’élèves sur lesquels dix ou douze admis gra­tuitement.

Le P. Augustin, pour assurer l’oeuvre, voulait donner une somme d’argent avec la maison et aussi une propriété lais­sée par une dame Fatella pour soutenir cette bonne oeuvre. Mais il mourut sans avoir pris aucune disposition, et presque subitement ([8 mars 1874) : tout passait à son neveu don Sébastien. qui n’avait nullement les mêmes intentions.

Les prêtres de la Mission ont quitté le collège de Torres Vedras au mois d’août 1874. Ils sont allés s’installer à Lis­bonne (Marville), où la plupart de leurs anciens élèves de Torres Vedras les ont suivis.

On été successivement à la tête de cet établissement : MM. ROUPIE (Eugène) ; 1872.

DUPLAN (Charles), supérieur ; 6 novembre 1873.

 

9. Marville Collège. 1873.

Marville est un hameau dans la banlieue de Lisbonne, au nord-est du centre de la ville, et à 4 ou 5 kilomètres environ de ce centre, non loin des bords du Tage et de la station Poço do Bispo du chemin de fer de l’Est. Les tram­ways conduisent aussi de Lisbonne à Poço do Bispo.

Cette propriété fut achetée vers 1870, par M. Miel à la soeur Revel. Les soeurs portugaises avaient là une petite maison et une propriété. M. Miel l’a agrandie; il en avait fait la maison de campagne de Saint-Louis.

Quand on a fermé la maison de Torres Vedras, on a in­stallé le collège à Marville; c’était en 1873. A cette époque aussi commença la maîtrise.

En 1882, il fallut reprendre la direction du collège de Santa-Quiteria : on y transporta le personnel de la maison de Marville qui est actuellement (1905) occupée par des locataires.

Ont été successivement supérieurs de la maison de Mar- ville, MM. :

DUPLAN (Charles), 1874;

BOUQUIER (François), 1875 ;

VARET (Pierre), 27 mars 1877;

PRÉVOT (Léàn-Xavier), 1881.

 

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