Jean-Gabriel Perboyre, Lettre 056. A son Oncle, à Montauban

Francisco Javier Fernández ChentoÉcrits de Jean-Gabriel PerboyreLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean-Gabriel Perboyre .
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[Paris, février 1835]

Mon cher oncle,

J’ai une grande nouvelle à vous annoncer. Le bon Dieu vient de me favoriser d’une grâce bien précieuse et dont j’étais bien indigne. Quand il daigna me donner la vocation pour l’état ecclésiastique, le principal motif qui me détermina à répondre à sa voix fut l’espoir de pouvoir prêcher aux infidèles la bonne nouvelle du salut. Depuis, je n’avais jamais tout à fait perdu de vue cette perspective, et l’idée des missions de Chine surtout a toujours fait palpiter mon cœur. Eh bien ! mon cher oncle, mes vœux sont aujourd’hui enfin exaucés. Ce fut le jour de la Purification que me fut accordée la mission pour la Chine, ce qui me fait croire que, dans cette affaire, je dois- beaucoup à la sainte Vierge. Aidez-moi, s’il vous plaît, à la remercier et à la prier de remercier Notre-Seigneur pour moi. Je vais donc partir avec deux de nos jeunes confrères[note]MM. Joseph Gabet, prêtre, et Joseph Perry, diacre.[/note] et plusieurs prêtres des Missions Etrangères[note]PP. Louis Delamare, Jean Gauthier, Dominique Lefèbvre, Joseph Callery et Joseph Renier.[/note].

Nous devons nous embarquer au Havre, vers le 10 du mois de mars, peut-être quelques jours plus tard. Je tâcherai de vous écrire encore un petit mot avant mon départ ; je ne puis vous exprimer combien je me sens heureux d’une si admirable vocation. Je ne doute pas que vous m’en félicitiez vous-même. J’espère que vous aurez la bonté de prier sans cesse pour moi, afin que Dieu daigne m’accorder les grâces dont j’ai besoin pour faire une traversée heureuse, pour vivre, souffrir et mourir en vrai missionnaire. Je viens d’écrire à mes parents : j’espère qu’ils sauront faire leur sacrifice en bons chrétiens. Vous voudrez bien, quand l’occasion s’en présentera, les consoler et les aider de vos bons conseils…

Lettre 56. — Vauris, op. cit. p. 128.

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