Jean-Gabriel Perboyre, Lettre 050. A son Oncle, à Montauban

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Auteur: Jean-Gabriel Perboyre .
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Mon très cher oncle,

Il paraît que l’œuvre de la Miséricorde a bien avancé depuis un mois où tout était encore à faire. Il est vrai, rien n’est actif comme la charité.

La Sœur Boulet1 que je viens de voir n’a pu rien promettre et le Conseil ne peut rien décider avant qu’on ait reçu des renseignements plus positifs et un rapport bien circonstancié de la Sœur Pujol. La Communauté ne se chargera pas de cet établissement, s’il n’y faut pas plus de trois sœurs, et ce n’est pas tout de suite qu’on pourrait vous en donner. Evidemment il n’y a pas une année écoulée depuis le mois de décembre jusqu’au mois de juillet.

On vient d’envoyer une nouvelle colonie de sœurs dans le Piémont. On va prendre aussi à Saint-Etienne un second établissement plus considérable que le premier.

Je ne serai pas fâché de voir nos chères sœurs se multiplier à Montauban : tant de raisons m’attachent à ce pays !

J’ai entendu dire plusieurs fois que le diocèse de Montauban regrettait les Lazaristes, et je sais que Mgr de Trélissac a exprimé des regrets personnels. Peut-être a-t-on eu l’envie d’offrir de nouveau la direction du séminaire à la Congrégation, qui, on le sent bien, ne fera pas d’avances d’elle-même, et a-t-on été arrêté par la pensée qu’elle serait encore trop indisposée à cause du traitement qu’elle avait éprouvé ? Si vous en trouviez l’occasion, vous pourriez détruire prudemment cette idée et assurer que la Congrégation sait bien que l’Administration actuelle n’est point solidaire pour les actes de la précédente. Si donc on avait besoin et envie de nos services, on n’aurait qu’à s’adresser à M. le Général avec la même confiance que si rien n’eût [été] jusqu’ici. Du reste nous n’avons pas besoin, quant à nous, de chercher des établissements ; car, outre que ce n’est point là la méthode des enfants de saint Vincent, on nous a proposé, cette année, plusieurs séminaires, qui n’ont pas été acceptés à cause des besoins urgents de nos missions, qui vont recevoir de nombreux renforts. En attendant les sujets se forment et mûrissent pour l’avenir. La bonté de notre séminaire interne et les excellentes dispositions dont sont animés les jeunes confrères déjà en exercice promettent à la Congrégation des ressources qui la mettront de plus en plus à même de parcourir une carrière honorable et utile à l’Eglise.

L’affaire de M. Gratacap est enfin terminée et d’une manière aussi satisfaisante qu’on pouvait l’attendre.

Je profiterai d’un départ de Sœurs, qui n’aura lieu que dans le courant de la semaine prochaine, pour vous envoyer deux cents médailles. Il y en a cent pour M. Gratacap. Je vous prie tous les deux de vouloir bien acquitter chacun dix messes à mon intention ; et si vous avez la charité d’y joindre un petit memento pour moi, vous serez plus que quittes.

Je vous enverrai avec les médailles une notice imprimée sur leur origine, et la lettre pastorale de Mgr l’Archevêque pour la publication du compte relatif à la châsse de saint Vincent de Paul. Quand la relation des miracles sera imprimée, je vous en enverrai aussi quelques exemplaires.

MM. Mouly et Danicourt, qui étaient partis pour la Chine à la fin de septembre, sont arrivés à Batavia au commencement de février bien portants. Nous n’avons pas encore de nouvelles de M. Baldus qui est parti au mois de mars.

On vient d’acheter un riche cabinet de physique pour notre collège de Constantinople.

Mon cousin de Montdidier viendra encore cette année passer les vacances à Paris pour se perfectionner dans la partie qu’il professe.

M. le Général, M. Boullangier, etc., vous font bien des compliments. Je prie d’offrir mes respects à M. Gratacap et d’agréer vous-même l’hommage de ceux avec lesquels je suis votre très affectionné et obéissant neveu,

Perboyre ind. p. d. l. m.

Paris, 15 juillet 1834.

Lettre 50. — Maison-Mère, original 41.
  1. Sœur Marie Boulet, Fille de la Charité, Supérieure de la Compagnie de 1833 à 1839.

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