Jean-Gabriel Perboyre, Lettre 038. A son Oncle, à Montauban

Francisco Javier Fernández ChentoÉcrits de Jean-Gabriel PerboyreLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean-Gabriel Perboyre · La source : Lettre 38. — Maison-Mère, original 29..
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Paris, le 23 août 1833

Mon très cher oncle,

Il y a plus d’un mois que je m’étais proposé de vous écrire mais j’ai différé jusqu’à ce moment pour profiter de l’occasion que m’offre M. le supérieur du séminaire de Montauban. M. Tuffeau a bien voulu passer chez nous en arrivant à Paris. Il est encore revenu nous voir. Il nous a donné des nouvelles de la santé de notre cher oncle dont il nous a beaucoup parlé. Nous avons appris avec plaisir que l’établissement de M. Gratacap prospérait de plus en plus. Veuillez bien lui présenter mes respects.

Ma sœur et ma cousine vont toujours parfaitement ; Jacques se porte bien. Mon cousin Gabriel passe ici ses vacances. Il étudie l’histoire naturelle avec grande activité et grands succès. Je l’aime beaucoup, cela va sans dire.

Si vous n’avez pas encore reçu, vous ne tarderez pas à recevoir une lettre qu’il vous a écrite dernièrement.

Il n’y a rien de nouveau dans notre maison de Paris.

Un prêtre, un séminariste et un frère viennent de partir pour la Syrie. Ils doivent joindre M. Poussou1 à Tripoli. Deux prêtres sont sur le point de s’embarquer pour la Chine. Ce sont MM. Mouly2 de Figeac et Danicourt3, picard : ce dernier très habile emporte une presse pour lithographier l’écriture et les images. On pourra par-là propager plus facilement l’instruction et épargner les énormes dépenses qu’on était obligé de faire pour imprimer de simples catéchismes.

Dans un mois un autre confrère partira pour Constantinople ; au printemps d’autres pour la Syrie, où la foi catholique fait de grands progrès. Ceux qui partent sont au comble de la joie. Ceux qui restent ne se consolent que par l’espoir de les suivre plus tard.

On va envoyer plusieurs confrères à Montolieu. M. Vivier doit y être supérieur. Si, en passant par Montauban, il leur est possible d’aller vous voir, je pense qu’ils n’y manqueront pas.

Si par hasard vous aviez d’anciens cahiers relatifs à la Congrégation, comme coutumiers, règlements, circulaires, etc., je vous prierais de vouloir bien m’en faire cadeau. Dans ma position où j’ai besoin de tant de grâces, je réclame vos bons avis. Vous connaissez mes grands défauts et mes grandes obligations. Mon frère, ma sœur, mon cousin et ma cousine se joignent à moi pour vous embrasser très respectueusement.

J.G. Perboyre i. p. d. l. m.

Et le jeune homme que vous aviez proposé pour frère, où en est-il ?

  1. Poussou (Marc-Antoine), C.M., prêtre, né à Sainte-Victoire, diocèse de Cahors, le 2 juin 1794 ; reçu au séminaire à Paris le 26 mars 1818 ; fit les vœux le 21 novembre 1822. Préfet apostolique en Syrie, Visiteur extraordinaire en Chine et en Abyssinie, longtemps premier Assistant de la Congrégation. Décédé à Paris le 19 octobre 1860.
  2. Mouly (Joseph-Martial), C.M., évêque, né à Figeac, Lot, le 2 août 1807 ; reçu au séminaire à Paris le 18 octobre 1825 ; y fit les vœux le 19 octobre 1827 ; ordonné prêtre à Amiens le 2 avril 1831. Arrivé à Macao le 14 juin 1834 et en Mongolie le 2 juillet 1835, comme supérieur de la mission française. Elu évêque de Fussulan et premier vicaire apostolique de Mongolie le 23 août 1840 ; sacré à Hong-keou-tze (Chan-si) le 25 juillet 1842 ; nommé administrateur du diocèse de Pékin le 28 avril 1846 ; vicaire apostolique du Tche-li nord en 1856. Décédé à Pékin le 4 décembre 1868.
  3. Danicourt (François-Xavier-Timothée), C.M., évêque, né à Authies-lès-Doullens, Somme, le 18 mars 1806 ; reçu au séminaire à Paris le 8 septembre 1828 ; fit les vœux à Montdidier le 27 septembre 1830 ; ordonné prêtre à Amiens le 24 septembre 1831. Arrivé à Macao le 14 juin 1834 ; professeur au séminaire des Lazaristes de Macao ; le 7 mai 1842 il se rendit à l’archipel Tchou-san, d’où il partit pour Ning-po le 18 juillet 1846. Elu évêque d’Antiphelle et vicaire apostolique du Tché-kiang le 22 décembre 1850, sacré à Ning-po le 7 septembre 1851 ; transféré au Kiang-si en 1854. En 1859 il fut chargé de ramener en France le corps du Vénérable Perboyre ; décédé à Paris le 2 février 1860.

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