Jean-Gabriel Perboyre, Lettre 032. A son Père

Francisco Javier Fernández ChentoÉcrits de Jean-Gabriel PerboyreLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean-Gabriel Perboyre · La source : Lettre 32. — Maison-Mère, original 24..
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Mon très cher Père,

Par la lettre que j’écrivis à ma sœur aussitôt après mon arrivée à Paris, vous avez vu que j’avais changé de domicile. Je n’eus pas le temps de vous écrire avant mon départ de Saint-Flour. Mon nouvel emploi est plus favorable que l’ancien à ma santé qui va assez bien maintenant. Jacques ne se porte pas mal non plus, et vous ne devez avoir aucune inquiétude sur lui ni sur moi. J’ai appris par une lettre de ma sœur Antoinette que vous vous portiez bien ; ne vous refusez pas les ménagements que votre âge demande ; la santé vous est nécessaire pour diriger les affaires temporelles de la famille et penser sérieusement aux affaires spirituelles de votre conscience dont il importe par-dessus tout que vous soyez prêt à rendre compte à Dieu quand il jugera à propos de vous appeler à lui.

Antoinette est très contente à Cahors et j’ai su qu’on était aussi fort content d’elle ; ainsi tout ira bien. Je ne doute pas, mon très cher père, que vous ne fassiez de bon cœur les sacrifices qu’elle vous occasionnera pour les frais du trousseau et du voyage. Pour régler la dot, il vous faut exposer votre position à M. le supérieur du séminaire qui aura la bonté d’arranger le tout pour le mieux avec la supérieure de l’hôpital. Dans ce moment il m’est impossible de vous aider quoique je sente que vous puissiez en avoir besoin. Allons, mettons notre confiance dans la Providence de Dieu et prions-le de venir à notre secours.

Mon frère va être du tirage, n’ayons pas trop de soucis ; s’il tombe au sort, il faudra lui acheter un homme, à moins qu’il n’ait des raisons pour être réformé, mais il faut bien se garder d’avoir recours à de mauvaises ruses, pour le faire exempter. Vous pourriez voir avec mon Oncle Louis s’il conviendrait de se cotiser avec d’autres avant le tirage. Peu nous importe de devenir pauvres si nous vivons dans la grâce du Seigneur.

Veuillez dire bien des choses à ma sœur aînée et à mon beau-frère1 dont je ne connais pas encore le nom, et présenter mes respects à M. le Curé de Catus, à M. le Curé de Mongesty, à tous mes oncles et mes tantes, etc.

Jacques s’unit à moi pour vous embrasser ainsi que notre chère mère, notre frère et nos sœurs.

Je suis avec l’attachement le plus respectueux, mon cher père, votre très humble et très soumis fils,

J.G. Perboyre

Paris, le 12 janvier 1833.

  1. Jeanne Perboyre (voir Lettre 1, note 1, p. 2) avait épousé M. Lavernhe, de Labastidette-Haute.

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