Jean-Gabriel Perboyre, Lettre 012. A son Frère Louis, à Paris

Francisco Javier Fernández ChentoÉcrits de Jean-Gabriel PerboyreLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean-Gabriel Perboyre, · La source : Lettre 12. — Maison-Mère, original 9..
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Saint-Flour, le 11 juillet 1828.

Mon cher frère,

La grâce de N. S. soit toujours avec nous.

Je vous écris après dix heures du soir. Je fais monter la garde dans ma chambre à deux petits intrépides qui après avoir troublé le repos des autres, m’empêchent d’aller prendre le mien. Je profite donc de ce moment pour répondre à votre dernière lettre.

Après avoir présenté mes respects à M. Lego1, dites-lui que la date de ma naissance est le six janvier 1802. Au reste j’ai laissé mon extrait de naissance entre les mains de M. Boulangier ; vous pourrez vérifier. Je me vois dans ma 27e année ; hélas ! dans ma vie passée, quel vide affreux pour l’éternité !

J’ai déjà reçu deux bulletins de Jacou ; ils sont très satisfaisants sous tous les rapports, il est un des premiers de sa classe, Il y a longtemps qu’il ne m’a pas écrit lui-même. Quant aux dispositions à faire pour assurer sa vocation, j’ignore quelle conduite je dois tenir. Ainsi jusqu’à ce que j’y voie plus clair, je m’abstiendrai de toute démarche par rapport à notre cher frère. Pour vous si vous avez là-dessus des lumières particulières, agissez en conséquence.

Il me semble que vous pourriez ménager un peu plus notre oncle. Ce n’est pas que je veuille charger personne pour le justifier, mais au moins ne insultes miseris. Vous savez du reste que selon l’esprit de saint Vincent nous ne devons pas prendre la défense de nos parents, mais bien nous réjouir d’être humiliés, soit en nous-mêmes, soit en ceux qui nous touchent par les liens du sang ou de la religion.

Vous ne m’avez donné aucun détail sur la maison de Paris. Vous ne doutez cependant pas que je ne prisse beaucoup d’intérêt à toutes les nouvelles que je recevrais sur notre mère commune.

Faites agréer mon profond respect à notre très honoré Père. Veuillez aussi être l’interprète de mes sentiments auprès de M. Boulangier, de M. Lemboley2 et de tous nos confrères.

Et vous, croyez-moi pour la vie, votre tout dévoué frère,

J.G. Perboyre ind. ptre d. l. m.

P. S. — M. Touvre m’avait écrit avant de partir de Moissac. Je n’ai su où lui adresser une réponse. Si par hasard il se trouvait à Paris, assurez-lui mon éternelle amitié.

  1. Le Go (Pierre), C.M., prêtre, né à Ruillé-en-Champagne, diocèse du Mans, le 10 octobre 1767, reçu au séminaire à Paris le 17 novembre 1787, y a fait les vœux le 8 décembre 1791, décédé à Paris le 14 août 1847. Assistant général. (Coste, op. cit. p. 368).
  2. Lamboley (Charles-François), C.M., prêtre, né à Saint-Barthélemy, diocèse de Besançon, le 22 juin 1763 ; reçu au séminaire à Paris le 15 juillet 1780 ; y a fait les vœux le 10 août 1782. Professeur de théologie à Poitiers. Emigré en Espagne, à Barcelone, pendant la Révolution. Supérieur du petit séminaire de Soissons en 1816. Décédé à Paris le 18 février 1847.

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