Histoire générale de la Congrégation de la Mission (39)

Francisco Javier Fernández ChentoHistoire de la Congrégation de la MissionLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Claude-Joseph Lacour cm · Année de la première publication : 1897.
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XXXIX. Assemblée générale 1685

logocmLes douze ans étant expirés depuis la dernière assemblée générale où M. Jolly fut élu général, il ne pouvait, selon les constitutions, se dispenser d’en convoquer une à laquelle d’ailleurs il n’y avait point d’empêchement, à raison de la difficulté des passages, guerres et autres semblables obstacles ; toute l’Europe jouissait de la paix. Il indiqua donc cette assemblée à St.-Lazare, après Pâques de l’année 1685, et, pour cela, on tint en toutes les maisons, puis en chaque province de France et des pays étrangers les assemblées nécessaires. Trois prêtres, y compris les visiteurs, se trouvèrent, des cinq provinces de France, et des deux d’Italie et de Pologne.

On ne jugea pas nécessaire de faire dresser de nouveaux Mémoires pour l’utilité des fonctions ; ceux des dernières assemblées étant suffisants, il n’y avait qu’à s’y conformer. On fit pourtant plusieurs décrets et en plus grand nombre que dans les précédentes. Voici ce qui fut décidé : qu’il ne fallait pas permettre aux régents des maisons d’aller en temps de vacances voir les villages et bourgades un peu éloignées, de quoi on s’était plaint, et crainte qu’ils manquassent d’un juste relâchement d’esprit il fallait les envoyer à quelques métairies de la maison, et s’il n’y en avait pas en louer, ou en emprunter une pour les gens de dehors, ne demeurassent pas avec les nôtres, ou du moins en fussent séparer. C’est au visiteur avec le supérieur local de juger du temps du séjour, et de la manière de s’y comporter. Ce qui est dit dans les constitutions du nombre de six ans au moins après les vœux pour pouvoir être députés à l’assemblée provinciale doit s’entendre de six ans achevés. Et de manière pour être député à l’assemblée générale, cela étant marqué dans les règles du supérieur. Que dans les maisons où il y a très peu de prêtres, malgré les inconvénients qui peuvent s’en suivre pendant le temps que dure l’assemblée provinciale, faute d’ouvriers, elles ne doivent pourtant pas être privées du droit de députés. Et que le visiteur est prié d’envoyer tant qu’il pourra quelques missionnaires des maisons voisines à celles où les fonctions ne pourraient pas s’exercer. On détermine de plus que ceux qui font des missions éloignées de quelques jours de chemin de la maison où se fait l’assemblée domestique, doivent faire en sorte de ne pas tant s’éloigner quand il l’a faut tenir, mais on ne doit pas les obliger advenir pourvu qu’on les avertisse, et invite à l’assemblée qui peut se tenir sans eux. Ils peuvent renoncer à leur droit par des lettres qu’ils signeront, qu’on doit éviter tant qu’on pourra de recevoir aux exercices du séminaire sans coucher et manger à la maison. Ceux qui ne sont pas en état de payer leur pension remontrant humblement aux évêques qui le souhaiteraient les inconvénients qu’on doit craindre. Et proposer si besoin est de leur assigner au réfectoire une table particulière à moindre prix, il ne faut rien ajouter aux règles touchant la députation aux assemblées provinciales. Et en cas de maladie ou autres empêchements du député, le supérieur ira seul dans quelques maisons. Il n’y a qu’un seul députable. Et pour lors l’assemblée domestique doit toujours se convoquer mais il faut omettre le scrutin, et tout ce qui regarde une élection, en déclarant simplement qu’il n’y a qu’un seul qui peut être député, dont on fait un acte signé par les prêtres assemblés, et même par les députés. Lequel doit s’écrire dans le livre, l’on emporte une copie signée du supérieur, et du plus ancien prêtre de la maison, quoiqu’il n’eût pas d’ailleurs les conditions pour être député, pour rendre à l’avenir les exercices de l’ordination plus utiles. Il n’est pas nécessaire d’assigner plus de demi-heure d’oraison le matin non compris le temps de la lecture du sujet. Qu’on peut retenir l’usage s’il est déjà introduit quelque part, et faire le soir une seconde méditation. Et là où il n’est pas, on se contente de faire une lecture spirituelle en public, il n’est pas nécessaire pour être choisi secrétaire de l’assemblée domestique d’avoir six ans après les vœux, comme pour être député. La conférence spirituelle prescrite par les règles une fois la semaine, qui se faisait le vendredi au soir, peut être renvoyée au jour de la semaine, jugé plus commode par le visiteur, et le supérieur, à l’égard de plusieurs choses dites de la fête, et office du diocèse, de l’église, il faut laisser à chaque maison la liberté de suivre son usage selon la coutume des lieux. Les missionnaires sujets d’aller en campagne doivent mettre leur sac dans la chambre du procureur, dans une armoire exprès, dont le supérieur ait la clé. Si quelqu’un n’aime mieux les mettre chez le supérieur ou l’assistant on peut prendre en mission des rétributions de messes qu’on offre pour les dire ailleurs, pourvu qui cela se fasse sans donner sujet de se plaindre aux curés et autres prêtres. La place après le supérieur, ou une autre déterminée, appartient à l’assistant selon le Chap. 3 des règles du supérieur. Dans les maisons où cela est nécessaire, ce qui appartient au visiteur de déterminer conjointement avec le supérieur. Il est à désirer qu’en mission et dans les paroisses, les confesseurs entendent d’un côté les hommes, et de l’autre côté les femmes, où aient des confessionnaux distingués, pour ouïr les uns, et les autres, et il faut en agir ainsi tant qu’on peut. Quand l’assistant va aider en mission, c’est à lui à présider du moins aux exercices qui regardent l’ordre domestique. Toutefois, il est à propos que le directeur fasse de son avis son office pour ce qui concerne les exercices de la mission, au moins que le supérieur ne veuille qu’ils se fassent par l’assistant. Au reste dans les missions il ne faut jamais faire faire aux frères coadjuteurs les prières du soir et du matin à haute voix. Ce qui s’entend aussi des Litanies.

Le sens de la règle touchant la clé particulière de la chambre du procureur n’exclut pas une semblable que le supérieur peut avoir. Mais on entend que le procureur ait un petit coffre chez lui pour y mettre l’argent dont lui seul ait la clé. Quand le supérieur est en retraite, il est plus convenable dans les séminaires, qu’il commence à l’ordre l’examen particulier, le Bénédicité à table, mais non dans les autres maisons, où il faut garder l’usage ancien. La lettre précédente de M. Jolly sur la nouvelle manière d’oraison, fut approuvée avec éloge, et on défendit à tous les missionnaires de s’entre envoyer ou écrire quelque chose qui tendit à l’introduire une autre méthode d’oraison, et de rien dire de même dans les conférences, ou entretiens, et conversations. Pareillement de conseiller là dessus les externes, et encore qu’il se trouva quelqu’un porté à cette oraison, qu’il s’adresserait au supérieur général, pour savoir de lui s’il la doit embrasser, et si quelque supérieur particulier se trouvait coupable de l’avoir introduite, et ne se corrige pas après avoir été averti. Il sera puni de sa désobéissance, au gré du supérieur général. Il fut dit ensuite que dans les entretiens de l’ordination, de discours de la chasteté se feraient les jours marqués pour entendre les confessions, afin de donner sujet aux auditeurs de mieux s’examiner là-dessus, et de s’approcher au plus de crainte désordres, et d’éviter les soupçons qu’on pourrait former, sur le sceau de la confession, renvoyant au vendredi de la semaine de l’ordination l’entretien de l’esprit ecclésiastique. Ce qui est dit dans les règles de s’agenouiller en entrant et sortant des chambres de la maison, ne doit pas s’entendre de l’infirmerie, et des autres lieux semblables, mais seulement des chambres des particuliers, sans pourtant, dit-on, vouloir blâmer de se mettre à genoux dans les chambres des exercitants, quand on y va pour les diriger, comme il est porté dans le directoire.

Il faut pour l’ordinaire remettre au directeur les restitutions certaines en mission. Toutefois en des cas extraord[inai]res, elles peuvent du gré du pénitent se faire par le confesseur, pour garder l’uniformité entre les missionnaires, dans le retour de la procession, à la fin de la mission. Les députés pour l’examen de semblables questions sur les missions, dirent leur avis dans l’assemblée, savoir : qu’il fallait s’en tenir à ce que portait le directoire des missions, de faire pour lors le sermon, appelé du retour courtement, “ de ?? ” d’une façon affective devant le saint sacrement différent au lendemain le matin ou le soir, celui de la persévérance, ou de la rechute, à moins que le directeur prévoyant, qu’il y aurait peu d’auditeurs, ne juge être plus utile pour le peuple de faire celui-ci. Différent au lendemain matin, et on y pouvait être plus long, mais il faudrait voiler le St. Sacrement, et le prédicateur pourrait [ ??—pouvroit ??] prêcher assis et couvert, selon l’usage ; que si la procession se faisait le dimanche ; et que le mardi d’après fût une fête où y pourvoit renvoyer les dites sermons de la persévérance et de la rechute, mais on ne doit pas fermer le St. Sacrement dans le tabernacle, et encore moins de tenir entre les mains en prêchant du retour, de la persévérance, ou de la rechute.

Les députés ayant examinés de même ce qui regardait les retraites des curés, dans les maisons de la mission, en firent leur rapport par écrit à l’assemblée où ils mettaient en question s’il ne vaudrait pas mieux faire une simple exhortation le matin qu’une répétition d’oraison. Ils convinrent que celle-ci devait se conserver pour plusieurs raisons trop longues à déduire, à quoi l’assemblée acquiesça. Et que pour les recréations de Mrs. les curés après le dîner et le souper, on pouvait s’y en comporter comme à l’égard des ordinands, en ne les obligeant point à parler des choses trop sérieuses qui les ennuierait, mais qu’on les pouvait entretenir de l’écriture, de leur lecture, ou de celle de table, des cas de conscience, de la discipline ecclésiastique, des cérémonies, et le leur signification, outre qu’on les pourrait exercer à la visite des malades, et autres fonctions particulières, ou les occuper d’une autre manière utile, comme le directeur verra qu’ils seront portés pour une plus grande uniformité des maisons. Il faut au lieu des Litanies du Nom de Jésus dire au sortir de l’oraison, celles des saints le soir de St. Marc, et les Rogations sans pourtant toucher à l’usage des maisons où on doit les dire dans l’office public. Ce sont là tous les décrets arrêtés dans cette assemblée, où M. Berthe fut encore secrétaire. Il y en a, comme on vient de voir, un grand nombre ; mais toutes ces choses n’étant pas encore bien déterminées, et surtout pour les assemblées, qui jusqu’ici n’avaient pas été fréquentes, il était à propos de prendre quelque résolution pour l’avenir. Le décret touchant la préséance des assistants embarrassa ensuite M. Jolly et lui parut contraire aux premiers usages qui respirent plus la simplicité et l’humilité ; c’est pourquoi, voyant peut-être qu’on en abusait, il fut cassé dans l’assemblée suivante, comme on le dira en son lieu.

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