Histoire générale de la Congrégation de la Mission (29)

Francisco Javier Fernández ChentoHistoire de la Congrégation de la MissionLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Claude-Joseph Lacour cm · Année de la première publication : 1897.
Estimated Reading Time:

XXIX. Autres établissem[ents] en France

logocmNous avons ainsi réuni dans un sel endroit tous les établissements de séminaires faits sous le généralat de M. Jolly, au nombre de 19 pour n’en faire qu’un seul article, qu’on lise de suite sans être obligé de les chercher dans les endroits dispersés quand on en voudrait avoir connaissance. Il s’en fit encore d’autres en France durant cet intervalle de temps, quoiqu’en moindres nombres pour des missions.

1º Dès l’année de 1675, on appela les Missionnaires à Angers, capitale d’Anjou. Une dame de cette ville ayant donné du bien pour cette fondation qui fut acceptée et autorisé par Messire Henri Arnauld1, évêque d’Angers. On y est assez bien, on y a fait bâtir une jolie chapelle. Les missions ont fait de grands biens dans le diocèse, qui est spacieux, et le peuple y courrait des tous parts, comme marquait M. Jolly dans une lettre écrite en 1680.

2º M. Claude Jolly, trésorier de la Ste. Chapelle de Dijon, qui est mort en odeur de sainteté, et dont on a écrit la vie, résolut d’établir les prêtres de la Mission dans cette ville, capitale du duché de Bourgogne, pour faire des missions dans le diocèse de Langres. Ils y vinrent en 1682, et se sont logés dans une petite maison près de la porte de St.-Pierre, assez agréablement. Outre les prêtres destinés pour les missions, le supérieur reste ordinairement à la maison avec un autre prêtre pour diriger des exercitants en retraite qui y viennent en assez grand nombre. Et même des personnes distinguées dans le parlement. Mr. le premier président de Berbize, entre autres fait l’honneur à cette petite communauté de l’estimer. Et feue Mad[am].e son épouse lui a fait un legs de dix mille livres par son testament dont on a acheté quelque fonds.

3º Monsieur Philippe de France, duc d’Orléans, frère unique de S[a] M[ajesté] Très Chrétienne voulut imiter le roi, en donnant aux Missionnaires la direction de sa chapelle dans le château de St.-Cloud où il fonda cinq Mission[nai]res qui outre cela confesseraient les fêtes, et dimanches. Ils en prirent possession en 1688. Et ce grand prince en mourant voulut faire mention des Missionnaires dans son testament pour leur assurer cette fondation.

4º Le roi Très Chrétien satisfait des établissements des Missionnaires dans les fondations royales qu’il avait faites, obligea encore M. Jolly d’accepter le soin de la cure de Rochefort, on y envoya ensuite 14 prêtres pour le service, et pour premier curé M. Jean Le Halle2, breton, homme de poids, et de savoir qui y fut estimé. Chaque Missionnaire était fondé un peu grassement à prendre sur le trésor royal, et quand les finances de France se trouvèrent épuisées pendant les premières guerres au sujet de la succession d’Espagne, ce qui empêcha de payer les pensions promises, on fit en sorte d’obtenir du roi l’agrément pour unir à cette cure l’abbaye voisine de St.-Jean d’Angély, dont Mgr l’archevêque de Tours se démettait, mais les Bénédictins ont trouvé les moyens après la mort du roi Louis XIV de l’empêcher. Au reste M. Jolly en se chargeant de la cure de Rochefort stipula dans le contrat entre autres conditions, que le supérieur ou curé serait amovible au gré du général. Ce qu’il avait pareillement demandé pour toutes les autres cures. Et Mgr l’évêque de La Rochelle y donna son consentement.

Cette maison fit d’abord périr plusieurs bons ouvriers à cause du mauvais air, qu’entretenait le reniement des terres, et le curement des bassins du port. Mais les travaux y ayant cessés l’air est devenu meilleur. Le roi avait eu la bonté d’assigner un bon terrain pour bâtir l’église et une maison pour les missionnaires. Ce terrain s’est trouvé à la bien séance de M. l’intendant de Begon avec lequel on n’a pu s’accommoder, ainsi l’église et le bâtiment sont restés à faire et par conséquent on n’est pas bien logé.

5º Mr. Jolly eut beaucoup de peine d’accepter la direction des demoiselles de St.-Louis établies nouvellement au bout du parc de Versailles à St.-Cyr par Mad[am].e de Maintenon dans un bâtiment vraiment royal, où ces jeunes demoiselles sont merveilleusement bien élevées en assez grand nombre sans qu’il on conte rien aux parents pour être ensuite placées et dotées pour le monde, ou pour la religion, établissement véritablement digne de la piété de Louis le Grand, et de la dame qui s’y engagea. Un tel emploi n’était guère conforme à l’institution des Missionnaires, le général fit tout ce qu’il put pour s’excuser de s’en charger. Il ne voulut absolument le faire qu’à condition qu’on serait obligé de faire des missions, surtout dans les terres de l’abbaye de St.-Denis, unies à cette illustre communauté afin de rapprocher cette maison, tant que faire se pourrait de l’esprit et des fonctions de l’institut, on y envoya six prêtres en 1690.

6º En 1692, on accepta aussi une chapelle de dévotion située sur la mer au-delà de Caen en Normandie, dans un lieu agréable, nommé N[otre]. Dame de la Délivrande. Cet endroit était fameux par la dévotion à la Ste. Vierge, et le concours des pèlerins, toutefois les Missionnaires ne desserviraient pas la principale chapelle qui dépend du chapitre de la cathédrale de Bayeux, mais il y en avait une autre avec quelques dépendances, qu’on leur donna. Et Mgr l’évêque de Bayeux3 y envoyait quelques jeunes prêtres pour s’y former aux fonctions sous la conduite des Missionnaires qui y sont trois de résidence.

  1. † 1692.
  2. 1631-1690.
  3. François de Nesmond, † 1715.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.