Histoire générale de la Congrégation de la Mission (27)

Francisco Javier Fernández ChentoHistoire de la Congrégation de la MissionLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Claude-Joseph Lacour cm · Année de la première publication : 1897.
Estimated Reading Time:

XXVII. Vexation des chevaliers de St.-Lazare, Bref du St. Siège

logocmOn a pu remarquer, par tout ce qu’on vient de dire, qu’après la retraite des députés de l’assemblée, M. Jolly, nouveau général, ne fut pas sans occupations, étant chargé de faire dresser tous ces mémoires, et de répondre à ces doutes différents. Il rencontra, presque aussitôt après son élection, une difficulté beaucoup plus épineuse au sujet de Mrs. les Chevaliers de St.-Lazare, qui voulurent faire valoir des droits sur la maison et les biens de St.-Lazare. Ce qui alarma toute la Compagnie ; et il fallait un homme aussi habile et aussi prudent dans les affaires que l’était M. Jolly, pour rendre inutiles, comme il fit, les prétentions et les poursuites de ces messieurs. Elles étaient des plus vives, du temps même de l’assemblée, et M. Jolly disait aux députés, par humilité, que c’était la le fruit de leur belle élection. Il ne se découragea pourtant pas ; il prit soin de dresser un placet, qu’il fit recommander par Mr. le premier président de Lamoignon, en présence de Mr. de Harlay, son gendre, procureur général et depuis premier président, de l’abbé Bonjamin, grand vicaire de l’Archevêque de Paris, et de Mme de Miramion ; puis il le fit présenter au Roi, qui avait été prévenu en faveur de la Congrégation par la Reine et par Mgr le duc d’Orléans. S[on] Em[inen]ce Mgr le cardinal de Bouillon1, grand aumônier de France, et pour lors en faveur, se joignit à eux ; étant à genou près du prie-Dieu du Roi, selon l’usage et le droit de sa charge quand il entendait la messe, il présenta ce placet, en lui disant très obligeamment que S[a] M[ajesté] ferait une chose aussi agréable à Dieu de lire pour lors ce papier que de réciter son chapelet ou prier dans ses heures. Le Roi dit qu’il avait été très édifié de l’humilité et de la modestie de M. Jolly, et il conçut des lors une haute estime de sa sagesse et de sa conduite.

Il2 informa lui-même toutes les maisons de la Compagnie de cette affaire, par une lettre du 9 mars 1673, où il dit, au sujet des prétentions des Chevaliers de St.-Lazare : Ils nous ont inquiétés par trois différentes fois pour une petite ferme qui appartient à cette maison, voulant d’abord commencer par peu de chose, pour avoir ensuite, peut-être, le reste s’ils pouvaient. Mais le Roi a eu la bonté de faire cesser ces poursuites ; il l’a fait encore plus expressément il y a un mois, défendant de nous inquiéter ; ce qui ne nous met pas tout à fait en assurance, parce que nous n’avons point d’arrêt de décharge, et les choses ne sont pas dans un état où l’on puisse l’espérer sitôt. Toutefois, nous avons sujet d’attendre la continuation de la protection du Roi. S[a] M[ajesté] ayant demandé au Pape la confirmation de son édit, c’était en faveur de ces Messieurs les Chevaliers, pour la réunion de leurs biens aliénés, et l’opinion étant qu’il se fera quelques exceptions dans la Bulle, nous espérons de nous y trouver compris. Cela est effectivement arrivé, et on jouit maintenant en paix des biens et de la maison de St.-Lazare. Nous parlons, ajoute Mr. Jolly, de cette affaire aux externes seulement dans la nécessité, et fort sobrement. C’est que les parties étaient soutenues, et qu’ainsi il était nécessaire de prendre bien des mesures. Ils inquiétèrent aussi la maison de Toul, d’où M. Jolly fit venir à Paris M. de Monchy3, qui en était supérieur ; mais en mettant M. Luchet4 à sa place pour suivre l’usage de la Compagnie et la résolution prise dans l’assemblée générale, de changer plus souvent les supérieurs, dit M. Jolly, dans une autre lettre du 23 9bre 1674.

Les Missionnaires avaient depuis longtemps, par le Bref du pape Alexandre VII, le pouvoir d’absoudre en mission des cas réservés aux Papes. Remarquant en avoir encore besoin dans les autres occasions où ils avaient des confessions à entendre ; c’est pourquoi on fit solliciter cette grâce auprès du St.-Siège. Le pape Clement X l’accorda en ajoutant quelques autres, par un nouveau Bref que M. Jolly envoya aux maisons avec une lettre. Le Bref est daté de Rome du 26 9bre 1674. Et il y est dit que, voulant faire des faveurs spéciales au général et aux prêtres de la Congrégation de la Mission, en vue des fruits que procurent leurs fonctions, selon la coutume du St.-Siège de favoriser de tels Instituts, il accorde auxdits prêtres déjà approuvés par l’Ordinaire, la faculté d’entendre les confessions des fidèles, même des malades, et de les absoudre de tous cas réservés au Siège apostolique, à l’exception de tous ceux qui sont énoncés dans la Bulle In cena Domini ; de même de toutes censures ecclésiastiques, sans restreindre cela aux missions ; de commuer toutes sortes de vœux, excepté les cinq communément réservés ; de dire la messe une demi-heure avant l’aurore et demi-heure après midi. Voilà, dit M. Jolly, dans sa lettre, un nouveau moyen de servir les âmes et une nouvelle obligation de prier Dieu pour la conservation de N[otre]. S[aint]. P[ère]. le Pape. On se servira de ce Bref dans l’occasion mais il n’est ni à propos de publier ceci au dehors, ni nécessaire de demander le visa aux ordinaires des lieux. C’est que les évêques trouvent souvent à redire quand les communautés s’adressent au St. Siège pour avoir des privilèges.

  1. Emmanuel-Théodore de la Tour d’Auvergne de Bouillon, peut être homologue, archevêque de Vienne. Contrôler les dates. . . . Henri de la t d’A de B.
  2. Mr. Jolly.
  3. Jean-Louis-Joseph Demonchy, 1716-1778.
  4. Claude de Luchet, 1633-1688.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.