Histoire générale de la Congrégation de la Mission (13)

Francisco Javier Fernández ChentoHistoire de la Congrégation de la MissionLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Claude-Joseph Lacour cm · Année de la première publication : 1897.
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XIII. Demandes faites dans l’assemblée, réponse du général.

logocmEn fin l’assemblée de 1668, après avoir pourvu à tant de choses de la façon que nous avons dit, laissa à Mons.r Alméras le soin de répondre à plusieurs demandes qui avaient été faites et remises à son jugement. Ce vigilant supérieur ne tarda guère à satisfaire à ces demandes qui étaient entre autres : si les maisons peuvent prendre quelque chose des exercitants et ordinands, n’étant pas fondés [sic] pour cela ; si on pouvait se charger de la direction de quelques externes après les avoir confessés ; quels pouvoirs on avait du pape et des évêques pour les confessions, et s’il n’était pas expédient de dresser un mémoire où on explique les cas dans lesquels l’absolution doit être différée, à qui se confesser, quand on voyage plusieurs missionnaires ensemble, si on doit lire à table à collation les jours de jeûne, transférer la conférence du vendredi soir à un temps plus commode, on l’avait jusque-là fait en ce temps-là à St.-Lazare et de même dans les maisons particulières, de quoi on remarquait plusieurs inconvénients, surtout de la part du sommeil qui accablait bien des personnes, si les supérieurs devaient avoir chacun un coutumier dans leur maison et les supérieurs lire les lettres envoyées dans leur paquet quoiqu’elles eussent déjà passées sous les yeux d’un supérieur ; se mettre à genoux en entrant et sortant des salles de la maison, prendre des domestiques ; s’il ne fallait pas changer plus souvent les supérieurs et visiteurs ; enfin quel était l’usage de la Compagnie à l’égard des livres défendus ?

M. Alméras envoya promptement sa réponse à toutes ces demandes, savoir : que, nonobstant l’usage de la Mission de faire les fonctions gratis, quand les évêques obligent les ecclésiastiques de faire dans les maisons les exercices de la retraite, on en pouvait prendre ce qui était nécessaire pour leur dépense, et à l’égard des autres se régler sur le revenu de la famille, et il était toujours permis de recevoir ce qu’on offrait de plein gré ; que la pratique de la Compagnie a été dès le commencement de ne confesser les externes que dans des retraites spirituelles, si ce n’est dans certaines maisons où il y a eu des raisons particulières pour en agir autrement, et en cela il faut éviter les entretiens longs et fréquentes surtout avec les femmes et filles, quant au pouvoir accordé pour la confession de la part du pape, et des évêques, il faut recourir au bref de Sa Sainteté, et au mandement ou concession des prélats qui les accordent plus ou moins étendu selon qu’ils jugent à propos et chacun en doit être instruit avant que de commencer à faire aucune fonction, en général les pouvoirs accordés communément pas les évêques ne regardent pas le rétablissement des mariages, la dispensation des irrégularités, des vœux &ca., qu’on peut s’éclaircir en lisant quelques bons auteurs quand il faut différer l’absolution, que divers bons théologiens estimaient que missionnaires approuvés dans un diocèse et y devant revenir peuvent se confesser les uns aux autres en voyageant, mais que le plus sûr était de s’adresser au curé jusqu’à ce qu’on ait obtenu du pape ce pouvoir, le St.-Siège l’accorda bientôt après.

Il continue à dire qu’à St.-Lazare depuis quelques années on lisait à table à collation, qu’il fallait le faire partout pour de bonnes raisons, même en mission ; qu’on peut choisir de l’avis du visiteur en certaines maisons un temps autre que le vendredi au soir pour faire la conférence spirituelle, quoi qu’il soit cependant bon de conserver tant qu’on pourra l’uniformité avec celle de St.-Lazare, où à présent on la fait le samedi matin ; qu’un coutumier était bon dans une maison pour donner lieu aux nouveaux venus de s’instruire de tous les usages de chaque famille, mais qu’il devait être approuvé du visiteur avant que de s’écrire dans le livre ; que le visiteur peut, s’il veut, lire les lettres de tous les sujets de sa province, à moins qu’elles ne soient adressées au général ; que les règles parlent seulement des chambres et non des salles pour se mettre à genoux en entrant et sortant, que dans le besoin on peut prendre des domestiques qui souvent sont utiles là où il y a beaucoup de monde, mais ne doivent pas être en plus grand nombre que les frères, et il faut qu’ils aient environ vingt ans, d’une humeur paisible, et sans causer du trouble, que diverses raisons montrent l’utilité du changement des supérieurs, mais que l’état de la Congrégation ne l’ayant pas permis jusqu’à présent, on fera en tout à l’avenir que ces changements soient plus fréquents, suivant l’intention de l’assemblée, qu’il faut en chaque maison tenir fermé à clé dans quelque lieu particulier les livres défendus, parce que la lecture en peut être nuisible à la perfection comme au salut de plusieurs, à quoi les visiteurs doivent prendre garde dans le cours de leur visite, et s’ils jugent à propos que quelque missionnaire lise de tels livres, ils doivent en informer le général qui déterminera ce qu’il trouvera bon. C’est ainsi que M. Alméras répondit à toutes ces questions. On voit d’une part l’intention et la vigilance de ceux qui avaient fait ces demandes, et de l’autre l’esprit et l’exactitude du général qui y répondait.

Il résolut de même certains doutes qu’on avait formées sur ce que disent les règles communes au chapitre de l’obéissance A.11, que personne ne doit écrire ni ouvrir des lettres sans la permission du supérieur à qui il faut les remettre pour les envoyer ou retenir comme il trouvera bon, il conclue qu’il n’était pas la question de lettres adressées au général ou au visiteur ou écrites par eux ; en cas d’absence du supérieur l’assistant qui tient sa place attendra son retour pour lui remettre les lettres qu’on lui aura écrites comme à quelque autre de la maison, ou bien les lui enverra là où il est, à moins que le supérieur ne lui ait dit de faire autrement, ou que la nécessité ne le demande ; sur quoi il faut demander l’avis des consulteurs, si quelqu’un a à communiquer quelque secret au seul supérieur général, il n’aura qu’à lui envoyer la lettre séparément, ou si elle se trouve dans quelque paquet écrit sur le dos le mot, soli, un supérieur ou directeur de mission écrivant à un externe dans une ville où est une maison de la Compagnie, il doit envoyer sa lettre au supérieur de cette maison, s’il est son supérieur médiat ou immédiat, qui ensuite la fait rendre.

En expliquant ce qui est dit de l’obéissance dans le livre des règles on doit porter cette vertu jusqu’à être prêt de tout faire, si le supérieur l’ordonne ou même marque que c’est là son avis. Le général dit que de peur que quelques frères ne doutent qu’il faille étendre l’obéissance à la forme et à la couleur de leurs habits, au commencement de la Compagnie, leurs habits étaient comme en forme de justaucorps et de couleur noire ; on jugea à propos de les réduire à des pourpoints avec des hauts-de-chausses ouverts par le bas, le tout de couleur brune ; M. Alméras déclare qu’ils doivent se soumettre en cela à ce que le supérieur et le visiteur auront ordonné après en avoir consulté le général ; en telle sorte que si on accorde à quelqu’un d’eux, même avant l’émission des vœux, un habit noir, et on le refuse à un autre des plus anciens, ou qu’on ordonne à quelque autre de quitter cet habit noir qu’il porte depuis longtemps, personne n’y trouvera à redire.

M. Alméras ne trouvait pas à propos que les Missionnaires dans les provinces argumentassent dans les thèses publiques, comme il l’écrivit à quelques supérieurs particuliers, leur disant que cela ne se faisait pas au collège des Bons-Enfants, et que ce n’était pas la l’esprit de Mr. Vincent. Il avait un extrême soin qu’on ne s’écartât en aucune maison des maximes et des usages de ce très digne instituteur.

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