Histoire générale de la Congrégation de la Mission (04)

Francisco Javier Fernández ChentoHistoire de la Congrégation de la MissionLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Claude-Joseph Lacour cm · Année de la première publication : 1897.
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IV. Quelques établissements.

logocmEn cette même année il conclut l’établissement de Metz, qui avait déjà été projeté sur la fin de la vie de M. Vincent après que M. l’abbé de Chandenier et quelques autres ecclésiastiques eurent fait dans cette ville avec fruit une mission par ordre de la Cour. Les missionnaires à qui la reine mère s’était adressée pour cela, ayant représenté à S[a] M[ajesté] que la Congrégation s’était interdit selon la Bulle de son érection tous les exercices de la mission dans les villes épiscopales, ainsi qu’il est marqué dans la Vie de M. Vincent ; on y ajoute que la reine fut si satisfaite des fruits que la mission avait produits dans Metz, qu’elle prit la résolution d’y établir des missionnaires. L’on y en envoya des l’année 1661, et on y acheta pour les loger l’hôtel de Montgomery où ils sont encore et ils font des missions dans tout le diocèse, allant ainsi quelquefois dehors, sur les frontières d’Allemagne. Depuis, Mgr d’Aubusson de la Feuillade1, déjà archevêque d’Embrun et transféré à l’évêché de Metz, leur a donné la direction perpétuelle de son séminaire qui aujourd’hui est entre leurs mains.

Le roi Louis XIV après la conclusion de la paix et son mariage avec l’infante d’Espagne demanda encore des missionnaires pour leur confier la cure de Fontainebleau, les religieux Mathurins servant déjà dans la chapelle du château, ce qui leur a donné lieu dans la suite d’avoir quelques contestations avec les curés. Cet établissement se fit en 1661, le supérieur étant curé et révocable quand le général le juge à propos, et cela du gré de Monseigneur l’archevêque de Sens2, dans le diocèse duquel se trouve Fontainebleau.

C’est la première cure dont la Congrégation s’est chargée après la mort de M. Vincent, qui avait déjà accepté celle de Sedan. Mais afin que ces établissements fussent plus conformes à l’Institut des missionnaires, on y fit des missions dans la campagne et on les y a continuées depuis. Dans la suite du temps on se vit obligé de prendre d’autres cures dans les endroits où l’on était déjà établi pour des missions ou des séminaires, les droits des maisons ne s’accommodant pas avec ceux des curés, avec lesquels on avait toujours certaines difficultés, comme à Saint-Méen, en Bretagne, où on est curé du lieu, celle de St.-Barthélemy de Cahors, St.-Amand à Toul, Ste.-Croix à Varsovie en Pologne ; ainsi du reste.

La Vie de M. Vincent parle encore de deux établissements de séminaires qui avaient été concertés de son vivant, savoir à Amiens et Noyon. L’illustre abbé de Sery, de la très noble maison de Nesle de Mailly, qui estimait fort M. Vincent et sa Compagnie, avait ardemment souhaité de la voir établie à Amiens et donna pour cela une somme considérable ; il mourut avant que la chose fut conclue et fut enterré à St.-Lazare, près de M. Vincent. Bientôt après messire François Fauré3, évêque d’Amiens, appela les missionnaires et on fit l’établissement en les nommant directeurs perpétuels de son séminaire ; c’est un des plus nombreux de France qu’ils ont conduits depuis l’année 1662. Le prieuré de Lucheux, bénéfice d’un revenu assez bon entre Arras et Amiens, fut uni audit séminaire pour la subsistance des ouvriers. Son successeur, messire Henri Feydeau de Brou, y a ajouté avant son décès une bande de mission pour travailler dans les paroisses de campagne de ce vaste diocèse.

Messire Henri de Baradat4, évêque de Noyon et voisin d’Amiens, avait pareillement demandé à M. Vincent des missionnaires pour conduire son séminaire et y avait uni la chapelle de Biache près de Peronne, à laquelle étaient annexés certains revenus de quelques mesures de blé, mais à la charge d’en faire acquitter les messes ; feu M. l’abbé de Montigny, archidiacre de la cathédrale, avait légué la terre de Categny avec ses dépendances ; M. Raimond, théologal, avait donné une bibliothèque et d’autres meubles. Mais mondit Seigneur vint à mourir avant qu’on envoyât des missionnaires à Noyon, le revenu n’étant pas encore suffisant ; et son illustre successeur, messire François de Clermont de Tonnerre, confirma ces premières donations, établissant les prêtres de la Mission directeurs perpétuels de son séminaire, avec 2000 francs de rentes à prendre sur les bénéfices du diocèse, autres que des cures et prébendes, excédant la valeur de 600 francs de rentes selon les patentes de Sa Majesté données à Paris au mois de janvier 1652 et vérifiées en Parlement audit mois de janvier 1653, et encore au mois de mai 1662. Sa G[randeur] leur donna en même temps le pouvoir de faire des missions dans son diocèse. M. Alméras accepta cet établissement. L’acte de son acceptation est plein d’humilité et de reconnaissance : Nous, dit-il, très indigne supérieur de la Congrégation de la Mission, recevons avec tout le respect et la révérence qui nous est possible la grâce que Monseigneur fait à notre petite Congrégation, &c. Le bâtiment qu’on a fait depuis à Noyon est petit mais fort propre ; il n’est que de brique, la pierre étant rare dans ce pays-là et un des plus jolis qu’ait maintenant la Compagnie.

  1. † 1679.
  2. Louis-Henri de Pardailhan de Gondrin, † 1674.
  3. † 1687.
  4. † 1660.

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