Frédéric Ozanam, Lettre 0030. A Auguste Materne

Francisco Javier Fernández ChentoLettres de Frédéric OzanamLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Frédéric Ozanam · Année de la première publication : 1961 · La source : Lettres de Frédéric Ozanam. Lettres de jeunesse (1819-1840).
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Compte-rendu sur la marche de ses travaux.

Lyon, 7 juin 1831.

Mon cher ami,

J’ai reçu ton aimable lettre et je m’empresse d’y répondre.

Je n’étais nullement fâché contre toi car je pensais bien que d’excel­lentes raisons te retenaient sans doute, mais je trouvais que nous étions tous deux bien à plaindre d’être ainsi séparés l’un de l’autre par nos occupations, nous qui aurions tant besoin de nous voir.

Oui certes, je me sens besoin de voir mon cher Materne, j’aurais bien des choses à lui dire, bien des soucis, des craintes, des projets, des espé­rances à lui communiquer.

Aussi serais-je monté aux Chartreux ces jours-ci si mon opuscule ne m’eût retenu aujourd’hui; grâces à Dieu, le voilà terminé sauf quelques corrections à y faire, quelques notes à y ajouter.

Je me serais empressé de le soumettre à ton amicale critique, si le tems ne m’eût manqué. Mais il faut que je me hâte de peur d’être prévenu. Je me trouve donc dans le même cas que toi.

Car toi aussi tu te hâtes de publier tes traductions, et tu n’as pas tort. Néanmoins, comme ce n’est pas là une brochure de circonstance, mais une œuvre de littérature, j’ignore si tu trouverais à Lyon un éditeur et du débit; je ne le crois pas; je t’engage donc à envoyer ta traduction à Fortoul pour qu’il la fasse imprimer à Paris. Volontiers il se chargerait de ta commission, il l’accomplirait peut-être facilement.

J’ai reçu des lettres de Fortoul et d’Huchard, je te les remettrai après-demain si, comme tu me le fais espérer, tu viens me voir.

Veux-tu avoir la complaisance de me prêter demain les œuvres dé Malebranche? J’en aurais besoin; tu pourrais les confier à ta tante et j’irais les prendre moi-même demain dans l’après-dîner.

Je verrai ton manuscrit avec beaucoup de plaisir et je l’examinerai avec soin, je te le promets.

A ton tour, quand ma brochure imprimée sera entre tes mains, ne m’épargne pas tes réflexions.

Adieu, je suis enfoncé dans mes occupations religioso-philosophiques. Jeudi je te ferai part de quelque chose qui pourra t’intéresser.

Ton ami pour la vie,

A.-F. OZANAM.

Original : Archives Laporte.

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