François-Régis Clet : prêtre de la Mission, martyr en Chine, 1748-1820 (07)

Francisco Javier Fernández ChentoFrançois-Régis CletLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: André Sylvestre, cm · Année de la première publication : 1998.
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VI – La correspondance du P. Clet

Les lettres de François-Régis à sa sœur

Vie du Bienheureux François-Régis Clet : prêtre de la CongréNous n’avons que cinq lettres de M. Clet à sa sœur aînée et marraine Marie-Thérèse. Elles concernent sa candidature de missionnaire pour la Chine et son voyage. Il essaie de lui faire part de son enthousiasme. Il prévoit qu’elle essaiera de l’en détourner mais sa résolution est bien prise ; il lui demande au contraire d’entrer dans ses vues. Les trois premières sont écrites avant le départ du bateau. Les deux autres lui racontent le voyage en mer et ensuite l’arrivée à sa première résidence de mission. Il la rassure sur sa santé, lui décrit les lieux où il réside et le travail qu’il aura à faire. Il la charge de donner de ses nouvelles à toute la famille et à des familles amies : Gagnon, Gigard, Durand.

Il a en elle une confiance totale et il règle avec elle tout ce qui concernera sa succession. Elle aura la jouissance des biens de son frère, à charge de lui verser 300 livres annuelles. Il lui demande de se mettre en relation pour ces affaires d’argent avec le lazariste M. Daudet, procureur à Paris de la Congrégation de la Mission. C’est elle qui sera son répondant auprès de toute la famille.

Dans la dernière lettre qu’il écrit à sa sœur le jour de sa fête, Ste Thérèse, le 15 octobre 1792, il lui dit : « Nous voilà donc séparés dans ce bas monde, mais quelle joie n’aurons-nous pas de nous revoir dans le ciel, qui est sans doute votre ambition comme elle est la mienne. » (Lettre n° 5)

Il y eut certainement d’autres lettres du missionnaire à sa sœur, au cours des 28 ans qui séparent cette lettre de 1792 de la mort du missionnaire en 1820.

Marie-Thérèse sera âgée de 87 ans en 1820, lors de la mort du martyr, elle lui survécut. Malheureusement les autres lettres ont sans doute été perdues.

Les lettres à son frère François le chartreux

Nous avons trois lettres adressées par François-Régis à son frère le chartreux. La première est du 29 août 1798. A cette date le chartreux se trouve à Rome. Les monastères ont été déclarés biens nationaux et les religieux dispersés, aussi notre chartreux s’est-il expatrié pour retrouver à Rome une communauté de son ordre, et continuer d’y mener la vie monastique selon l’esprit et les coutumes de son Institut.

François-Régis lui a écrit en 1796, mais la lettre a dû s’égarer ; les lettres que le chartreux a écrites à son frère se sont égarées également. Le Missionnaire écrit aussi une longue lettre dans laquelle il déplore les troubles qui ont agité la France et se demande ce que sont devenus ses frères et sœurs, en particulier la carmélite. Il donne des nouvelles de ses activités missionnaires. Il raconte ses difficultés avec la langue et trouve qu’il n’est presque bon à rien. Il lui parle des dangers et des troubles dûs à la révolte du Nénuphar blanc. Son optimisme naturel lui fait dire que : « Il arrive que nous sommes tantôt mieux, tantôt moins bien, mais nous sommes toujours trop bien. J’éprouve souvent une certaine confusion d’avoir une nourriture bien plus délicate que mes chrétiens qui sont presque tous peu à leur aise. Malgré la distance mon esprit et mon cœur sont très proches de vous … » (Lettre n° 12)

Dans la deuxième lettre du 6 novembre 1799, soit 14 mois après la 1ère, François-Régis déplore l’invasion de Rome par les français et se demande où a pu maintenant trouver refuge son frère chartreux. Il reparle des rebelles et de leurs déprédations. Il signale le début de ce qui aurait pu déclencher une persécution, mais fait l’éloge de la largeur de vues du nouvel empereur Kia-King, et de sa bienveillance pour les missionnaires.

Il décrit la misère de ses chrétiens : « Mes chrétiens sont presque tous pauvres. La plupart de leurs maisons sont des chaumières percées à jour de tous côtés. Les deux tiers au moins manquent d’habits nécessaires contre le froid, assez rude dans nos montagnes, manquent de couvertures de lit et sont réduits, pour pouvoir prendre quelque sommeil, à s’ensevelir pour ainsi dire dans la paille. Ils sont nécessités aussi de chercher dans la campagne certaines plantes sauvages comestibles et ainsi pendant trois ou quatre mois de chaque année… » (Lettre n° 15)

Dans la troisième lettre en 1802, il se dit heureux de savoir ses frères et sœurs en bonne santé, mais déplore que sa sœur carmélite ait été obligée de se séculariser. Il se félicite de la tolérance dont les missionnaires sont l’objet, mais déplore encore les ravages des rebelles. Il demande à son frère de lui acheter à Rome des croix et des médailles. Il le charge de faire part de sa lettre à ses frères et sœurs, et il conclut : « Je pense tous les jours à vous tous et prie Dieu que, si nous sommes séparés sur la terre, nous nous voyions tous réunis dans le ciel. Je fais à vous tous mes amitiés les plus tendres et les plus affectueuses. Je prie le Seigneur qu’il vous donne à tous la paix de l’âme et du corps… et suis avec un entier dévouement votre très affectionné frère et serviteur. » (Lettre n° 16)

Voilà donc tout ce que nous avons comme échange de correspondance entre les deux frères. Plusieurs allusions parlent d’autres lettres de part et d’autre mais il n’en est rien resté.

François-Régis parle avec son cœur, il fait part à son frère de ses soucis de ses appréhensions, de ses états d’âme. Il lui raconte les difficultés de sa vie quotidienne de missionnaire. Il s’en remet à son frère pour avoir soin de ses intérêts en Europe en fonction des besoins de la mission.

L’arrivée de M. Dumazel

M. Raux depuis Pékin avait demandé au Père général l’envoi de nouveaux renforts, car depuis la mort coup sur coup, en 1795, de M. Aubin et de M. Pesné, aucun nouveau missionnaire n’était venu de France.

Le 1er mars 1800, deux lazaristes français partaient d’Angleterre pour la Chine M.M. Dumazel et Richenet, ils arrivèrent à Macao en février 1801. Une lettre de M. Raux les y attendait, leur demandant de continuer leur voyage jusqu’à Canton pour se présenter au Vice-roi et obtenir de lui des passeports pour aller à Pékin. Ils les attendirent pendant cinq années. En juin 1806, ils purent se mettre en route, mais arrivés à quelques jours de Pékin dans le Shantong, ils reçurent de la Cour le contrordre de s’en retourner à Canton où ils arrivèrent le 22 décembre.

M. Raux était mort en 1801 ; M. Ghislain qui lui succéda comme supérieur des missionnaires envoya ses instructions à Canton par l’intermédiaire du frère Paul Wang. Il demandait à M. Richenet de retourner à Macao et de s’y installer comme procureur des missions, charge qu’il remplit jusqu’en 1815, date de son retour en France. Quant à M. Dumazel, il l’envoyait seconder le P. Clet au Hou-kouang. Le chemin direct n’étant pas sûr à cause des troubles dûs à la rébellion, M. Dumazel alla à Macao, s’embarqua pour la Cochinchine. Il y fut reçu par les Pères des Missions étrangères de Paris et tomba chez eux dans une grave maladie qui dura près d’un an, il en guérit miraculeusement le jour de la Saint Vincent. Le P. Clet écrit à ce sujet : « M. Dumazel, déjà aux portes de la mort, a été comme miraculeusement guéri le 27 septembre 1807, jour anniversaire de la mort de notre saint instituteur. Ainsi il y a enfin espérance qu’il arrivera auprès de nous dans le cours de la présente année. » (Lettre n° 39)

Il reprit alors son voyage, traversa le Tonkin et pénétra en Chine par le Yunnan, puis passant par le Setchouen, il arriva finalement, en février 1810, à rejoindre le P. Clet au Hou-kouang après un délai qui avait duré dix ans depuis son départ de France. Les deux missionnaires ont pourtant bien failli ne pas se rencontrer, car le P. Clet est lui même tombé gravement malade peu avant l’arrivée de M. Dumazel. Voici ce qu’il en écrit à M. Ghislain qui a succédé à M. Raux comme supérieur à Pékin : « Le lendemain de l’Épiphanie, je fus attaqué d’une chong-hang-ping, c’est à dire d’une pleurésie qui, en peu de jours, me réduisit à un tel état que les médecins désespérèrent de ma vie. Mais une sueur très abondante vint si heureusement à leur secours que M. Ho que j’avais envoyé chercher pour m’administrer les derniers sacrements, me trouva à son arrivée hors de danger. Au plus fort de ma maladie, je pensais à M. Dumazel et je me disais : je ne verrai donc pas ce nouveau et cher confrère que j’attends depuis si longtemps, et il aura donc à son arrivée le regret de trouver une maison vide. Quel coup pour lui ! … Mais je suis encore sur la terre et depuis deux mois en état de travailler. Il m’est seulement resté de cette maladie une faiblesse et une enflure de jambes, qui ne me permet plus de faire de longues courses à pied. Je ne puis à présent faire que 20 à 30 lis . Enfin M. Dumazel est arrivé à notre  » château de paille  » le 3 de la troisième lune. » (6 avril 1810) (Lettre n° 47)

Le P. Dumazel se met au travail avec ardeur et le P. Clet est obligé de le modérer. Les tournées de mission le fatiguent beaucoup, mais il ne plaint pas sa peine. De plus il était souvent tourmenté de scrupules de conscience, il était en effet fort scrupuleux, il l’était pour lui-même et pour les autres. Dans la lettre n° 58, nous voyons le P. Clet s’employer à clarifier des cas que le P. Dumazel aurait pu résoudre lui-même en se basant sur la bonne foi de ses pénitents. Voici comment il le tire d’embarras en plaisantant un peu : « Pour vous aider à vous tirer de la fosse que vous avez creusée, je pense fort que pour le passé des confessions faites … il n’y a pas à y revenir. Car le confesseur ne les ayant point inquiétées, elles n’ont point soupçonné de mal et l’ignorance à cet égard peut aisément n’être pas coupable. Pour l’avenir ? je ne sais que dire, je pencherais pour les laisser dans la bonne foi, parce qu’il ne s’agit pas de cas si évidemment superstitieux… » (Lettre n° 58)

Il lui suggère de prendre lui-même ses responsabilités : « Pour ces demandeurs de certificat pour mariage, vous pouvez voir aussi bien que moi si on peut marier ces futurs sans danger ou non et selon le cas les admettre à la confession pour le mariage ou les renvoyer au catéchiste du lieu… » (Lettre n° 58)

Le P. Clet ne ménage pas ses conseils à son jeune confrère, mais il conclut avec philosophie que « M. Dumazel lui donne à lui seul plus de peine à diriger que toute la province du Houpé… » (Lettre n° 62)

Le P. Dumazel débordant d’activité se tue à la tâche, malgré les sages conseils de son supérieur. Il est atteint de fièvre typhoïde en 1818, alors qu’il est en tournée de mission. Apprenant que plusieurs chrétiens malades voulaient recevoir les derniers sacrements, il se les fait amener près de son lit et les administre lui-même. Assisté à ses derniers moments par le P. Paul Song, il expire le 15 décembre 1818. Il avait travaillé huit ans avec le P. Clet. Il était né à Roussillon au diocèse d’Apt le 13 novembre 1769. Il s’éteignit à 49 ans le 15 décembre 1818, et laissa la réputation d’un saint .

Les relations du P. Clet avec les procureurs de Macao

Les Lazaristes portugais dirigeaient un séminaire à Goa, l’évêque de Macao, Mgr. De Gouvea, leur demanda d’en ouvrir un dans sa ville, dans les locaux de l’ancien collège Saint Joseph qui avait été tenu par les Jésuites. Un lazariste italien, Jean Villa , entré dans la Congrégation à Rome en 1771, fut affilié à la province de Portugal, il fut envoyé à Goa puis à Macao où il remplit jusqu’à sa mort, en 1803, le rôle de procureur des Lazaristes de Chine. C’est M. Richenet qui lui succéda dans cette fonction jusqu’en 1815, date de son retour en France. Un autre lazariste français, M. Minguet entré pendant la Révolution dans la province de Portugal fut envoyé en Chine et résidant à Macao il y représente à son tour les intérêts des missionnaires français.

Le P. Clet eut recours à ces confrères, mais aussi au procureur des Missions étrangères, M. Letondal , avec lequel les relations apparaissent très cordiales. Dans la lettre n’° 13 de 1798, il lui donne des nouvelles de la rébellion et des difficultés qu’elle cause. Il le remercie de l’envoi de chocolat et de vin. Il lui parle de sommes d’argent qui ont servi à des achats à Macao pour le Hou-kouang et pour Pékin, et il fait entièrement confiance à son correspondant. Dans la lettre n° 14 écrite en novembre 1799, soit un an plus tard, il le remercie encore de l’envoi de chocolat, mais c’est inutile car il se gâte, et de l’envoi de vin. « J’ai besoin de vin, non pour boire, ce que je n’ai pas même osé faire pour les 12 bouteilles envoyées à cet effet, par la crainte d’une époque inconnue à laquelle toute introduction de vin serait interdite … mais j’aime bien mieux le vin d’Espagne que celui de Portugal. »

Il lui demande aussi de lui donner des nouvelles d’Europe : « J’espère qu’à la première occasion, vous me donnerez une petite analyse des nouvelles d’Europe.. Je vois clairement que la justice de Dieu n’est pas satisfaite et que encore, comme presque toute l’Europe a péché, il faut aussi que presque toute l’Europe soit abreuvée du vin de la colère du Seigneur… Les philosophes ont beau faire, ils ne pourront ébranler la chaire de Pierre. Le grand mal n’est pas que le pape ne soit plus souverain, mais que la ville sainte soit devenue une Babylone… Je vous prie d’aider nos courriers comme vous pourrez dans quelques emplettes dont je leur ai donné la note… »

Le P. Clet a entendu dire que le P. Letondal allait quitter Macao, il le déplore : « Je ne pourrai jamais oublier les services de tout genre que vous n’avez point cessé de me rendre depuis mon arrivée à Macao. Vous faisiez si bien la besogne… où trouvera-t-on à vous remplacer. »

Ce Père Letondal a donc été pour notre missionnaire pendant plusieurs années un véritable ami, prenant en compte les intérêts de la mission du Hou-kouang et se faisant son intermédiaire pour régler toutes sortes d’affaires pratiques à Macao, qui était de ce fait comme la base arrière de la mission.

Le P. Clet entretient les mêmes relations confiantes avec son confrère le Père Richenet

M. Richenet

M. Richenet qui était arrivé à Macao en 1801 attendit pendant cinq ans l’autorisation impériale de se rendre à Pékin. Ne l’obtenant pas il remplit à Macao selon les instructions de M. Raux, supérieur à Pékin des Lazaristes de Chine, le rôle de Procureur des Missions. Il s’en acquitta jusqu’en 1815.

M. Richenet est à Macao et le P. Clet l’informe à mots couverts de l’état de la mission. Il en parle comme d’un commerce et de troupeaux à entretenir : « Nous avons au moins 7000 brebis qui forment 63 troupeaux, gouvernés par 5 maîtres pasteurs. Nous avons en outre dans le Kiang-si un autre troupeau de 1500 brebis, auxquelles il faut envoyer un pasteur… d’autres encore dans le Tchékiang et le Kiangnan, et environ 500 dans le Honan … il faut perdre tant de temps en voyages qu’il n’en reste pas assez pour visiter chaque district tous les ans et cependant il faudrait faire la visite deux fois par an. » (Lettre n° 52)

Le P. Clet se trouve en tournée apostolique, dans la maison d’un homme qu’il assiste à ses derniers moments, c’est pourquoi sa lettre, dit-il, sent l’huile car il écrit de nuit à la lueur d’une lampe à huile. Il avoue à M. Richenet qu’il aurait besoin d’argent, car les chrétiens dont il s’occupe sont très pauvres. Il vient de bâtir une maison et il lui faut encore bâtir une cuisine. Il le remercie d’un envoi de vin et de fromage, mais il lui demande du cacao pour la santé de M. Dumazel : « Quant au vin il nous est indispensable, car les tentatives que nous avons faites jusqu’à présent pour cultiver la vigne n’ont pas eu de succès. J’en attribue la cause aux pluies trop abondantes qui dépouillent la plante de toutes ses feuilles et qui pourrissent la vigne. Je tenterai toutefois avec plus de soin … Ce vin n’est pas pour flatter notre palais, mais par la crainte de ne pouvoir en recevoir dans deux ou trois ans par des obstacles imprévus… »

Il le remercie de l’envoi d’une montre. « C’est, après le vin de messe, la chose qui m’est plus nécessaire et qui dès lors me fait plus de plaisir. » (Lettre n° 52)

Le P. Richenet, revenu en France en 1815, fut nommé Directeur des Filles de la Charité et il devint assistant du Supérieur général. Mais jusque sa mort survenue en 1836 il continue à s’occuper des missions de Chine et à les aider.

Il adressa en 1817 un long Mémoire au Gouvernement français sur la Mission des lazaristes en Chine. Quelques extraits vont résumer l’état de la mission :  » Les missionnaires ne sont admis par le Gouvernement chinois que pour le service de l’empereur, par conséquent seulement à Pékin en qualité d’artistes, de peintre, horlogers, machinistes et surtout mathématiciens, astronomes pour faire le calendrier lunaire, calculer les éclipses, etc. Il y a dans le diocèse de Pékin environ 40 000 chrétiens dont cinq ou six mille en ville.

Comme les missionnaires européens ne sont pas en nombre suffisant pour administrer les secours spirituels, un de leurs soins principaux est de former des prêtres indigènes pour les aider. A cette fin, ils ont deux collèges ou séminaires à Pékin, un dans la maison française, l’autre dans la maison portugaise… Outre l’établissement de Pékin, les Lazaristes français sont chargés des chrétiens de plusieurs provinces. Ils ont, dans la province du Houpé, deux européens avec plusieurs prêtres chinois. Leur administration est sur plus de cent lieues de diamètre. Ils ont un autre district dans la province du Honan, un dans celle du Kiang-Nan, un dans celle du Tché-Kiang et un autre dans celle du Kiang-si. À défaut d’européens, ces districts ne sont administrés que par des prêtres chinois, formés par les Lazaristes français et dépendant d’eux… Il n’y a guère que 200.000 chrétiens dans tout l’empire..

Cette mission ayant été privée de tout secours d’Europe depuis la Révolution, se trouve actuellement dans l’état le plus affligeant, et dans un danger imminent de tomber si on ne vient à son secours… Le besoin le plus urgent est celui de sujets… il faut en préparer pour en envoyer tant à Pékin que dans les provinces de Chine…  »

Il décrit les qualités de corps et d’esprit qu’il estime nécessaires. Il rappelle que les Lazaristes, successeurs des Jésuites, recevaient annuellement du gouvernement français une pension de 12 000 francs, mais ils ne reçoivent plus rien depuis la Révolution. Le Gouvernement de Louis XVIII accueillit favorablement le Mémoire du P. Richenet et attribua à la Congrégation l’hôtel de Lorges, au 95 rue de Sèvres, dans le but explicite d’y préparer des futurs missionnaires. Mais ce n’est qu’à partir de 1830 que de nouveaux missionnaires, sortis de la Maison-Mère de Paris purent partir pour la Chine. Le P. Richenet eut encore la satisfaction avant sa mort, d’assister à leur départ et de voir que ses efforts n’avaient pas été vains.

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