1658. Saint Vincent dit à nos Premières Soeurs : « Filles de la Charité, avez-vous ouï parler qu’il se soit trouvé un plus beau nom ni plus favorable pour les Pauvres» et il revient sur la même idée dans plusieurs autres Entretiens : « Filles de la Charité veut dire Filles de l’amour de Dieu, ou filles appelées et choisies pour aimer Dieu »… «Filles de la Charité veut dire filles toutes cordiales, toutes bonnes et toutes sincères…» « Le peuple, voyant ce que vous faites et le service que nos premières Soeurs ont rendu aux Pauvres vous a donné ce nom… »
1664. À Madagascar , M. Nicolas Etienne est massacré. Saint Vincent, le 8 août 1653, avait admis ce Parisien de dix-neuf ans parmi ses clercs, à condition qu’il ne prétendit pas au Sacerdoce : Nicolas Etienne avait, en effet, la main gauche difforme. Il demanda à être du moins envoyé comme catéchiste à Madagascar. Il fut cependant ordonné prêtre en 1659 ; mais il n’arriva à Fort-Dauphin que le 29 septembre 1663 et tout de suite il se mit au travail. L’ouvrage abondait : depuis six ans et demi le pays était sans prêtre… Or, un chef indigène, Dian-Manangue, rêvait d’arriver par la ruse à dominer les rivaux du voisinage et à se débarrasser des Français dont il avait pourtant capté la confiance. Sous prétexte de se faire baptiser, il invita M. Etienne à venir chez lui. Le missionnaire s’y rendit avec le Frère Patte et le Malgache Nicolas. Dans les plats qu’avec force amabilités, il leur servit, Dian-Manangue fit mettre du poison. Et sur le chemin du retour, le Frère Patte succomba. Mais M. Etienne et Nicolas résistaient. Alors Dian-Manangue fit un signe à ses esclaves qui les achevèrent à coups de bâton1.
1819. À Paris , mort de M. Marie-Charles-Emmanuel Verbert, vicaire général de la Congrégation. C’est au séminaire interne de Lyon, son diocèse d’origine, qu’il fit les voeux, le 10 décembre 1771. La Révolution le surprit professeur au séminaire de Marseille. Après quelques années passées en Italie, il put revenir en France vers 1800. Plusieurs évêques de Provence le chargèrent alors d’administrer leur diocèse en leur nom. Le 5 mai 1802, M. Verbert fut nommé curé des «Réformés» à Marseille et il y fonda la paroisse Saint-Vincent de Paul. En 1810, il est proviseur au lycée de Marseille. Au bout de trois ans, sur les instances de M. de Fontanes, ministre de l’Instruction publique, il occupe la chaire de théologie morale à la Faculté d’Aix. Après la mort de M. Hanon, M. Verbert fut élu vicaire général. La confirmation papale ne vint qu’en 1817, un an après l’élection, et encore elle limitait l’autorité du vicaire général aux seuls missionnaires de France, mais l’étendait à toutes les Filles de la Charité. Il ne restait à cette époque qu’une centaine de Lazaristes en France, la plupart survivants glorieux, mais fatigués, de la Révolution. Avec une délicate discrétion basée sur une foi vive et une piété sincère, M. Verbert entreprit cependant de faire d’eux les fondements du nouvel édifice vincentien. Il a réalisé pleinement le mot qu’il disait à M. Boujard, son ami intime et successeur : «Un missionnaire qui ne sait pas mourir pour la Congrégation, n’est pas digne d’elle.» C’est M. Verbert qui, le 9 novembre 1817, a installé la Maison-Mère dans l’hôtel du duc de Lorge, acheté aux frais du Gouvernement français2.







