1647. Au cours du Conseil, deux problèmes importants au XVIIème siècle sont étudiés. Peut-on accepter les petits garçons dans les petites écoles des Filles de la Charité ? Les directives royales et épiscopales s’opposent à toute mixité dans les écoles. Malgré les raisons avancées par Louise de Marillac, Monsieur Vincent s’en tient aux ordonnances en vigueur dans le Royaume. Le deuxième sujet étudié concerne l’accueil ou non de pensionnaires dans les maisons des Filles de la Charité. Les avis exprimés par les participants sont divergents. Monsieur Vincent conclut la réflexion : il n’est pas expédient d’accueillir des pensionnaires ni à Paris, ni aux champs. (C)
1685. Louis de Thomassin, évêque de Sisteron, petit diocèse uni aujourd’hui à celui de Digne, confie son séminaire à la Congrégation de la Mission. L’établissement, situé à Manosque, dans l’actuel département des Basses-Alpes, a été fondé par un parent de l’évêque de Sisteron, le célèbre Père Thomassin, de l’Oratoire. La petite Compagnie s’engage à fournir trois prêtres et deux frères. Pour commencer, ils logeront dans un bâtiment que Lacour qualifie de «vieux et mauvais» (1), mais qui sera accommodé par la suite. L’un des supérieurs qui, jusqu’à la Révolution, auront la conduite de ce séminaire, deviendra supérieur général : c’est M. Antoine Jacquier qui, à Manosque, de 1739 a 1747, s’entraîna au maniement du monde clérical (2).
1678. Mort de Jean Barreau, ancien consul d’Alger où il connut la prison et les tortures. (R)
1686. À Versailles, la nouvelle église est consacrée et dédiée à Notre-Dame par Mgr François Batailler, abbé de la Bussière, évêque de Bethléem. Cette église est destinée à remplacer celle de Saint-Julien, trop petite, où nos confrères ont inauguré leurs fonctions curiales douze ans plus tôt. Louis XIV en a confié les plans à Mansart, et en a activé la construction qui n’a demandé que deux ans. De proportions harmonieuses, l’église Notre-Dame est cependant loin d’ajouter à la gloire du grand architecte : l’inspiration de Mansart a eu les ailes rognées du fait que le Roi voulait qu’aucun édifice ne vînt gêner ses augustes regards, quand de son château il contemplerait l’horizon. La cérémonie de la dédicace qui commence à 7 heures du matin et se poursuit par une procession du Saint-Sacrement à travers les rues de la ville ornées des tapisseries de la Couronne, ne se terminera qu’à deux heures de l’après-midi. Bontemps, le gouverneur de Versailles, et une grande partie de la Cour y assistent. M. Jolly est présent, lui aussi, ainsi qu’une quarantaine de Prêtres de la Mission. Cette année-là, le curé de Versailles, est Charles Turpin de Jouhée qui a été auparavant supérieur aux Invalides. Depuis le jour de sa consécration, l’église Notre-Dame n’a subi que quelques transformations intérieures (3).
1856. De Paris, le Père Étienne écrit au tsar Alexandre II une longue et belle lettre dans le but d’attirer sur nos établissements de Pologne la bienveillance du gouvernement russe et d’obtenir pour les Prêtres et les Sœurs la liberté de communication avec les Maisons-Mères de Paris. Cette lettre restera sans réponse (4).
1936. Deux jeunes Sœurs de 30 et 35 ans de la Maison Sainte-Catherine à Madrid s’étaient réfugiées dans une pension de famille avec cinq de leurs compagnes. Ces Sœurs ont demandé à la Visitatrice de pouvoir venir à la Maison Provinciale. Les cinq premières y sont parvenues, mais les deux jeunes Sœurs ont été arrêtées en route. Sommée de dire qui elles étaient et ayant répondu qu’elles étaient Filles de la Charité, elles ont été fusillées au kilomètre 6 de la route Madrid-Tolède.
- 1) Annales, t. 63, p. 629.
- 2) Notices III, p. 710.
- 3) Léry : Une visite à Notre-Dame de Versailles. p. 9 : Annales, t. 84 pp. 1166-1151.
- 4) Rosset : Vie de M. Étienne, pp. 428-432.







