1686. À Saint-Lazare, mort du Frère Bertrand Ducournau. Béni est ce nom, parce qu’il est celui de l’homme par qui nous sont parvenus les entretiens de saint Vincent à ses missionnaires. Jusqu’en 1657, nul, parmi les compagnons de notre Bienheureux Père, ne semble avoir pensé que les paroles du Fondateur de la Mission pourraient intéresser la postérité de Monsieur Vincent. Seul, Bertrand Ducournau eut cette idée et s’astreignit à cette tâche avec un mérite que l’on ne risque pas de surestimer si l’on veut bien songer qu’il n’avait à sa disposition aucun de nos moyens modernes pour capter les phrases prononcées, et ce, à l’insu de Monsieur Vincent. Mais Bertrand Ducournau était soutenu par son immense vénération pour le Fondateur. Il l’a exprimée un jour, dans un mot dont la véhémence atteint à une émouvante éloquence sur ces lèvres qui n’ont jamais prononcé que des paroles pondérées : c’était à l’époque où l’on commençait à recueillir par écrit tous les souvenirs concernant Monsieur Vincent. Frère Ducournau avouait, au Frère Chollier, son collègue : «J’étais si plein de ce que j’avais a dire de notre Bienheureux Père que, si je ne l’eusse pas écrit, je pense que peut-être j’en serais crevé ! » Bien qu’il fût né, en 1614, à Amou, non loin de Pouy, ce n’est pas à titre de Landais que Bertrand Ducournau voua à son compatriote une admiration sans bornes. Sa vénération est celle d’une âme qui a été portée vers la sainteté par l’âme de Monsieur Vincent. Il eut ce privilège, qu’il apprécia, de vivre pendant quinze ans dans l’intimité de notre bienheureux Père, dont il fut le secrétaire ; et il le fut si parfaitement que saint Vincent lui confia parfois des tâches fort délicates.
Notre Fondateur avait mesuré les possibilités spirituelles de cet homme qui, âgé de trente ans et sur le point de se marier, était venu faire une retraite à Saint-Lazare. Il avait jusqu’alors donné toute satisfaction aux différents maîtres qui l’avaient employé comme secrétaire ; mais Bertrand Ducournau se demandait s’il n’était pas appelé à la vie religieuse. Sa retraite à Saint-Lazare l’éclaira, et, en deux jours, il consomma son renoncement et à sa fiancée et à sa place dans le monde. A partir de ce jour, l’ascension de son âme se schématise, non pas en une alternance de courbes, mais par une ligne droite fermement ascendante. Sa vie intérieure confine à la contemplation et, en même temps, elle lui donne ce talent de consoler dont les frères et les prêtres eux-mêmes bénéficieront souvent. Bertrand Ducournau, secrétaire de Monsieur Vincent, est le digne ancêtre de cette lignée de bons Frères dont s’enrichit l’œuvre vincentienne1.
1799. Pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé, mort pour la Foi de M. Claude-François Guin, déporté à Cayenne puis à Sinnamary. Il avait 40 ans.
1848. À l’hôpital Saint-André de Bordeaux, décès de Sœur Marie Boulet, Supérieure de la Compagnie de 1833 à 1839. C’est elle qui admit aux Saints Vœux Sœur Catherine Labouré.
1909. À l’hôpital du Sacré-Cœur de Beyrouth, mort de Sœur Thibaud (33 ans), victime avec trois autres Sœurs de l’épidémie de peste dont elles soignaient les malades courageusement.







