Les Règles de saint Vincent portent : « Ne rien demander ni refuser pour ce qui est des choses de la terre. Si l’on a pourtant une véritable nécessité de quelque chose, on la pourra proposer tout simplement et avec indifférence aux personnes à qui il appartient d’y pourvoir et puis demeurer en repos, soit qu’on l’accorde ou non. Saint Vincent ajoutait que les Supérieures doivent veiller à procurer le nécessaire aux Soeurs, mais en « retranchant tout le superflu ». (R)
En 1896 , à Marseille , le «Peïho», bateau des Messageries Maritimes, quitte la France, à quatre heures de l’après-midi. Il a à son bord : Mgr Crouzet, Joseph Castan et les Frères Joseph Collard, Jean Cazeau, Pierre Renaudin. Ils vont à Madagascar prendre la relève des quinze fils de saint Vincent qui, au XVII° siècle, s’épuisèrent sur le sol de l’lle Rouge (2).
En 1920 , à Paris , mort de M. Antoine Gibiard. Né en Auvergne, le 23 avril 1841, il entra à vingt-cinq ans dans la Congrégation. Après Carcassonne, Tours et Cambrai, c’est la Maison-Mère qui, en 1902, l’accueille comme professeur de morale. Homme remarquable par sa franchise, la délicatesse de ses procédés, l’énergie de sa volonté, M. Gibiard a laissé à ses nombreux élèves un souvenir ineffaçable, tellement il infusa de vie à ses classes (3).
En 1944 , à Bhannès , mort de M. Ernest Sarloutte. Toute sa vie sacerdotale s’est déroulée dans le cadre d’Antoura où il arrivait, sitôt son ordination sacerdotale en juin 1903. Envoyé comme professeur de rhétorique, il devint, en 1911, Supérieur du célèbre collège et le gouverna pendant trente-trois ans. En M. Sarloutte, né à Pont-à-Mousson, le 6 septembre 1878. la gravité lorraine s’inclina devant l’enchantement libanais aussi se donna-t-il, par amour de Dieu, de la France et du Liban, tout entier à sa tâche d’éducateur. Convaincu que l’idéal en matière de formation, c’est cet humanisme classique en qui se réalise «la synthèse harmonieuse de l’idéal païen et de l’idéal chrétien», le Père Sarloutte voulut, par la culture de leur esprit, de ses enfants qu’il appelait «bébés» et qu’il traitait en hommes, faire des êtres humains dans toute la force du terme. Devenu homme public à partir du jour où, en 1916, il fut aumônier de la marine à l’île de Rouad, il a vraiment servi le Liban : d’abord dans son rôle de «ravitailleur» de la région nord et bientôt de toute la «montagne», pendant la terrible famine de 1918-1919 : puis en donnant aux postes officiels du gouvernement ses meilleurs anciens élèves. Il l’a servi aussi en facilitant le contact de l’âme libanaise à nombre d’écrivains illustres, fiers de l’avoir pour ami et même comme confident de leur pensée ; tels Maurice Barrès, Henri Bordeaux, Paul Bourget, Georges Lecomte, les frères Tharaud, Pierre Benoît, etc… Le 28 mai 1950, l’inauguration du monument à la mémoire du Père Sarloutte, monument qui se dresse face à celui de M. Saliège, son prédécesseur, fut l’occasion d’une belle manifestation d’amitié franco-libanaise (4).
En 1952, la police vient fouiller la résidence de Mgr Deymier, évêque de Hanchow (Chine). Il sera arrêté le 29 mai et banni à perpétuité de cette Chine où il a travaillé durant quarante ans.(R)
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1) Annales , t. 114-115, pp. 8-9.
2) Annales , t. 81, pp. 529-530, et Canitrot : « Au Sud de l’Ile Rouge », p. 96.
3) Annales , t. 85, pp. 112 sq.
4) Emile Joppin : « Le Révérend Père Sarloutte », éditions du Vieux Colombier, Paris 1956.







