Ephémérides : 24 mars

Francisco Javier Fernández ChentoÉphémérides vincentiensLeave a Comment

CRÉDITS
Auteur: Jean Gothier, C.M. · La source : Encyclopédie Vincentiennne.
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1651. Sainte Louise a écrit huit jours auparavant aux Soeurs de Richelieu pour les encourager à la veille des Voeux : « Pour ce qui est de votre désir (de faire des Voeux perpétuels) il est bien louable car ce n’est pas assez de bien commencer, il faut persévérer comme je crois que c’est votre dessein, néanmoins… c’est assez de ne faire cette offrande que pour un an, et la recommencer tous les ans. Ne pensez-vous pas que ce sera bien agréable à Notre-Seigneur, puisqu’ayant au bout de l’an votre même liberté, vous en pouvez encore faire un nouveau sacrifice ? C’est pourquoi je vous conseille, si vous êtes en cette même bonne volonté, de ne plus différer ».

Dans une lettre, sainte Louise écrit à d’autres Soeurs : « Je vous souhaite toutes saintes pour travailler utilement à l’oeuvre de Dieu, car ce n’est pas assez d’aller et de donner, mais il faut un coeur bien épuré de tout intérêt, et ne cesser jamais de travailler à la mortification générale de tous ses sens et pour cela, avoir constamment devant les yeux notre modèle qui est la vie exemplaire de Jésus-Christ à l’imitation de laquelle nous sommes appelées, non seulement comme chrétiennes, mais encore comme étant choisies de Dieu pour le servir en la personne de ses pauvres. Sans cela, mes chères Soeurs, les Filles de la Charité sont les plus à plaindre du monde ». (R)

1953. À Paris , après un pénible séjour de plusieurs semaines à l’infirmerie de la Maison-Mère, M. Albert Narguet, procureur général de la Congrégation, meurt, lucide et énergique. Sur le dossier que le directeur des étudiants présentait, fin mars 1896, au Conseil pour demander l’admission de Frère Narguet aux Saints Vœux, on pouvait lire cette note : «Frère Narguet… sait se tirer d’affaire.» Cette faculté pratique, il l’avait peut-être héritée de la métropole commerciale du Nord de la France – Lille – où il était né le 27 juillet 1873. Quoi qu’il en soit, Albert Narguet parcourut normalement le cycle de ses études ; il y prit cette habitude du travail méthodique qui devait faire de lui, – comme d’ailleurs des confrères de sa génération, un homme d’une profonde et universelle culture. Il fut ordonné prêtre le 12 juin 1897 par Mgr Reynaud. Après un séjour de deux ans à Rome, d’où il revint avec le double doctorat de philosophie et de théologie, il est placé au grand séminaire de Meaux, puis, en 1901, à Montpellier. Il y rencontre le Père Verdier et le suit en Sicile, à Noto. Il assiste alors à la maturation, sous le ciel italien, des qualités de chef de celui qui sera un jour le dix-septième successeur de saint Vincent. M. Narguet, lors de la conférence qu’il fit sur les vertus de M. Verdier, a dit les difficultés rencontrées par nos confrères au séminaire de Noto et le courage du supérieur à cacher sa souffrance intime et continuelle (1). Qu’il ait si bien exprimé l’attitude du T.H.P. Verdier en cette période, laisse deviner qu’il sut partager les soucis de son supérieur. D’ailleurs, au bout de quatre ans, des accrocs de santé obligent M. Narguet à rentrer en France, et pendant onze ans, à Bordeaux, il applique au service des Soeurs ses convictions ardentes, sa générosité, sa discrétion et son esprit profondément vincentien. Il réussit pleinement dans ce travail. Le nombre des cornettes présentes à ses obsèques dira éloquemment quelle place M. Narguet avait su conquérir dans la reconnaissance des Filles de la Charité. Le 18 novembre 1919, le Père Verdier qui l’avait tant apprécié au cours de leurs communes années de labeur, le nommait procureur général. Dans cette charge qu’il va conserver pendant trente-quatre ans, M. Narguet se dépense courageusement, exigeant de ses collaborateurs un labeur qu’il s’imposait à lui-même. Et tout ce travail, il l’accomplit malgré un estomac qui fonctionnait mal, et malgré une surdité qui allait s’accentuant et qui d’ailleurs était peut-être très utile à ce vigilant gardien du Trésor. A deux reprises, depuis la guerre, M. Narguet avait offert sa démission. Elle ne fut pas prise en considération. Alors, silencieux et énergique, il continua sa tâche, se montrant, jusque dans les suprêmes attaques du mal qui devaient le vider de sa vie, ce qu’il avait toujours été : un homme de devoir (2).

1) Annales , 1. 98, pp. 266-273.
2) Annales , t. 118, pp. 4-6.

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